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Histoire
Naissance et
évolution de la rue
Il faut remonter au XIIème siècle, pour trouver
l'origine de la rue Julie Billiart. Durant ce siècle, la physionomie
urbaine change et l'habitat cherche à s'étendre en raison
de la situation avantageuse de la ville et des ressources qu'elle offre.
Lentement, un bourg, le "vicus" se crée sur la rive
gauche de la Sambre et à la fin du siècle, une enceinte
de pierre renferme cet ensemble : il s'agit de la troisième enceinte
de la ville. Elle comprend trois portes permettant d'entrer dans la
ville : la porte Sainiau, Saint Aubain et Hoyoul (située rue
Bas de la Place, à proximité de la rue Julie Billiart
actuelle).
Cette nouvelle enceinte qui commençait au confluent de la Meuse
et de la Sambre vis-à-vis de la porte de Grognon, à la
Tour Malgarnie ou de Floreffe, longeait la future rue des Fossés
(à l'époque, "chemin des Fossés), se continuait
ensuite dans l'espace de terrain compris entre les rues de la Marcelle
et la rue de Bruxelles, vers la place du Palais de Justice, passait
à l'angle formé par la rue de l'Arsenal et celle du Séminaire,
se dirigeait vers la Sambre et aboutissait non loin de l'actuel Quai
des Joghiers.
La rue des Fossés est le souvenir des fossés bordant la
troisième enceinte et qui furent remblayés durant le XVIIème
siècle. La rue des Fossés allait de la rue Bas de la Place
aux 4 coins. Le côté des murailles fut alors occupé
par le couvent des Ursulines.
Le 29 novembre 1889, la rue des Fossés changea de nom sur proposition
du conseiller Honninckx et fut baptisée rue Emile Cuvelier du
nom du bourgmestre en fonction.
Le 7 décembre 1932, la ville décida de nommer la partie
de la rue Emile Cuvelier située entre la rue de Gravière
et la rue Bas de la Place rue Julie Billiart en hommage à la
fondatrice de la Congrégation des Sœurs de Notre-Dame.
La rue Julie Billiart et ses habitants au XVIIIème siècle.
A partir du relevé cadastral présenté par F. Jacques
(Namur 1784 pp. 112-113) et la liste des habitants qu'il donne pour la
rue, voici quelques détails concernant ces personnes et l'origine
des futurs bâtiments de l'Institut des Sœurs de Notre-Dame.
Aux numéros 1134-35 se trouve le couvent supprimé des Annonciades,
religieuses de la Congrégation de la Bienheureuse Jeanne de Valois
; leur fondatrice à Namur fut Anne de Rupplémont. La suppression
de leur ordre datait du 22 mai 1783. Une partie des bâtiments fut
démolie en août 1861 pour l'établissement de la nouvelle
salle de spectacle : le Théâtre et par la suite pour des
écoles primaires de la ville. Une autre partie fut occupée
par les bureaux du Commandant de la place qui plus tard furent abattus
pour la construction de l'école industrielle. |
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Le numéro 1137 est maison de Gérard.Aux numéros 1138-39 se situe la maison de Bivort, Seigneur d'Arbre,
issu d'une ancienne et noble famille de Namur connue depuis le XVIIème s pour avoir occupé souvent des postes d'échevins
; ainsi, Henri Bivort, seigneur du manoir de Floreffe, était le
beau-frère et l'associé de Ghislain Janmart, maître
de forges et échevin de Namur de 1732 à 1737 et Hyacinthe
Bivort, maître de forges également, fut échevin en
1793-1794.
En 1775, Henri Bivort est à Namur, un homme d'affaire et un industriel
important : il a épousé Marie-Antoinette Raymond dont la
famille est connue elle aussi pour ses activités industrielles.
Ils ont cinq enfants et quatre domestiques. Il mène grand train
de vie, occupant une maison une maison de la rue des Fossés entre
des voisins de bonne compagnie : le général de Hertell,
commandant de la Place et le comte de Quarré.
Au numéro 1140 se trouve la maison de Quarré. L'origine
de cette famille se situe en Italie et plus précisément
à Rome d'où cette famille se serait transplantée
dès 1369 en Bourgogne et aux Pays-Bas. Le premier étant
Jacques de Quarré qui aurait été ambassadeur du pape
Grégoire IX auprès de Philippe de France, duc de Bourgogne,
Comte de Flandre. Son fils aurait été capitaine de lances
de la garde de Charles le Hardi, duc de Bourgogne et ensuite gentilhomme
de l'empereur Maximilien et d Marie de Bourgogne. Le titre de baron aurait
été donné à Vienne à la famille le
24 juillet 1766 par l'impératrice Marie-Thérèse à
la demande de Jean-Pierre François-Joseph de Quarré, seigneur
d'Arche, Schaetsbroeck, Arpent et La Haye, député de l'Etat
noble de Namur.
Au numéro 1141, on trouve les restes des bâtiments du refuge
de l'Abbaye de Boneffe. C'est vraisemblablement ici que se situe l'établissement
futur de la communauté scolaire des Sœurs de Notre-Dame.
NAMUR
- MAISON MÈRE
«Je
sens pour Namur quelque chose qui touche de bien près mon coeur». Mère Julie
Les
premières sœurs de Notre-Dame s’établissent à
Namur, le 7 juillet 1807, à la demande de Mgr Pisani de la Gaude.
La maison prêtée par l’évêque, rue du
Séminaire, s’avère vite exiguë pour le nombre
d’élèves.
Le
6 décembre 1808, les sœurs s’installent dans le vieil
hôtel des Comtes de Quarré, rue des Fossés ; les bâtiments,
quoique délabrés, offrent de vastes locaux. C’est
là que Mère Julie, obligée de quitter Amiens avec
sa congrégation, arrive le 21 janvier 1809. Elle l’achète
la même année, le 13 décembre. et elle en fait la
maison mère de son jeune institut.
- Des lieux chargés d’histoire
Depuis
le XIVème siècle, cet endroit a vu se succéder,
de manière presque ininterrompue, des groupes consacrés
à la prière et au service. En 1398, un béguinage
est fondé dans l’esprit de Saint François pour des
demoiselles du Tiers-Ordre. En 1463, la propriété est donnée
à l’abbaye cistercienne de Boneffe qui la destine à
un refuge; des moines y séjournent pendant les guerres et plusieurs
abbés y sont élus.
Le grand quartier est vendu avec le jardin en 1710 et appartient aux Comtes
de Quarré à la fin du XVIIIème siècle.
La construction en brique a belle allure: les deux corps de logis enserrent
une petite cour d’honneur ; et son long mur de façade - rue
des Fossés - s’ouvre par un portail au tympan sculpté,
représentant saint Bernard. Telle était la propriété
que léguait le passé.
De
1809 à 1940, la maison mère grandit, se veut toujours plus
accueillante aux soeurs et aux élèves par des aménagements
de locaux, des achats de terrain et des constructions.
L’église est consacrée en 1849 par Mgr Dehesselle
; dans le jardin une chapelle est élevée en 1852 à
l’emplacement de l’oratoire bâti sur le caveau où
reposait le corps de Mère Julie depuis 1817.
Pour
célébrer sa béatification en 1906, les Sœurs
de Notre-Dame des Etats-Unis offrent aux enfants pauvres la construction
d’une nouvelle école, Nazareth, “la plus belle de Namur”...,
dira-t-on.
En 1930, place du Théâtre, une chapelle dédiée
à Mère Julie est ouverte au public.
- Une Maison qui traverse l’épreuve
Les
Archives conservent des textes émouvants qui retracent l’histoire
douloureuse de mai 1940. La ville de Namur, par sa situation géographique,
a toujours subi des assauts meurtriers, aussi était-il normal de
hâter dès le 10 mai, jour où les Allemands franchissaient
la frontière, le départ des pensionnaires et d’un
groupe de sœurs.
Les 11 et 12 mai, les bombardements se succèdent.
Du 13 mai, seuls des témoins oculaires sont capables d’en
traduire la dure réalité: «De grand matin, un
coup violent... vers 5h, on voit des flammes près de Nazareth...
le feu se propage ;.. Il faut avoir vu ce spectacle pour se faire une
idée de la force et de la rapidité avec lesquelles l’incendie
s’étend... le feu a tout envahi... au pensionnat, à
Nazareth... le feu avance toujours, le voilà à la cour des
parloirs, à la chapelle Saint-Joseph... les galeries vitrées
servent d’éléments destructeurs et l’église
se voit convertie en une mer de feu».
Le soir, les sœurs réfugiées chez les Dames de Sainte-Julienne
rue Pepin, mesurent l’ampleur du désastre.
La
communauté regroupée vit rue Pepin dans le couvent des Dames
de Sainte-Julienne qui se sont retirées à Bruxelles et le
noviciat est transféré à Jumet.
La
chapelle publique, épargnée comme celle du jardin, sert
de paroisse.
Les
écoles reprennent vie : les aînées terminent leurs
humanités à Sainte-Marie, les primaires suivent les cours
dans l’hôtel du Baron Gaiffier d’Hestroy, rue de Fer
puis chez Mademoiselle Putzeys, rue Pepin.
Les classes gratuites s’ouvrent progressivement dans un Nazareth
restauré.
Le
soir du 18 août, l’aviation alliée déverse sur
Namur un chapelet de bombes meurtrières. Plus de 300 morts et au-delà
de 1200 blessés. Dur tribut payé par la ville pour sa libération
!
Six sœurs sont tuées dans la chapelle de la rue Pepin au moment
où elles récitent le chapelet. La chapelle publique est
détruite, celle du jardin et le bâtiment de Nazareth sont
endommagés.
- Une Maison que soutient l’espérance
Après
avoir été accueillies par différentes communautés
religieuses, les sœurs ont la joie de revenir chez elles le 21 juillet
1945, dans le bâtiment épargné de l’ancienne
école normale, situé au fond du jardin.
Le
courage et la ténacité de la supérieure, Sœur
Thérésa Ghequière, des sœurs et des ouvriers
font renaître la maison. Le plan d’ensemble de la reconstruction
évoque le passé : au centre, l’église, consacrée
le 2 août 1951; de part et d’autre, la grande salle et la
communauté. Seule modification au plan premier de la maison mère:
un vaste bâtiment reliant les deux ailes.
Quant à la chapelle publique, elle est reconstruite en 1951-1952,
mais à la rue Julie Billiart.
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Plan
du premier établissement des Sœurs de Notre-Dame rue des Fossés |
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Plan
des agrandissements apportés à la Maison-Mère pendant
le généralat de Mère Saint-Joseph |
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Plan
du 19ème siècle |
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un
petit coin de jardin (en cliquant
sur ce lien : voir ce "coin de jardin" aujourd'hui aménagé
en terrain de sport pour les écoles) |
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Pensionnaires
en 1901 |
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