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Sciences et techniques

Quelques idées directrices

  1.  L'esprit scientifique nous vient de l'Antiquité : de Perse et de Mésopotamie, d'Égypte puis de Grèce, avec Thalès, Pythagore, Démocrite, Aristote… C'est aux érudits arabes que l'Europe doit la transmission de ce premier savoir. On pourrait distinguer trois grandes périodes dans l'histoire des sciences : la science antique, la science médiévale qui s'épanouit avec la civilisation arabe, la science moderne qui débute avec la Renaissance européenne.
  2.  Comme la philosophie et la religion, la science cherche à répondre aux grandes questions que l'homme se pose : d'où vient notre terre ? comment fonctionne notre univers ? qu'est-ce que la matière ? qu'est-ce que la vie ? comment évolue-t-elle ? comment se diversifie-t-elle ? comment échapper à la souffrance, voire à la mort ?…
  3.  Tant en Europe que dans le Monde arabe, la science a dû s'affranchir de la philosophie et de la religion pour appliquer les principes de la méthode expérimentale. En médecine, par exemple, Hippocrate (Ve siècle av. J.C.) refuse d'attribuer les maladies à l'intervention des dieux et de les soigner par des procédés magiques. Pourtant, philosophie et religion sont le creuset d'où va naître l'esprit critique, fondement de toute recherche scientifique : en terre d'Islam, le désir d'authentifier le texte coranique au VIIe siècle a donné lieu à de nombreuses études comparatives et à « la science de l'exégèse du Coran » ; en Europe, c'est un humaniste, Léonard de Vinci, qui a formulé les trois principes fondamentaux de la pensée scientifique, et un philosophe, Descartes, qui a donné ses lettres de noblesse à la rationalité.
  4.  L'histoire des grandes découvertes scientifiques nous montre que celles-ci sont rarement le fait d'un seul homme : elles sont le résultat de plusieurs observations menées au fil des siècles, jusqu'à ce qu'un chercheur, enfin, puisse leur donner une base expérimentale. La description de la circulation sanguine par William Harvey en 1628 synthétise en fait les travaux de l'école d'anatomie de Padoue, et Vésale n'était pas loin de la découvrir un siècle plus tôt ; au XIIIe siècle déjà, Ibn-Al-Nafis, né à Damas et pratiquant la médecine au Caire, avait décrit la circulation pulmonaire en corrigeant les erreurs de Galien. De même, Pasteur n'a pas découvert la contagion, laquelle était déjà signalée à Rome un siècle avant J.C. et au XIVe siècle par des médecins arabes comme Ibn Khatima et Ibn al Khatib ; cependant, au XIXe siècle, l'usage du microscope permet à Pasteur de prouver l'existence de micro-organismes vecteurs de maladies.
  5.  L'expansion des villes et les échanges commerciaux favorisent les inventions, les emprunts à d'autres civilisations et les perfectionnements technologiques. Outre les emprunts à la Chine et à l'Inde, les civilisations arabe et européenne n'ont jamais cessé de s'échanger leurs trouvailles.
  6.  Les sciences humaines se développent plus tardivement : l'histoire et la sociologie avec Ibn Khaldoun au XIVe siècle, la psychologie avec Freud et Jung au XIXe siècle…
  7. Cependant, les sciences nous ramènent inévitablement à des questions éthiques : conquérir l'univers, oui, mais pour quoi faire ? Reculer les limites de la vie humaine, mais pour quelle qualité de vie ? Transformer l'énergie et la matière, mais pour quel type de développement ?

Motivation

La 4e vidéo pourrait s'ouvrir sur les découvertes de trois grands astronomes : Ptolémée (IIe siècle) et sa théorie géocentrique, al-Biruni (XIe siècle) qui évalue deux hypothèses contradictoires, celles de la rotation de la terre et celle de son immobilité, et Copernic (XVIe siècle) qui démontre le mouvement des planètes autour du soleil. Plusieurs questions se posent alors : comment des chercheurs si éloignés dans le temps et dans l'espace poursuivent-ils la même réflexion ? Comment progressent-ils dans la connaissance ? Leurs découvertes changent-elles la mentalité de leurs contemporains ? Ont-elles des répercussions sur d'autres domaines du savoir ?...