Spécial Saint-Feuillen

 

Mise à jour : 24/09/2005

 

 

 

PROFESSION COUTURIÈRE

Simone Gaune

Une vie cousue de fil d'or

 

De toute la septennale, Simone Gaune est sans doute celle qui peut se targuer d'avoir le plus de galons. Normal, elle est couturière.

Quand on parle de galons à un officier de la septennale, il vous désigne ses épaulettes. Mais quand on évoque ce terme en présence de Simone Gaune, ses yeux se mettent à pétiller. C'est que, durant sa longue carrière, cette alerte septuagénaire en a manipulé, des galons de tissus, de toutes les tailles et de toutes les couleurs.

Impossible de ne pas deviner sa profession quand vous passez la porte de sa maison, à Haut-Vent, dans la bien nommée rue des Tisserands. Le seuil franchi, vous pénétrez dans son antre.

Une pièce en longueur, dans laquelle trônent deux machines à coudre : une Bernina et une Sainte-Marie. Chaque machine a sa spécificité, ses avantages et ses inconvénients.

Une histoire d'amour

« La couture, c'est d'abord une histoire d'amour », glisse-t-elle. C'est qu'il faut en consacrer des heures à sa machine pour espérer gagner correctement sa vie. « Le métier ne rapporte pas, mais il m'a offert l'immense satisfaction de travailler à domicile, et donc de pouvoir élever mes enfants et mes petits-enfants ». Et ça, cela vaut tout l'argent du monde.

Durant toute sa vie, Simone n'a pas compté ses heures. Le soir, il n'est pas rare de la voir attablée à sa machine, dont le cliquetis berce les oreilles de son époux.

Pour qui travaille Simone Gaune ? D'abord, pour des femmes, de tous âges, qui veulent des vêtements de qualité. Mais les talents de la couturière de Haut-Vent sont aussi sollicités par une autre catégorie de clients : les adeptes du folklore local.

Pour Simone, le costume de Chinel n'a plus de secret. Chaque année, elle en réalise plusieurs. D'ailleurs, les Chinels le lui rendent bien. Quand le couple a fêté ses noces d'or, une délégation de Chinels est venue lui faire les honneurs d'une danse, en costume traditionnel. « Il fallait voir Simone danser, c'était elle la 17e Chinel », rigole son mari.

Les marcheurs de la septennale sont aussi des habitués de la maison. Lors de l'édition précédente, Simone avait reçu une grosse commande, qu'elle avait honoré au prix de longues nuits sacrifiées.

« J’ai payé le prix fort, se souvient notre infatigable couturière. Le jour de la septennale, j'ai envoyé mes enfants en leur disant que j'allais les rejoindre, mais je n'ai pas eu la force d'aller voir défiler les marcheurs ».

Pourtant, la septennale vibre dans son coeur. Cette année, promis, elle sera de la partie, parmi les spectateurs. Si elle s'est décidée à coudre quelques uniformes de Congolais, elle ne s'est pas laissé submerger par le travail.

En bonne Fossoise; Simone a ses moments préférés à la septennale. Le sien : « par dessus tout, la bénédiction des armes, une semaine avant l'événement. Quand les marcheurs de Fosses attendent ceux de Haut-Vent près de l'école moyenne. C'est un moment particulièrement émouvant ».

Bruno MALTER

Simone est la couturière attitrée de la compagnie des Congolais. Leurs uniformes ne peuvent passer que dans des doigts experts.

Dans son atelier, Simone ne compte pas les heures. Si le travail de la couturière est souvent ingrat, il lui a permis de s'occuper personnellement de ses enfants. Et ça, cela vaut tout l'argent du monde.