Spécial Saint-Feuillen

 

Mise à jour : 24/09/2005

 

 

 

LA VILLE

Fosses-la-Celtique

Vert, blanc et orange : l’Irlande

Feuillen était Irlandais. Fosses-la-Ville ne l'a pas oublié. Promenade dans les rues et le temps de la plus irlandaise des villes wallonnes.

En haut du portail principal de la collégiale Saint-Feuillen, au dessus de la statue du fondateur de la ville, c'est un grand drapeau tricolore qui, dimanche soir, accueillera le feu de file des marcheurs. Tricolore : vert, blanc et orange.

Nous sommes place du Chapitre. C'est le coeur historique de Fosses : c'est ici qu'en 651 Feuillen a construit le premier oratoire irlandais de notre pays.

Place du Chapitre et pas ailleurs : diverses hypothèses anciennes proposaient d'autres endroits de la ville ou de ses environs pour localiser cette fondation, mais les fouilles menées en 1975 dans la collégiale par le doyen Jeanmart, puis les études historiques effectuées par Jean Lecomte permettent aujourd'hui d'être affirmatifs.

En mémoire de cet événement, en 1998, une croix celtique a été placée à deux pas du porche. Une croix de pierre bleue, réalisée par le sculpteur Pierre Igot, sur le modèle de celles que l'on trouve dans les monastères irlandais. D'un type certes plus récent que ceux du temps de saint Feuillen, mais la volonté des Fossois n'était pas de faire de la reconstitution historique, mais plutôt de rendre hommage, par là, au peuple qui leur a envoyé, il y a treize siècles, leur fondateur.

Agathe, Sinton...

Les Irlandais ne connaissaient pas la voûte. Les oratoires construits par Feuillen et ses amis « Scots » étaient sans doute des constructions rudimentaires, de pierres sèches, très peu éclairées. Ce n'était pas des chapelles destinées à accueillir les fidèles, mais plutôt des abris pour protéger les reliques. Il y en avait un principal, au centre de l'enceinte abbatiale, mais aussi deux à l'extérieur, gardés par des ermites. Le premier, dédié à sainte Agathe, était situé sur l'actuelle rue Sinton. D'où elle tire d'ailleurs son nom : Agathe était une martyre sicilienne, que l'on supplicia en lui arrachant les seins. D'où, selon Jean Romain, ce curieux nom de rue : la rue Sinton, c'est la rue « sin têtons » !

Quant à l'autre, il était situé sur la hauteur, près de l'actuel home Dejaifve, et dédié à sainte Brigide. On y trouve encore une chapelle du 17ème siècle, aux origines bien plus anciennes. C'est là que quelques Fossois en ont reconstitué la réplique, en un superbe enclos avec ermitage, puits, abri de chèvre qui permettent de se rendre compte de ce à quoi devaient ressembler les lieux il y a 1350 ans.

J.-F.P.

Brigide, l'autre Irlandaise

Avec Feuillen et Brigide, ce n'est pas un seul mais deux saints irlandais que, depuis des siècles, les Fossois honorent.

Contemporaine de saint Patrick, et donc plus ancienne de deux siècles que saint Feuillen, sainte Brigide est très populaire dans sa terre natale. Abbesse de l'abbaye de Kildare, elle avait, dit la légende, le don surnaturel de faire reverdir le bois mort, faire donner du lait aux vaches en abondance et démultiplier les mottes de beurre.

Chaque année, début mai, les Fossois implorent sainte Brigide lors de la procession des Baguettes : ils touchent la statue au moyen d'un bout de bois de coudrier que l'on posera ensuite sur la tête, puis les flancs et le pis des vaches.

 

Le drapeau irlandais flotte sur le porche d'entrée de la collégiale. Un signe de gratitude des Fossois à la patrie de leur père fondateur.

Près de la chapelle Sainte-Brigide, un oratoire celtique a été reconstitué en 2002 à l'initiative d'Isabelle Devillers et Jean Lecomte, permettant d'imaginer ceux qui furent sans doute construits à Fosses par Feuillen sur le modèle irlandais.

La procession des baguettes, un rite Fossois destiné à protéger le bétail.

Au chevet de la chapelle Sainte-Brigide, cette croix celtique témoigne de la présence des « scotts » à Fosses.