Spécial Saint-Feuillen

 

Mise à jour : 24/09/2005

 

 

 

LA POUDRE

Chez Nobel Explosif, à Châtelet

On la traite comme a dynamite

La poudre est souvent fournie par « Nobel Explosifs », à Châtelet. On la manipule avec les mêmes précautions que la dynamite.

La poudre, son odeur âcre et son bruit assourdissant, est une actrice incontournable de la Saint-Feuillen. Chez les Mamelucks, comme dans la plupart des compagnies napoléoniennes, la poudre vient de chez Nobel Explosifs, à Châtelet.

« On compte dans notre personnel beaucoup de marcheurs ou de gens qui sont attachés à ce folklore », débute Michel Honoré, l'administrateur délégué de la firme. « Ce n'est pas cela qui fait vivre Nobel mais nous voulons aussi participer à la défense de ce patrimoine.

Chaque année, Nobel fournit quelques centaines de kilos de poudre aux marcheurs. « C'est un chiffre constant. Il y a un rush tous les cinq ans quand il y a une grosse commémoration à Waterloo. »

Le produit livré est repris sous l'appellation poudre de marche 5FA. Elle est conçue spécialement pour avoir une combustion assez lente.

Il faut savoir que quand la poudre déflagre, la dynamite détonne. « Les vitesses de réaction chimique sont terriblement différentes », rappelle Michel Honoré. On arrive à des vitesses de 5 000 mètres par seconde pour la dynamite, une centaine pour la poudre...

« Il n'empêche que nous prenons exactement les mêmes précautions pour transporter ces différents produits », assure-t-on chez les poudriers.

Un kilo par Belge

En amont, des premiers contrôles sont exercés par les services « explosifs » qui dépendent du pouvoir fédéral. Quand Nobel ou ses concurrents veulent commercialiser un nouveau produit, il faut obtenir une double agréation, l'européenne et la belge.

Pour fournir les marcheurs, la société châteletaine doit d'abord avoir sous les yeux les autorisations délivrées par la commune et la députation permanente. « Chaque Belge a droit à acheter un kilo de poudre. Au-delà, on passe par cette procédure », signale encore Michel Honoré.

Le transport se fait dans des caisses de vingt-cinq kilos manipulées par du personnel spécialisé, par ailleurs assermenté.

Pour la suite, le patron des sites belges de Nobel voit deux sources de danger. « Ne pas surcharger son arme, surtout après quelques petits pèkèts », prévient-il. « Il faut aussi veiller à ce que l'arme soit bien entretenue. Sinon, il peut rester quelques résidus. Et là, des particules incandescentes pourraient brûler l'habit ou localement les mains du marcheur. » Et inutile de prier Saint-Feuillen pour ce type de blessures, ce n'est pas le saint patron des imprudents.

Samuel HUSQUIN

L'entretien de l'arme permet aussi d'éviter pas mal de petits accidents. De même, les surcharges sont toujours à éviter.

 

MICHEL MARIQUE

Monsieur Poudre chez les Mamelucks

500 grammes pour tenir la journée

Chez les Mamelucks, ils sont à vingt à jouer du tromblon. La gestion de la poudre est confiée à Michel Marique. Il en appelle à l'autodiscipline.

La poudre des marcheurs, on ne la trouve pas dans le nightshop du coin. «J’ai déjà entrepris les démarches pour les autorisations l'an dernier », explique Stéphane Lainé. Avec Michel Marique, tous deux gèrent l'approvisionnement des Mamelucks.

« Pour toute la Saint-Feuillen, y compris les préliminaires et les autres sorties, on a commandé cinquante kilos », signale le Fossois.

Pour une telle quantité, l'approvisionnement sera effectué par la firme Nobel Explosifs elle-même. « Mais une fois que la poudre arrive, on ne traîne pas avant de faire la distribution. Ce n’est pas bon de tout garder au même endroit. »

Le produit sera conservé dans un lieu sec et à l'abri de toute source de chaleur.

Dimanche, au petit matin, on procédera à la distribution. Chacun des tireurs disposera de quelque 500 grammes de poudre. On la versera, bien à l'abri, dans une cartouchière que l'on veillera à garder bien fermée. Les doses ? « Chacun a ses habitudes. Mais en général, pour le tromblon, on verse l'équivalent d'une petite boîte à films. »

En dessous de 18 ans, il est interdit de tirer avec le fusil. Mais une certaine tolérance est laissée. « Les plus jeunes tirent avec les petits pistolets. » Sinon, ce serait aussi les priver d'un des plus grands plaisirs du marcheur.

Le tir, il se fait tous ensemble, ou au coup par coup. « C'est laissé à la liberté de l'officier. Mais on veille toujours à ce qu'il n'y ait personne ni devant ni derrière. A vingt mètres environ. »

Michel Marique et les autres officiers Mamelucks comptent aussi sur l'autodiscipline de leurs « gars ». La plupart ont déjà une grande expérience. Ils savent aussi ce que l'on peut faire ou pas si l'on ne veut pas voir la fête partir en fumée.

S.Hq.

Faire parler la poudre : le grand plaisir des marcheurs, ce dimanche. Chacun a ses trucs. Pour le dosage, les tromblons utilisent une petite boîte à film en plastique. Et puis, boum !