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Lire le texte informatif

Introduction

Qu'est ce que lire ? Qu'est-ce qu'un texte ?

Difficultés

reconnaître l'organisation
du texte
faire apparaître
les informations cachées
distinguer l'essentiel
évaluer l'information
Critères pour l'évaluation  
testez votre lecture

écrire un texte informatif ?

Qu'est ce que lire ? Qu'est-ce qu'un texte ?

Le terme "texte informatif" désigne un type de texte dont l'objectif dominant est celui d'apporter des connaissances.

Le texte explicatif, cas particulier, est celui que l'on trouve dans les manuels, les polycopiés, les encyclopédies. S'il contient des récits, ce n'est pas seulement pour distraire le lecteur mais pour lui transmettre des informations. Ce sont ces connaissances que l'étudiant doit décoder et, éventuellement, mémoriser.

Lire un texte, c'est en extraire fidèlement et de manière complète les informations et l'organisation en vue, dans le cadre scolaire en tout cas, d'une restitution.

Vous passez un temps considérable à recueillir, lire, comprendre les informations écrites dans des livres, des articles. On pourrait croire qu'ayant appris à lire dès la première année d'école, vous savez lire les textes, puisque vous êtes capable de lire des mots et des phrases. Or, ce n'est pourtant pas forcément le cas. Lire un texte demande d'autres opérations que lire une phrase.

Suffit-il d'aligner des phrases pour créer un texte ? Que penser, par exemple, de l'ensemble suivant :

J'ai le coeur grenadine. Les convoyeurs attendent. Partir, c'est mourir un peu. Qui a bu boira, chicorée Pacha. Belle marquise, vos beaux yeux me font mourir d'amour. Sega c'est plus fort que toi. L'action de la Coca-Cola Inc. a encore augmenté. Trois kilomètres à pied ça use les souliers.

Bien que ces phrases soient absolument correctes, leur association manque de cohérence.

Le mot texte vient d'un terme latin signifiant tissu. En effet, ce qui constitue un texte, c'est la relation entre les informations et non les informations elles-mêmes.

Ainsi un annuaire téléphonique ou une table de multiplication ne constituent-ils pas de véritables textes, appelons-les des "banques de données", les informations y sont données de manière brute.

Un texte est une organisation, un système de relations entre les idées, entre les énoncés. Beaucoup de difficultés de lecture (donc de compréhension et de mémorisation) proviennent d'une interprétation inadéquate ou insuffisante de ces relations. La responsabilité en incombe parfois à l'étudiant inattentif ou inexpérimenté, parfois au professeur -ou à l'auteur des textes- qui laisse dans son texte des erreurs d'organisation ou qui suppose que le lecteur est toujours capable de comprendre de lui-même les relations implicites entre les informations qu'il livre. Cela arrive plus fréquemment qu'on ne le croit.

Plus que le film, le texte écrit permet, semble-t-il, d'adapter davantage le rythme du décodage aux capacités du lecteur ou aux circonstances de la lecture. On est libre de s'arrêter, de relire. Or, justement, le trajet linéaire de la lecture est source de complexité. A chaque étape de notre exploration du texte nous réajustons le sens de l'énoncé qui n'apparaît complet qu'une fois le point final franchi. Tant que le texte n'est pas parcouru entièrement, le lecteur avance sur un terrain mouvant où chaque mot qu'il découvre modifie le sens des précédents et sera lui-même modifié par les suivants (le cotexte). Nous nous heurtons à deux obstacles majeurs : les mots inconnus et les connaissances (référent) inconnues. Dans cette lente exploration, nous possédons quelques points de repère relativement stables : notre propre savoir et les définitions du dictionnaire. Parfois ce savoir préalable est insuffisant et nous ne comprenons pas le texte, parfois il est de loin supérieur au contenu du texte et dans ce cas nous nous y ennuyons. Quant au dictionnaire, il n'est pas toujours sous la main et ne donne que des significations standard qu'il nous revient d'ajuster, -et c'est loin d'être toujours facile-, au texte.

Il est donc utile de prendre le temps d'examiner comment fonctionne le texte informatif, celui dont les élèves et les professeurs se servent pour bon nombre de cours et qui remplit, par ailleurs, les colonnes de nos journaux, de nos magazines, de nos encyclopédies.

Pour une théorie plus complète,

Difficulté n° 1 : reconnaître l'organisation du texte

télécharger un diaporama explicatif ? Format PowerPoint ou OpenOffice

1.1. Comment s'organise un texte ?

Les principaux éléments qui organisent le texte sont :

1. la mise en pages (colonnes, encadrements, alignement, couleurs de fond...)

2. le caractère typographique :

police de type sans empattement Helvetica
ou à empattement Times

Le dessin des caractères
La plus simple des classifications est basée sur la présence ou l’absence d’empattements, traits qui terminent les extrémités des lettres (ils sont souvent désignés par le terme anglais serifs).
Les empattements créent une ligne imaginaire en bas et en haut des lettres. Cette ligne guide l’œil et facilite la reconnaissance des mots. Les caractères à empattements sont donc utilisés pour la composition des textes courants.
Les caractères sans empattements – parfois intitulés bâtons, sans serifs ou sans – supportent des corps et des graisses importants, ce qui en fait des caractères de choix pour les titres et intertitres.

Petit Guide de typographie, 10/01/2012

gras / maigre;

romain / italique;

minuscules / PETITES CAPITALES / MAJUSCULES,

hauteur des caractères ; 9 points, 10 points, 12 points, 14, 18... (cette valeur est relative, elle dépend de la police utilisée !)

3. le titrage ( titres, surtitres, sous-titres et intertitres)

Un surtitre, au-dessus du titre, en caractères plus petits est souvent un titre de rubrique ou le domaine général de l'article.

Un sous-titre peut se placer entre le titre et le chapeau dans les mêmes caractères que le surtitre. Il donne un petit élément supplémentaire, précise le titre.

Un chapeau introduit ou résume et accroche.

Des intertitres intercalés dans le texte structurent et relancent l'intérêt.

4. les paquets d'information (paragraphes, sections, chapitres...)

et les indices d'empaquetage (alinéas, double interligne, titres, numéros, ponctuation...),

5. les connecteurs sémantiques (mots-outils ou formulations reliantes )

Le mot-outil n'apporte pas d'autre information que la relation : " Nous allons ensuite étudier le texte informatif. "
D'autres mots ou phrases peuvent relier et transmettre des informations supplémentaires : " Nous allons poursuivre par l'étude du texte informatif. " " Le chapitre suivant expliquera plus en détail le texte infiormatif. "

Sont particulièrement précieux à reconnaître :

a. les indicateurs de distanciation qui signalent
  • soit le passage d'un niveau d'énonciation à un autre
(l'énonciateur est l'origine des informations / il les emprunte à autrui),
  • soit le passage d'une attitude d'énonciation à une autre
(l'énonciateur est sûr que l'information est vraie ou fausse / il doute de l'un ou de l'autre),

b. les indicateurs d'exemple ou d'illustration,

c. les indicateurs de paraphrase ou de reformulation,

d. les indicateurs de série.

1.2. Les relations sémantiques.

Une information est un ensemble formé par un thème (de quoi on parle) en principe connu du destinataire et son rhème (ce qu'on dit du thème) en principe, nouveau pour le destinataire. Il est important de saisir qu'une même information peut faire l'objet de diverses formulations, jamais totalement équivalentes toutefois.

Télécharger un diaporama explicatif : 

Ex. :

1. Henri avait un CD, il en possède un deuxième depuis ce matin.

2. Ce matin, Henri a doublé sa collection de CD.

3. Henri a un CD de plus depuis ce matin.

4. Un nouveau CD est venu enrichir ce matin la discothèque d'Henri.

5. Encore un CD dans la discothèque d'Henri !

6. C'est officiel, Henri a acquis un second CD ce matin.

Si l'on veut lire de façon fine et nuancée, on voit qu'il ne suffit pas de comprendre le sens des mots mais qu'il faut observer les rapports que chaque mot entretient avec les autres.

Les relations qui tissent le texte, qui l'organisent, vous sont connues, pour la plupart. Elles apparaissent déjà dans les phrases complexes. Ce qui est plus difficile dans la lecture du texte, c'est que ces relations sont exprimées de façons très variables selon les auteurs. Dans un même texte d'ailleurs, ces règles peuvent varier. Parfois même ces relations ne sont pas explicites, c'est le lecteur qui doit les découvrir.

Pour lire correctement le texte il est donc indispensable de reconnaître les différentes relations sémantiques et les multiples procédés pour les exprimer (ou les dissimuler).

1.2.1. Les types de relations sémantiques

Voyons d'abord quels types de relations unissent les phrases ou les paragraphes :

Relations chronologiques
X puis Y

postériorité

X avant Y

antériorité

X en même temps que Y

simultanéité

Relations logiques
X causé par Y

cause

X provoquant Y

conséquence

X concédé, mais Y

concession

X restriction Y

restriction, soustraction

X et Y

addition, élargissement

Si X alors Y

condition

X afin que Y

but

X ou Y

alternative

X = Y

similitude

X Y

différence

X >< Y

antithèse, opposition

Relations d'énonciation
X citant Y

citation

X commentant Y

commentaire

Relations d'adaptation ou de modalisation

X paraphrasé par Y

reformulation

X précisé par Y

explicitation

X exemple Y

illustration

X comparé à Y

analogie

1.2.2. Quelques manières d'établir ces relations.

Voyons ensuite les procédés les plus couramment utilisés pour installer ces relations sémantiques.

1.3. L'organisation visuelle : tracer la maquette d'un texte.

Pour prendre conscience de l'organisation spatiale, pour visualiser l'organisation de la page, on dessine une maquette. (Sur l'ordinateur: "aperçu avant impression").

Sur une feuille de format indiqué (souvent A4), il faut dessiner les différents blocs de textes en respectant les proportions du texte original, les alignements.

On marque les "blocs" de textes homogènes par des encadrements différents. On trouve ainsi: surtitres, titres, sous-titres, intertitres, chapeau, texte normal, photos, dessins, schémas et tableaux, légendes, notes, références, nom de l'auteur...

Chaque bloc est encore divisé par des lignes horizontales pour en faire apparaître le nombre de paragraphes.

Difficulté n° 2 : faire apparaître les informations cachées

L'explicite et l'implicite

Les textes fourmillent de messages secrets proposés (imposés) à la sagacité du lecteur : référents difficiles à reconnaître, rhèmes déplacés, signification inconnue de mots, messages implicites, substituts trompeurs.

Le contenu explicite d'un énoncé est celui qui apparaît indéniablement dans l'énoncé.

Jacques Dubois est âgé de seize ans.

Un énoncé a souvent un contenu implicite donné indirectement. (Cfr. présupposés et sous-entendus).

Monsieur, les autres élèves de 4e sont déjà en récréation.

Le professeur a sousestimé la difficulté de la question.

Le contenu implicite d'un énoncé est une information exprimée indirectement, qui doit être inférée par le destinataire.

2.1. Le référent caché : l'anaphore et les substituts.

L'anaphore aussi appelée reprise anaphorique est un procédé courant par lequel un mot fait référence à ce qui a été dit (anaphore à gauche) ou à ce qui va être dit (a. à droite).

L'interprétation de l'anaphore n'est possible que si l'on connaît son interprétant, référent ou antécédent. Lorsque l'anaphore renvoie à droite, le lecteur voit sa tâche compliquée puisqu'il ne dispose pas encore de la clé nécessaire à l'interprétation, le sens de la phrase est en attente.

Ex:

Le terme de substitut désigne les différents mots ou groupes de mots qui peuvent en remplacer un autre que l'auteur ne souhaite pas répéter de façon identique.

Les procédés de substitution les plus courants sont les suivants : pronominalisation, synonymie; hyperonymie / hyponymie, périphrase descriptive, généralisation...

Comme elle avait un rendez-vous important, Danielle, se leva tôt ce matin-là. Ce jour de proclamation des résultats allait décider de l'avenir de la jeune étudiante en droit. "Mademoiselle Danielle Dubarreau", appela le haut-parleur. La Châtelettaine se dirigea vers le professeur qui remit à la jeune fille son diplôme tout neuf: "Je tiens à vous féliciter pour votre résultat..."

Un hyperonyme est un mot dont le sens inclut celui de plusieurs autres (appelés hyponymes).

Ex.: Les mots : cabriolet, GTI, bagnole, Renault, grosse cylindrée sont tous compris, pour ne citer que ceux-là, dans l'hyperonyme : voiture.

Une paraphrase est un énoncé synonyme d'un autre. La paraphrase n'apporte aucune nouvelle information

Ex. Jean aime Louise = Louise est aimée de Jean.

Une périphrase exprime une notion qu'un seul mot pourrait désigner, par un groupe de plusieurs mots. Elle ajoute du sens.

Ainsi Bruges est aussi appelée la Venise du Nord. [= Bruges + Venise + ville du Nord + avec des canaux comme à Venise + connotations liées à Venise…]

La périphrase permet de répéter une information sans répéter les mêmes mots. Elle est choisie pour ses vertus esthétique (plus belle, moins banale) ou rhétorique (plus efficace).

Ex. C'était l'heure tranquille où les lions vont boire (fonction esthétique).
Le prince de Bel Air (fonction rhétorique).

Ces divers procédés  (reprise anaphorique ou cataphorique, substitution...) sont parfois regroupés sous l'hyperonyme coréférence.

"La coréférence est un procédé de reprise de l'information qui contribue à la cohérence du texte en indiquant au lecteur que l'on continue à parler de la même chose d'une phrase à l'autre.

La coréférence met en relation deux termes : un substitut et son antécédent. Comme ces deux termes réfèrent à la même réalité, on dit qu'ils coréfèrent, d'où le nom du procédé.

  1. Hugo s'est acheté une bicyclette. Il veut se mettre en forme.
  2. Hugo s'est acheté une bicyclette. Ce moyen de transport est très écologique.
  3. Hugo s'est acheté une bicyclette. La transaction a eu lieu hier. "

Lorraine Pepin.

2.2. La signification cachée des mots

Extrêmement rares sont les personnes qui peuvent prétendre connaître la signification de tous les mots des textes qu'elles lisent. Quant à nous, lecteurs ordinaires, nous butons souvent sur des mots dont le sens nous est partiellement ou totalement inconnu. Certaines techniques peuvent nous aider :

1) inférer la signification à partir du contexte.

Le contexte est l'ensemble des circonstances (une situation de vie) dans lesquelles s'insère un énoncé.

L'adolescent est un héros.

Cette phrase, isolée de son contexte, signifie que tous les adolescents sont des héros, qu'il s'agit d'une qualité propre aux personnes de cet âge.

Placée dans son contexte : le récit d'un acte de bravoure, sa portée se réduit considérablement; elle concerne désormais un seul personnage, un adolescent héroïque.

2) inférer la signification à partir du cotexte.

Le cotexte est l'ensemble verbal qui entoure un mot et en conditionne le sens.

Je l'ai toujours dit : ce funambule finira par se casser la figure.

Le lecteur qui ne connaît pas le sens du mot funambule peut l'inférer à partir des mots "acrobate" et "sur son câble" utilisés quelques lignes plus loin dans le texte. (Notre acrobate a glissé sur son câble)

3) inférer la signification à partir des racines, préfixes et suffixes

La racine (ou radical ) est un élément de base de la formation du mot, elle est susceptible de fonctionner seule et apparaît le plus souvent dans plusieurs mots où elle désigne un même référent, un même concept.

Ex. : ample, amplifier, amplificateur, amplitude, préamplificateur.

Le préfixe est un élément de formation de mot non susceptible de fonctionner seul. Il précède la racine. (Ex. : préamplificateur, hypermarché, mégasoirée...)

Le suffixe est un élément de formation de mot non susceptible de fonctionner seul. Il suit la racine. (Ex. : amplificateur).

4) Consulter le dictionnaire.

C'est le dernier recours.

2.3. Le rhème caché : la condensation informative

Certains procédés ont pour effet d'augmenter la densité d'informations d'un énoncé (= le rapport entre la quantité d'informations et le nombre de mots). La condensation est l'inverse de la dilution où l'on trouve un niveau élevé de redondances, de reprises.

La communication se transmet mieux si sa condensation est adaptée à certains facteurs représentés sur le schéma suivant :

 

Les procédés suivants augmentent la condensation ils peuvent masquer certaines informations:

nominalisations (une phrase entière est parfois transformée en groupe nominal)

Ex:

Remarquez l'analogie entre la première loi de la réfraction et la première loi de la réflexion.
= 1. Il y a une analogie entre ces deux lois. (information masquée)
+ 2 Remarquez cette analogie.

Le dangereux accroissement de l'immigration devrait inciter les responsables politiques à prendre de toute urgence les mesures qui s'imposent.

le thème de la phrase présuppose que :

1. l'immigration s'accroît. (information masquée)
+
2. ce phénomène est dangereux. (information masquée)

constructions détachées (groupe de l'adjectif)

Ex. : Fatigué, Paul s'assit.
= 1. P. s'est assis.
+ 2 . Parce qu'il était fatigué. (information masquée)

Traditionnellement considéré comme rural, le renard est à présent devenu un hôte familier des villes. [= Bien qu'il ait été considéré... antithèse opposition]
Doté d'une faculté d'adaptation extraordinaire, le renard a colonisé les faubourgs semi-urbanisés. [= Parce qu'il est doté... cause]

appositions (groupes nominaux)

Ex. Conducteur débutant, il est néanmoins parvenu à éviter le danger.
= 1. Il est un conducteur débutant.
+ 2. Donc il aurait dû déraper. (information masquée)
+ 3. Il est néanmoins parvenu à éviter le danger.

Remarque : la condensation peut modifier l'ordre dans lequel apparaissent les informations.

Une (2) des missions (3) de l'UNESCO est de veiller à la pureté des valeurs éthiques qui fondent (1) le sport.
= 1. Certaines valeurs pures sont le fondement du sport.
2. L'UNESCO a la mission de veiller à la pureté de ces valeurs.
3. L'UNESCO a d'autres missions.

D'autres procédés réduisent la condensation et conviennent à des circonstances où l'attention du destinataire est moins forte : subordination, reprises, paraphrases, exemples...

2.4. Les messages cachés:

présupposé et sous-entendu

Les présupposés sont des sens cachés, seconds, inhérents à l'énoncé, indépendants de l'énonciation. Le présupposé ne peut être nié par le locuteur.

Ex.

Je viens de recevoir un coup de fil de mon frère présuppose notamment
- que j'ai le téléphone et sais m'en servir,
- que j'ai un frère et qu'il est capable de me téléphoner.

Le dangereux accroissement de l'immigration devrait inciter les responsables politiques à prendre de toute urgence les mesures qui s'imposent.

Un tel énoncé présuppose notamment :

- que l'accroissement de l'immigration est un phénomène incontestable,
- qu'il s'agit d'un phénomène dangereux de nature.
- que face à un tel phénomène certaines mesures s'imposent.

- qu'il faut agir vite.

Déceler ces présupposés, c'est la condition indispensable pour pouvoir les mettre en question:

- S'agit-il d'accroissement de l'immigration ou de concentration des populations immigrées dans des ghettos ?

- Quoi qu'il en soit, le phénomène est-il essentiellement ou circonstanciellement dangereux (et pour qui ?)

- Y a-t-il, dans les circonstances présentes, des mesures qui s'imposent ? Ne pourrait-on pas faire preuve d'imagination et en proposer d'inédites ? (J.-L. Dumortier)

Les sous-entendus sont des contenus implicites dont le sens apparaît en relation avec les circonstances de l'énonciation (contexte). Le sous-entendu peut être nié par le locuteur.

Difficulté n° 3 : distinguer l'essentiel.

Il est important de distinguer l'essentiel d'un texte pour pouvoir le résumer en vue de le restituer (examen, par exemple) mais sans le défigurer ou l'amputer.

L'essentiel c'est ce qui reste lorsqu'on a retranché l'accessoire : les reprises (répétitions, paraphrases), les amplifications, les exemples.

Certains linguistes parlent de noyau d’information et de satellites. Soit le schéma suivant :

3.1. Thème et rhème

Distinguer l'essentiel de l'accessoire revient à savoir de quoi le texte parle (thème) et ce qu'il en dit (rhème).

Résumer un énoncé c'est en exprimer le thème et le rhème.
Ex : L'auteur parle de la publicité. (résumé incomplet)
[L'auteur dit que] la publicité est trompeuse. (résumé complet)

 

Le thème est l'information connue, l'information de départ de l'énoncé, un élément connu du destinataire ou déjà évoqué dans le texte (intervalle-texte); le rhème est l'information nouvelle, le supplément d'information apporté au thème.

Dans un énoncé, c'est le rhème qui semble porter l'information nouvelle.

Ex : La maison du pêcheur (thème)
est bâtie sur le versant sud de la colline (rhème)
.

Bâtie sur le versant sud, la maison jouit d'un ensoleillement maximum.

Certaines structures permettent cependant de modifier l'ordre d'importance, la hiérarchie des informations, d'en faire passer certaines du premier au second plan :

La passivation transforme le sujet (premier plan) en agent (second plan) ou l'efface (passif incomplet).

La police a arrêté le gangster

>< Le gangster a été arrêté par la police.
Le gangster a été arrêté .

L'emphase modifie l'ordre "normal" de la phrase. Ainsi:

Le conseil a voté cette loi à l'unanimité

deviendra, par exemple,

Cette résolution, le conseil l'a votée à l'unanimité.

Cette phrase "emphatique" permet de placer en "thème", en tête de phrase, à une place privilégiée, un élément qui grammaticalement est secondaire (complément)

Le conseil (thème) a voté cette loi à l'unanimité (propos).

La nominalisation condense l'énoncé. Ce procédé donne la priorité à l'action, au déterminant plutôt qu'au sujet. Cela permet parfois de soustraire certaines informations à la discussion :

Ce devoir était trop compliqué, les élèves l'ont mal réalisé.

>< L'extrême complication de ce devoir a empêché les élèves de le réussir.

3.2. La progression thématique

De phrase en phrase, la progression du texte, surtout informatif ou persuasif, se fait par addition d'un rhème à un thème selon quatre structures fondamentales :

3.2.1. Progression à thème linéaire

Chaque thème est issu du rhème de la phrase précédente. Souvent il s'agit d'une partie seulement de ce rhème.

 
L'entrée en première candidature est obligatoirement soumise à la réussite d'un examen d'admission. L'examen d'admission aux études de candidat ingénieur civil fait partie des Lois sur la collation des grades académiques et le programme des examens universitaires. Le programme est le même dans toutes les facultés de Sciences Appliquées belges. Univers-Cités

3.2.2. Progression à thème constant.

Le même thème, éventuellement repris par des substituts divers, est enrichi de plusieurs rhèmes.

 
A la fois compositeur et pianiste, Jean-Luc Fafchamps est fasciné par toutes les formes de la production musicale de notre temps. Il a pris part à des activités aussi diverses que la composition de musiques de scènes, la chanson française, le rock, l'improvisation collective et la musique contemporaine. Lors de cette soirée de fête, il invitera ses amis [...] Le Vif-L'Express

3.2.3. Progression à thème éclaté

Chaque sous-thème est un élément constitutif du thème principal ("hyperthème") qui peut ne pas apparaître explicitement.

 
LES SIMPSONS sont une famille de crétins moyens, comme il en existe des milliers aux ETATS-UNIS et dans beaucoup de pays. Homer, le père, travaille dans une usine nucléaire, Marge, (sa femme), passe son temps à hurler et à protéger ses enfants jusqu'au délire. Parlons-en de ces enfants ! Lisa joue du sax en tirant une tête de plusieurs pieds de longs (elle a le blues) tandis que Bart, affreux jojo, tyrannise parents et amis tout en se prenant pour le nombril du monde. [...]     Le Nouvel Observateur

3.2.4. Progression combinée.

Dès que le texte atteint une certaine longueur, il présente le plus souvent une combinaison des trois types de progression.

3.4. Quelques "macrostructures" de textes.

Pour faciliter tant la lecture que l'écriture, il est avantageux de pouvoir se représenter quelques plans de développement typiques. Vous ne les retrouverez tels quels qu'exceptionnellement, ce ne sont, en effet, que des modélisations.

Difficulté n° 4 : évaluer l'information

Toutes les informations publiées dans les textes ne sont pas d'égale fiabilité. Le lecteur est ainsi amené à se poser des questions :

L'information est-elle vérifiée, fiable ou n'est-ce qu'un simple avis ?
A qui cette affirmation peut-elle être attribuée ?
Quel est le niveau d'assertion de cette information ?

4.1. Distinguer un FAIT et une OPINION.

Toutes les informations ne sont pas du même type. Pour la facilité, on parle de faits et d'opinions.

Un énoncé sur la vérité duquel il y a consensus, dont les interlocuteurs admettent la réalité est appelé FAIT. Ce qui est arrivé, ce qui a eu lieu, dont la réalité est indiscutable.

Je t'ai vu hier sur la Place du Marché.

Un énoncé qui représente un avis, une manière de voir les choses, de penser, de juger, une croyance est appelé OPINION.

Je trouve la musique rap peu mélodieuse.

Un fait se constate, s'impose à l'observateur. Pourtant, certains "faits" qu'on croyait établis se révèlent parfois des erreurs ainsi le massacre de Timisoara présenté comme un fait est apparu ultérieurement comme une imposture. Et inversement: l'opinion interdite de Galilée disant que la terre tourne autour du soleil est devenue un "fait" accepté par tous.

Une opinion se partage, s'argumente, se défend, se renforce. Certaines opinons sont très fiables, dignes de foi, d'autres non.

Il y a des opinions primaires : l'énonciateur les assume à titre personnel.

Les élèves sont sympathiques.
Je trouve les élèves sympathiques.

Et des opinions secondaires : l'énonciateur rapporte l'opinion d'un autre.

Madame la Ministre trouve les élèves sympathiques.

L'opinion primaire devient secondaire par le procédé de citation.

On distingue trois sortes d'opinions :

1. Les rhétos organisent une boum vendredi.

2. Ce sera une super soirée !

3. Tu devrais venir.

- L'observation (1) : la personne qui l'émet énonce un fait.

- L'évaluation (2) : la personne qui l'émet communique une appréciation.

- La prescription (3) : la personne qui l'émet recommande, conseille à son interlocuteur de faire quelque chose.

Parfois l'opinion est présentée comme telle au moyen d'un indicateur : je pense que, selon, d'après,...

D'autres fois, au contraire, l'énonciateur efface les marques de l'opinion et présente son opinion comme un fait établi :

La musique rap est nulle. (= à mon avis, je pense que, selon les spécialistes...)

4.2. Attribuer l'information à son Énonciateur.

L'auteur d'un texte, personne physique, n'apparaît pas toujours comme tel dans le texte. Il semble d'ailleurs qu'il ne puisse jamais le faire; sa personne, quels que soient son talent et les efforts qu'il mette en oeuvre, sera toujours plus riche que ce qu'en dira son discours.

Dans un texte informatif, le terme énonciateur désigne la personne à qui est attribué un énoncé, une citation. Ce peut être l'auteur réel d'un texte ou une autre personne : acteur, témoin, expert que l’on cite plus ou moins explicitement.

Pour rendre le texte plus authentique, et plus vivant, l'auteur insère souvent, au milieu de son propre discours, des paroles d'autrui. Ce sont les changements d'énonciateur.

Parfois ce changement est signalé par un indicateur (un indice, un signal d'avertissement) de distanciation parfois le changement n'est pas annoncé et cela complique le travail de lecture.

Exemples d'indicateurs :

4.3. Décoder la modalisation de l'énoncé informatif.

L'information transmise est fréquemment nuancée. L'énonciateur se montre, par rapport à ce qu'il énonce, plus ou moins assertif, son affirmation de la réalité des choses est plus ou moins marquée.

La modalisation est l’emploi de verbes modaux (pouvoir, devoir, vouloir, etc.), d’adverbes (certainement, peut-être, probablement, vraiment (adverbes modalisateurs), sans doute, bien sûr (locutions adverbiales), etc.), de temps (futur, conditionnel, etc.), d’adjectifs (évaluatifs / affectifs), de noms par lesquels un locuteur manifeste, entre autres, le degré d’adhésion à son énoncé.  Etudes littéraires

De ce fait, le lecteur qui veut correctement interpréter un énoncé doit-il s'entrainer à dépister les indicateurs de modalité qui signalent différentes nuances.

Toute modalisation permet de traduire soit une certitude, plus ou moins forte selon que le locuteur est convaincu ou non de ce qu'il énonce, soit une évaluation, c'est-à-dire un jugement positif ou négatif.

Les indicateurs de modalisation

indicateur
exemple
modalité de l'affirmation
auxiliaire modal

Tout semblait calme.
Il doit être 22 heures 30 à Rome.

probable
déterminant qualificatif Une photo prétendue de l’iPhone 5 en circulation sur le web.
douteuse
adverbe Spielberg est, décidément, le maître du sensationnel.
affirmation renforcée
phrase de base Je pense qu'il a été sensible à certains de mes arguments.
probable
expression figée Ce mouvement est une sorte de guérilla sociale.
Contrefaçon : l'UE juge qu'eBay peut être tenu pour responsable.
Le chômage : soi-disant endigué

atténuée

atténuée

niée

conjugaison : mode conditionnel Apple aurait décidé de déplacer le flash de l'appareil photo
possible
conjugaison : mode subjonctif Il craint qu'il ne puisse arriver à temps
éventuelle
conjugaison : mode subjonctif Qu'il s'en aille !
imaginée
conjugaison : temps du futur Cet automobiliste se sera endormi au volant.
probable
conjugaison : temps imparfait On disait que j'étais la princesse...
imaginaire
p. de base Il ne fait aucun doute que c'est bien l'Allemagne qui décidera.
certitude
p. incise La collecte des adresses e-mails…pas si facile, semble-t-il !
probable
ponctuation Pour moi, un " bon " poème est libérateur.
mise en doute

Les modalités d'énonciation

100 %
affirmation / assertion
renforcée Essai Pirelli Scorpion Trail: un pneu assurément routier.
simple Pour le directeur de la centrale française l’installation alsacienne n'est pas dangereuse et délabrée.
90 %
affirmation modalisée
certaine La situation conduira sans aucun doute à l'extinction de nombreuses autres espèces au Vietnam.
75 %
probable Je pense qu'il a été sensible à certains de mes arguments.
50 %
possible L’échec scolaire peut indiquer une précocité intellectuelle
10 %
douteuse Animations pédagogiques prétendument "obligatoires"
 
 
réalité virtuelle, imaginée
 

Air France choisirait la voie du consensus pour sa commande.

Qu'il s'en aille !

Pour en savoir davantage... 

 

Évaluation: lecture d'un texte informatif.

1. L'élève donne du sens à l'organisation visuelle (mise en pages, titrage...)

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2. L'élève est en mesure d'attribuer aux reprises anaphoriques le référent convenable.

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3. L'élève est en mesure d'identifier des substituts.

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4. L'élève reconnaît les changements d'énonciateur. Il attribue chaque énoncé à son énonciateur.

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5. L'élève utilise le cotexte pour inférer des significations.

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6. L'élève est en mesure d'exprimer des significations cachées (condensation, présupposés, sous-entendus, nominalisations, constructions détachées...)

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7. L'élève est en mesure de reconnaître le sens de relations sémantiques explicites ou implicites.

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8. L'élève distingue les faits et les opinions. Il s'interroge sur la valeur des informations transmises.

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9. Le message (plan de développement, essentiel...) est décrit de façon précise et détaillée.

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Mise à jour : 21.12.2018