Spécial Saint-Feuillen

 

Mise à jour : 16/10/2005

 

 

 

LE PRESIDENT DE L'ETAT-MAJOR Rencontre

Sa dernière Saint-Feuillen

Le président de l'État-major Émile Damanet s'apprête à vivre sa 9e Saint-Feuillen. A travers elle, il va revoir sa jeunesse.

Ce dimanche, à quelle heure allez-vous vous lever ?

Je me lèverai vers 5 h 30 pour apprêter mon cheval, le brosser, le bichonner, le nourrir et l'harnacher. C'est la bonne heure pour être prêt, à 7 heures, sur la place du Marché, au rassemblement des compagnies.

Qu'allez-vous ressentir ce matin-là, quand vous descendrez avec votre cheval vers le centre de la ville ?

Je me sentirai en communion avec mes aïeuls, je me souviendrai de mon grand-père, de mes oncles, de ma tante, qui ne sont plus là aujourd'hui et qui m'ont communiqué l'amour du cheval et du folklore. J'éprouverai, je crois, un sentiment de reconnaissance. Ce jour-là, je perpétuerai une tradition familiale profondément ancrée dans notre famille d'agriculteurs.

Quels souvenirs en gardez-vous ?

Ce sera, cette année, ma 9e Saint-Feuillen. Ce matin-là, une foule de souvenirs se bousculera dans ma tête. Je penserai à tous ceux qui m'ont précédé mais également à ma jeunesse. Ma première marche, en major à cheval, remonte à 1949.

Vous avez un souhait pour ce jour-là ?

Je voudrais que les participants prennent conscience que la Saint-Feuillen n'est pas qu'une marche, elle est avant tout une procession, un hommage à Feuillen, le fondateur de la cité. J'attends donc beaucoup de ferveur, et de joie bien sûr, pour les Fossois et pour les visiteurs.

Qu'est-ce qui a changé par rapport à ce que vous avez connu dans le courant du XXe siècle ?

En 50 ans, la Saint-Feuillen a gagné en prestige. Nous n'avons eu de cesse à rehausser sa magnificence, parce qu'il y a désormais une ambition affichée d'attirer du public à Fosses-la-Ville. Autrefois, c'était plus local, plus familial, plus bon enfant. On ne parlait pas de bouclage de la ville ni de renforts policiers.

On sent du regret dans vos propos...

Non, mais l'organisation de la septennale s'est considérablement compliquée. Avant, on en faisait beaucoup moins. La marche n'a pas d'autre choix que d'évoluer avec la société.

Accueillerez-vous ce Jour-là des délégations étrangères ?

Il y aura des Louisianais, des gens d'Orbey (la ville jumelle), mais aussi, une première, des marcheurs particuliers de la bravade de Saint-Tropez. Nous étions allés les découvrir sur place, en mai dernier, et ils ont accepté notre invitation à découvrir la Saint-Feuillen.

C'est votre 9e Saint-Feuillen. Vous êtes-vous fixé une limite ?

Non, à 71 ans, ce sera ma dernière Saint-Feuillen, parce que je ne marcherai jamais autrement qu'à cheval, je veux finir en beauté, sur un cheval, comme mon père et mon grand-père. A mon âge, on ne fait plus de projet à long terme. Serais-je toujours là en 2012 ? Avant, nous étions au moins 10 grenadiers à cheval, je suis aujourd'hui seul. En deux ans, je viens de perdre trois amis, Guy Drèze, Pol Effinier et Claude François. Je suis à un tournant. La bonne nouvelle, c'est que mon ami Jean Mathot a accepté de prendre le rôle de Napoléon, en dernière minute et je l'en remercie, il sera à mes côtés.

Que direz-vous lors du repas d'Etat-major ?

Un seul mot suffira. Merci à vous tous qui nous ont aidés à organiser une fois encore la Saint-Feuillen.

Recueilli par Pierre WIAME