Spécial Saint-Feuillen

 

Mise à jour : 24/09/2005

 

 

 

LES TROMBLONS

Un fameux boucan

Ils font hurler la poudre

Quand les Tromblons déclenchent leur salve, les vitres tremblent. Ce n'est pas pour rien qu'ils sont surnommés « ûlau », les hurleurs.

Ce surnom provient de ce que les armes de cette compagnie, des tromblons, fusils courts à gueule évasée, font hurler la poudre. Dans les mains de ces marcheurs, les décharges font l'effet de coups de canon. Les tromblons sont apparus vers 1800, quand Bonaparte avait doté de ces armes ses Mameluks ramenés d'Égypte.

La Compagnie des Mameluks Fossois, signalée dès 1858, devint celle des « Hûlaux » au cours du XIXe siècle, en tout cas dès la Saint-Feuillen de 1886. La compagnie des Tromblons a été refondée en 1949. Le drapeau des Tromblons porte la date de 1963 ; il est aux couleurs Fossoises, rouge et vert, avec la collégiale en toile de fond. La compagnie est forte de 80 tireurs, encadrés par un général, Michel Raisin (8e septennale), trois majors à cheval, une batterie, des petits officiers, trois cantinières et, pour le maintien de la discipline, un adjudant-major et cinq sergents-majors.

Le tromblon est une arme dangereuse à manier quand elle est trop chargée. Le tromblon n'est pas levé sur l'épaule, mais tenu à l'horizontale, à deux mains, appuyé sur le genou, l'autre genou étant à terre. Il n'est pas rare que l'arme échappe des mains du tireur et tombe à terre plusieurs mètres derrière lui !

L'UNIFORME

Le rouge et le noir

Dans la compagnie des tromblons, les couleurs dominantes sont le noir et le rouge : Veste noire, mais épaulettes en laine rouge ; képi rouge et noir, avec plumet rouge ou blanc pour les officiers. Le pantalon est blanc, et comme les uniformes se réfèrent au second Empire, ils ne comportent pas de guêtres.

Bruno MALTER

Plumet blanc ou plumet rouge, il font toujours autant de boucan avec leur tromblon.

 

Les tromblons sont apparus à l'époque napoléonienne.

LES TCHÔDS-TCHÔDS

A dos d'ânes

La Saint-Feuillen, version fantaisie

Ce sont de drôles de gais lurons, habillés en moissonneurs, qui sortent le mercredi. A l'origine, c'étaient des commerçants, très occupés le dimanche.

Le jour de la procession, les commerçants sont sur la brèche. Les cafetiers, les restaurateurs, les boulangers, les bouchers, doivent assurer le ravitaillement des marcheurs et des pèlerins. Il faut parler au passé. Leur nombre a considérablement diminué depuis une cinquantaine d'années. Fosses est même devenu un désert commercial mais la tradition, elle, a survécu. Étant au four et au moulin le dimanche, ils ont alors post-posé au mercredi leur participation au Grand tour et ont pris le nom de Tchôds-Tchôds. Ceux-ci ont résolument pris la Saint-Feuillen du bon côté. Les reliques de Saint-Feuillen étant remisées dans la crypte de la collégiale, les Tchôds-Tchôds n'ont pas de scrupules à faire la fête et à s'enivrer copieusement. Ils ne s'embarrassent pas non plus d'un costume prestigieux aux innombrables boutons et galons. Ce jour-là, ces joyeux drilles se libèrent de la frustration d'avoir travaillé le dimanche.

Leur tour est la copie conforme de celui du dimanche, avec les mêmes haltes et les mêmes évolutions. Les décharges sont également commandées aux mêmes endroits. Les officiers, eux, se déplacent à dos d'ânes.

Et, le soir venu, très fatigués, les Tchôds-Tchôds s'adonnent à de très généreuses libations.

L'UNIFORME

Ces joyeux drilles ont préféré au képi l'ample chapeau de paille que les moissonneurs et les jardiniers portaient jadis. Un mouchoir rouge, piqué de gros points blancs, est noué autour du cou. Le Tchôds-Tchôds porte un pantalon de toile bleue ainsi que le sarrau, cette longue blouse pendante. Le sarrau est serré à la taille par une écharpe de tissus faisant office de ceinture.

P.W.

Le cortège des Tchôds-Tchôds, c'est comme une Saint-Feuillen bis où la bonne humeur et la fantaisie prennent le pas sur le caractère religieux et solennel de la procession.

Les Tchôds-Tchôds portent l'habit du jardinier.