En 1854, Victor Joly nous conte ses impressions:

"...Nous laissons Vresse... et nous nous dirigeons vers Membre. Le paysage prend un caractère de plus en plus pittoresque. Les rochers qui bordent la rive droite de la rivière offrent les aspects les plus fantasques. Souvent ils surplombent l'âpre sentier qui rampe à leur pied.

...Le village de Membre est plus frais et plus gracieux que Vresse, et nous connaissons peu d'oasis mieux faites pour endormir les douleurs secrètes de l'âme. Des prairies émaillées ourlent la Semois d'un ruban vert constellé de marguerites, des eaux cristallines reflétant les pittoresques terrasses, des montagnes boisées séparées par des gorges mystérieuses toutes baignées de vapeurs nacrées, quelques maisons assises au bord de l'eau, une petite église svelte se profilant nettement sur le bleu du ciel, des martins-pêcheurs et des hirondelles rasant l'eau de leurs ailes de lapis et de pourpre mordorée; voilà l'impression que nous a laissé le ravissant village de Membre."

Victor Joly: "les Ardennes" - 1854

De son côté, Adrien de Prémorel cite l'appréciation de son arrière-grand-père sur le vieux Membre de 1815 :

« Situé sur la rive droite de la Semois que l'on traversait en été sur un pont de clayonnage et l'hiver au moyen d'une barque vermoulue, le village est dominé de tous côtés par de hautes « montagnes » rocheuses et boisées qui rendent son approche presque impossible. Pour y arriver, les hommes devaient aller à pied et les dames sur des charrettes ou à dos d'âne. Ces difficultés n'en rendaient pas moins recherché le séjour de Membre ; on y jouissait de tant de liberté, on y était reçu avec tant de bonne grâce, on y vivait avec tant de sans-gêne, que l'on s'y trouvait toujours heureux. (…)
…En face de Membre se dresse une montagne fort élevée, appelée Mont-Salm (Saloru), au pied de laquelle se découvre à travers la verdure en été, l'hiver entre les branches chargées de neige, un joli petit moulin activé par un ruisseau sortant de la montagne par on ne sait quel mystère. Ajoutons encore que non loin de là, une roche nommée Chevaine se mire dans le tourbillon d'un gouffre qui se creuse à ses pieds.
Au couchant du village, la Semois est ornée sur sa rive droite de belles prairies traversées par un chemin qui sert souvent de promenades à la société réunie à Membre »

Extrait de « De la Haute Lesse à la Semois » p.111 d'Adrien de Prémorel


 
 
   
Intérieur membrais début du XXième s.
 
       
   
 
Moulin de Membre
       
   
 
Ancien pont de Membre
       
   
 
Ancien pont de Membre