Protection hivernale

Suite à la demande croissante des apprentis-jardiniers exotiques voici une page consacrée à la protection hivernale de plantes limites pour une région donnée. Ici en Belgique en zone usda 8, bon nombre de palmiers et plantes exotiques peuvent se débrouiller sans protection particulière comme Trachycarpus fortunei et Chamaerops humilis à condition que les plantes soient bien installées et en exposition appropriée.

Carte de répartition des zones climatiques pour l'Europe
Zones de rusticité usda europe

Zone
°C
°F
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
-45
-45 à -40
-40 à -34
-34 à -29
-29 à -23
-23 à -17
-17 à -12
-12 à -7
-7 à -1
-1 à 5
+ de 5
-50
-50 à -40
-40 à -30
-30 à -20
-20 à -10
-10 à 0
0 à 10
10 à 20
20 à 30
30 à 40
+ de 40

Ces zones sont établies sur base des moyennes de températures hivernales minimales. Evidemment, bon nombre de facteurs
 influencent ces températures dans un sens comme dans l'autre comme l'exposition par rapport au soleil et aux vents dominants.
La présence d'abris naturels ou anthropiques (maison) peuvent faire gagner de précieux degrés. L'acclimatation de végétaux hors
de leur zone de rusticité respective est néanmoins possibles par le choix judicieux du site de plantation mais également par la mise
en place de protections hivernales appropriées. Il faut garder à l'esprit que, sous nos climats, ne sont réellement critiques que
2 ou 3 semaines sur l'hiver et qu'il serait dommage de ne se limiter qu'aux végétaux susceptibles d'appartenir à la zone de
 rusticité théorique de sa région.
Pour la liste de rusticité des palmiers, je vous renvois à 1 site de référence:
Un tableau excel théorique récapitulatif élaboré par Thierry Viard(Palmae)ICI




Voici à présent une technique de protection qui a fait ses preuves chez moi et que j'utilise pour les spécimens hors de leur zone de
rusticité théorique mais également pour tout spécimen nouvellement planté, les 2 premiers hivers étant souvent critiques, même
 pour des plantes de rusticité avérée.
J'ai pris pour exemple un Jubaea chilensis d'une quinzaine d'années que j'ai reçu quasiment en racines nues, ce qui justifiait
 amplement sa protection.

La première étape (photo de gauche)consiste à regrouper les palmes, ce qui premièrement offre une première protection pour le
bourgeon terminal et qui deuxièmement, limite l'encombrement du palmier.
La seconde étape est la mise en place de piquets destinés à soutenir la structure. Un grillage où est entortillée une guirlande
 lumineuse est ensuite disposé autours du feuillage en veillant bien à poser quelques enroulements au sol afin d'en éviter le gel.
Regroupement palmes Jubaea protection    Guirande

La guirlande utilisée ici est celle que l'on trouve pour décorer les maisons à la Noël. Elle consiste en un tube plastique souple où
sont noyées un certain nombre d'ampoules à incandescence. Outre le fait de produire de la lumière, ces guirlandes dispensent
aussi une douce chaleur bien intéressante dans notre cas. Il faudra bien entendu adapter la longueur de la guirande en fonction
 de la taille de la plante à protéger et du degré d'isolation de la protection.

Guirande pour protection de palmiers

Vient ensuite une couche de laine de roche dont l'épaisseur dépendra de votre climat et du type de plantes à protéger.
L'étanchéité du dispositif est assuré par la pose d'un plastique ondulé.
protection palmiers    protection palmiers


La protection sera chapeautée d'une plaque de plastique, soit ondulé (et doublée d'un isolant genre plastique à bulles par ex.) soit de
 polycarbonate. Il est IMPERATIF de laissé ce couvercle entre-ouvert par pose d'une cale en période douce ou en cas de soleil sous
peine de griller le palmier et de le faire pourrir par conjugaison de la chaleur et de l'humidité
protection palmiers


Quelques conseils pour terminer:

-ne protéger qu'en cas de gel, on voit souvent des palmiers enmitoufflés de novembre à mars! Si aucune aération n'est prévue,
c'est la mort assurée par excès de température en cas de soleil et par excès d'humidité dû au confinement.

-ne protéger que les espèces le nécessitant réellement! Un palmier a, dans ce cas, plus de chance de mourir par excès de protection
que par le froid proprement dit.

-en cas d'utilisation d'une guirlande, bien s'assurer de la température dans la protection. Le risque de surchauffe est réel en cas
de sur-dimensionnement de la guirlande, de température extérieure pas suffisamment basse et du degré d'isolation. Le must étant
 l'emploi d'une sonde réglable pour déclencher le chauffage à une température de consigne.

-ne pas négliger les riques d'utilisation de matériel électrique à l'extérieur!

-pour les petits spécimens peu emcombrants (Chamaerops et Chamaedorea par ex), une simple boîte en frigolite retournée sur
 la plante fera souvent l'affaire

-un bon paillage du sol permet d'en éviter le gel en profondeur

-ne pas sous-estimer la prise au vent des protections: il n'est pas agréable de tout remettre en place à 23h en pleine tempête
de neige...Un bon ancrage au sol de la structure est donc vivement recommandé!

   
   
   



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