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A la vitrine
d'une librairie de la ville est exposé un livre relatif au couple.
Son titre est surprenant: «Y a-t-il dans le couple de la place pour
deux?». Aujourd'hui, le couple est en crise. C'est évident. Toute
démonstration est inutile. Aucune génération précédente, aucune
civilisation antérieure n'a vécu une telle situation. Dans
l'histoire de l'humanité, on n'a jamais vu une crise d'une telle
ampleur. Le divorce prend des proportions jamais atteintes. C'est
pourquoi beaucoup de jeunes ont peur du mariage et craignent de
s'engager, devant les statistiques effrayantes des couples séparés.
Certains n'ont même plus peur du tout, puisqu'ils ont fait leur
deuil du mariage, en décidant de rejeter l'union légale avec un
conjoint. L'esprit du monde déteint sur l'Eglise
et les couples chrétiens.
Il est important de rappeler que la famille est le plan
de Dieu et qu'il va l'entourer de mesures d'accompagnement. Ce sont
des règles, des conseils, des recommandations qui se trouvent dans
l'Écriture, et qui ont comme but de maintenir le couple sur de bons
rails. La vie du couple est une expérience merveilleuse, si les
conseils de Dieu y sont
appliqués.
A première vue il n'y a aucun rapport entre la lecture biblique
susmentionnée et le sujet traité ici. Dans le texte proposé de
l'Épître aux Ephésiens, il n'est en effet nulle part question de
couple ou de la famille. Pourtant, tous les textes de l'Écriture
concernent le couple. Tous les enseignements, toutes les
exhortations de Dieu peuvent trouver leur application dans la vie du
couple. C'est là d'abord que ces recommandations doivent être
appliquées. Nous avons une fâcheuse tendance à penser que ces
exhortations sont relatives à la vie de l'Eglise, à notre vie
religieuse, à notre comportement dans la société. C'est vrai, mais
ces principes sont avant tout applicables dans notre foyer et notre
famille, et là d'abord. Ils concernent toute notre vie, notre
comportement en familles et pas seulement certains aspects religieux
de notre existence. Le secret d'une vie de couple chrétien réussie,
c'est d'appliquer dans le couple, la Parole de Dieu.
La lecture choisie contient plusieurs exhortations qui nous sont
familières.
Ephésiens 4:25 dit:
« Renoncez au mensonge et que chacun de vous parle selon la vérité à
son prochain. ».
Nous savons que nous ne devons pas mentir dans l'Eglise, ni à notre
patron. Mais avant tout cela veut dire que je ne dois pas mentir
dans mon couple. Je ne dois pas mentir à ma femme, à mon mari. S'il
y a un premier terrain où je dois d'emblée mettre cette exhortation
en application et obéir à cet ordre divin, c'est mon couple. Si nous
rejetons cette recommandation dans la vie de notre couple, où
allons-nous la mettre en application ? Si nous ne savons pas dire à
notre conjoint(e) que nous avons choisi(e), la vérité pour les
grandes et les petites choses de la vie, où allons-nous donc
appliquer ce principe ?
Ephésiens 4:31 nous enseigne:
« Que toute colère disparaisse du
milieu de vous. ». Nous savons que nous ne pouvons nous mettre en
colère dans l'Eglise ni au bureau. Mais c'est vrai avant tout dans
le couple. Beaucoup de couples ont connu des crises à cause de ces
colères provoquées pour de bonnes et de mauvaises raisons. Si l'on
se met en colère pour tout et pour rien, le couple connaît alors une
vie d'enfer. On vient à l'Eglise, on lit la Parole de Dieu, on
chante des cantiques, mais c'est l'enfer à la maison Tout cela parce
qu'on n'applique pas d'abord chez soi, dans son couple, le bon
conseil de l’Eternel.
La Bible nous exhorte:
« Priez les uns pour les autres. » (Jacques
5:16). Nous prions pour les diverses activités de l'Eglise, les
jeunes, les aînés, la chorale, les malades, etc. Mais il faut aussi
prier; dans le couple, l'un pour l'autre. Pourquoi ne pas mettre
cette exhortation en application premièrement dans mon couple?
Pourquoi ne pas prier ensemble avec son époux, son épouse, pour son
conjoint, sa conjointe, à haute voix? Certains peuvent dire: «Oh !
Mais ça: on n'oserait jamais.». C'est bizarre ! On mange ensemble, on
dort ensemble, on se promène ensemble, on élève les enfants
ensemble, et on n'oserait pas prier ensemble. Pourquoi? «Seigneur,
bénis ma femme, bénis mon mari, aide-nous à nous aimer; à nous
comprendre.». Pourquoi ne pas oser le faire? Dans le couple, prier
l'un pour l'autre constitue une grande force. C'est une chose
extraordinaire de s'entendre prier l'un pour l'autre, de prier
ensemble pour les enfants. Dans un foyer; on jette des bases solides
quand les enfants entendent les parents prier pour eux, quand les
enfants entendent le père prier pour la mère, et vice versa.
Quand l'Écriture dit
« Soyez bons les uns envers les autres. »
(Ephésiens 4:32), on accepte et l'on conçoit d'être bon avec ses
voisins, ses collègues, ses amis. Mais il faut d'abord être bon dans
le couple l'un pour l'autre, et là d'abord.
Un couple chrétien qui a compris l'importance d'appliquer la Parole
de Dieu
au sein du couple ira loin. Il ira jusqu'au bout.
Nous allons partager ensemble quelques grands principes de la vie
du couple. Pour ce, nous allons utiliser des mots simples, directs,
faciles à mémoriser. Les mots sont importants. Le philosophe et
écrivain français Jean-Paul Sartre a écrit un ouvrage intitulé « Les
mots ». Il y explique le rôle important joué par les mots dans sa
vie. Les mots ont vraiment beaucoup d'importance. Un mot peut tuer
un couple. Un mot peut sauver un couple. Les mots ont une force
insoupçonnée. Ce n'est pas un hasard si Dieu nous a transmis sa
pensée avec des mots, avec des paroles. Les mots sont puissants.
Voyons quels sont les six mots les plus importants: « Je regrette,
je me suis trompé(e). ».
Ces quelques mots expriment le grand principe biblique du pardon
réciproque. Ephésiens 4:32 dit:
« Pardonnez-vous réciproquement comme Dieu vous a pardonné en Christ.
».
Le couple est le premier lieu où doit s'exercer le pardon
réciproque. Dans les milieux évangéliques, on insiste beaucoup sur
l'importance du pardon. On doit savoir pardonner. Mais il y a un
autre aspect au pardon: savoir demander le pardon. Reconnaître ses
torts, ses erreurs et en demander le pardon. Il est probablement
plus difficile de reconnaître ses torts et de solliciter le pardon
que de donner le pardon. Un couple ne peut vivre ni survivre sans le
pardon réciproque. Notons aussi cette remarque importante : croire
qu'une vie de couple est réussie parce qu'on ne se dispute jamais,
c'est un rêve, un pur rêve. C'est une utopie! La réconciliation doit
faire partie de la vie du couple. L'épouse doit savoir dire à son
mari: « Je regrette, je me suis trompée. ». De même, le mari doit
aussi savoir dire à se femme: « Je regrette. Je me suis trompé. ».
Certains messieurs diront: « Si je mets en pratique cette
exhortation; je me ferai passer pour rien, je ne serai sans doute
plus respecté, je ne serai plus le chef et je perdrai aussi mon
autorité! ». Mais c'est faux! C’est juste le contraire, parce que
cette attitude donne la véritable autorité, l'autorité dans la
vérité. Un homme n'est jamais aussi grand que lorsqu’il reconnaît
ses torts. Une épouse n'est jamais aussi grande que lorsqu'elle
reconnaît ses erreurs. Cette attitude est une question vitale pour
un couple. Si nous ne trouvons pas la force de prononcer
ces six mots « Je regrette, je me suis trompé(e). » dans notre foyer,
à notre épouse, à notre époux, mais où les prononcerons-nous?
Voyons les cinq mots les plus importants: «Tu as très bien fait. ».
Dans le foyer, il n'y a pas que des choses qui ne vont pas. Il y a
aussi beaucoup de choses qui vont bien. Il n'y a donc pas que des
excuses à faire ou le pardon à demander. Il y a aussi des
félicitations, des compliments à formuler, et des encouragements à
donner. L’Écriture dit:
« Exhortez-vous réciproquement. » (1 Thessaloniciens 5:11). Cette recommandation, nous la croyons
applicable dans l'Eglise seulement. Elle l'est avant tout dans notre
foyer. «Exhorter » signifie « encourager par ses paroles ». Dans le
foyer, nous avons besoin de nous encourager mutuellement. Nous
vivons dans un monde caractérisé par la critique et la grognerie.
Les épouses ont surtout besoin d'encouragements, de compliments, et
de se sentir estimées par leur mari. Ces quelques petits mots ont
une grande importance: « Tu as très bien fait ». Il y a bien des
épouses et des époux qui n'ont jamais entendu cette appréciation de
la part de leur conjoint(e). Nous avons besoin de nous exhorter et
de nous encourager les uns les autres. C'est capital pour la vie
du couple.
Poursuivons avec les quatre mots les plus importants: « Qu'en
penses-tu ? ». C'est le principe de la collégialité dans le couple.
La Parole dit:
« Le salut est dans le grand nombre des conseillers. »
(Proverbes 11:14). La Bible précise :
« Il n'est pas bon que l'homme
soit seul ; je lui ferai une aide semblable à lui. » (Genèse 2:18).
Dans le couple, on oublie si souvent de consulter et d'écouter
l'autre. En particulier, le mari qui a mal compris son rôle de chef
au foyer et croit qu'en tant que tel, il n'a d'avis à demander à
personne, … et surtout pas à sa femme. Tous les grands hommes (chefs
d'états, généraux, etc.) ont des conseillers qui sont consultés et
donnent des avis avant toute grande décision. Pourquoi pas dans le
couple? Pourquoi ne pas chercher conseil en dialoguant avec mon
mari, et inversement. Si l'on décide tout seul et que l'on est à
deux, quelque chose cloche. Ce principe simple exprimé par ces
quatre mots «qu'en penses-tu?», peut faire vivre un couple. On n'est
pas nécessairement obligé de suivre l'avis de l'autre. Mais on
échange, on donne place au dialogue. Cela évite bien des erreurs...
particulièrement aux messieurs. N'est-il pas vrai, en effet, que les
dames ont souvent un sens particulier de l'intuition, et que les
épouses sentent les choses différemment des maris. Dieu a fait
l'homme et la femme différents. C'est une richesse de mettre
ensemble des avis différents, et d'ainsi dialoguer en toute sagesse.
Regardons maintenant les trois mots les plus importants : « Je t'aime. ».
Ces mots simples, familiers, sont tellement difficiles à dire ! On
en est pourtant bombardé (à la télévision, au cinéma, dans les
romans, les revues, les feuilletons, les chansons) formulées par des
gens qui ont une vie tellement souillée. Pourquoi ces mots ne se
trouvent-ils pas dans notre propre bouche? Dieu a voulu dire son
amour à Israël:
« Je
t'aime d'un amour éternel. »
(Jérémie 31:3).
Dieu a souvent montré son amour pour Israël, mais Il le dit aussi.
Quand Jésus est sur terre, après sa résurrection, trois fois Il
demande à Pierre:
« Pierre, m'aimes-tu ? »
(Jean 21:15 à 17). Pourquoi ces questions sinon pour entendre de la
bouche de l'apôtre ces trois mots tellement importants :
« Je t'aime. » ? L’amour doit non seulement se montrer, mais se dire
(ou s'écrire)
entre époux.
Deux
mots importants: « Merci beaucoup. ».
C'est le principe de la reconnaissance. Ces petits mots reflètent un
grand principe biblique. En effet le Bible dit :
« Soyez reconnaissants. » (Colossiens
3:15). Nous devons être reconnaissants envers le Seigneur. Cela va
de soi. Mais nous devons l'être aussi dans le couple où nous devons
réapprendre à dire «merci». Aujourd'hui, Si beaucoup d'enfants ne
disent plus merci, c'est peut-être parce qu'ils n'entendent jamais
ces mots dans leur propre maison. Jésus a guéri dix lépreux (Luc
17:11 à 19). De ces dix personnes irrémédiablement condamnées par
cette terrible maladie, une seule revient sur ses pas pour dire
merci. Parce qu'il revient remercier Jésus, le Christ lui donne
davantage! Nous oublions souvent de dire merci à Dieu même quand nos
prières sont exaucées. Mais nous oublions aussi, très souvent, de
dire merci. «Merci pour la chemise repassée». «Merci pour le repas.».
«Merci pour la réparation de...». La
reconnaissance réciproque est un des piliers du couple.
Le seul mot,
le plus important: « NOUS ».
La Bible dit:
« L'homme quittera son
père et sa mère, et s'attachera à sa femme, et ils deviendront une
seule chair. »
(Genèse 2:24). Ils ne sont donc plus deux, mais ils
sont une seule chair. Dans le couple, tout doit être conjugué à la
première personne du pluriel : NOUS. Nous pensons, nous voulons,
nous choisissons, nous aimons, nous faisons, nous prendrons, nous
achèterons, nous allons, nous...
Nous, parce qu'ils ne sont plus deux, mais un ensemble.
Les mots sont puissants. Ils servent à construire, mais ils peuvent
aussi détruire.
Avec les pierres, on peut construire un mur ou construire un pont.
Avec les mots, on peut construire un mur dans le couple, ou
construire un pont pour se rejoindre et se rencontrer. Que ces
quelques mots simples partagés ensemble, nous aident chacun à
édifier notre couple pour qu'il devienne fort, solide, fondé sur la
Parole. Notre église, notre société et notre nation n'en seront que
renforcées.
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Extrait biblique de référence:
Épître aux Éphésiens
4:25 - 5:5
25
C’est pourquoi, renoncez au mensonge, et que chacun de vous parle
selon la vérité à son prochain; car nous sommes membres les uns des
autres.
26 Si vous vous mettez en colère, ne péchez point; que le soleil ne se
couche pas sur votre colère,
27 et ne donnez pas accès au diable.
28 Que celui qui dérobait ne dérobe plus; mais plutôt qu’il travaille,
en faisant de ses mains ce qui est bien, pour avoir de quoi donner à
celui qui est dans le besoin.
29 Qu’il ne sorte de votre bouche aucune parole mauvaise, mais, s’il y
a lieu, quelque bonne parole, qui serve à l’édification et communique
une grâce à ceux qui l’entendent.
30 N’attristez pas le Saint-Esprit de Dieu, par lequel vous avez été
scellés pour le jour de la rédemption.
31 Que toute amertume, toute animosité, toute colère, toute clameur,
toute calomnie, et toute espèce de méchanceté, disparaissent du milieu
de vous.
32
Soyez bons les uns envers les autres, compatissants, vous pardonnant
réciproquement, comme Dieu vous a pardonné en Christ.
1 Devenez donc les imitateurs de Dieu, comme des enfants bien-aimés;
2
et marchez dans la charité, à l’exemple de Christ, qui nous a aimés,
et qui s’est livré lui-même à Dieu pour nous comme une offrande et un
sacrifice de bonne odeur.
3 Que l’impudicité, qu’aucune espèce d’impureté, et que la cupidité,
ne soient pas même nommées parmi vous, ainsi qu’il convient à des
saints.
4 Qu’on n’entende ni paroles déshonnêtes, ni propos insensés, ni
plaisanteries, choses qui sont contraires à la bienséance; qu’on
entende plutôt des actions de grâces.
5 Car, sachez-le bien, aucun impudique, ou impur, ou cupide,
c’est-à-dire, idolâtre, n’a d’héritage dans le royaume de Christ et de
Dieu.
(version Segond 1910)
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