AU-DEDANS, AU-DEHORS, DANIEL GHEERAERT INVESTISSEUR D'ESPACES
Daniel Gheeraert affectionne les formes simples. Les assembler lui permet de concevoir des variations multiples. Agençant des cônes ouverts, il place dans la nature un yoyo ou un diabolo ou un sablier géants. il met en tension opposée deux figures triangulaires ,image d'un entonnoir dont l'aspect marque le passage du fini a l'infini,de l'origine a l'épanouissement .il plante dans le sol des toupies qui équilibrent a leurs façon leurs parties inégales. Où il réinvente des jarres en tôles, des roues qui rappellent les meubles.
Avec le bois ,il expérimente a la façon d'un artisan menuisier autant que comme un designer en quête d éléments susceptibles d'être simultanément présences géométriques,jeux formels avec des déclinaisons du cube ou des assemblages modulaires évolutifs,mobilier insolite a esthétique susceptible d'être fonctionnelle..
La céramique, terre fumée, parfois, lui sert de complément. Prétexte à prolonger le rond par la spirale, a substitué le vide à l'épais, à interrompre la circulaire par une entaille. Quittant la mémoire culturelle des formes primitives, il aborde celle du quotidien. Voici un boulier compteur monumental ou chaque jour de chaque mois s'enfile. Quiconque, entre les rondelles cuites, y glissera le secret de ses souvenirs récents.
Daniel Gheeraert n'est pas seulement un sculpteur qui cherche à émigrer dans l'espace. Il est aussi celui qui désire apprivoiser la lumière ; non la domestiquer -ce qui est l'apanage des techniciens -mais bel est bien la séduire afin qu'elle réponde a son appel, a sa demande.
En un châssis de bois brut ou de contreplaqué compacté, il enserre donc des plaques de verres. Il les empile, mettant en relation des couches verticales avec d'autres horizontales. Il obtient une portée translucide sur laquelle le verre joue les gammes du rayon du jour.
Une paroi se dresse qui s'apparente a un mur ornementé d'une fenêtre ,a un horizon agrémenté d'une trouée dans les nuages ou la brume,a des states rocheuses percées d'une grotte. La clarté chemine au travers de ses assemblages. Elle y joue de ses nuances ,des variations que le temps météorologique lui donne pour partenaires. Cela se passe ainsi avec les vitraux des églises, a ceci près qu'ici la couleur n'est pas ajoutée : elle naît de l'accouplement du matériau avec l'impalpable de la luminosité.