poète auteur de théâtre romancier
En quelques mots, Yvon
Givert
peut éveiller un instant de pure contemplation[...]
Ces haltes réservées à l'étonnement et au silence, on les retrouve
tout au long de la route des poèmes[...]
L'humour est souvent présent comme un signe de santé, pour conjurer
l'absurdité de la vie et des mots [...]
Rien n'est plus éloigné de cet art que la rhétorique et le procédé
[...]
Quand je pense aux poèmes d'Yvon Givert, j'entends d'abord un carillon de quatre mots: invention, malice, rebond, clin d'oeil
" il marche dans l'escorte à contre-temps de la fanfare", de toutes les fanfares.
Ni d'école, ni de chapelle, inclassable, superbement rebelle [...]
[...] né blessé, sous un ciel gris de Borinage, Yvon Givert déchire à belles dents les cartes d'identité.
Il revendique d'être ailleurs, je et l'autre, singulier et pluriel, crieur de midi Et porteur de foudre
grain de sable Et volcan de haute incandescence.
Ecorché, sans doute. D'où viendrait la parole?
Ecrire à vif, écrire vif, plaie ouverte et griffes dehors. Et puis cligner de l'oeil.
Savoir que l'écriture aussi est d'ordre dérisoire.
Peut-être ce minuscule balancier aux mains d'un funambule.
Monique Dussaussois - Lectures 43 mai - juin 1988
photo Jean-Luc Geoffroy
[...]discrètement
il prépare son dixième recueil
de poèmes, L'ombre de
l'alouette
Modestement, il répond que les Institutions de radio-télévision
allemande et la BRT ont créé certains de ses textes.
La RTBF a suivi...
Avec simplicité il énumère une dizaine de pièces
écrites pour la scène.
Avis aux éditeurs: N'aboie
plus Arthur, la lune est malade est un recueil inédit
de quinze nouvelles, dont Le
Soir a donné un avant-goût avec La
Pieuvre et Zénobe
l'opticien qui ont inspiré Royer.
Voici donc une quarantaine de textes.
Le poète et le dramaturge tous deux s'imposent dans l'oeuvre;
les pièces, sans exiler le poète, parlent pourtant le langage théâtral,
il faut le souligner [....]
[...] L'oeuvre d'Yvon Givert est peu connue et
méconnue.
C'est que l'homme se tient à l'écart de toutes les coteries, que
l'écrivain s'emploie à mettre l'homme à nu
avec des mots parfois cruels, souvent féroces, mais pudiquement
tendres [...]
[...]On appliquerait volontiers à l'auteur une parole prise chez André
Baillon:
"Des mains sans gants, des mains de pauvre, et dans ces mains, une
oeuvre".
Nicole
Cabes
Chronique
d'une Théâtreuse - Les dossiers du Cacef n° 94 - février 1982