biographie

Fils d'un militant syndicaliste chrétien tourneur chez Renault à Billancourt, André Béranger, et d'une mère couturière, née Jeanne Sauvegrain, François Béranger est né à Amily dans le Loiret le 28 août 1937. Résistant, son père est arrêté pendant la guerre et à la libération il est élu député du parti démocrate-chrétien, le MRP, pour la Nièvre. Il sera député jusqu'en 1951. Pendant ce temps François Béranger poursuit des études littéraires. En 1954, alors qu'il est en première, il quitte l'école pour travailler comme agent technique chez Renault tout en poursuivant ses études comme élève libre à l'issue desquelles il passe un bac technique. 1954 voit aussi son entrée dans la troupe de théâtre amateur La Roulotte dans le 11ème arrondissement de Paris. Au sein de cette troupe il commence à gratter de la guitare en interprétant des chansons de Félix Leclerc qu'il admire profondément. En septembre 1958 c'est le début du service militaire. Comme beaucoup de jeunes français il sera marqué par la guerre d'Algérie, une période noire qu'il commence comme élève-officier mais qu'il termine comme simple soldat car, déjà à cette époque, il n'arrive pas à se taire.

Pendant son service militaire il épouse Martine Hussenot. Après 19 mois d'Algérie il est démobilisé à la Noël 1960. En 1961 naît sa fille Emmanuelle alors qu'il a réintégré les usines Renault. En 1962, il quitte les usines Renault pour commencer à travailler dans le cinéma. Cette année voit également la naissance de son fils Stéphane. En 1964, il entre dans le monde de l'audiovisuel via le Service de la Recherche de l'ORTF que dirige Pierre Schaeffer. L'explosion de mai 68 marque pour François Béranger le retour à la guitare et aux chansons. Il est révélé au public en 1969 par un premier 45 Tours avec un seul titre sur les 2 faces : le fameux "Tranche de vie" qui est en fait une autobiographie romancée qui mêle des éléments biographiques du chanteur, de son père et de son grand-père. Bien que ne passant que rarement en radio, exception faite de Tranche de vie que Michel Lancelot passe chaque soir dans l'émission Campus sur Europe 1, et jamais à la télévision, François Béranger trouve son public d'abord dans les fêtes politiques de gauche en donnant bénévolement de nombreux concerts pour les causes les plus diverses. Le 16 octobre 1971 il assure la première partie de Gilles Vigneault à Bobino. En 1972 il quitte sa maison de disque CBS.

Entre 1972 et 1982, François Béranger sera de l'aventure du label indépendant l'Escargot tout comme le groupe Imago, Michel Bühler ou Gilles Vigneault. En 1973 il rencontre Jean-Pierre Alarcen avec lequel il réalisera trois albums. En 1976 il chante devant 70 000 personnes pour la fête de l'Humanité. En 1977 il enregistre son premier disque en public. En 1978 il passe un mois à l'Elysée-Montmartre. En 1979, il connaît un grand succès avec "Mamadou m'a dit". Il passe du 2 au 8 mars 1981 à l'Olympia. A la faillite de sa firme de disque l'Escargot, il disparaît de la scène pendant sept années et revient en 1989 avec un nouvel enregistrement "Dure-mère". Toujours en 1989, la firme Baillemont réédite en 4 disques compacts les albums de 1974 à 1980. En 1992 il sort un nouvel album enregistré au Théâtre de Maison Alfort et qui reprend une nouvelle version enregistrée sur scène de 4 titres de l'album "Da Capo", un album de 1982 qui avait été très mal distribué. En 1997, François Béranger sort un nouveau disque sans titre avec un cactus sur la pochette comprenant 13 titres et qui marque la collaboration avec un nouveau musicien Lalo Zanelli. François Béranger effectue sa rentrée parisienne au Trianon les 17 et 18 novembre 1997. La tournée qui suit donne lieu à un enregistrement en public capté le 4 novembre 1998 à Lille publié en 2 disques compacts. En 1999, il effectue un long passage du 2 au 20 novembre au Lavoir Moderne Parisien. 2001 voit la réédition en disques compacts "digipack" des albums "Tranche de vie", "Ça doit être bien…", "Joue pas avec mes nerfs" et "Article sans suite". Un nouvel album est annoncé …

Mort du chanteur François Béranger - AFP | 14.10.03 | 13h09 : Le chanteur libertaire François Béranger, qui connut une forte notoriété dans les années 70, est mort des suites d'un cancer mardi matin à son domicile de Sauve (Gard), à 66 ans, a-t-on appris auprès de son entourage.Né le 28 août 1937 à Amily (Loiret), près de Montargis, François Béranger s'était lancé dans la chanson après avoir été ouvrier aux usines Renault à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). Il s'est fait connaître au début des années 70 lors du renouveau de la chanson française, imprégnée de folk, portée par des thèmes contestataires, aux côtés notamment de Dick Annegarn, Catherine Ribeiro, de l'Occitan Joan-Pau Verdier.Des chansons comme "L'alternative", "Rachel", "Participe présent", "Tranche de vie" l'avaient imposé comme une des voix militantes de cette époque. Récemment, Sanseverino avait enregistré et jouait sur scène un de ses classiques, "Le tango de l'ennui".François Béranger venait d'enregistrer un album consacré au répertoire du Québécois Félix Leclerc. Il s'était produit pour la dernière fois à Paris en septembre 2002 au Limonaire.François Béranger sera enterré samedi à Castelnau-le-Lez, près de Montpellier.

Ghislain Debailleul

Sources
Chorus, les cahiers de la chanson, n° 38 - janvier/février/mars 2002
Chorus, les cahiers de la chanson, n° 22 - janvier/février/mars 1998
Dictionnaire Larousse, la chanson mondiale, 1996
Putain de Chanson, Fred Hidalgo, 1991
Cent ans de chanson française 1880-1980, Points, 1981
Le guide de la chanson contemporaine, Syros, 1989
Le dictionnaire de la chanson française, Sevran, Editions Lafon, 1986
Le Neuvième Art, Angèle Guller, Editions Vokaer, 1978