Espèces invasives

Les espèces invasives, qu’elles soient végétales ou animales, ont toutes une origine exotique. Elles sont introduites par l’homme de manière accidentelle ou, pire, intentionnelle dans un environnement duquel elles étaient totalement absentes auparavant. Attention, l’élargissement des aires de répartition de certaines espèces sous la pression d’impacts environnementaux (réchauffement climatique, …) n’entre pas dans cette catégorie puisqu’il s’agit d’un phénomène « naturel » indépendant de toute action humaine directe!
Une fois qu’elles se retrouvent dans ce nouveau milieu, 2 options s’ouvrent à elles : soit elles développent des stratégies pour s’acclimater à ce nouvel environnement et ainsi assurer leur survie, soit elles finissent par s’éteindre faute d’adaptation. Ces individus « acclimatés » se retrouvent, alors, ponctuellement en différents endroits du territoire.
Quand elles se sont appropriées le milieu au sein duquel elles ont été relâchées, elles peuvent enfin commencer à s’y reproduire de manière plus conséquente et sur plusieurs générations. Ceci permet de stabiliser la taille de leurs populations et les individus, qui sont maintenant « naturalisés », occupent des territoires plus vastes mais bien délimités.
Dès l’instant où ces espèces sont en équilibre avec l’environnement qui les entoure, leurs populations subissent, à un moment donné, un accroissement brutal du nombre de leurs représentants responsable de leur dispersion à large échelle. Elles peuvent, désormais, coloniser les différents habitats naturels présents et deviennent des espèces « invasives » qui occupent l’ensemble du territoire.
Certaines de ces espèces n’ont qu’un impact environnemental limité. Ce sont des espèces invasives « mineures » peu préoccupantes. D’autres, par contre, ont des conséquences graves au niveau des écosystèmes : elles altèrent les différents biotopes (envasement des cours d’eau , destruction des essences forestières autochtones ou des cultures agricoles,…) et portent atteinte à la biodiversité indigène (compétition avec les espèces locales voire hybridation menant, à terme, à l’extinction du capital génétique initial, introduction de nouvelles maladies,...). Il s’agit des espèces invasives « majeures » dont les conséquences irréversibles sont catastrophiques à l’échelon local.
Le BFIS/Belgian Forum on Invasive Species a classé les espèces invasives majeures en 3 catégories selon le stade de leur colonisation et le risque environnemental qu’elles généraient :
- La liste noire : 43 espèces présentes en Belgique ayant un impact environnemental sévère ;
- La liste grise : 38 espèces présentes en Belgique ayant un impact environnemental modéré ;
- La liste d’alerte : 14 espèces absentes en Belgique mais présentes dans les pays frontaliers où elles sont responsables d’impacts environnementaux modérés à sévères.
Lutter contre ce fléau est souvent illusoire. En effet, limiter voire empêcher l’expansion d’une espèce n’est envisageable qu’au début du processus d’invasion quand un contrôle des populations est encore possible. Par la suite, il devient difficile voire impossible d’enrayer le processus et les conséquences sont irrémédiables.
Il convient, donc, de conscientiser les hommes quant aux comportements irresponsables dont certains font preuve en relâchant leurs animaux de compagnie exotiques devenus par trop « encombrants », tout en se donnant bonne conscience, sous le couvert du but louable qu’est le don de la liberté à un animal captif .En effet, il convient de savoir que la grande majorité d’entre eux mourront d’une lente agonie puisque incapables de s’alimenter tous seuls . Quant au reste, ils seront souvent responsables de l’extermination d’espèces locales…

Espèces invasives - Liste noire

Espèces invasives - Liste grise

Espèces invasives - Liste d'alerte