Spécial Saint-Feuillen

 

Mise à jour : 24/09/2005

 

 

 

LES MAMELUCKS

Ils ont des couleurs

La fierté retrouvée des esclaves

On les reconnaît de loin, ces fiers Mamelucks, avec leurs couleurs éclatantes. Leur histoire non plus n'est pas terne.

Tout d'abord, une précision. Et elle est apportée par le président lui-même : « Il faut prononcer Mameluck, avec un U », signale Stéphane Lainé. Pourtant, ils ont le look, ces Mamelucks avec leur beau chapeau enturbanné et leurs couleurs vives qui éclatent au soleil. Si on replonge dans l'Histoire, les Mamelucks étaient des esclaves turcs qui formaient une troupe d'élite au sein de l'armée égyptienne, dès le XVe siècle. Leur route a croisé celle de Napoléon, lors de sa campagne d'Egypte en 1811. À Fosses, leur tenue marque déjà les chroniqueurs locaux lors de la Saint-Feuillen de 1816. En 1988, le groupe a retrouvé des couleurs, notamment grâce à la famille Marique. Ce sera donc leur troisième Saint-Feuillen. « Et on met dans la cagnotte depuis sept ans », lance le trésorier Michel Marique. « Nous avons à coeur de renouveler tous les costumes pour la septennale. » Repris depuis 2004 dans le patrimoine oral et immatériel de la Communauté, les Mamelucks ne comptent pas rentrer dans un musée pour autant. Les voyages, ils aiment. Comme cette tournée en Hollande. « Avant que l'on ne tire, on leur criait achteruit ! Et ils riaient. Et puis, on a tiré... » Arrière, revoilà les Mamelucks

L'UNIFORME

Fièrement posé sur la tête, le cahouk : un chapeau enturbanné de couleur rouge avec galons et aigrette blanche pour les officiers. Ensuite, le yaleck. C'est la chemise à col fermé recouverte d'un petit gilet. Rouge et vert pour les officiers, rouge et bleu pour les soldats. Enfin, le charoual, le pantalon de couleur rouge, assez ample, qui tombe sur des bottes noires.

Ce n'est pas un remake de James Bond, dans une version égyptienne du XVe siècle. Mais c'est tout aussi pétaradant avec le président Stéphane Lainé et le trésorier Michel Marique.

Toujours une plume à son chapeau.

S.Hq.

LES CONGOLAIS

Un tirailleur d'Afrique

L'Afrique, c'était le Congo

Les Congolais de Fosses n'ont pas la peau noire. Ils sont nés aux débuts du Congo belge, dans un uniforme bleu de tirailleur d'Afrique.

Les congolais ont marché pour la première fois à Fosses-la-Ville en 1879. Quelque temps plus tôt, des amis fréquentant le même café, chez Ann'Dery, avaient décidé de fonder une nouvelle compagnie présentant un uniforme original voire exotique, qui trancherait avec les tenues à dominante rouge et bleue des grenadiers, des voltigeurs et des zouaves.

« Et ils ont trouvé, chez un fripier, à Philippeville, un lot de costumes de tirailleurs d'Afrique » raconte Jean Romain, le plus âgé des Congolais.

Ces tirailleurs d'Afrique du nord avaient été incorporés dans les armées françaises du second empire, vers 1850.

À Fosses-la-Ville, ce tirailleur basané a été rapproché du Congolais. Une confusion volontaire. « C'est vrai, on parlait beaucoup du Congo belge à cette époque, dans le milieu des années 1870. Les Fossois ont assimilé Afrique et Congo. » Le Congolais Fossois était né.

La compagnie va rapidement s'étoffer et s'imposer comme une des plus importantes, qui soutiendra la création de nombreuses marches dans les localités voisines de Fosses-la-Ville, en renforçant leur cortège respectif.

« Moi, j'ai marché pour la première fois à l'âge de 9 ans. Ce fut un émerveillement. Je me souviens que, au lieu de boire des limonades, je commandais des chocolats que je mettais dans le bouffant du pantalon » conclut Jean Romain.

L'UNIFORME

L'uniforme du Congolais ressemble en tout point à celui du zouave, à l'exception des couleurs. Le pantalon est bouffant et bleu, les guêtres sont blanches, le boléro bleu foncé cousu de galons jaunes. En 1900, le képi a remplacé la chéchia, ou turban. À Fosses, en 1983, des Congolais ont fait dissidence pour fonder la compagnie des tirailleurs algériens, avec le retour de la chéchia blanche et de la cape.

P.W.

À Fosses-la-Ville, la compagnie des Congolais a vu le jour au début du Congo Belge et elle s'est vite imposée comme une des plus importantes.

L'uniforme est celui des tirailleurs d'Afrique.