Les progrès de la science et l'Impressionnisme
Louis XIV et le Salon de l'Automobile
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Peinture flamande ou peinture belge
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Les progrès de la science et les peintres impressionnistes.

 

Dès sa création, sous le règne de Louis XIV en France, l’Académie royale de peinture et de sculpture privilégiait l’enseignement du dessin. Car celui-ci pouvait se définir dans un corps de doctrine bien structuré pour lequel la copie des modèles de la sculpture antique constituait la référence à l’idéal de beauté. La couleur, considérée depuis Aristote comme un accident de la lumière, se prêtait beaucoup moins bien à une pédagogie structurée. Aussi n’était-elle pas, à l’époque, enseignée au sein de l’Académie elle-même, mais dans des ateliers extérieurs à celle-ci.

 

Ce sont les avancées successives de la science qui, progressivement, apportèrent une meilleure connaissance de la constitution de la lumière blanche. La décomposition de la lumière par le prisme de Newton (1642 - 1727) va ouvrir la porte à la théorisation des rapports de couleurs. Un cadre conceptuel est ainsi créé que d’autres chercheurs approfondiront (Buffon , 1707-1788, notamment).

 

Mais, en France encore, ce fut le chimiste Chevreul (1786 - 1889) qui, par ses travaux à la Manufacture royale des Gobelins, arriva à mettre en évidence et à quantifier les rapports des couleurs par sa loi du contraste simultané des couleurs de1839: « dans le cas où l’œil voit en même temps deux couleurs qui se touchent, il les voit les plus dissemblables possibles" et la conséquence de cette loi : « lorsqu’une des deux couleurs est la complémentaire de l’autre, elles doivent différer davantage ».On touche ici aux propriétés organoleptiques des couleurs.  En 1881, le physicien américain Ogden Rood publie en français l’ouvrage « Théorie scientifique des couleurs, ses applications à l’art et à l’industrie », paru en anglais deux ans plus tôt .

 

Cette nouvelle vision aura un impact important sur les scientifiques et aussi sur les artistes. Des peintres rebelles au carcan de l’enseignement académique (l’influence d’Ingres, 1780 - 1867, dessinateur incomparable, est manifeste sur les sensibilités du milieu artistique de l’époque) vont se laisser tenter par cette ouverture dans un domaine jusque là non maîtrisé scientifiquement. Ils vont expérimenter les oppositions de couleurs primaires et complémentaires pour exalter la pureté des coloris et ainsi donner un éclat plus lumineux à leurs toiles.

 

Le mélange optique dans l’œil va remplacer le mélange des pigments sur la palette (surtout chez les néo-impressionnistes). La couleur, chez ces peintres, accédait à la primauté des moyens de création. C’est par la juxtaposition des couleurs pures en touches fragmentées qu’ils voulaient arriver à créer ce qui jusqu’alors était attendu uniquement du dessin : la composition, le volume, la perspective, la traduction des émotions.

 

Les impressionnistes étaient nés. Rappelons que leur première exposition date de 1874 à Paris, boulevard des Capucines, dans des locaux appartenant au photographe Nadar. Trente et un artistes présentaient leurs œuvres.

 

Les Fauves suivront, poussant l’utilisation de la couleur dans ses extrêmes.

 

Magremanne Robert