Observations réalisées au cours d'un récent voyage sur les volcans actifs du Guatemala et du Costa Rica (du 5/2 au 21/2) en compagnie de Daniel Loulergue & d'Antonin Bergerat au Guatemala.

Pour visionner des photos réalisées en 2004 et lire des commentaires et informations sur ces volcans : http://users.skynet.be/etna/Guatemala_2004/

 

Tracés en rouge : circuits réalisés du 5/2/06 au 15/02/06 (Pacaya, Fuego, Atitlan, Santa Maria/Santiaguito -- fichier GPS-Garmin Geko 201 au format "gpx"). Cliquez sur les rectangles oranges afin de visualiser la carte en 3D de l'itinéraire et le profil correspondant.

Localisation de prise des photos sur carte en relief: Pacaya; Fuego; Santa Maria/Santiaguito; Atitlan

Cliquez  sur les zones délimitées en orange pour visualiser une carte en 3D et un profil de chaque circuit réalisé.

A. Le volcan Agua vu à travers le porche, surmontant la 5ème avenue d'Antigua, situé près du très bel hôtel Santa Caterina. Le même volcan photographié du parc central d'Antigua.

Pacaya (Guatemala; 6/2/06) : le volcan est actuellement dans une phase de repos qui a succédé à une période d'activité modérée au niveau du cratère sommital (fréquentes explosions stromboliennes et coulées de lave émises par deux cônes de scories intracratériques édifiés en 2004 et actifs quelques mois en 2005). Lors de notre passage, les évents des deux cônes de scories, présentant une morphologie de "hornito", libéraient des exhalaisons de vapeur d'eau (volutes blanchâtres) ainsi que des bouffées rythmiques de dioxyde de soufre (gaz bleutés) à haute température attestant de la présence de magma à faible profondeur. L'observation directe n'a pas permis d'estimer la profondeur des deux évents étant donné la configuration précaire des lieux et l'abondance des gaz soufrés très chauds qui masquaient les conduits quasi verticaux et qui, par ailleurs, présentaient une certaine élongation. L'ancien cratère sommital est quasi totalement comblé par des coulées de lave cordée solidifiée dans lesquelles quelques unités (tubes) sont percées de tunnels de lave (voir photo ci-dessous). Ces coulées, par endroits scoriacées, ont débordé en 2005 du cratère sommital en se déversant sur de courtes distances le long des flancs sud & sud-est du cône actif Mac Kenney.

Trajet suivi pour accéder au cratère du Pacaya (alt. : ± 2580 m.). Le trajet en rouge peut se faire à cheval depuis San Francisco de Sales (contacter le jeune & sympathique Juan; ci-dessous en compagnie d'Antonin).

A. Le beau cône de scories du Pacaya (cône Mac Kenney) vu de l'ouest. Cliquez sur la photo pour visionner un profil de l'ascension du cône terminal à partir du bord ouest de la caldera (carte en 3D)

B. Un des deux cônes de scorie (cône ouest) et son puits vertical exhalant des bouffées de SO2 brûlant.

B. Deux intrépides noyés dans les gaz du cratère et penchés au bord du gouffre perçant le cône de scories situé à l'est.

B. Ouverture donnant sur une cavité occupant l'intérieur d'un tube de lave de forme parfaite.

http://www.volcano.si.edu/reports/usgs/

Strombolian explosions at Pacaya on 9 March occurred at intervals of 10-30 seconds and threw volcanic material 50-100 m above the volcano. On the evening of 12 March, there was an increase in Strombolian activity, with material reaching 150-250 m above Mackenney Cone -- INSIVUMEH

 


La splendeur du lac Atitlan

A. Zone SE de la caldera Atitlan d'où s'élancent les volcans Toliman (avant-plan) et Atitlan (arrière-plan) -- Zone SO de la caldera Atitlan et le volcan San Pedro à gauche.

B. Les volcans Toliman, Atitlan & Cerro de Oro (extrusion de lave pâteuse) -- C. Le volcan San Pedro.


Fuego (Guatemala; 6/2/06-9/2/06) : la vision du volcan à partir d'Antigua ainsi que des observations en direction du cratère -- réalisées lors d'un tour complet (± 100 km) de l'imposant massif volcanique incluant les volcans Fuego, Meseta, Acatenango,Yepocapa -- ont permis de distinguer, à partir des villages d'Alotenango, de Guadalupe, et de la Finca "Los Diamantes", situés sur les flancs est et sud du volcan, plusieurs explosions de gaz et/ou de cendre d'intensité modérée. La hauteur maximum du panache a été estimée à ± 500 mètres.

B. Le cône actif et élancé du Fuego, et sur sa droite, les vestiges de l'ancien volcan Meseta vus de l'est.

C. Le sommet pointu du Fuego vu du sud (Guadalupe)

D. Le Fuego vu de la région de Guadalupe (versant sud).

A. Explosion au Fuego photographiée à partir du parc central d'Antigua par Antonin Bergerat .


SANTA MARIA (alt.:  3768 m.)

 

A. Quetzaltenango (Xela) noyée sous la brume du matin -- Le cône élancé du Santa Maria vu des contreforts du volcan dormant Siete Orejas.

B. Le complexe volcanique Santa Maria (cône raviné de droite) / Santiaguito vu du sud (mirador San Carlos).

Santiaguito (Guatemala; 12/2/06-14/2/06) : l'approche du Santiaguito a été réalisée à partir de la seconde ville du Guatemala, Quetzaltenango (Xela), par l'ouest (jusqu'au Mirador Magermann) et par le versant sud (Obs. INSIVUMEH jusqu'au Mirador San Carlos). L'activité consistait en de fréquentes et habituelles explosions au cours desquelles la cendre se mêlait à la vapeur d'eau. Quelques rares exhalaisons bleuâtres s'échappaient en continu à quelques endroits de la bordure sud du cratère du dôme "El Caliente". La fréquence des explosions variait grosso mode de 15' à 120'. Plus l'intervalle entre deux explosions était important, plus l'intensité de l'explosion suivante était grande. Lors des explosions les plus puissantes, la colonne de cendres grisâtres très fines mêlées à la vapeur d'eau montait verticalement jusqu'à environ 1000 mètres au-dessus du cratère. A mi-hauteur des plus hauts panaches, le vent dispersait latéralement la cendre qui retombait quasi instantanément sur le secteur de végétation entourant le dôme "El Caliente". Quelques avalanches de blocs et même de courtes nuées de gaz contenant très peu de cendre (nuages blancs) ponctuaient le plus souvent les périodes de temps comprises entre deux explosions. Les matériaux et gaz dévalaient essentiellement le flanc SO du dôme, entre le Rio Tambor et le Rio Nima II, dans une couloir inaccessible à l'observation. Par contre, nous avons pu observer quelques avalanches de blocs, de faible amplitude, sur les pentes S & SE du dôme actif. Des observations réalisées à l'ouest du complexe des dômes du Santiaguito ont permis de suivre une explosion qui a produit une panache très chargé en cendres noires qui s'est effondré partiellement sur le flanc nord (versant vers le volcan Santa Maria) pour donner naissance à une courte coulée pyroclastique de type "surge avalanche" (voir photo ci-dessous).

D. Explosion et petite nuée latérale de type "base suge" au dôme "El Caliente" vus du NNO (volcan Siete Orejas; distance au cratère : 5.5 km) -- B. Nuage d'explosion vertical peu chargé en cendres vu du Mirador San Carlos (versant sud; distance au cratère : ± 2.5 km). Cliquez sur les photos pour visualiser la localisation sur carte des clichés (à gauche : M= mirador Siete Orejas -- à droite : Mirador San Carlos).

Profil en 3D du parcours effectué pour aller observer le  volcan Santiaguito sur  son versant nord (de Quetzaltenango ou Xela au mirador Magermann) -- Photo de gauche

Profil en 3D du parcours effectué pour aller observer le volcan Santiaguito de son versant Sud (du lieu-dit "Las Marillas" au mirador San Carlos) -- Photo de droite

Autres photographies

C. Les contreforts occidentaux du complexe de dômes du Santiaguito vu du mirador Magermann. Le Rio Tambor prend sa source au pied des arêtes déchiquetées formées de dacite porphyrique grise.

 

C. Le sommet de l'unique dôme actif, "El Caliente" (le chaud), vu du mirador Magermann. La partie supérieure du dôme actif est aplatie et essentiellement recouverte de cendre grise fine. A l'avant plan, le dôme inactif et déchiqueté "El Monje".

D. Le "Caliente" en action est observé du volcan Siete Orejas à une distance de ± 5.5 km. Le secteur occidental des dômes de lave dacitique vu d'une trouée dans la forêt alpine bordant la piste forestière menant au mirador Magermann.

D. Explosion de vapeur d'eau, associée à un soulèvement d'un petit volume de cendres, au dôme "El Calente" vue du mirador Magermann.

D. Emission d'une colonne verticale de cendre et de gaz au dôme "El Caliente" -- Rapide dispersion latérale de cendres vers le SO par le vent.

D. Explosion vue de l'ouest (± 4 km).

 

B. Explosions vues du sud (mirador San Carlos situé à ± 2.5 km du cratère à vol d'oiseau)


 

F. Rio Nima I à proximité des ruines du village "El Palmar viejo" détruit en 1929 et 1974.

G Le pont, qui enjambait le Rio Samala sur la route 9S Xela-Retalhuleu, a été emporté en octobre 2005 au cours de l'ouragan Stan .


Par comparaison, voir aussi "Volcans du Guatemala (expédition du 11-12/2004)"

Rapports journaliers à propos de l'activité des volcans actifs du Guatemala (Pacaya, Fuego, Santiaguito)


E. Les bienfaisantes sources d'eau chaude soufrée, Fuentes Georginas, sur les flancs du volcan Zünil, à une vingtaine de km de Xela.

Site archéologique situé à une vingtaine de km au SO du complexe Santiaguito/Santa Maria. Le célèbre chacmol mexicain, devenu un moment fumeur de gitanes, est chevauché par Antonin.

Fête religieuse ponctuant de ferveur le marché de Chichicastenango (et gare aux pétards !).

Les photos ont été réalisées par © Daniel Loulergue, © Antonin Bergerat & © Alain Melchior .


Arenal (Costa Rica; du 17/2 au 21/2):

A mon arrivée à La Fortuna, petite ville touristique située au pied est de l'Arenal (Arenal < arena qui signifie sable), il a fallu attendre deux jours et demi pour que le volcan se libère enfin de sa dense enveloppe nuageuse chargée de pluie tropicale. Au cours du dimanche 19/2, le cône de cendre élancé et symétrique apparaît enfin dans toute sa majesté. Je décide d'en faire le tour quasi complet à partir de "La Fortuna". Dix-sept kilomètres sépare le centre ville de l'entrée du Parc National de l'Arenal où il faudra s'acquitter d'un droit d'entrée de 3000 Colones (± 590 Col = 1 €). A l'arrivée dès 8h (heure d'ouverture) à la barrière métallique faisant office de porte d'entrée dans le Parc National de l'Arenal, le sommet du volcan se trouve encore enrobé de nuages grisâtes qui empêchent l'observation des cratères sommitaux. Par contre, des avalanches de blocs sont parfaitement audibles et observables sur tout le versant dépourvu de végétation (flancs ouest et sud). Elles sont assez fréquentes mais restent d'intensité modérée. Les blocs gris de tailles inégales dévalent les quelques couloirs faiblement entaillés par l'érosion pour s'arrêter généralement à mi-pente du cône. Ce 19/2/06, les avalanches les plus fréquentes se produisaient essentiellement sur le flanc SO, et étaient probablement encore mieux visibles de l'hôtel "Observatory Lodge" situé sur un promontoire s'élançant du flanc méridional du volcan.. Les observations réalisées pendant trois nuits d'affilée ont permis de confirmer le caractère incandescent de ces avalanches de blocs issus en ligne droite du dôme de lave visqueuse débordant partiellement du cratère actif C (le cratère D étant inactif). Lors des quelques heures passées au chevet du monstre, je n'ai entendu qu'une seule explosion, puissante et sourde, qui a retenti dans la nuit. Voir carte en 3D (relief ombré) de la région de l'Arenal.

"AR" = point d'observation le plus proche du cratère (2.5 km) sur la coulée en blocs de 1992 (la photo 4 a été prise de ce point). "Parc" = entrée du Parc National de l'Arenal (ouvert de 8 à 16h).

Pour visualiser cartes, photos d'activité récente et autres documents : Arenal Volcano Costa Rica

 

Flanc est de l'Arenal vu de La Fortuna (à l'avant-plan le cratère D inactif et à l'arrière plan le cratère C actif).

Le cône symétrique de l'Arenal vu du Mirador du parc National de l'Arenal.

Le parc central de "la Fortuna" et son église moderne ouverte à tout vent -- Cascade, située à 6 km de La Fortuna, se déversant dans la forêt tropicale humide par-dessus une coulée de lave présentant une structure prismatique (en pseudo-colonnes).

Le versant est de l'Arenal vu du site des bains thermaux "Baldi"

Sur le site des sources d'eau chaude "Baldi", un plan d'évacuation rapide a été prévu en cas d'éruption soudaine !

 

Le cône majestueux de l'Arenal vu du ONO, à proximité du lac de barrage Arenal.

Au sud de l'Arenal, le cône aplati et couvert de végétation tropicale du Cerro Chato au sommet duquel se niche une belle lagune de cratère. Avertissement à l'entrée du Parc National de l'Arenal sur le caractère de dangerosité potentiel de ce volcan explosif.


Vue aérienne du sommet de l'Arenal couronné par deux cratères, C & D (vue de l'ouest vers l'est; 05/2001) -- Avalanche de blocs incandescents sur le versant ouest de l'Arenal observée à 400 mètres sous le cratère C (photo par Jorge Barquero)