Seminaire 1 - Ascension sociale des Assyriens
© 2015 juillet

Séminaire du 9 décembre 2012 à Göteborg en Suède

Promouvoir la Citoyenneté Active : l'Ascension sociale des Assyriens en Europe

 

Dans le cadre du projet européen "Echange des Meilleures Pratiques d'Intégration des Assyriens en Europe" (EPIA), un premier séminaire eu lieu le 9 décembre 2012 dans la ville de Göteborg en Suède. Ce séminaire était organisé par l'Association des Assyriens de Göteborg (Assyriska Föreningen i Göteborg) en collaboration avec les autres partenaire européens : Stichting Inanna Foundation (Pays-Bas), Stiftung Yoken-Bar-Yoken (Allemagne) et l'Institut Syriaque de Belgique.

Le titre de ce séminaire en anglais était "Promoting Active Citizenship : Upward mobility of Assyrians in Europe" que l'on peut traduire en français par "Promouvoir la citoyenneté active : l'Ascension sociale des Assyriens en Europe".

Sur base du récit de leur vie, quatre orateurs ont expliqué comment ils ont réussi à atteindre la position sociale dans laquelle ils sont actuellement en Suède. Il s'agissait d'Ibrahim Baylan (politicien et ancien ministre de l'éducation), Feryal Mentes (juge), Nuri Kino (journaliste-reporter) et Adad Baranto (chirurgien).

 

Les paragraphes suivants résument très brièvement le récit de chacun des intervenants.

Tout d'abord Ibrahim Baylan (40 ans). Né à Saleh dans le Turabdin, région du sud-est de la Turquie. Très jeune, il a eu des problèmes de santé qui l'empêchaient de travailler dans les champs. Ses parents l'ont alors envoyé au monastère de Saleh pour y étudier. "C'est là que j'ai pris l'habitude et l'envie d'apprendre, d'étudier. Sans cela, je pense que je n'aurais pas réussi mon ascension en Suède."

Après ses humanités dans la ville de Norsborg en Suède, il travaille dans un snack comme vendeur de hamburgers. Un évènement qui l'a marqué fut la crise de 1993 en Suède avec une montré importante du racisme dans les grandes villes. Il décide alors de faire des études d'économie-politique à l'Université d'Umea située dans le grand nord où il expliquait qu'en hivers le soleil se lève vers 12h30 pour se coucher vers 13h30.

Cependant, il appréciât fortement la vie dans cette ville, comme il le dit lui-même : "non pas pour son hivers glacial mais parce que dans cette région les gens ont un respect exceptionnel pour la personne en tant que telle. Ils portent très peu de jugement sur ce que l'on est, ce que l'on dit ou ce que l'on fait. Je n'ai jamais entendu parlé de racisme." C'est là qu'il décide de rentrer en politique car, selon lui, à Umea la politique est vraiment proche des gens.

Après une ascension progressive lors des différentes élections, en 2002, le premier ministre Göran Person le contacte pour le mettre sur une liste de personnes "ministrables". Mais ce n'est qu'en 2004 qu'il devient ministre de l'éducation nationale jusqu'en 2006. Il conclut son discours en rappelant l'importance des études pour arriver à atteindre sa position actuelle.

La deuxième personne qui est intervenue dans ce séminaire était la juge Feryal Mentes (41 ans). Elle est née dans la ville de Midyat au Turabdin. Elle avait à peine 6 ans quand ses parents sont arrivés en Suède. Après ses études d'humanité dans la ville de Södertälje, elle alla à l'Université de Stockholm pour faire des études de droit. Après ses 5 années de droit, elle fit 5 années de stage ou spécialisation pour devenir juge. Elle souligne ici le soutien important de ses parents et de son entourage tout au long de son parcourt.

Puis, elle travailla comme juge, notamment dans le domaine de la liberté d'expression. Ensuite, elle fut appelée par Beatris As au Ministère de la Justice pendant 4 ans. Actuellement, elle est juge à Flemingsberg tout près de Stockholm pour les affaires générales de criminalité, problèmes familiaux ou encore les divorces.

Elle termine son discours en expliquant qu'elle aime son travail parce qu'elle voit des gens différents et des situations différentes tous les jours. Elle conclut en disant que sa réussite sociale est due à ses études avant tout et puis un peu à la chance ou plutôt aux différents choix qu'elle a fait dans sa vie.

Le troisième intervenant était le journaliste reporter Nuri Kino (47 ans). Né à Midyat dans le Turabdin. Initialement ses parents ont émigré vers l'Allemagne. Lors d'un voyage de visite en Suède auprès de son grand-père, ils entendent parler du conflit entre la Turquie et Chypre en 1974. A Midyat même, des manifestations hostiles aux chrétiens se déroulent sans impunités. Tous les Syriaques prennent peur et pensent que c'est un deuxième génocide qui va les frapper. Son grand-père leur interdit de retourner en Allemagne et son entourage cherche des solutions pour amener un maximum de Syriaque du Turabdin vers la Suède afin d'éviter les massacres.

C'est dans ce contexte dramatique et tragique qu'il grandit. Il explique alors que ses idoles d'époque étaient les différentes factions térroristes, non pas pour leurs actes mais plutôt parce qu'il se sentait opprimé comme eux avec un sentiment d'impuissance pour défendre sa cause. 

Cependant, dés son jeune âge, il commença à faire des petits boulots : cuistot dans un snack, barman, secrétaire médical ou encore pizzaiolo. Il mène une vie, comme il le dit : "tranquille". Et ce n'est que plus tard qu'il "se réveilla". Il décide alors de devenir journaliste, plus précisément reporter indépendant avec un long et laborieux parcourt qui le mena notamment en Ethiopie, en Syrie ou en Jordanie.

Il remporta plusieurs prix de journalisme surtout en Suède. Mais son sacre fut la palme d'or au Festival du Film de Beverly Hills en 2006 pour son reportage sur la vie des Assyriens émigrés en Suède avec comme point de mire l'ascension de l'équipe de football d'Assyriska qui arriva en finale de la coupe de Suède.

   

Le dernier intervenant à ce séminaire était le Dr. Adad Baranto. 46 ans. Né à Arbaye village du Turabdin. Ses parent ont émigré vers la Suède alors qu'il était très jeune. Il termine ses humanités dans la ville de Göteborg. Il raconte que c'est là qu'il sentit la première fois l'importance de devoir travail plus dur que ses amis suédois : "Eux, quand ils arrivent à la maison, tout est fini, ils n'ont plus rien à faire pour l'école, ils ne pensent plus aux cours. Alors que moi, je devais étudier encore à la maison. Je voulais leur montrer que moi aussi, un étranger, je pouvais être l'un des meilleurs de la classe."

C'est dans cet esprit de travail dur et régulier qu'il rentre à l'université pour faire les études de médecines. Puis il décide de continuer pour devenir chirurgien où de nouveau il insiste dans son discours sur la difficulté et la volonté d'arriver au but final. C'est là qu'il commence aussi à publier plusieurs articles dans des revues scientifiques et pour des conférences.

En parallèle à ses études, il a toujours aimé le football et c'est un fervent supporter de l'équipe de football d'Assyriska. C'est notamment la raison pour laquelle, il décide de se spécialiter comme médecin sportif. En plus de son travail à l'hôpital dans le département d'orthopédie, il a ouvert une clinique privée où il reçoit surtout les patients qui ont des problèmes de dos, ... en continuant toujours ses recherches dans ce même domaine.

En conclusion à son discours, et à l'attention surtout des jeunes, il insiste de nouveau sur le fait qu'il faut travailler dur et faire des sacrifices pour obtenir une position sociale comme celle qu'il a eu surtout quant on est étranger.

Après les quatre discours, une séance de questions-réponses eu lieu également. Voici, ce que l'on peut retirer des différentes interventions :

L'expérience des quatres intervenants montre très clairement les caractéristiques typiques de l'ascension sociale des Assyriens dans la diaspora.

Tous sont nés dans le pays d'origine et ont émigré en Suède entre l'âge de 6 et 10 ans. Ils sont la 1,5ème génération. Par conséquent, ils peuvent s'identifier fortement à la fois à la première et à la deuxième génération des Assyriens en Europe.

L'éducation a joué un rôle essentiel dans leur ascension sociale. Bien que leurs parents étaient illettrés ou peu instruits, ils ont reçu le soutien moral de leur famille pour poursuivre des études supérieures. Ils ont tous insisté sur ce soutien familial très important qui leur a permis d'atteindre leur position actuelle.

La plus part avaient des emplois secondaires en parallèle avec leurs études et en même temps ils étaient actifs dans des organisations sociales. Tous ont insisté fortement sur leur travail dur et consciencieux afin d'aboutir aux buts que l'on se fixe.

En conclusion. Le processus de l'ascension sociale ne doit pas être comprise en termes d'une série de choix rationnels, mais plutôt comme un processus par lequel les individus font usage des possibilités qu'ils rencontrent. Leurs choix ont également construit leur identité et leur ascension sociale. Dans ce processus, en rupture avec les milieux traditionnels, aller de l'avant et construire son capital social jouent un rôle important.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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