Le journal intime.

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            Au cinéma, à la télévision, dans les livres et les magazines, sur Internet et même dans les jeux vidéo, nous rencontrons souvent des récits qui racontent la vie ou une partie de la vie de quelqu'un : un adolescent, un chanteur à la mode, une personnalité politique, un personnage historique ou encore une personne non connue mais dont la vie pourrait intéresser le public.

            Ces « récits de vie » peuvent relever de genres variés dont les plus connus sont la biographie, l'autobiographie et le journal intime.

            Dans une biographie , un journaliste, un écrivain, un proche… relate la vie d'une personne réelle, voire d'un personnage fictif : le récit est en « IL ».

            Dans une autobiographie , l'auteur retrace, avec le recul du temps, le fil de sa propre existence : le récit est en « JE ».

            Dans un journal intime , l'auteur écrit régulièrement, comme s'il parlait à un confident. Il y raconte son quotidien, y exprime ses sentiments, ses émotions, ses opinions… bref, ses pensées les plus intimes. Le journal est rédigé sur le vif, sous forme de fragments datés qui se succèdent dans l'ordre chronologique.

            « JE » est à la fois l' auteur , le narrateur et le personnage principal .

            Certains journaux intimes que nous pouvons lire sont authentiques . De nombreux jeunes en tiennent un, parfois en secret sous forme de cahier déposé au fond d'un tiroir, souvent sur Internet, sur un blog par exemple, voire même à travers les réseaux sociaux. Ils y consignent ce qui leur semble important et vrai. Ceci ne les empêche pas – volontairement ou non – de passer sous silence des éléments dérangeants, d'avoir leur propre version d'un évènement ou encore de se mentir à eux-mêmes…

            Philippe Lejeune oppose le vrai journal intime au journal d'écrivain, qu'on vend tous les automnes et/ou printemps : c'est du chiqué : c'est écrit dans le but d'être publié.

            Un journal intime publié n'est pas nécessairement un faux journal intime : Anne Frank a écrit un vrai journal et ignorait qu'on le publierait après sa mort.

            Si l'auteur envoie son texte à un éditeur, c'est déjà moins sûr : il / elle avait peut-être déjà l'idée d'être lu(e) en l'écrivant…

            Un journal retouché pour la publication n'est plus à 100 % authentique.

            D'autres journaux intimes présentent les apparences et les caractéristiques des journaux authentiques mais la personne qui raconte sa vie n'a peut-être pas existé et les évènements relatés n'ont pas forcément eu lieu.

            Ce sont des fictions . Ces récits mêlent les expériences réellement vécues et l'imaginaire, le vrai et le faux, la vérité et l'invention.

            Seul compte le plaisir du lecteur.

            Face à de tels récits, ce dernier ne cherche pas à savoir ce qui est vrai ou imaginé : il joue le jeu de la fiction en faisant comme si le journal était authentique. Il devient donc le complice de l'auteur, s'intéresse à l'histoire et à l'univers du personnage.

Le vrai journal intime est un récit factuel .

Il s'apparente à l'autobiographie car l'auteur y raconte lui-même sa vie

mais il s'en distingue sur certains points :

                  - les faits y sont consignés chronologiquement et sont datés

                  - on y trouve beaucoup plus de détails , des redites , des réflexions

                    personnelles , des états d'âme

                  - souvent, il ne couvre qu' une période de la vie

Il s'apparente aussi à la lettre  :

         parfois, il y a un destinataire (Cher Journal, petit journal, chère Kitty….)

         et il est daté .

Anne Frank écrit même ses pages comme de véritables lettres (date en haut à droite, formule de politesse et signature).

Celui (celle) qui écrit son journal intime est un(e) diariste .