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David GLAUDE

Bruxelles, le 13 août 1996

Diplôme d’Etude Spéciale en Télématique et Organisation

Examen de "Bureautique, télématique et organisations"

Kaivers

Evolution des formats graphiques utilisés dans le World Wide Web

Introduction

Le World Wide Web est un enfant de l’internet. Il est composé de textes, d’images et de liens entre des pages contenant ces images et ces pages. Le principe même d’hypertexte n’est pas nouveau, l’utilisation de fichiers graphiques dans un hypertexte est un pas qui avait déjà été franchi. Ce qui est original, c’est que l’hypertexte se fait sur un mode client/serveur et que les pages, et même leur contenu, peuvent se trouver réparties sur plusieurs serveurs n’importe où sur l’internet.

Le World Wide Web des origines ne ressemble pas à celui qui existe actuellement, et de nombreux changement sont encore à prévoir. Les sociétés commerciales se battent à coup de nouveaux gadgets rajoutés aux protocoles existants. Une évolution rapide dans un milieu en forte concurrence n’est pas propice à l’établissement de normes.

Tous les gadgets rajoutés au cours du temps n’ont pas résolu un des problèmes de base qui est l’absence d’un format de fichier graphique réellement adapté aux besoins du World Wide Web.

Un événement au départ indépendant du World Wide Web à poussé au développement d’un nouveau format graphique prometteur.

Nous allons présenter les caractéristiques souhaitées pour un format graphique adapté au World Wide Web. Ensuite, nous présenterons les formats utilisés actuellement sur l’internet (GIF et JPEG) en insistant sur les originalités et les particularités. Enfin, nous décrirons plus en détail ce nouveau format graphique appelé PNG et nous expliquerons en quoi il répond à une partie des attentes du World Wide Web.

Nous conclurons sur l’évolution probable des formats graphiques sur l’internet et sur les difficultés liées à cette évolution.

Caractéristiques souhaitées d’un format graphique pour le World Wide Web

Nous allons essayer de distinguer les caractéristiques répondant au besoin du World Wide Web des autres caractéristiques que devraient avoir tous les formats graphiques en général.

Caractéristiques spécifiques au besoin du World Wide Web.

  • Compression : Ce qui caractérise l’internet actuel c’est la lenteur des transmissions. Pour réduire ces temps de transmission, il est souhaitable de travailler avec des formats graphiques dans lesquelles les données sont compressés.
  • Affichage progressif : Afin de compenser la lenteur des transmissions, les formats graphiques devraient permettre un affichage progressif de l’image. L’utilisateur devrait, le plus rapidement possible, avoir une vue globale de l’image à faible résolution, ensuite l’image devrait pouvoir s’affiner progressivement jusqu'à son transfert complet, moment auquel l’image atteint sa résolution finale.
  • Support pour la transparence : La transparence permet de meilleurs effets graphiques en permettant d’afficher des images dont visuellement la forme n’est pas rectangulaire.

Caractéristique propre au succès d’un format graphique

  • Format facilement identifiable : Le format graphique doit pouvoir être facilement identifiable dès les premiers caractères transférés. Ceci doit pouvoir se faire indépendamment de l’extension du fichier et permettre d’identifier de possibles transformations apportées lors du transfert du fichier. Habituellement, on utilise une signature dans ce but.
  • Code de contrôle d’erreur : Afin d’éviter tout transfert inutile, le format de fichier graphique doit comprendre des codes de correction d’erreur permettant de repérer rapidement tout erreur de transfert ou modification du fichier. Pour cela, on utilise des Codes de Redondance Cyclique.
  • Format libre de toute contrainte légale : Afin d’assurer la meilleure diffusion possible de l’usage d’un format graphique, il convient qu’aucune partie de l’algorithme permettant de d’afficher ou de créer un fichier dans ce format ne fasse l’objet d’un brevet.
  • Format faisant l’objet d’une norme : Pour garantir l’investissement dans le développement de programmes supportant ce format graphique, il convient que ce format fasse l’objet d’une norme.
  • Description non ambiguë du format de fichier : La clarté de la description du format de fichiers graphiques est un gage de bonne compréhension du format et permet de réduire le risque d’erreur d’interprétation ou d’implémentation.
  • Possibilité d’extension : Le format, bien que strict, doit permettre des extensions. Ces extensions peuvent être de deux types, soit "propriétaire" et spécifique à un vendeur, soit "publique" lorsque l’extension est d’intérêt général. Le format doit permettre ces extensions tout en gardant le maximum de compatibilité avec les logiciels ne connaissant pas ces nouvelles extensions. La notion d’extension est plus puissante et plus souple que la notion de version. Afin d’éviter la profusion anarchique d’extensions, un système de registration doit être mis en place pour accompagner l’évolution du format.
  • Possibilité de stockage d’informations textuelles : Afin de pouvoir indiquer des informations sur l’origine de l’image, le copyright. Des informations plus spécifiques peuvent également nécessiter la possibilité de stockage textuel, par exemple pour les images du monde médical ou pour les photos satellitaires.

Le format GIF

Introduction

Le format GIF (Graphics Interchange Format) a été l’un des plus utilisés dans le grand public. En effet, il offrait, à l’époque des premières cartes vidéo VGA, la possibilité de transmettre des images couleurs avec jusqu’à 256 couleurs et ce avec un très bon taux de compression. Il a été très utilisé sur tous les BBS du monde et en particulier sur Compuserve qui en est "l’inventeur".

Histoire

En 1987, la première version du format GIF (GIF87a) est née. Ce format a été développé à l’origine par les équipes de Compuserve. Très vite ce format est devenu un standard pour l’échange d’images en particulier sur les réseaux.

En 1989, un nouvelle version du format GIF (GIF89a) est introduite. Elle rajoute un certain nombre de possibilités au format précédent.

En 1995, la société Unisys, après avoir découvert qu’elle possède un brevet sur l’algorithme de compression et décompression utilisé dans le format GIF, décide de défendre ses droits sur cet algorithme. La société Compuserve qui ne connaissait pas l’existence de ce brevet arrive à un accord avec la société Unisys : toute société développant un programme capable de coder ou décoder un fichier GIF devra, si elle en fait un bénéfice, obtenir une licence de la part de Compuserve. Cette licence oblige à redistribuer à Compuserve un pourcentage sur les ventes de ce produit. A charge en suite à Compuserve d’acquitter une partie de la somme à Unisys.

Pour les programmes distribués gratuitement, leurs auteurs devront payer un seule fois la somme de un dollar Compuserve.

Caractéristiques principales

Le format GIF se base sur la présence d’une palette de couleurs. Cette palette peut contenir un maximum de 256 couleurs. Les pixels de l’image sont ensuite encodés sur un byte et font référence à une des couleurs entrées dans la table.

Les bytes contenant l’information de couleurs sont compressés en utilisant l’algorithme LZW (Lempel-Zif-Welch) que l’on sait maintenant faire l’objet d’un brevet.

Le format GIF87a permet également l’entrelacement des données graphiques et le positionnement d’une image dans un écran logique.

Améliorations de la version GIF89a

La version 89 du format de fichier apporte quelques extensions à la version précédente. Malheureusement, ces améliorations se font au coût d’une incompatibilité avec la version précédente du format. En effet, la signature du format ayant changé, les applications capables de travailler avec le format GIF87a ne sont pas capables de reconnaître le format GIF89a, et ce même si le fichier n’utilise pas les extensions du nouveau format.

Les nouvelles extensions sont :

  • Indication de la durée d’attente avant l’affichage d’une nouvelle image.
  • Spécification d’une couleur transparente.
  • Inclusion de commentaires.
  • Inclusion possible d’extensions propriétaires dans un fichier GIF.

D’autres extensions existent mais elles ne sont pas implantées dans de nombreux décodeurs (y compris le Navigateur de Netscape) : affichage de lignes de texte, attente d’un input de l’utilisateur et spécification sur comment doit être supprimée une image après avoir été affichée.

GIF Transparent

La possibilité offerte par la version 89 de GIF de définir une couleur comme transparente permet d’afficher des images sur un fond sans que celles-ci ne soient forcément rectangulaires. Malheureusement, cette possibilité est assez limitée, en effet, il s’agit en effet d’une transparence tout ou rien.

Animation GIF

La possibilité de contenir plusieurs images dans le même fichier, déjà présente dans le format version 87, permet déjà de créer des animations. Malheureusement, ces animations ne peuvent pas être effectuées en boucle.

La société Netscape a profité de la possibilité d’ajouter des extensions dans le format version 89 pour ajouter la possibilité d’indiquer le nombre de fois que doit être effectué l’affichage de l’animation. Cette extension commence à être incorporée dans les navigateurs concurrents.

Néanmoins, le Navigateur de la société Netscape ne supporte pas entièrement toutes les extensions du format GIF89a.

Entrelacement

L’entrelacement du format GIF est facultatif, il se fait selon une seule dimension, c’est-à-dire selon les lignes et uniquement les lignes. Il est découpé et transféré en quatre passes. Si l’on numérote les lignes à partir de zéro et que l’on en calcule le modulo 8, alors :

  • Les lignes donnant 0 sont transmises à la première passe.
  • Les lignes donnant 4 sont transmises à la deuxième passe
  • Les lignes donnant 2 et 6 sont transmises à la troisième passe
  • Les lignes donnant 1, 3, 5 et 7 sont transmises à la quatrième passe

En résumé voici un tableau reprenant un ensemble de huit lignes et indiquant à quelle passe elles sont transmises.

Lignes égale à 0 modulo 8 (0, 8, 16, ...)

Passe 1

 

 

 

Lignes égale à 1 modulo 8 (1, 9, 17, ...)

 

 

 

Passe 4

Lignes égale à 2 modulo 8 (2, 10, 18, ...)

 

 

Passe 3

 

Lignes égale à 3 modulo 8 (3, 11, 19, ...)

 

 

 

Passe 4

Lignes égale à 4 modulo 8 (4, 12, 20, ...)

 

Passe 2

 

 

Lignes égale à 5 modulo 8 (5, 13, 21, ...)

 

 

 

Passe 4

Lignes égale à 6 modulo 8 (6, 14, 22, ...)

 

 

Passe 3

 

Lignes égale à 7 modulo 8 (7, 15, 23, ...)

 

 

 

Passe 4

Références

Les spécifications exactes des formats GIF87a et GIF89a sont disponibles sur le site de Compuserve : http://www.compuserve.com/.

Les informations sur le brevet détenu par UNISYS sont disponibles sur leur site : http://www.unisys.com/.

Le format JPEG

Introduction

JPEG est l’acronyme pour " Joint Photographic Expert’s Group ". JPEG n’est pas, à proprement parler, un format de fichier graphique, mais plutôt un format de compression d’images. Dans ce document, nous utiliserons le terme JPEG pour référer à ce qui est en fait JFIF (JPEG File Interchange Format). JFIF est apparu comme un standard de facto de l’internet en raison de l’absence de consensus au sein de l’ISO sur la façon de transporter des images compressées avec les algorithmes définis par le JPEG committee.

Récemment, les membres de l’ISO JPEG committee semble s’être mis d’accord sur un format de fichier qui s’appellera SPIFF. Etant donné le retard pour l’apparition d’une norme sur un format graphique, il y a peu de chances que celui-ci connaisse un réel succès.

Caractéristiques principales

Le format de compression d’images JPEG fait l’objet d’une norme de jure au niveau ISO. La compression JPEG est une compression avec perte. Elle est destinée à stocker des images photographiques acceptant un certain niveau de perte de qualité.

La première opération consiste à découper l’image en carré de 64 pixels. Ensuite le signal correspondant à ces pixels fait l’objet d’un transformation de Fourrier. Le signal ainsi transformé fait l’objet d’un filtrage et les fréquences de faible intensité sont effacées. Ensuite, le signal résultant est codé sans perte afin de prendre le moins de place possible.

Le travail du décodeur consiste à effectuer la décompression des données et ensuite à effectuer la transformation inverse pour retrouver le signal original. En raison du filtrage effectué par le codeur, et des erreurs d’arrondi, l’image originale ne peut être reproduite sans perte.

A l’exception de quelques phénomènes liés aux images contenant des transitions de couleur brutes, l’image rendue est visuellement acceptable pour l’observateur humain. En effet dans tous les phénomènes de reproduction graphique (scannage, impression, ...), il existe des pertes d’informations. Le filtrage effectué par la compression JPEG a été choisi en fonction de la sensibilité de l’œil humain aux variations de couleurs.

Le format graphique JPEG ne s’adresse donc qu’aux images de type photographique en truecolor. Les taux de compression atteints sont impressionnants même si de nouveaux algorithmes de compression encore plus performants apparaissent (wavedrop, fractal).

L’avenir du format JPEG semble compromis à moyen terme par le succès probable de ces nouveaux algorithmes de compression. En attendant, ce format connaît ses heures de gloire en particulier grâce à sa complémentarité avec le format GIF et à son utilisation sur le World Wide Web.

Progressive JPEG

Le format de compression JPEG comporte la possibilité de stocker une version à faible résolution d’une image et de progressivement améliorer cette résolution. Cette partie du format est rarement présente dans les programmes travaillant avec le format JPEG en raison de son manque d’intérêt. On se rend compte seulement maintenant des avantages que cette partie du format permet.

Cette possibilité se rapproche de l’entrelacement du format GIF, mais il est beaucoup plus doux. Malheureusement, peu de Navigateurs à ce jour supportent ce format et ne sont pas capables de décoder de telles images. Néanmoins, l’intérêt de ce format rend fortement probable son inclusion dans les nouvelles versions de tous les Navigateurs.

Comparaison entre GIF et JPEG

Ces deux formats sont actuellement les seuls formats utilisés pour l’insertion d’images dans les pages du World Wide Web et ils supportent à un certain degré un affichage progressif.

De plus, ils souffrent tous deux de problèmes d’implémentation partielle de la part des vendeurs de Navigateurs.

Ces deux formats étant totalement différents. Nous pouvons néanmoins les comparer sur base de plusieurs critères pour mettre en évidence leurs différences et leurs usages.

On remarquera que ces deux formats sont fortement complémentaires du fait de leurs différences.

Format GIF

Format JPEG

S’adresse aux images contenant jusqu'à 256 couleurs.

S’adresse aux images en vrais couleurs (16 millions de couleurs).

Utilise une compression sans perte.

Utilise une compression avec perte.

Utilisé pour les images dessinées.

Utilisé pour les photos.

Format propriétaire utilisant un algorithme de compression faisant l’objet d’un brevet.

Format standard de facto utilisant un algorithme de compression libre de droit.

Supporte une couleur transparente.

Ne supporte pas la transparence.

Permet des animations.

Ne permet pas d’animation.

Le format à choisir pour insérer un graphique dans une page du World Wide Web dépend donc presque uniquement du type d’image dont on dispose, dessin ou photo.

Références

Une bonne source d’information sur le format JPEG se trouve sur l’internet à l’adresse suivante : http://www.cis.ohio-state.edu/hypertext/faq/usenet/jpeg-faq/top.html.

Existence d’une niche pour un nouveau format graphique.

Avec les problèmes de copyright liés au format GIF et l’absence d’un format simple pour le stockage d’images truecolor sans perte, il existe une place pour un nouveau format de fichier graphique. Le format GIF ayant maintenant bientôt 10 ans, de nombreuses évolutions sont apparues dans le domaine de la compression des données et dans les capacités graphiques des ordinateurs.

L’expérience acquise permet de concevoir un nouveau format graphique suffisamment souple pour être capable d’évoluer et répondant aux nouvelles exigences de l’affichage de graphiques sur l’internet.

Pour toute ces raisons, le format PNG a été développé. Il semble être un bon remplacement pour le format GIF dont il reprend la plupart des caractéristiques et il offre une alternative à JPEG dans le domaine des images truecolor.

Le succès de ce format graphique dépendra essentiellement de son acceptation en tant que norme mais aussi, et surtout, de l’existence de librairies pour permettre rapidement son inclusion dans les nouvelles versions des Navigateurs du World Wide Web. Une fois le format bien accepté par les Navigateurs, les outils graphiques pour manipuler ce format suivront.

Le format PNG

Introduction

Le format PNG a été développé par les utilisateurs de l’internet suite au problème de brevet lié à l’utilisation de l’algorithme de compression utilisé dans le format GIF. PNG est l’acronyme pour " Portable Network Graphics ". Ce format semble très prometteur et bien défini et c’est bien plus qu’un bon remplaçant pour le format GIF.

Histoire

Le 28 Décembre 1994, Compuserve annonce la nouvelle licence pour l’utilisation du format GIF suite aux discussions passées avec Unisys . La réaction de l’Internet est forte et l’idée du développement d’un nouveau format est dans l’air.

Le 7 Février 1996, Compuserve annonce qu’il supporte le format PNG comme base pour son format de fichier graphique GIF24 le successeur de GIF.

Le 7 Mars 1996, la neuvième version des spécifications du format PNG sont publiées, toutes les versions suivantes seront compatibles.

Le 23 Février 1996, l’IETF (Internet Engineering Task Force) publie la spécification du format PNG comme un " Internet Draft ".

Le 1 Juillet 1996, la spécification du format PNG est déposée comme une " Proposed Recommendation " auprès du World Wide Web Consortium (W3C).

L’histoire continue et normalement, la spécification du format PNG fera l’objet d’un " Request For Comment " (RFC) de la part de l’IETF et fera l’objet d’une " Recommendation " de la part du W3C.

En moins de deux ans, le format PNG sera alors passé d’une idée à une norme de l’internet.

Caractéristiques principales

Afin de mettre en évidence les caractéristiques principales du format PNG, nous allons reprendre les " Caractéristiques souhaitées d’un format graphique pour le World Wide Web " et pour chacune d’entre elles, indiquer ce que offre le format PNG.

  • Compression : Le format PNG contient un algorithme de compression performant qui peut être précédé d’une phase de filtrage pour encore en améliorer les résultats.
  • Affichage progressif : Le format PNG permet un entrelacement selon les deux dimensions de l’image afin d’obtenir un excellent affichage progressif.
  • Support pour la transparence : Le format PNG permet le stockage d’un canal Alpha permettant d’indiquer un niveau de transparence pour chaque pixel de l’image.
  • Format facilement identifiable : Le format PNG utilise une signature dans les premiers bytes qui permet d’identifier le format. Cette signature est indépendante des extensions contenues dans le fichier et permet d’identifier les erreurs de transmission de fichier les plus courantes.
  • Code de contrôle d’erreur : Chaque chunck est protégé par un Code de Redondance Cyclique qui permet de vérifier toute erreur de transmission et de ne pas tenir compte des sections ayant subi des modifications lors de la transmission.
  • Format libre de toute contrainte légale : L’algorithme de compression utilisé dans le format PNG a été choisi en raison de l’absence de tout brevet déposé le concernant. Il est totalement libre d’utilisation.
  • Format faisant l’objet d’une norme : Le format PNG a été proposé auprès de IETF et du W3C. Son acceptation en tant que norme est imminente. La méthode de compression utilisée fait également l’objet d’un RFC auprès de l’IETF.
  • Description non ambiguë du format de fichier : La description du format PNG est d’une exceptionnelle clarté. Elle est accompagnée d’une librairie, libre de droit, en C pour utiliser ce format ainsi que de programmes et de fichiers exemples. L’ajout du support pour le format PNG dans un programme graphique est de toute simplicité.
  • Possibilité d’extension : Le format PNG est ouvert à un grand nombre d’extensions. D’une part, il permet l’ajout d’extensions (chuncks) publiques ou privées, et d’autre part, il permet l’utilisation d’autres algorithmes de compression ou de filtrage avant compression. Tout ceci en veillant au maximum à une compatibilité descendante avec le programme ne connaissant pas les nouvelles extensions.
  • Possibilité de stockage d’informations textuelles : Le format PNG permet l’inclusion d’information textuelle et ce dans un format compressé ou non. Le format définit un certain nombre d’éléments textuels pouvant être contenus et donne des recommandations pour l’ajout de nouveaux éléments.

D’autres éléments viennent renforcer l’intérêt de ce format. Il supporte :

  • Le stockage d’informations sur la correction Gamma.
  • Les images Noir et Blanc, en tons de gris, en Truecolor et suivant une palette de couleurs.
  • L’inclusion d’un histogramme de couleurs.
  • Le stockage d’une palette de couleurs recommandée pour l’affichage en 256 couleurs d’images stockées en Truecolor.
  • Des chunck pour la conversion sans perte des informations propriétaires contenues dans un fichier GIF vers un fichier PNG.

Entrelacement

L’entrelacement du format PNG est facultatif, il se fait selon les deux dimensions c’est à dire sur les lignes et les colonnes. Il est composé de sept passes. L’image est découpée logiquement en carrés de quatre pixels sur quatre. Chaque passe transmet une partie des pixels de chacun de ces carrés.

Le tableau suivant reprend, pour chaque pixel d’un de ces carrés, le numéro de la passe à laquelle il est transmis.

1

6

4

6

2

6

4

6

7

7

7

7

7

7

7

7

5

6

5

6

5

6

5

6

7

7

7

7

7

7

7

7

3

6

4

6

3

6

4

6

7

7

7

7

7

7

7

7

5

6

5

6

5

6

5

6

7

7

7

7

7

7

7

7

Cet entrelacement permet d’afficher l’image complète à faible résolution alors que 1/64 des pixels de l’image sont transmis. Ensuite, à chaque passe, la résolution est améliorée.

Comparaison entre PNG et GIF

Le format PNG ayant été créé après le format GIF dans le but avoué de le remplacer, il possède beaucoup d’avantages. Nous nous limiterons à rappeler ou à mettre en évidence ce qu’apporte ce nouveau format :

  • PNG supporte une profondeur de bits plus grande que 8 bits en ce y compris les images truecolor avec jusqu'à 48 bits par pixel, et, en ton de gris, des images avec jusqu'à 16 bits par pixel.
  • PNG dispose d’un entrelacement en deux dimensions plus puissant que celui à une dimension que propose GIF.
  • Comme GIF, PNG fournit la possibilité d’incorporer des données textuelles.
  • PNG permet l’utilisation d’un canal Alpha pour une véritable information de transparence.
  • PNG offre la possibilité de tenir compte des corrections Gamma pour l’affichage.
  • PNG permet un filtrage, qui peut être différent pour chaque ligne, avant compression avec la possibilité de rajouter de nouveaux filtres dans le futur. Ce filtrage préalable permet, s’il est bien utilisé, d’obtenir une meilleure compression.
  • L’algorithme de compression actuel de PNG est libre de tout brevet et fait partie du domaine public.
  • PNG offre une meilleure compression que le format GIF et, de plus, il est prêt à pouvoir intégrer de nouveaux algorithmes de compression plus efficaces lorsqu’ils paraîtront.

Comparaison entre PNG et JPEG

Une comparaison entre ces deux formats est délicate en raison de leurs différences de principe. En effet, PNG offre une compression sans perte. Même s’il existe, dans le format JPEG, un algorithme de compression sans perte, celui-ci est rarement implémenté.

On peut néanmoins comparer JPEG et PNG dans le domaine du stockage d’image en truecolor :

  • PNG fourni un support pour le canal Alpha et la correction Gamma ce qui n’est pas le cas de JPEG.
  • PNG est plus modulaire et permet des évolutions qui ne sont pas possibles avec le format JPEG.
  • PNG permet l’utilisation de nouveaux algorithmes de compression.
  • Le format JPEG, en raison de son système de compression, ne donne pas de bons résultats avec les images contenant de fortes transitions de couleurs tels les dessins ou les photos aux contours bien marqués. Pour ce type d’image, le format PNG offre de bien meilleurs résultats visuellement en raison de l’utilisation d’une compression sans perte.

Références

Toutes les références concernant le format PNG peuvent être trouvées à partir de la " home page " consacrée à ce format : http://quest.jpl.nasa.gov/PNG/.

Conclusion

Il est difficile d’imaginer que le format GIF va disparaître de la face du World Wide Web, mais son usage a toute les chances de diminuer avec la montée de la popularité du format PNG. Le format GIF reste encore irremplaçable pour les petites animations sur le World Wide Web, en attendant un format similaire à PNG adapté à cet usage (on parle déjà de MPNG).

Sur la bataille des images en truecolor, le format PNG a également une grande place à prendre en particulier dans le domaine du stockage d’images devant encore être manipulées. En effet, la compression avec perte de JPEG ne lui permet pas cette utilisation. JPEG reste encore le format le plus adapté pour le stockage d’images truecolor ne devant plus être modifié et ne nécessitant pas une qualité irréprochable. A l’avenir, la compression JPEG pourrait se voir placer au rang de vieillerie avec l’arrivée de nouveaux algorithmes de compression avec perte plus performant. Ces nouveaux algorithmes pourraient facilement être utilisés à l’intérieur du format PNG, celui-ci devenant dès lors capable de répondre à la majorité des attentes en terme de format graphique.

Annexe 1 : Lexique

  • Alpha : Valeur représentant le niveau de transparence d’une couleur. Cette information est souvent reprise sous le nom de " Canal Alpha ". En utilisant le Canal Alpha, on peut construire des images non-rectangulaires.
  • Canal : Ensemble d’informations d’un même type pour tous les pixels d’une image. On parle de " Canal Alpha " pour l’ensemble des valeurs Alpha des pixels d’une image.
  • Chunck : Section bien définie d’un fichier. Cette section a, le plus souvent, un type identifié par son nom. Un chunck contient normalement des données, le format et le sens de ces données est déterminé par son type.
  • Compression : Opération de codage des données qui permet de réduire l’espace pris par ces données. La compression tend à supprimer les redondances existantes dans l’information.
  • Compression sans perte (loosless compression) : Compression qui laisse intacte les données. Après décompression, l’information graphique est fidèle à l’original.
  • Compression avec perte (lossy compression) : Compression qui conserve l’aspect visuel des données, mais, après décompression, l’information graphique n’est pas fidèle à l’original.
  • Décodeur : Programme capable de lire et d’interpréter un fichier dans un format graphique et d’afficher ou de manipuler l’image contenue dans ce fichier.
  • Encodeur : Programme capable d’écrire une image dans un certain format graphique et qui respecte la définition de ce format graphique.
  • Entrelacement : L’entrelacement consiste à présenter les données dans un ordre différent de l’ordre habituel (par exemple de haut en bas et de gauche à droite). Cet ordre est choisi pour permettre l’affichage progressif de l’image avant son transfert complet. Il n’y a aucun gain en bande passante ni en temps d’affichage à entrelacer les données, le seul intérêt de ce type de méthode est l’effet visuel sur l’opérateur humain. On peut distinguer deux types d’entrelacements, sur une seule dimension comme dans le format GIF ou en deux dimensions dans le format PNG.
  • Filtre : Transformation appliquée à des données d’une image dans l’espoir d’améliorer son taux de compression. Un filtre peut être avec ou sans perte tout comme peut l’être une compression. Le format PNG permet un filtrage sans perte avant compression alors que le format JPEG effectue un filtrage, au sens transformation du signal, avant la compression.
  • Gamma : Facteur de correction de la brillance des couleurs d’une image. Le facteur Gamma est une caractéristique propre du moniteur sur lequel est affiché l’image. Pour obtenir la couleur originale, il convient d’élever à la puissance gamma les composantes de la couleur. Un format graphique tenant compte du paramètre gamma permet de conserver les images telles qu’elles ont été acquises et de laisser le soin au décodeur d’effectuer les corrections nécessaires pour son affichage. L’autre alternative consiste pour l’encodeur à effectuer la correction inverse de celle nécessaire pour l’affichage, néanmoins cette technique provoque des pertes d’informations.
  • Histogramme : Information statistique sur la fréquence d’utilisation de chaque couleur de la palette, ou d’une palette potentielle, d’une image.
  • Navigateur : Programme qui permet de naviguer sur le World Wide Web. Ce programme doit être capable de communiquer en utilisant le protocole HTTP et d’afficher les pages décrites en format HTML. Ces pages peuvent contenir des références à des fichiers graphiques, au quel cas il s’agira pour le navigateur de les afficher à l’intérieur de la page.
  • Palette : Ensemble limité et défini de couleurs qui vont être utilisées dans une image. La palette permet un stockage efficace, par indexage, des couleurs utilisées dans une image lorsque celles-ci sont en faible nombre, par exemple pour des dessins. Ce système s’oppose à la représentation en Truecolor.
  • Pixel : Information stockée pour un simple point de la grille d’une image. L’image complète est composée d’un tableau rectangulaire de pixels.
  • Signature : Elément permettant d’identifier un format de fichier graphique. Habituellement, la signature est constituée par les premiers bytes du fichier graphique.
  • Truecolor : Représentation d’une image dans laquelle chaque pixel d’une image est défini par la valeur représentant l’intensité des couleurs rouge, verte et bleue. On peut également indiquer une valeur par pixel pour le paramètre Alpha. Les images Truecolor sont en opposition avec le principe de palette. La représentation en Truecolor n’est pas liée au modèle de couleur rouge/vert/bleu. D’autres modèles peuvent être choisis à condition qu’ils permettent de définir chaque couleur indépendamment sans passer par une palette.
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