Spécial Saint-Feuillen

 

Mise à jour : 24/09/2005

 

 

 

UNE AFFAIRE DE FAMILLE

Les Dumont-Honnay-Nullens

Réunion de famille ou de peloton?

 

Si vous cherchez un Dumont ou Dumont par alliance parmi les marcheurs, dirigez-vous vers le peloton des Sapeurs-Grenadiers : Ils y sont 31 !

Quand des parents ont cinq enfants ou plus, on les chambre en leur disant qu'ils pourraient former un team de basket, réservistes compris. À onze, on parle d'équipe de foot.

Un jour de 1984, Louis Dumont s'est dit qu'il allait recruter frères, beaux-frères, enfants, neveux et nièces. Et membre passionné des Grenadiers Fossois depuis toujours, que pouvait-il former d'autre, lui, qu'un nouveau peloton de marcheurs ?

C'est ainsi que sont nés les Sapeurs-Grenadiers. Ils sont une quarantaine dans le groupe, dont 31 de la fratrie Dumont, quelque peu élargie... : « Il y a quelques copains hors famille, mais c'est vrai les Dumont et les Dumont par alliance font le gros de la troupe, annonce fièrement Charles, le fils de Louis qui a repris l'intendance depuis le décès de ce dernier. C'est d'ailleurs une des premières questions qu'on pose aux futurs membres de la famille : est-ce que tu marches ? Si le petit copain, fiancé, époux d'une des filles ne veut pas C'est déjà un mauvais point d'entrée de jeu. »

Blague à part, chez les Dumont, on ne plaisante pas avec la Saint-Feuillen ! Et si le prétendant a réussi son examen de passage et qu'il convole en justes noces, ça ne rate pas : « Le jour du mariage, on porte tous le bonnet de police et on a le fusil dans le coffre de l'auto. » Et après l'apéritif, les hommes tombent la veste, se mettent en rang dans la salle sérieux comme des papes (comme des Napoléons ?), en font le tour au pas, sortent dans la cour et « boum », on décharge en l'honneur des jeunes mariés.

S'il est vrai qu'à Fosses le fait d'être membre de la même troupe crée des liens particuliers, ce n'est sans doute nulle part plus vrai qu'au sein de la 14e brigade des Sapeurs-Grenadiers. Les communions, anniversaires et autres fêtes de fin d'année ont vite fait de tourner de la réunion de famille à la réunion de peloton. De l'oncle Eugène, né en 1933 aux deux petits derniers de six ans, qui enfileront l'uniforme pour la première fois, chez les Dumont, Honnay et Nullens on ne marche pas de 7 à 77 ans, mais presque... Salut la compagnie !

Samuel SINTE

Les mamans à l'intendance

Dans toutes les bonnes et grandes familles, les mamans s'échangent les liquettes des petits cousins. Chez les Dumont, évidemment, c'est toute une braderie du parfait petit Grenadier qui circule de septennale en septennale : « On se donne des coups de fil en permanence pour savoir si le pantalon d'untel pourrait aller au petit dernier, s'amuse Corinne, l'épouse de Char-les. Moi qui ne suis pas Fossoise à la base et qui ne m'intéressais pas à tout ça, je viens de terminer de coudre mes premiers bonnets de police. » Pour retrouver le vieux patron ou savoir comment on faisait « dans le temps », la bonne adresse, c'est la tante « Pèpès » soeur du fondateur du peloton, doyenne de la famille et qui en a vu défiler des bottes de Grenadiers !

Pour les premières sorties des petits, les mamans vivent le cortège en parallèle, proposant un biscuit ou une gorgée d'eau aux haltes pour donner des forces à la jeune recrue

« Mais en général, ils adorent. Le plus délicat, c'est quand il faut convaincre un des ados de ne pas faire l'impasse sur la marche. Ils baignent dedans depuis qu'ils sont petits et savent bien que Saint-Feuillen c'est Saint-Feuillen mais entre le moment où les petits bouts marchent fièrement pour faire comme les grands et les adultes qui y trouvent leur propre plaisir, il y a un âge où ils se demandent un peu où est leur place. Plus avec les uns, pas encore avec les autres, fusil à l'épaule. Là, ça peut les décourager. Dans la famille, on n'oblige personne, mais on sent bien que la porte pour sortir du peloton est étroite... » Ça doit être ça l'esprit de corps...

S.Si

Dimanche dernier à la bénédiction des armes, le peloton des Sapeurs-Grenadiers est sorti pour la première fois en uniforme depuis le décès de Louis Dumont. Émouvant pour la famille.

Photo de famille, ou de peloton, c'est selon. Et la photo de la septennale 2005 ne sera guère différente.