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Emplois Smet : que d’abus !

La semaine dernière, la ministre du chômage faisait savoir qu’elle voulait assouplir les conditions d’accès aux activations des allocations de chômage. Elle voulait que les chômeurs de plus de 45 ans puissent entrer en ligne de compte après un an de chômage seulement. En 98, 7.866 " emplois Smet " ont été créés, en principe pour effectuer des tâches qui ne sont plus exécutées, qui augmentent la qualité des services au client, qui améliorent les conditions de travail ou protègent l’environnement de l’entreprise. Nous avions dénoncé dans un précédent numéro de Syndicats les possibilités d’abus des patrons qui auront par cette mesure la possibilité d’engager à très bon marché, voire de remplacer des travailleurs en service. Sur les 224 emplois-services créés en Région bruxelloise, nul ne sait combien sont conformes à la réglementation, ou ont eu pour effet des licenciements ou des abus de la part des employeurs. Miet Smet s’est bien gardée de prévoir des moyens de contrôle sérieux de la part des organisations syndicales. De temps en temps, nous parviennent donc des témoignages de travailleurs (dés)abusés. R. est un jeune travailleur au chômage depuis plus de deux ans. En octobre, il répond à une offre d’emploi Miet Smet d’une entreprise de courrier expres. Un mois et demi plus tard, il reçoit son C4. Que s’est-il passé ? D’abord R. a été engagé dans le respect des critères d’emplois Smet : il doit veiller à l’amélioration de l’environnement de l’entreprise et des services aux clients. En clair, il nettoie les bureaux et va chercher le café et les cigarettes. Première infraction : il se rend vite compte qu’il remplace l’équipe de nettoyage ! Très rapidement, il va devoir abandonner ces tâches pour compléter l’équipe chargée de l’expédition : il travaille à la chaîne et preste des heures (parfois des nuits) supplémentaires ! Mais il est motivé par son travail, s’intègre bien à l’équipe et travaille avec cœur … jusqu’au moment où la direction le licencie sous le prétexte qu’il ne remplit pas les fonctions prévues pour les emplois Smet. On ne connaîtra jamais les raisons exactes du licenciement. Mais il reste que l’employeur a bénéficié d’un emploi Smet pour des tâches non-autorisées, a remplacé des travailleurs déjà en service et a licencié arbitrairement un jeune chômeur qui avait crû enfin trouvé un emploi ! Le tout sans encourir la moindre sanction ! Merci, Miet Smet. Merci, patron !

 

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  Dernière modification : 28 janvier 1999