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LE COIN DES LECTEURS

Un lecteur me communique parfois ses impressions après la visite de mon site. Il m'a semblé indiqué, lorsque ce lecteur est d'accord, de reprendre ses commentaires ci-après.

 

1) 18.11.2004 de Marc Nassaux, 57 ans
Consultant en Marketing et Publicité
Bruxelles

"les chroniques de Robert Magremanne.

J'ai été amusé et intéressé, notamment, par les commentaires sur les "arts" actuels.
J'étais à Reims il y a quinze jours et nous avons visité les caves de Pommery qui, par complexe LVMH… sans doute, exposait des "choses"… Un matelas éventré… des boules de Noël cassées par des hauts talons et exprimant le pressage du raisin… une serpillière, un seau et ce mot: "la Joconde est dans l'escalier". Notre guide nous parlait des intentions de "l'artiste". Plus loin, elle nous parlait de "l'œuvre". Je lui ai simplement demandé quels étaient les critères pour parler d'artiste ou d'œuvre.

Il va de soi que ces cornichonneries ont confondu le travail artistique avec la matérialisation de la critique. Mais comme de Platon à aujourd'hui aucune théorie de l'Art valable (qui résiste au temps) n'a vu le jour… eh bien, les critiques génèrent du verbiage, les artistes s'en emparent pour faire des "œuvres" et les financiers qui veulent apparaître comme des initiés intellectuels achètent… C'est un système en boucle complètement déconnecté de la Société humaine… Mais l'écologie du monde est sauf: les trop riches recyclent ainsi leur argent qui trouve là l'occasion de revenir chez quelques hirsutes qui vont le dépenser en bières, restos et autres moyens de vivre leur vie… d'artiste!

Il reste que, jamais sans doute, une Société, une Civilisation ne s'est autant déconnectée de son… Art!

Cordialement,


 

2) Le 22.11.2004 de Marc Nassaux, 57 ans
Consultant en Marketing et Publicité
Bruxelles

Monsieur,

je vous remercie pour votre aimable commentaire et je suis heureux qu'il vous intéresse. Il va de soi que je ne le considère pas comme un chef d'œuvre justifiant une quelconque protection d'auteur! Vous pouvez l'utiliser à votre gré. J'avais simplement voulu apporter ma contribution parce que j'avais aimé la fine ironie de vos articles. (Etes-vous esthète, historien, ou simplement passionné, ce qui est mon cas?).

Il n'en est pas de même pour ce qui suit, parce que là, j'y travaille depuis quelques années et je compte bien en faire un texte dont on verra ce qu'il deviendra.
En attendant je m'apprête à en faire des exposés qui sont destinés à augmenter "Sens et Jouissance" pour les gens qui s'intéressent aux arts et qui sont un peu dépités, ou qui rencontrent des "explicateurs"  qui parlent des fameux messages que l'artiste aurait voulu communiquer autrement que par mail ou courrier…

Vous me dites "comment définir le BEAU de manière intemporelle?".

Mes réflexions se sont précisément fondées sur cette question. Quels sont les critères, si critères il y a? J'ai choisi de partir des fondamentaux afin d'éviter les écueils des modes, des anecdotes, des contextes culturels qui ont tant biaisé les tentatives de théorisation des philosophes ou historiens de l'Art. .
Il me semble qu'il faut d'abord constater que les mots beau, art, etc. sont tout à fait flous. Le médecin est un homme de l'art… Le rôti est beau…  Ils ne sous sont d'aucun secours. Il faut donc redéfinir quelque chose en partant de l'effet produit sur nous, êtres humains, et qui soit fondamental, c'est à dire commun à tous…
Or, là, on constate que le "peigne" de l'Histoire retient des œuvres et en perd d'autres en chemin. Parfois, il les retient pour des raisons non artistiques: telle bataille, telle représentation de couronnement éventuellement. Le Louvre est plein de tableaux qui ne sont là que pour des raisons obscures qui n'ont trait qu' à leur intérêt historique ou à leur qualité artisanale. On parle de petits maîtres…
Personnellement, je constate que nous pouvons "admirer" des œuvres qui appartiennent à des Civilisations dont nous ne connaissons rien de la culture et que cette admiration est intemporelle. Je peux ainsi être sensible à une œuvre japonaise du XIIIème siècle alors que je ne parle pas la langue, ne connais pas la religion, l'histoire, la vie sociale ni rien de la Civilisation…

En d'autres termes, même nus, même incultes, nous pouvons être sensibles à des œuvres lointaines dans l'espace et dans le temps… Pour moi, ceci est très important. Je crois qu'il faut se débarrasser des oripeaux de l'anecdote, du contexte. Ils ne sont pas nécessaires à la considération du Grand Art… Je ne veux pas dire qu'ils ne puissent pas nous apporter plus de considération. Je dis simplement qu'ils ne sont pas indispensables à la reconnaissance universelle des grandes œuvres.

Ce que nous qualifierions de "beau" ici, serait donc bien anthropologiquement Universel. Mais alors, de quelle nature est cette universalité?

(La musique chinoise est à cet égard une exception à propos de laquelle je peux m'expliquer. Elle manque d'universalité pour des raisons précises. Il en va probablement de même pour le théâtre No qui est excessivement codé).

Mon travail consiste à  tenter de cerner les fondamentaux anthropologiques qui conduisent à l'Universalité des grandes œuvres.

Si nous ne le faisons pas, nous nous embourbons, me semble-t-il. Mais déjà, si nous acceptons que les grandes œuvres ne relèvent pas de la mode ou du "comique de groupe" ponctuel dans le temps et dans l'espace, alors nous pouvons être surs que les cornichonneries dont nous parlions vous et moi s'excluent instantanément du champ de nos considérations…

Je travaille beaucoup dans le domaine de l'informatique très "pointue". Certains grands langages de programmation ont un  défaut rédhibitoire qui est l'osmose et la confusion entre données et programmes à certains moments du processus de travail. Or, si vous mélangez votre numéro de compte bancaire avec le montant en Euros de ce compte, vous pouvez imaginer le désastre… Il en va de même entre critique et art. Il y a actuellement une osmose entre la critique devenue explication, puis l'explication s'est faite art! On a matérialisé la critique en art!  Une explication n'est jamais que périphérique et ne peut en aucun cas devenir l'objet qu'elle commente.

La politique, la religion, l'argent… ont toujours eu des rapports serrés avec l'art ou les artistes. Ce qui se passe aujourd'hui n'est qu'un avatar de plus. Personnellement, c'est dans notre excès de virtualisation du monde que je vois l'origine du problème.

Mais pour revenir à votre question, je considérerais que c'est  précisément le fait quasiment "apodictique" de l'intemporalité qui définit le BEAU! Le beau s'impose à travers le temps ou l'espace. Ceci lui conférerait une nature profondément humaine au sens de exclusivement humaine. Il agirait sur les couches profondes de notre nature, ce que semble confirmer la psychologie… Même si, plus superficiellement (par rapport aux fondamentaux artistiques), je peux être sensible à l'anecdote de la maternité ou à celle d'un paysage charmant ou encore à quelque chose qui touche ma Foi ou mes opinions, etc.

Mon travail actuel porte donc sur les fondamentaux qui permettraient de cerner les Arts pour trouver des critères et voir plus clair. Trouver une ontologie de l'Art… Cela m'a conduit à éliminer ou mettre un peu plus en arrière plan certaines œuvres fort prisées…

Je suis très conscient que ce travail est présomptueux… Se mesurer à Kant n'est pas modeste… Mon but n'est évidemment pas de tenter  devenir Kant ou Platon mais seulement de:
1/ essayer de voir clair et d'avoir les arguments objectifs nécessaires face à un vieux matelas éventré présenté comme une œuvre alors que l'on voit bien qu'il s'agit là d'une entreprise de démolition des Idées… Beaucoup d'intellectuels s'insurgent… mais en l'absence de théorie solide qui peut quoi? Comment sortir de l'usine à gaz du tout est dans tout?
2/ trouver plus de Sens et de Jouissance pour moi-même et pour les autres à qui ouvrir les yeux sur la vraie grandeur des œuvres. Je m'insurge souvent quand j'entends les guides parler des secrets d'alcôve des artistes pour "expliquer" une œuvre. On ne raconte pas la vie du viticulteur pour faire apprécier son vin! C'est absurde. Mais on peut apprendre à raffiner ses goûts pour dépasser le j'aime ou j'aime pas et trouver plus de Sens et Jouissance.

Je suis désolé d'avoir été un peu long et j'espère ne pas avoir dit trop de bêtises, précaution oratoire sans flagornerie si l'on considère que tout le monde en a dit sur l'Art!…

Très cordialement,

Marc Nassaux

PS:
1/ j'aime votre remarque sur le fait que l'art moderne ne serait pas … beau! Je me souviens aussi de ceux qui avaient voulu faire la différence entre le beau et le sublime…
Je ne vous avais pas dit que j'ai assisté il y a quelques mois à la séance d'ouverture d'une nouvelle session post-universitaire destinée à former des conservateurs et gestionnaires de galeries. Un Docteur en Histoire de l'Art français nous a présenté une centaine de bêtises comme cette feuille de salade accrochée à un cube de pierre par une ficelle. Titre de la chose "réflexion sur l'éphémère"… Les philosophes ont fait mieux! Depuis longtemps! Les dramaturges aussi. Le Docteur semblait dépité et ne s'engageait pas trop. Mais que de confusion mentale! Que de mélanges conceptuels… Quelle consternation! A nouveau, j'ai simplement demandé comment, dans cet art là, pouvait-on distinguer une œuvre majeure d'une mineure?… ce qui pose directement le problème des critères fondamentaux. Je n'ai évidemment pas eu de réponse.

2/ Ce livre est fort intéressant parce qu'il se lit vite et présente un tour d'horizon pas mal fait des théories de l'art. Il montre bien que toutes les théories ont failli et que c'est cette absence qui permet aujourd'hui aux bêtises de se répandre. L'auteur lance un appel pour une théorie afin de barrer la route au trio critique, artiste, financiers qui se moquent du monde aujourd'hui. Alors que tant de choses ont été modélisées, l'Art a toujours résisté… Personnellement je crois que c'est parce qu'on a toujours voulu lui chercher une fonction alors que l'art est un processus démiurgique qui fonctionne au niveau du Sens et de la Jouissance et de leurs fondements. Mais ses "récupérations" multiples de la religion à la décoration de l'univers bourgeois en passant par la politique ou d'autres choses, a brouillé les esprits.
Les théories de l'Art - Philosophie, critique et histoire de l'art de Platon à nos jours
Jean Luc Chalumeau, Vuibert, mai 2002
Théories de l'art - 5 familles
1/ Phénoménologie de l'art.
2/ Psychologie de l'art.
3/ Sociologie de l'Art.
4/ Le formalisme.
5/ L'analyse structurale.

3) Une découverte: Fernand Verhaegen en Nouvelle-Zélande (New Zealand)

 9 mai 2005 email venant de Nouvelle Zélande:

"Dear Sir,

I have in my possession an oil painting of a vase of flowers signed 'F. Verhaegen'. Yesterday, I was very pleased to find your  website about the artist and I am taking the liberty of emailing you to ask if there is any information available about the painting and when it was painted. I like the painting and have no intention of selling it.


I am writing in English, because this is easier for me, but I am able to read French.


The painting is on canvas, held on a standard strainer. The part visible within the outer frame is 425 mm high and 380 mm wide. It shows a deep-red, fairly squat, waisted vase with a narrower neck out of which a profusion of red, white and yellow flowers emerge. I have always looked on the red flowers as poppies, but I am unsure of the others. The vase stands on the corner of a dressing table or chest pf drawers, painted pale pink. The background consists partly of the mirror of the dressing table and partly of the folds of a white curtain. It is a very fresh and attractive painting.


The painting is undated. It is in a plain pine frame. There is a circular stamp (dark ink) on the centre bottom of the stretcher; it is unfortunately completely illegible. Also on the back of the stretcher are 3 old labels, of possible significance:

  1. Top right. This one has lost all lettering.

  2. Bottom centre. Oval, white with red print: CHENUE, Emballeur, 5
       Rue de la Terrasse, Paris. A-127 (in ink or pencil).

  3. Bottom right. Small, circular: J.H.Fricker, 84 Westow Hill, Upper Norwood. Cash price. In pencil (difficult to read),.   possibly 1/2, possibly £2.
 

I inherited the painting from my mother who was Norwegian. She was, I believe, in London in 1917 or 1918. She was in France (in Grenoble but no doubt also in Paris) in 1920 or 1921. She was in London again, this time with her father, in 1922 on her way to Edinburgh to be married to my father

From its position on the frame, the CHENUE label looks most likely to be the original one; 'A-127' could perhaps be the painting's number at an exhibition but could, I suppose, equally like be the packer's identification number for the painting. Perhaps the most likely scenario is that the painting did not sell in France and was sent to London, where my mother bought it in 1920-22..This would seem to be compatible with the initial period of the artist's return from England to France and Belgium, rather than earlier.

Many thanks in advance.

Yours sincerely,"

Commentaires:

La société Chenue existe toujours. On peut en savoir plus à son sujet en consultant son site Internet www.chenue.com, d'où est tiré le texte ci-après:

"Depuis 1760, André Chenue S.A. emballe et transporte les objets d'art, quelque soit leur nature donc leur fragilité, leur destination et le type d'emballage souhaité par le client. Notre coeur de métier s'est élargi dans le temps et s'est enrichi de nouveaux services à la clientèle, nous permettant ainsi de devenir le premier logisticien international des oeuvres d'art."