Abréviations

 

On trouvera ici quelques exemples d'écriture des abréviations.

 

 

dictionnaire

texte ancien

 

 

 

Les abréviations constituent une des principales difficultés de lecture de certains textes.

Ces abréviations peuvent être rangés en 3 types :

Les abréviations par contraction
Les abréviations par suspension
Les signes particuliers (notes tironiennes)

Des mots très usités ont aussi des abréviations particulières ne rentrant pas vraiment dans une des catégories précédentes.

Une remarque préliminaire : le contexte est parfois nécessaire pour interpréter certaines abréviations.

Ne vous inquiétez donc pas si certains mots présentés ci-dessous ont l'air d'être devinés comme par magie ...


Abréviations par contraction

Le scribe écrit les premières et dernières lettres du mot, en omettant certaines lettres au centre.

L'omission est généralement signalée par une barre (tilde) au-dessus de l'endroit concerné :

  comme :
 
  également :
 
  allencontre :
 

Rappelons-nous qu'il s'agit d'écriture manuelle (et à la plume de surcroît).

Le tilde peut être décalé par rapport aux lettres omises (il est souvent placé à la fin du mot) :

  présent :
 
  maître :
 

La forme du tilde est variable. Il se peut aussi que le scribe ne lève pas la plume pour le tracer, auquel cas il est relié au mot :

  maître :
 
  certains :
 
  présent :
 
  comme :  

Lorsque le signe d'abréviation est en fin de mot, il est parfois tracé sous la forme d'une finale qui s'élève ou qui plonge (ou l'un puis l'autre) :

  frère :
 
  contraire :
 
  faire :
 

 

 

Abréviations par suspension

Les dernières lettres du mot ne sont pas écrites.

L'omission est généralement signalée par un trait qui termine le mot en montant ou en descendant :

  chacun :
 
  d'entre :
 
  mectre :
 
  jadis :  

Le trait peut également prendre une forme plus compliquée, qui dépend de la lettre qui précède et de celui qui écrit :

  Judicielement :
 

Enfin, il est des cas où on ne peut dire si l'abréviation est par suspension ou par contraction (mais peu importe, en fait) :

  père :
 

 

Signes particuliers

Ces signes (notes tironiennes) étaient très utilisés dans l'Antiquité et ont été remis à la mode, pour certains d'entre eux, au 16e siècle.

Leur but était de gagner du temps et de la place. Des groupes de lettres fréquemment utilisés sont remplacés par un signe.

En voici quelques-uns...

par (ou parfois per) :

  par :
 
  par :
 
  par :
 
  par devant :  
  par devant :  
  par deseur :  

Notons que les trois derniers combinent plusieurs abréviations.

 

pre (ou plus souvent pré) :

  pre :
 
  pre :
 
  pre :
 
  presteit :  

 

pro :

  pro :
 
  procédé :
 
  prochain :
 
  propre :  

La version standard est donnée par les deux premiers exemples, les deux derniers sont des variantes.

 

que, qui :

  que :
 
  que :
 
  qu'il :
 

Seul le contexte de la phrase permet de savoir s'il s'agit de "qui" ou de "que".

 

ser :

  ser :
 
  ser :
 
  serment :
(combiné avec une abréviation pour "ment")

Ce signe est parfois utilisé pour d'autres abréviations basées sur la lettre s :

  seigneur :
 
  seigneur :
 
  saint :  

 

ur (en terminaison de mot, consiste en un r surélevé) :

  jour :
 
  leur :
 
  maieur
 
  pour :  
  Sieur :  
  Seigneur :  

Ne pas s'attarder sur la différence entre les deux derniers. Elle tient plus du scribe que des mots.

 

us (en terminaison de mot, consiste en une espèce de 9 surélevé) :

  nous :
 
  nous :
 
  nous :
 
  tous :  
  tous :  

 

Abréviations particulières

Elles concernent des mots très utilisés par les greffiers, dont les abréviations ne rentrent pas nécessairement dans une des catégories précédentes.

  demi :
 
  et :
 
  et :
 
  florins :  
  florins :  
  Item :  
  ledit :  
  lesdits :  
  susdit :  
  muid : (mesure de capacité pour les céréales)

 

Et pour terminer en beauté, une devinette en trois mots et trois abréviations :

Ce n'est sans doute pas facile sans le contexte (surtout pour la dernière partie), mais on ne sait jamais...

Vous pensez avoir trouvé ?

Envoyez-moi votre solution...

... et vous saurez si c'est la bonne !

 

Pour ceux qui veulent approfondir le sujet, je peux recommander l'ouvrage qui m'a aidé dans mes débuts :

"Lire le français d'hier", par Gabriel AUDISIO et Isabelle RAMBAUD, Ed. Armand Collin, 2001

(plutôt orienté vers les régions du sud de la France)