Église

Le premier oratoire de la maison mère fut érigé en 1808.
La pose de la première pierre a eu lieu le 24 mai 1845 par Monseigneur l’évêque Dehesselle. L’église fut consacrée le 16 juillet1849. Les bombardements du 13 mai 1940 et ceux de 1944 la ravagèrent. Des documents historiques relatent les événements au jour le jour : «11 mai 1940 : nuit mouvementée, alertes fréquentes et séjours successifs dans l'abri. Dimanche 12 mai : rues Gaillot et Rogier en feu. Lundi 13 mai : cette fois c'est ici. Une partie du toit du pensionnat, les petites maisons de la rue du Lombard sont en feu. Les pompiers sont débordés, exténués par les incendies de la veille, … pas assez d'eau. Le feu se propage. La lingerie des élèves brûle, d'immenses flammes s'élancent par les fenêtres et les tabatières. Nous prenons refuge chez les Dames de Sainte Julienne dont le couvent est rue Pepin».
La reconstruction de l'église débute en 1949, la bénédiction des orgues et l'inauguration eurent lieu le 11 mars et l'église fut à nouveau consacrée le 2 août 1951. La Bénédiction fut donnée par Monseigneur Koerperich, délégué par Monseigneur l'évêque. L'église était comble : parents, Soeurs et élèves, amis de la maison étaient nombreux à se réunir et à prier. La chorale Julie Billiart, composée d'un groupe d'élèves, chanta avec un sens parfait des nuances plusieurs oeuvres de l'Abbé Jacquemin. Les artistes furent fort appréciés. Le projet de nos chères élèves est donc réalisé: des orgues chantent à la Maison mère !... De belles orgues avec des tuyaux d'argent ou de cuivre avec deux claviers et pédalier !... Les tuyaux du grand orgue (1er clavier) -une forêt de tuyaux -plus de 1200 -sont posés à découvert sur le premier sommier, contrairement aux anciennes orgues dont le buffet encadrait par de riches moulures les tuyaux de façade. Les tuyaux du récit (2ème clavier) sont cachés dans la boîte d'expression à l'arrière plan ; la console de l'instrument en chêne clair, se dresse à la gauche du jubé. Ce type d'orgues est dit "électro pneumatique" (commandes électriques vers le sommier). Désormais, les orgues rehausseront l'éclat des cérémonies liturgiques en l'église de la Maison mère. Grâce à la radiodiffusion, les sœurs malades ont eu le plaisir d'assister , de leur lit, au concert spirituel des orgues, en effet dans chaque chambre d'infirmerie, Supérieure a fait placer un diffuseur qui permettra dorénavant aux malades de suivre tous les offices, ainsi que les réunions de communauté.
La statue de la Vierge portant l'Enfant Jésus, taillée en pierre de France et juchée sur son socle mesure 2,20 m et pèse près de 650 kg.

Cette église a connu plusieurs réaménagements successifs : en 1974, on déplaça l'autel et mit les bancs en arc de cercle.
En 1997, on remplaça les vitraux et l'autel reprit sa place dans le chœur.
Voici ce qu'écrit Monsieur Londot, auteur du projet: «Mystère que cette magie de la "peinture translucide", indéfinissable "lumière". Toutes les gammes des heures, des jours, des saisons y participent».

 
 
 
Première église de la Maison-Mère en 1851
Intérieur de la première église en 1851
Destruction de l'église durant la guerre
  Inauguration de l'église restaurée en 1951  
Chœur de l'église restaurée
       
       
       
Vue actuelle de l'église
       

De ces nouveaux vitraux, on dit lors de leur inauguration : «Ils sont là, pour participer, modestement, à la liturgie mais de façon bien vivante. Par le climat qu'ils créent. Leurs chants, leur musique sont silencieux. Mais pas par leurs formes, leurs couleurs, qui par leur mouvement graphique, lyrique, avec une harmonie dynamique, articulée rebondissent de couleurs en couleurs, en réponse aux formes, et des formes aux couleurs. Pour chanter leur liberté, dans le grand mystère de la vie. Il faut faire silence en soi, pour les entendre vraiment. Laisser vivre son intuition. Permettre à notre imaginaire de se laisser porter vers l'ouverture, qui permet à chacun de compléter, d'entrer dans le rayonnement profond, qui nourrit le coeur et l'âme. Mystère que cette magie! de la "peinture translucide", indéfinissable "lumière". Toutes les gammes des heures, des jours, des saisons y participent. De façon fugitive mais bien présente nous pénétrant de façon impertinente, nourricière d'émotions. Si elles sont habitées par l'Esprit, elles nous portent bien plus loin».
Depuis le début des projets de rénovation chacune pensait secrètement à la croix qui prendrait place dans l'église mais rien n'avait encore donné satisfaction jusqu'à présent. Tout à coup une idée jaillit dans nos mémoires. Qu'est devenu le Christ retrouvé dans les décombres de l'incendie de 1940 ? Cette croix placée au-dessus de l' autel lors de la reconstruction de 1949-51 avait été enlevée en 1974. La communauté de Balart l'avait ensuite accueillie puis celle de la rue Pépin l'avait reçue à son tour. Elle nous est revenue et a été placée sur le mur du fond à gauche de l' autel le 23 décembre 1997 .Précieux souvenir pour nous que ce Christ devant lequel ont prié des générations de Sœurs de Notre-Dame ; il nous relie au passé et nous entraîne vers l' avenir.
Les nouveaux autel et lutrin sont sculptés dans le bois. Les Sœurs de Namur se réjouissent avec chacune des Sœurs de la Province et de la Congrégation de voir l'église de la Maison-mère retrouver une nouvelle jeunesse qui déjà donne l'envie de chanter avec sainte Julie "Ah! Qu'il est bon le bon Dieu!"
Un beau carrelage de céramico-grès recouvre la nef et le choeur avec son avancée en demi-cercle.
Regardez donc la voûte illuminée et vous y découvrirez la sensibilité de cet artisan inconnu qui, il y a cinquante ans, a choisi la nuance et l'emplacement de chacune des briques. La nef aussi rayonne de clarté sous la lumière diffusée par cinq lampadaires.

 
 
 
 
1974 : réaménagement intérieur de l'église
Crucifix retrouvé dans les décombres de 1940
Les orgues
1997 : inauguration des nouveaux vitraux
 
 
 
 
Célébration de la fête de Sainte Julie le 12 mai 2002
Les vitraux

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