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Ce texte résume bien, non seulement le ministère pastoral, mais
aussi le combat de l'Église de Jésus-Christ. Cette partie de la
lettre écrite par l'apôtre Paul à Timothée s'ouvre avec cette
affirmation solennelle de l'inspiration de l'Écriture, de ce qui
fait le fondement de notre foi: la Bible est la parole de Dieu.
Tout
part de ce livre. Dieu a parlé, et ce qu'il a dit est scellé dans un
livre appelé la Bible. En énonçant cette vérité, l'apôtre Paul
souligne bien que toute la parole est inspirée, et pas seulement les
passages favoris qui nous plaisent. Toute l'Écriture, de la première
page de la Genèse jusqu'à la dernière ligne de l'Apocalypse, est
inspirée de Dieu. Elle a été rédigée sous la conduite du Saint-Esprit
de Dieu. La foi repose sur ce seul fondement. Au 16e siècle lorsque
l'Esprit de Dieu secouait toute l’Europe sous des mouvements inspirés
au cœur de plusieurs réformateurs, la Réforme avait notamment comme
devise:
«l'Écriture seule»
(“Sola
Scriptura”).
La Bible est le fondement de toute la vie de l'Église. C'est la force
d'une église et de l'Église.
La
Bible est à la fois la vie, l'avenir et la nourriture de l’Église. La
parole de Dieu est l'arme et la bénédiction de l’Église. Si l'Église
veut être forte pour le XXle siècle, elle doit s'appuyer sur la parole
de Dieu. L'Église ne trouvera de force nulle part ailleurs. L'Écriture
sera toujours le fondement de l'Église.
Un
théologien évangélique, P. Wells, professeur à la Faculté théologique
d'Aix-en-Provence, écrivait dans un article relatif aux conférences
organisées à Chicago sur l'autorité de l'Écriture:
« Le
but de ces rencontres est de consolider la confiance chancelante du
peuple chrétien en l'entière véracité des Écritures. »
Depuis le début du XXe siècle la Bible a été attaquée par la Haute
Critique, ce qui ne s'était jamais fait auparavant. Jusqu'à la fin du
19e, la Bible avait été reconnue comme parole de Dieu inspirée,
infaillible. Mais ensuite des voix se sont levées ici et là pour
attaquer le fondement de l'Écriture. Et non pas pour tenter de faire
vaciller des doctrines particulières traitant de sujets précis, mais
pour vraiment remettre en question le fondement même de la Parole de
Dieu. Ces attaques ont eu pour conséquence d'affaiblir la confiance du
peuple de Dieu dans les Saintes Écritures. C'est pourquoi le but des
théologiens réunis à Chicago était de consolider la confiance
chancelante du peuple de Dieu en la véracité de la Bible. Et
effectivement, notre confiance peut s'affaiblir avec ce que nous
entendons de gauche et de droite, que ce soit dans la rue, dans la
presse, dans les écoles ou les universités. Tout cela peut entamer la
confiance des enfants de Dieu en la Bible. Mais sans la parole de
Dieu, il n'y a pas d'avenir pour l'Église, ni pour la communauté
chrétienne.
La
parole de Dieu est l'épée du Saint-Esprit, et dès que l'Église lâche
l'épée, elle perd des forces, elle s'affaiblit. Le prophète Esaïe
disait déjà au peuple d'Israël qui se détournait de la parole de Dieu:
«A la
loi (la Parole de Dieu) et au témoignage ! Si l'on ne Parle pas ainsi,
il n'y aura point d'aurore pour le peuple.»
(Esaïe 8:20). Jésus a vraiment insisté pour maintenir notre confiance
en l'Écriture lorsqu'il déclare:
« Ta
parole est la vérité »
(Jean 17:17). Jésus a aussi affirmé:
« Car,
je vous le dis en vérité, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota
ou un seul trait de lettre, jusqu'à ce que tout soit arrivé. »
(Matthieu 5:18).
Dans
le récit du mauvais riche et du pauvre Lazare (Luc 16:19), on apprend
que dans le séjour des morts, le riche en proie aux tourments lève les
yeux et voit de loin Abraham et Lazare dans son sein.
«Ce riche dit: Je te prie donc, père Abraham, d'envoyer Lazare dans la
maison de mon père; car j'ai cinq frères. C'est pour qu'il leur
atteste ces choses, afin qu'ils ne viennent pas aussi dans ce lieu de
tourments. Abraham répondit: Ils ont Moïse et les prophètes (les
Écritures); qu'ils les écoutent. Et le riche dit: Non, père Abraham,
mais si quelqu'un des morts va vers eux, ils se repentiront. Et
Abraham lui dit: S'ils n'écoutent pas Moïse et les prophètes
[l'Écriture Sainte], ils ne se laisseront pas persuader quand même
quelqu'un des morts ressusciterait.»
(Luc 16:27-31).
C'est
la parole de Dieu qui produit la foi. Elle est le fondement de notre
foi et de la vie de l’Église. Jésus a souligné cette vérité avec
beaucoup de force. L'attitude de confiance et de soumission totale de
Jésus aux Écritures dicte notre attitude vis-à-vis de la parole de
Dieu. C'est parce que Jésus-Christ avait confiance en cette parole de
Dieu que nous aussi nous devons avoir confiance dans cette même
parole. Après le Christ, les apôtres ont eu cette même confiance en
les Écritures et ont reposé tout leur témoignage sur la parole de
Dieu. A partir de cette affirmation de l'autorité de la Bible, de son
inspiration par le Saint-Esprit, l'apôtre Paul dira à son jeune
collègue Timothée:
«
Toute Écriture est inspirée de Dieu … prêche la parole »
(2 Timothée 4:2). Paul rappelle à Timothée l’autorité de la parole ;
elle vient de Dieu et est inspirée par Lui. Puisqu'il en est ainsi,
Paul exhorte donc son jeune collègue à prêcher l'Écriture. La parole
doit être lue, méditée, mémorisée, distribuée, traduite pour être
accessible à tous. Mais elle doit aussi être prêchée.
La
Réforme du XVIe siècle a bousculé l'Europe, depuis la place publique
jusque dans la cour des empereurs, des rois, et des princes. Quand
Luther va à Worms pour affronter les autorités de l'Église romaine, il
y avait davantage de monde pour l’accueillir que pour voir l'empereur
Charles-Quint qui se rendait aussi à cette même diète. Tous les
habitants étaient secoués par la Réforme. C'était un retour à
l'autorité de la parole de Dieu, et les réformateurs insistaient pour
que la parole de Dieu soit prêchée. L'Écriture n'était plus prêchée. A
ce sujet Luther écrit:
«Oui
une réforme est indispensable. Mais elle commence par donner aux
pasteurs de l'Église connaissance et respect de la vérité de Dieu. On
m'objectera: «Voyez les armes, les scandales, tous les vices du
clergé, la dégénérescence du peuple chrétien. De grands scandales,
j’en conviens, et il faut y porter remède. Mais voyez-vous, tous les
vices dont on parle, ils crèvent les yeux et secouent l'opinion.
Hélas, le mal, la peste infiniment plus pernicieuse et plus cruelle,
c'est le silence organisé autour de la parole de vérité. Cela, on ne
le voit pas. Combien en trouvez-vous aujourd'hui à penser que plus
grave qu'une affaire de sexe ou de corruption ou de liturgie, est la
négligence à prêcher et à interpréter fidèlement la parole de Dieu ? »
Quelle lucidité !
Si ces
affirmations étaient vraies au XVIe siècle, elles sont encore
d'application aujourd'hui. La négligence à prêcher la parole de Dieu
peut être plus dangereuse et davantage pernicieuse que ces scandales
et affaires honteuses dénoncées ici et là. Il y a quelque chose de
plus sournois et de plus dangereux pour la vie de l'Église : c'est le
silence sur la parole de Dieu. Et ceci ne se voit pas, ça ne crève pas
les yeux. C'est pourquoi la première tâche d'un pasteur est de prêcher
la parole de Dieu. L'Église a besoin d'être édifiée, nourrie,
corrigée, encouragée, défiée, interpellée par l'Écriture. La
prédication de toute l'Écriture a une importance capitale. Le premier
devoir d'un pasteur et d'un ancien est de veiller à ce que la parole
de Dieu soit prêchée. C'est la vie de l'Église. La parole de Dieu doit
ainsi être portée dans les cœurs. Ce n'est pas un hasard si l'apôtre
Paul dit à Timothée:
«
Prêche la parole ! ».
Dans son testament spirituel, en attente d'être jugé et condamné à
mort, Paul passe le flambeau à son jeune collègue et l'exhorte à
prêcher la parole. L'apôtre Paul avait compris l'importance de la
prédication et accordé la priorité à cette tâche dans le ministère
pastoral. Ce même Paul disait:
« Les
Juifs demandent des miracles et les Grecs cherchent la sagesse: nous,
nous prêchons Christ crucifié. »
(1 Corinthiens 1:22). Pourquoi ce choix de l'apôtre Paul ? Pourquoi
insiste-t-il sur l'importance de la prédication de la parole de Dieu ?
Parce que c'est le choix que Dieu a fait. L'apôtre Paul, inspiré par
le Saint-Esprit, écrira :
« Dieu
a choisi de sauver les croyants par la prédication de l'Évangile. »
(1 Corinthiens 1:21). Ceci précise bien l’importance de la prédication
et charge d'une responsabilité très grande ceux qui ont la tâche de
transmettre la parole de Dieu. La prédication est présentée comme le
moyen que Dieu a choisi pour sauver les hommes, pour communiquer le
message de la vie. Toujours ce même apôtre disait :
«
Ainsi la foi vient de ce qu'on entend, et ce qu'on entend vient de la
parole de Dieu. »
(Romains 10:17). La prédication de la parole est cause instrumentale
de la foi. Dieu lui-même parle au cœur et à l'âme au travers de la
prédication de la parole prêchée. Si nous nous souvenons les uns et
les autres de la manière dont nous sommes convertis, la toute grosse
majorité d'entre nous peut dire que c'est après avoir entendu la
prédication. Dieu a choisi de sauver les croyants par la prédication
de la croix. Un pasteur français disait:
« La
prédication de la parole de Dieu n'est pas une invention de l'Église.
C'est un ordre qu'elle a reçu. La prédication est la fonction
centrale, première, décisive de l'Église. C'est un ordre de grâce et
d'amour. »
L’ordre de prêcher la parole et l’affirmation que Dieu a choisi de
sauver les croyants par la folie de la prédication, impliquent que la
lecture privée de la parole de Dieu ne suffit pas pour nous conduire
au salut. Il faut que cette lecture privée soit accompagnée par la
prédication de la parole. C'est bien ce que l'Écriture déclare. Jésus
a dit :
«
Allez et prêchez la bonne nouvelle. »
(Marc 16:15). Jésus n'a pas dit : « Allez et faites lire la parole ».
Même si lire la Bible est très précieux, entendre prêcher la parole
est d'une importance capitale. L'apôtre Paul ne dit pas à Timothée: «
Fais lire la Bible ». Il dit: « Prêche la Bible ! ». Dieu n'a pas
choisi de sauver les croyants par la lecture de la parole, mais par la
prédication de cette parole.
Comment illustrer cette vérité ? On pourrait considérer, pour imager,
la parole de Dieu comme la plus belle voiture du monde avec toutes les
options possibles. Mais... elle n'a pas de roues. Elle n'avance donc
pas. Si la Parole de Dieu n'est pas prêchée, elle n'avance pas dans
les cœurs et ne peut les atteindre. Cette illustration rend à chaque
élément sa propre valeur, sa véritable importance. Le pneu en lui-même
ne coûte pas très cher. La voiture représente une grande valeur. Mais
si le pneu ne représente qu’une petite partie de la valeur de l'auto,
il est toutefois l'instrument indispensable qui va véhiculer cet
important capital. La prédication est l'instrument qui véhicule la
parole de Dieu. Les énormes camions sont tirés par des tracteurs. On
pourrait dire que la Bible est cette remorque très grande remplie de
trésors, de choses précieuses, de perles et diamants. Mais sans le
tracteur, tout cela ne peut se mouvoir, et toute cette richesse ne
peut être amenée jusqu'à nos cœurs. Ce qui fait fonction de tracteur
pour conduire cette richesse dans nos cœurs, c'est la prédication. La
prédication est importante parce qu'elle est l’instrument, le moyen
qui permet de communiquer les richesses spirituelles à ceux qui
écoutent. Cet « agent tracteur » qui véhicule les vérités de la parole
de Dieu doit être soigné. Sinon la connaissance reste statique et ce
qui va la faire bouger pour produire ses effets est la prédication.
Celle-ci est bien l'instrument de transport et de communication de la
parole de Dieu. L’apôtre Pierre disait :
« Jésus nous a ordonné de prêcher l'Évangile. ».
L’apôtre Paul dira :
« J'ai
été établi apôtre et prédicateur. »
(1 Timothée 2:7). Paul distinguait clairement ces deux fonctions.
Ainsi lorsque la parole de Dieu est prêchée, elle est accompagnée
d'une action spéciale de Dieu. C'est en effet le choix que Dieu a
fait. Dieu a choisi de sauver les croyants par la folie de la
prédication de l'Évangile. La parole de Dieu est la parole de vie. La
prédication de la parole de Dieu est porteuse de vie. L’apôtre Pierre
dira aux chrétiens :
« Vous
avez été régénérés par une semence incorruptible, par la parole
vivante et permanente de Dieu. »
(1 Pierre 1:23). Et Pierre continue :
« Et
cette parole est celle qui a été prêchée par l'Évangile. »
(v. 25). Donc Pierre avait aussi cette même conviction de l’importance
et de la nécessité de la parole prêchée pour qu'elle porte son fruit.
Que
Dieu multiplie donc la vie par la prédication de Sa parole.
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