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Histoire et politique

Quelques idées directrices

  1. La civilisation arabe et la civilisation européenne sont relativement anciennes : précédées par les civilisations antiques en Mésopotamie, en Égypte, en Grèce, à Rome, elles puisent dans un fonds commun mais aussi dans des traditions différentes : indo-européenne en Occident, indo-sémitique en Orient.
  2. Ce sont deux civilisations fortes et conquérantes : fortes, parce qu'elles ont résisté aux assauts des autres peuples, barbares ou civilisés ; conquérantes, parce qu'elles se sont implantées chez d'autres peuples, imposées à d'autres cultures et sur d'autres continents. Remarquons quand même qu'elles se sont à peine infiltrées dans des civilisations plus anciennes, comme l'Inde et la Chine.
  3. Ces deux civilisations sont liées au fait religieux : le christianisme en Europe, l'islam dans le Monde arabe, tous deux débiteurs de leur ancêtre, le judaïsme ; cependant, progressivement l'esprit laïc s'est substitué à l'esprit religieux en Europe, alors que l'esprit religieux reste très vivant dans le Monde arabe.
  4. Ce sont deux mondes à la recherche de leur identité et de leur unité : si l'unité arabe est avant tout religieuse et linguistique, il n'en reste pas moins que géographiquement, ethniquement et politiquement le Monde arabe est morcelé ; l'Europe géographique est un continent et l'Europe économico-politique commence à former un bloc, mais elle demeure un patchwork linguistique, culturel et philosophique ; quant à Israël, issu de ces deux mondes, ne porte-t-il pas la marque de leurs victoires et de leurs conflits ?
  5. Nés des mêmes « parents » mais évoluant sur des voies divergentes, le Monde arabe et l'Europe sont devenus des frères ennemis qui veulent chacun étendre leur influence sur la planète ; rivaux mais toujours frères, ils peuvent trouver plusieurs thèmes de dialogue et des terrains d'action communs.

Motivation

Les mythes fondateurs sont des récits qui « parlent » à chacun de nous : pour l'Europe, le mythe transmis par Hérodote : la princesse Europe emportée en Crète par Zeus ; pour le Proche Orient, l'épopée de Gilgamesh. Ces mythes peuvent servir d'introduction, non seulement au 1er vidéogramme, mais à toute la série de Gibraltar.

Voyons quel en est l'intérêt pédagogique. D'abord, la création mythique de l'Europe et du Proche Orient donnera lieu à un aperçu géographique des territoires sur lesquels nous allons bâtir le dialogue euro-arabe. Ensuite, la richesse symbolique des mythes peut être exploitée dans différentes directions. Enfin, ces récits peuvent être mis en parallèle avec d'autres mythes fondateurs qui traversent nos traditions, tels que la Genèse dans la Bible (Adam, Abraham), le mythe égyptien de la première terre émergée des eaux du Noun, l'histoire de la fondation de Rome par Romulus et Remus... Au niveau des personnages et des symboles, relevons quelques convergences intéressantes :

Selon nos principes pédagogiques, la motivation vise à éveiller l'intérêt des étudiants, à soulever des questions qu'ils chercheront à résoudre dans la suite. Dans le cas du 1er vidéogramme, la question « Qu'arriva-t-il ensuite ? » conduit au développement de deux grandes civilisations.