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Les eaux-fortes

 Fernand Verhaegen avait déjà exposé à la deuxième exposition annuelle du Cercle d'art "Doe Stil Voort" en 1908, ainsi qu'à la troisième en 1909. Mais c'est en 1910 qu'il présente pour la première fois des eaux-fortes ( "Le Fumier", "Pays noir", "l'Accident", "Chemin de halage"). Il continue ensuite aux Salons annuels de l'Estampe où il expose régulièrement de 1911 à 1914: "Dans le Port d'Ostende", "Les Fumées", "Les Hauts-Fourneaux", "Bords de la Sambre", en 1911; "Marchienne", "Coq-sur-Mer", "Barques de pêche", en 1912 (sixième Salon).

             Marchienne                                   "Bords de la Sambre"                          "Barques de pêche"                  

Dans la "Gazette de Charleroi" du 24 janvier 1912, Georges Verdavainne écrit le commentaire suivant au sujet de l'exposition de ce sixième Salon: "La vieille tour de Coq-sur-Mer, des barques de pêche et une vue prise à Marchienne nous montrent Verhaegen aquafortiste de dilection. Quels progrès depuis ses premiers essais du Pays Noir! Que Fernand Verhaegen s'adonne de plus en plus à ce genre récréatif qui lui vaudra de multiples approbations. Son envoi ne reçut-il pas de tous d'encourageants éloges?".

C'est au septième Salon de 1913 que l'on voit apparaître les eaux-fortes rehaussées à l'aquarelle représentant les Gilles de Binche ("La Ronde des Gilles", "Gilles de Binche", "Gilles de Binche -petit costume", "Gilles de Binche -

                                                                                    

 La ronde de Gilles                          Le chemin de fer aérien                             Matin de Mardi-Gras                     

 Matin de Mardi-Gras",), à côté d'autres eaux-fortes normales ("Clair de Lune", "La Route de Mariembourg à Couvin"(voir livre ci-dessous), "Chemin de fer aérien", "La Marche de Sainte-Rolende").

Dans la "Gazette de Charleroi" du 14 janvier 1913, le commentaire suivant est également signé par Georges Verdavainne: "Les Joyeux Gilles de Binche", "La Marche de Sainte-Rolende", "La Ronde des Gilles" ressuscitent dans les eaux- fortes de Fernand Verhaegen, qui s'inspire si exactement du terroir en se gardant de le banaliser. "Le Clair de lune" et "Le Chemin de fer aérien" comptent parmi ses meilleures oeuvrettes. Cet aquafortiste vise et trouve le pittoresque sans note trop intransigeante et nous souhaitons que le Doudou de Mons le serve aussi bien que les Gilles de Binche dans ses prochaines études.
"Les Gilles" surtout emporte un succès très grand au Salon et, par une indiscrétion, nous pouvons annoncer à nos lecteurs que cette eau-forte rencontre beaucoup d'amateurs, parmi lesquels nous citerons Jules Destrée, Monsieur Warocqué et Monsieur Levie, Ministre des Finances. Nous félicitons sincèrement Verhaegen de ses succès."

L'indiscrétion a fourni une information correcte. En effet, dans le carnet de ventes d'eaux-fortes que tenait Fernand Verhaegen, les trois premiers acheteurs de l'eau-forte "Gilles de Binche - Petite tenue" sont respectivement Jules Destrée, Levie et Warocqué.

Il faut faire une petite marche en arrière dans le temps pour signaler que Georges Verdavainne mentionne l'existence de deux autres eaux-fortes, dans un article publié dans la "Gazette de Charleroi" du 14 mars 1911: "Fernand Verhaegen ne se contente pas d'être peintre, il aime le burin et le vernis mou et certaines de ses eaux-fortes sont d'un bel emportement, comme par exemple "Pays de Charleroi", aux cheminées surgissant d'un tourbillon noir, et une vue de la vieille église de Mariakerke, détachée de la petite galerie de la Société des Aquafortistes."

En 1914, au huitième et dernier Salon de l'Estampe, sont exposées de nouvelles oeuvres ("Le Tub", "Pasquie", "Le Doudou", "Journée Folle", "Gilles se pavanant"), toutes rehaussées à l'aquarelle sauf la première. Dans son commentaire sur cet évènement, Franz Hellens passant en revue les habitués du Salon de l'Estampe, cite "Les Ensoreries de F. Verhaegen".
                                 

                                                                                                            

            Eglise de Mariakerke                        Gilles se pavanant                         La journée folle 

                                                                                                                                                                                                                                                                 
Il y a ensuite la césure de la guerre 1914-18, pendant une bonne partie de laquelle Fernand Verhaegen va se retrouver, ainsi que de nombreux artistes belges, en Angleterre. Il emporte ses planches gravées. On retrouve en effet des eaux-fortes dans les expositions auxquelles il a participé sur place. Mais il ne semble pas avoir pratiqué cette technique en Angleterre.

Après son retour en Belgique en décembre 1919, il ne crée pratiquement plus rien de nouveau, sauf vers 1935, trois eaux-fortes dont les plaques sont conservées au département Chalcographie de la Bibliothèque royale Albert  1er.                     

                                                                               

                          Gilles de Binche (1935)                                Terre al danse (1935)


Rik Wouters, son ami et voisin de Boitsfort, a également été très actif dans la technique aquafortiste pendant cette même période précédant la première guerre mondiale. On peut penser qu'ils avaient été, tous deux, fortement influencés par les créations de James Ensor, la référence des jeunes peintres d'alors.

Magremanne Robert: "Les eaux-fortes du peintre Fernand Verhaegen"
Hainaut Tourisme n° 315, août 1999 pp159 à 161,
Fédération du Tourisme de la Province de Hainaut  et

"Fernand Verhaegen, le grand maître du folklore wallon" coédition "Imprimerie Provinciale du Hainaut" et "ElMôjo dès Walons", Charleroi 2003