Evolution post
embolisation
Douleur
pelvienne
Des
douleurs pelviennes modérées à sévères souvent de type crampoïde sont généralement
rapportées 46,50,52,53,58,59. Ces douleurs se distribuent schématiquement
de manière biphasique. Durant les premières heures (6 à 10 environ), on
observe souvent une première phase de douleurs modérées à sévères débutant
après l'embolisation de la deuxième artère utérine. Celles-ci sont
vraisemblablement dues à la nécrose du tissu cible à savoir le ou les
fibromyomes et à l’ischémie de l’utérus. Ensuite on observe
habituellement une diminution des douleurs probablement en raison du développement
d’une circulation utérine collatérale. Des douleurs résiduelles à mettre
en rapport avec la nécrose du fibrome sont ensuite classiquement observées
pendant 7 à 10 jours. La sévérité des douleurs est liée à la taille des
particules de PVA 52,53,55,57. Les plus petites particules induisent
plus de nécrose et de douleurs pelviennes 52,53,55,59.
Différentes
approches ont été utilisées pour soulager les patientes pendant les premières
heures suivent l’embolisations : anesthésie générale, épidurale, pompe à
morphine, anti-inflammatoires, lidocaïne intra-artériel, sédation
intraveineuse, etc. Ainsi que pour d'autres auteurs 52,57, la pompe
à morphine contrôlée par la patiente associée à des antiémétiques et
parfois des anti-inflammatoires non-stéroïdiens nous paraît être une méthode
très efficace pour soulager ces douleurs.
La
durée d'hospitalisation varie entre 6 et 48 h après la procédure.
Habituellement, la sortie de la patiente est prévue dés qu’un effet
antalgique suffisant est obtenu par traitement oral. A domicile, Un anti-inflammatoire non-stéroïdien ponctuellement associé
à un narcotique et un antiémétique sont souvent nécessaire pendant la première
semaine. En effet, des douleurs intermittentes peuvent survenir durant cette période
et peuvent même exceptionnellement persister jusqu’à 8 semaines. La plupart
des patientes cependant sont aptes à reprendre le travail après une à deux
semaines de convalescence.
Syndrome
post-embolisation
Après
une embolisation, on peut observer des douleurs pelviennes ou abdominales
diffuse, des nausées, des vomissements, une fièvre modérée et d’une légère
augmentation de la leucocytose. L’ensemble de ces signes et symptômes
constitue le syndrome post embolisation. Ce syndrome survient le plus souvent
entre 3 et 5 jours après la procédure. Il est plus fréquent chez les femmes
présentant de volumineux fibromyomes 52. Si aucune infection n'est
suspectée, seul un traitement symptomatique est requis. Celui-ci est important
à prévoir avant la sortie de la patiente afin d’éviter des réadmissions
inutiles ou des complications secondaires aux nausées et vomissements (tel
qu’un syndrome de Malory Weiss).
Complications
immédiates
Complications
angiographiques
Les
complications potentielles de l’angiographiques sont tout à fait
exceptionnelles et n'ont pour la plupart jamais été rapportées dans le cadre
précis de l’embolisation des artères utérines. Nous les rappelons ici avec
le souci d’être complet (tableau 4).
Dissection
artérielle
Ces
complications sont plus fréquentes en cas de vasospasme. Ce dernier semble
favorisé par les analogues de la Gn-RH qu’il est donc recommandé de stopper
1 à 2 mois avant la procédure 57.
Irradiation
Comme
toujours l'irradiation doit être réduite au maximum en diminuant le temps de
scopie et le nombre d’acquisition. Par ailleurs, ces procédures doivent idéalement
être réalisées sur des tables à scopie pulsée. La dose délivrée pendant
une procédure d'embolisation est équivalente à 1 ou 3 lavements barytés 59,64.
L'effet de l'irradiation sur les ovaires paraît difficilement quantifiable car
très faible.
Embolie
pulmonaire
Un seul cas d’embolie
pulmonaire fatale à été rapporté 20 heures après une embolisation utérine
chez une femme de 65 ans. L’origine de l’embolie était une thrombose des
veines pelviennes probablement favorisée par l’effet de masse exercé par le
fibrome et la diminution du débit artériel.
Complications
tardives
Pertes
vaginales
Des
pertes vaginales anormales parfois accompagnées de fragment de fibromyomes sous
muqueux sont parfois observées après une embolisation utérine. Cinq pour-cent
des femmes environ présentent ces pertes quelques jours voire quelques mois après
la procédure 52,65. Dans la plupart des cas, l'expulsion est spontanée
endéans les heures qui suivent l'apparition des symptômes (douleurs crampoïdes
et pertes vaginales malodorantes) 52,57,65. Si des fragments de
fibromes ne sont pas spontanément expulsés endéans les 24-36 h suivant
l'apparition des symptômes, il est recommandé de vider la cavité utérine par
hystéroscopie ou curetage afin de prévenir d'éventuelles infections (56).
Aménorrhée
et fertilité
Une
aménorrhée transitoire ou permanente est rapportée dans 2 à 14 % des cas
(moyenne : 5 %). L’aménorrhée transitoire résulte d’une atrophie de
l’endomètre. Un retour spontané des menstruations est généralement observé
endéans 3 à 6 mois.
Une
aménorrhée permanente secondaire à un dysfonctionnement ovarien peut également
survenir après une embolisation des artères utérines (47,66). Cette aménorrhée
permanente est surtout rencontrée chez les femmes en pré-ménopause. Celle-ci
peut-être la conséquence d’une évolution naturelle vers la ménopause.
Toutefois un certaine d’entre elles résultent d’une ischémie ovarienne
secondaire à la présence d’anastomoses utéro-ovariennes ou à une
vascularisation préférentielle des ovaires par les artères utérines. Cette dépendance
ovarienne des artères utérines a déjà été mise en cause dans la pathogenèse
des ménopauses précoces survenant après hystérectomie 52,67.
Actuellement,
il n'existe pas suffisamment de données dans la littérature pour prédire avec
certitude le taux de fertilité après embolisation des artères utérines. Dès
lors, bien qu’il soit possible qu’il existe une amélioration de la fertilité
après embolisation, cette procédure doit être préférentiellement réservée
aux femmes sans désir de grossesse. Toutefois il faut souligner que de
nombreuses grossesses ont déjà été rapportées après embolisation des artères
utérines pour hémostase 68-71 ou pour fibromyome 46,52.
Dès lors, il serait intéressant de disposer d'études comparant le taux de
fertilité après embolisation à celui de la myomectomie.
Nécrose
extensive et infection
Des
nécroses extensives des fibromyomes peuvent être compliquées de perforation
de l'utérus et d'infection (endométrite, salpingite, abcès) 52,53,55,57-59.
Ces complications surviennent dans moins de 1 à 2% des cas 57,72.
Typiquement les patientes présentent de la fièvre, des douleurs pelviennes et
parfois des pertes vaginales purulentes, le plus souvent 2 à 3 semaines après
l'embolisation. Ces patientes sont traitées par antibiothérapie, toutefois
quelques infections sévères peuvent nécessiter la réalisation d'une hystérectomie
ou se compliquer d'une septicémie fatale (2 cas rapportés)73,74.
Une antibiothérapie prophylactique délivrée au moment de la procédure ne
semble pas efficace pour prévenir ces infections 57. Les résultats
de quelques études suggèrent que ces nécroses extensives et ces infections
sont plus fréquentes en cas de fibromyomes multiples, volumineux (diamètre
> 10 cm) et sous-muqueux 52,75. Selon Goodwin, ces complications
sont également plus fréquentes avec l'utilisation de petites particules
d'alcool de polyvinyle (150-500 µ) 55.
Décès
Deux
décès par septicémies et un décès sur embolie pulmonaire ont été rapportés
après embolisation des artères utérines 73,74. Actuellement, le
taux de mortalité est grossièrement estimé à 1/3000. Celui-ci est
difficilement comparable au taux de mortalité des alternatives chirurgicales
car il règne sur ce sujet un certain flou en raison du nombre d’indications
et de techniques. Toutefois le taux mortalité de l'hystérectomie, toutes
indications confondues, est évalué à 1/1000 74. Le taux de
mortalité de la myomectomie est par ailleurs généralement considéré comme
plus élevé que celui de l'hystérectomie en raison d’une morbidité plus élevée
74.
Suivi
après embolisation
Afin de détecter d’éventuelles
complications, un suivi de routine est généralement conseillé après une
embolisation. Quelques exemples de suivi peuvent être proposés. Toutes les
patientes devraient au moins bénéficier d’un suivi téléphonique endéans
la première semaine, ainsi qu’à
une, 3, 6 et 12 mois. Des visites de routine chez le gynécologue idéalement en
présence du radiologue peuvent également être prévues vers 1 et 3 mois (période
pendant laquelle quelques complications peuvent survenir). Une échographie ou
une résonance magnétique est également réalisées le plus souvent vers 3 et
12 mois afin de quantifier la réduction de volume des fibromyomes.
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