Ich bin ein Berliner

qui chante en français

Frédérik Mey (portrait)

[ photo : J.P. Ordonneau ]

Les premiers pas

Frédérik Mey, avec ou sans accent pour le public francophone, ou Reinhard Mey, pour les germanophones, est né à Berlin le 21 décembre 1942 d'un père avocat et d'une mère professeur de français. Dès l'âge de 12 ans il prend des cours de piano mais joue aussi de la trompette en autodidacte. En 1956 il se voit offrir sa première guitare et joue assez vite dans de petits groupes musicaux. En 1963 il obtient ses baccalauréats français et allemand. Étudiant en sciences économiques, il suit des cours de guitare classique au conservatoire de sa ville natale. De 1964 à 1966 il écrit ses premières chansons en allemand et enregistre deux supers 45 tours.

La langue de Goethe ou celle de Voltaire ?

En découvrant Georges Brassens, il décide d'adapter ses propres compositions en français. En 1967, Frédérik Mey représente l'Allemagne au Festival de la Chanson de Knokke-le-Zoute. Nicolas Pérides, producteur des disques Pérides, croit en ce jeune auteur et lui propose de réaliser un album en français, ce sera le « Frédérik Mey, volume 1 » qui obtient le Prix International de l'Académie de la Chanson Française. A la même époque, il épouse une jeune française prénommée Christine. Paru en décembre 1972, le « Frédérik Mey, volume 2 » obtient le Grand Prix du Disque de l'Académie Charles Cros. En 1974 il fait paraître le volume 3 et entame une tournée dans une trentaine de villes de France pour terminer en passant à l'Olympia. En décembre 1975, un double album reprend l'intégrale de ce récital. La même année il enregistre un disque en néerlandais et enchaîne avec des concerts en France, en Belgique et aux Pays-Bas. En juin 1976 il grave et publie son volume 4. 1979 voit la parution du volume 5 et d'un deuxième double album enregistré en public, cette fois à Bobino. Les tournées se succèdent à la fois dans les pays francophones et dans les pays germanophones car Reinhard Mey mène désormais de front une carrière en français et en allemand. Pour preuve, il sort en 1980 son dixième 33 tours en allemand et en octobre 1982 le volume 6 de ses albums en français.

Le père de famille et l'humaniste

Mais Frédérik Mey décide de privilégier sa vie de famille, il a eu 3 enfants de sa deuxième épouse Hella, en faisant ses adieux à la scène française et en se limitant au public germanophone. De 1982 à ce jour, il donne régulièrement des récitals en Allemagne, en Autriche et en Suisse ponctués à intervalles réguliers par l'enregistrement de disques. Titulaire dans son pays natal de nombreuses distinctions, il mène de nombreuses actions en faveur de l'enfance (au bénéfice des enfants atteints du SIDA, malades de la leucémie ou des enfants victimes d'abus sexuels). Pendant toutes ces années il assouvira également sa double passion d'une part pour l'aviation en obtenant son brevet de pilote privé, sa licence de vol aux instruments puis de vol acrobatique et sa licence de pilote d'hélicoptère et d'autre part pour la marine en passant ses brevets de bateau pour la navigation intérieure et ensuite pour la navigation maritime.

Les enfants sont grands maintenant

Lorsqu'il quitta les scènes de France en 1982, il devait déclarer : « Je reviendrai quand les enfants seront grands ! ». C'est chose faite maintenant puisque la dernière née est aujourd'hui âgée de 20 ans. L'actualité de Frédérik Mey c'est donc cette promesse tenue un quart de siècle plus tard avec la sortie de « Douce France ». Ce volume 7 a été enregistré à Aix-la-Chapelle sous la direction de son fidèle arrangeur Manfred Leuchter. Au total 13 titres en français et une déclaration d'amour à la France en allemand.

Frédérik Mey
[ photo : Arnaud Nilwik ]

Ghislain Debailleul - septembre 2005