
Suite à l’appel à projets clôturé par le Gouvernement wallon en septembre dernier, la Ville de Mons a déposé dans le cadre du nouvel ‘Objectif 1’ des projets représentant un investissement de 150 millions €. Leur objectif est d’améliorer l’attractivité de Mons pour les investisseurs et les visiteurs, afin de contribuer au redéploiement de l’économie montoise et à la création d’emplois.
Ces projets constituent un enjeu majeur pour Mons dans la mesure où ils permettent d’obtenir d’importants financements pour transformer la Ville.
L’objectif 1 est en outre la seule possibilité importante d’assurer le développement de Mons, compte tenu de la faiblesse des marges de manœuvre du budget communal.
Après plusieurs mois de travail, la Ville a donc développé une stratégie globale qui se concentre dans 6 portefeuilles de projets.
Parmi ceux-ci, trois portent sur la poursuite de la mise en valeur du centre-ville de Mons.
Le premier porte sur la valorisation des abords de la Grand place. Il propose de poursuivre la politique de rénovation des façades et de mise en lumière de ces dernières, commencée avec les précédents fonds de l’Objectif 1 et qui rencontre un grand succès auprès des investisseurs et des visiteurs, mais aussi auprès des habitants. Au-delà de cette politique de remise en valeur du bâti montois, ce premier portefeuille propose de finaliser les travaux de rénovation du beffroi, de son parc du château comtal ainsi que la restauration de la maison espagnole, qui abrite actuellement la maison de la presse et qui connaît d’importants problèmes de stabilité.
Il vise également à poursuivre la rénovation du Mont de Piété (rue du 11 novembre), destiné à devenir une vitrine permanente du mythe de Saint Georges et du doudou.
En concrétisant ces deux réalisations, Mons mettra en valeur deux éléments du patrimoine mondial de l’humanité : le beffroi et le doudou.
A côté de cela, la restauration de l’église Saint Nicolas, le réaménagement de l’ancienne caserne des pompiers (rue de Nimy) en une salle de spectacles destinés aux musiques émergentes (dans le cadre de l’ensemble « Musiques nouvelles »), le financement d’expositions de prestige de renommée internationale au BAM tous les deux ans, ou le réaménagement des locaux situés au 106 rue de Nimy en futur quartier général de « Mons 2015 » sont envisagés. Des travaux de remise en état des voiries sont également prévus dans l’hyper centre montois.
Le second portefeuille de projets porte sur la reconfiguration du quartier de la gare. Au-delà de la rénovation urbaine complète du quartier de la Place Léopold (voieries, façades, mise en lumière), il est prévu d’aménager les terrains stratégiques situés entre la Gare et la Porte du Parc en créant un centre de congrès (capacité maximale de 2000 personnes, avec une salle en gradins de 500 places), destiné à développer le tourisme d’affaires ; ainsi qu’une salle de concert de 2.000 places, afin de combler un manque en Wallonie. Couplé à la construction de la passerelle par la SNCB et à la rénovation de chancres urbains par des investisseurs privés, ce portefeuille de projets devrait permettre de changer le visage d’un quartier appelé à jouer un rôle central à l’avenir, avec le développement des Grands Prés (construction prochaine de 900 nouveaux logements privés, arrivée possible d’IKEA, extension du parc scientifique Initialis etc.)
La rénovation de l’ancien couvent des Ursulines est également proposée.
Le troisième portefeuille de projets porte sur la rénovation urbaine de l’axe qui relie la Grand Place au quartier Messines, et qui comprend notamment la Place du Marché aux herbes et la rue de la grande triperie. L’objectif est là aussi de mener un travail de valorisation des façades, une mise en lumière de celles-ci, ainsi qu’une restauration des voieries et un aménagement du parc de la pêcherie. Mais au-delà de ces projets, l’idée d’installer une nouvelle activité dans ce quartier a germé.
En effet, Mons se positionne depuis plusieurs années dans un secteur de pointe : le design. Forte d’une école de création artistique (l’ESAPV) située dans le Carré des Arts, d’un centre de formation spécialisé du FOREM (situé dans l’ancien lavoir de Péronnes), d’un centre d’accueil pour jeunes designers (la Maison du design), de lieux d’exposition (Abattoirs, MAC’s), la région de Mons connaît un foisonnement dans ce domaine porteur, qui se aboutit aujourd’hui au développement de projets d’investissements portés par plusieurs investisseurs privés, notamment dans le domaine commercial.
Pour accompagner ce développement, la Ville propose donc, en lien avec l’IDEA et Ecomons (structure d’économie sociale), de créer un centre d’entreprises dans un bâtiment du quartier, afin d’y accueillir les designers qui ne disposent pas de locaux pour y créer des prototypes. L’idée est donc d’y déménager la Maison du design (actuellement située à la rue d’Havré) et de l’agrandir, tout en accompagnant les designers par le biais de services complémentaires qui leur permettront de développer leur activité (accès aux foires internationales, bourses etc.)
En portant ce projet, la Ville souhaite donc développer une activité économique au centre de Mons, et positionner la Cité du doudou dans un domaine de pointe.
Le 4ème portefeuille porte sur la valorisation d’un patrimoine reconnu par l’Unesco : les minières néolithiques de Spiennes. La volonté des autorités communales est de valoriser, à moindre coût, ce patrimoine qui reste très difficilement accessible. L’idée est de construire un pavillon d’accueil où pourrait être aménagé un espace de présentation du site et de sécuriser la descente des visiteurs dans les mines. Cela permettrait ainsi aux nombreux touristes qui cherchent à découvrir les sites reconnus par l’Unesco d’avoir accès aux minières, et à Mons d’enfin valoriser cette richesse exceptionnelle.
Le 5ème portefeuille consiste en la création d’une ceinture de développement économique entre le Parc scientifique de Mons et le zoning de Cuesmes : concrètement, il s’agit de développer et d’équiper une série de nouveaux terrains destinés à accueillir de nouvelles entreprises, et donc à assurer le développement économique de Mons dans les années à venir.
Ce projet vise à répondre à la pénurie de terrains industriels dont Mons est actuellement victime, et d’ainsi saisir de nouvelles opportunités en termes de créations d’emplois.
Concrètement, il s’agit de pouvoir accueillir des entreprises spécialisées dans des domaines variés, tels que les technologies de pointe (par le biais de l’extension du parc Initialis), les activités économiques classiques (via l’aménagement d’un zoning sur le site du Puits 28 à Jemappes), les activités économiques qui ne sont pas acceptées sur les zonings, comme les concessions automobiles (sur le site des Prés Lecomte à l’arrière du centre commercial Wilson), et de relayer l’ensemble de ces sites par la création de deux tunnels (l’un sous la bretelle d’autoroute située à proximité du cinéma Imagix, et l’autre sous le R5, entre Cuesmes et Jemappes).
Enfin, le 6ème portefeuille vise à faire de Mons une ville spécialisée dans le domaine de l’image et du son, par le biais du projet « Virtualis ». Celui-ci consiste à mettre en réseau les nombreuses PME de pointe que compte Mons dans ce secteur (I-Movix, Neuro TV etc.) et qui jouissent d’une reconnaissance internationale, avec le centre de recherches « Multitel », situé sur le Parc Initialis et avec le centre de formation « Technocité ». Le développement de nouvelles recherches pourrait ainsi générer la création de nouvelles activités dans les PME montoises, ou déboucher sur la création de nouvelles entreprises. La contribution du centre de formation « Technocité » sera de former les habitants de la région qui le souhaitent à travailler dans ce secteur d’avenir, appelé à connaître un développement certain dans les années qui viennent.
Il faut également noter que cette politique de spécialisation se trouve actuellement couronnée de succès puisque même de grandes multinationales comme Google ou Nokia prévoient d’ouvrir des sites d’exploitation à Mons dans les prochains mois.
Comme on pourra donc le constater, la stratégie mise en place concentre les investissements dans trois domaines :
Cette stratégie, mise en œuvre depuis une dizaine d’année, commence à porter ses fruits. En témoignent l’implantation de plusieurs grandes entreprises dans la région, telles que Google, Nokia ou H&M, qui devrait implanter son centre de distribution européen à Mons et y créer plus de 500 emplois, de même que l’arrivée de grandes enseignes du commerce international comme Ikea, Décathlon ou Saturn. On peut également remarquer que, depuis la mise en œuvre du programme Objectif 1 dans la région de Mons en 1996 (année des premières réalisations effectives), pas moins de 7.400 emplois ont été créés dans l’arrondissement de Mons, dont 6.300 sur le seul territoire de la Ville de Mons. Sur cette période, le nombre d’emplois répertoriés sur Mons est donc passé de 34.000 à plus de 40.000, soit une croissance de plus de 18%, la plus importante depuis la seconde guerre mondiale.
On peut donc constater que, plus que jamais, Mons joue le rôle de locomotive et de vitrine pour le développement de toute une région, qui représente en fait la troisième agglomération wallonne avec environ 500.000 habitants et qui englobe le Borinage et une partie de la région du Centre.