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• Qu'est-ce que le protestantisme ?

• Protestantisme / catholicisme : les différences

• La Bible : le dessein de Dieu

• La préexistence du Christ
 

 


Qu'est-ce que le Protestantisme?
 

 

        - Origine
        - Évolution
        - Doctrine
        - Au XXe siècle

 
   


SON ORIGINE

Le protestantisme a son origine dans la réforme religieuse qui fut entreprise au XVIe siècle au sein de l'Eglise catholique romaine par divers serviteurs de Dieu: Luther, Zwingli, Calvin, etc., dénommés les Réformateurs. Au début, ces Réformateurs n'ont pas voulu créer une religion nouvelle.

Insensiblement, au cours des siècles, des erreurs et des abus de tout genre s'étaient glissés au sein du christianisme donnant naissance au catholicisme romain. Les Réformateurs ont désiré réformer le catholicisme romain et le ramener à l'enseignement de Jésus-Christ et des apôtres tel qu'il est exposé dans la Bible. Chassés de l'Eglise romaine, ces premiers réformateurs ont été amenés, malgré eux, à se constituer en communautés séparées. Le sobriquet « protestant » a été donné en 1529, en Allemagne, aux adeptes de la Réforme.

En résumé, le protestantisme fut un retour au christianisme primitif.

DU CHRISTIANISME PRIMITIF AU PROTESTANTISME VIA LE CATHOLICISME ROMAIN

L'histoire de la chrétienté depuis Jésus-Christ jusqu'à ce jour, peut se résumer en cinq grandes périodes.

1° LE CHRISTIANISME PRIMITIF OU APOSTOLIQUE

Jésus forma un premier noyau de disciples. La première communauté chrétienne prit effectivement naissance à Jérusalem, en l'an 31, à la Pentecôte. A cette époque, il n'y avait ni pape, ni clergé.

Dans la seconde partie de la Bible, le Nouveau Testament, sont groupés des écrits de grande valeur, datant de l'époque apostolique. Ils décrivent la vie de Jésus-Christ, son enseignement, la vie et la pensée des premiers chrétiens.

2° PERIODE DE PERSECUTIONS

De 64 à 313, les chrétiens furent l'objet de persécutions. Malgré cet obstacle, le christianisme continua de s'étendre tout en commençant à s'éloigner de l'enseignement du Christ et des apôtres.

3° LA FORMATION DE L'EGLISE CATHOLIQUE ROMAINE

En 313, l’Edit de Milan accorda aux chrétiens le libre exercice de leur culte. A partir de cette époque, le christianisme se mit à évoluer, s'éloignant de plus en plus des doctrines et des usages du christianisme primitif. Ainsi se forma l'Eglise catholique romaine.

L'évolution se fit simultanément dans plusieurs domaines dont voici les principaux:

MATERIALISATION DU CULTE

Ce qui n'était qu'un symbole finit par devenir un sacrement donnant la grâce par lui-même (baptême, sainte cène). Partant de certaines pratiques, d'autres sacrements firent leur apparition. Les cérémonies ne symbolisèrent plus des grâces reçues, mais conférèrent des grâces. Les actes eux-mêmes devinrent méritoires et furent considérés comme ayant un pouvoir magique. Exemple: le signe de la croix ayant soi-disant le pouvoir de chasser le démon ou l'utilisation d'eau bénite pour éloigner les tentations, les démons, les maux de l'âme et du corps. Des superstitions grossières se sont ainsi introduites au sein de la chrétienté. Bon nombre d'entre elles subsistent encore aujourd'hui au sein de l'Eglise catholique.

CLERICALISATION

Au cours des années se constitua un clergé qui reçut ou prit de nombreux privilèges. L'évêque de Rome devint le chef suprême des églises. Le clergé s'attribua des pouvoirs spéciaux et finit par dominer sur les laïcs. Il alla jusqu'à utiliser la violence pour réduire l'opposition à son autorité et à son enseignement (création de l'inquisition pour traquer les hérétiques). La médiation unique de Jésus-Christ fut remplacée par la médiation du clergé, des saints et de la Vierge.

FIXATION DE LA DOCTRINE

Maître des consciences et disposant de pouvoirs parfois absolus, le clergé fixa la doctrine et imposa des dogmes. La Bible ne suffit plus comme source doctrinale. On y ajouta progressivement la tradition (Pères de l'Eglise, Décrets des conciles, Dogmes pontificaux). On accorda à cette tradition la même autorité qu'à la Bible. De toute cette évolution est né un système d'inspiration humaine, de doctrines généralement étrangères et souvent contraires aux enseignements de la Bible.

DE L'EGLISE DE PROFESSANTS A L'EGLISE DE MULTITUDE

A l'origine on devenait chrétien par un acte personnel de foi en se donnant librement à Jésus-Christ. Par la suite, le clergé ayant attribué un pouvoir magique aux sacrements, la. croyance se répandit que le baptême était suffisant pour devenir chrétien. Les bébés furent baptisés à leur naissance et ainsi des nations entières devinrent automatiquement « chrétiennes ».

De l'Eglise apostolique de chrétiens « professants » (c'est-à-dire de personnes qui professent leur foi en Jésus-Christ), l'on en vint à l’Eglise de multitude (chacun est chrétien de nom parce que baptisé, mais ne croit pas nécessairement en Jésus-Christ). La pratique des rites prescrits par le clergé et la participation obligatoire à la messe estompèrent la notion biblique de la foi personnelle en Jésus-Christ. L'Eglise catholique devint ainsi une église de multitude, pagano-chrétienne, c'est-à-dire une communauté composée de vrais chrétiens et de chrétiens de nom (parce que baptisés et pratiquant les rites, mais païens dans leurs convictions et leur manière de vivre).

DE L’EGLISE LIBRE A L'EGLISE D'ETAT

L'Eglise primitive était tout à fait indépendante de l'Etat. Elle fut même persécutée par les Autorités. Par la suite, l'Eglise devint liée à l'Etat. Elle en retira des avantages matériels et lui accorda en échange des bénédictions spirituelles. Ce système existe aujourd'hui encore en plusieurs pays où l'Etat rétribue le clergé et entretient les lieux de culte.

L'union entre l'Eglise et l'Etat a affaibli le témoignage du christianisme qui fut souvent entraîné dans des compromis politiques.

4° LA REFORME PROTESTANTE DU XVIe SIECLE

L'éloignement progressif du catholicisme de l'enseignement du Christ et de ses apôtres ne se fit pas sans tentatives de réformes et sans réactions. Tout au long des siècles, des chrétiens s'opposèrent aux déviations. Les uns restèrent dans l'Eglise catholique, d'autres s'en séparèrent et constituèrent des Eglises autonomes: Albigeois, Bogomiles, Vaudois, etc. Ce furent des précurseurs de la Réforme, des « protestants » avant le protestantisme.

Il y eut ainsi depuis l'Eglise primitive jusqu'à la Réforme du XVIe siècle, une lignée de chrétiens évangéliques. Ces disciples de Jésus-Christ furent victimes d'atroces persécutions. Le clergé et les états inféodés au catholicisme les traquèrent avec violence.

Malgré diverses tentatives de réforme, au début du XVIe siècle, l'Eglise de Rome était dans un état de décadence religieuse et de corruption morale très prononcé. La Bible, dont la lecture en langue vulgaire avait été interdite par le clergé, était désormais un livre fermé pour la masse du peuple. Quantité de cérémonies païennes avaient envahi l'Eglise: culte de la Vierge, des saints, des images. des reliques. Le clergé vivait dans un état de corruption morale (ex. le pape Alexandre Borgia), faisait argent de tout, vendait des charges et pratiquait le trafic des indulgences.

Ce fut le 31 octobre 1517 que le moine allemand Martin Luther protesta contre le déclin de la religion, en affichant à Wittemberg 95 thèses contre le trafic des indulgences. Comme tous ceux qui avant lui avaient tenté de réformer l'Eglise catholique, Luther fut excommunié par le pape. Heureusement une grande partie de l'Allemagne soutint le Réformateur. Ses écrits franchirent les frontières et comme le feu sur une traînée de poudre, le mouvement de protestation ou de réformation gagna rapidement des adeptes dans la plupart des pays d'Europe. Durant plusieurs siècles, l'Eglise catholique mena une lutte à mort contre ce mouvement de réformation. Un peu partout, des bûchers s'élevèrent: en Autriche, en Belgique, en France, etc. et ce furent par centaines de milliers que les « protestants » périrent brûlés vifs, pendus, décapités. Grâce aux persécutions, certains pays sont restés catholiques, d'autres, au contraire, se sont libérés totalement de la tutelle de Rome. Ces pays devinrent des pays protestants: Suède, Norvège, Finlande, Danemark, etc.

5° APRES LA REFORME

Depuis la Réforme, le protestantisme a continué à s'étendre. La liberté du culte lui a été accordée dans presque tous les pays du monde. Ses missionnaires sont à l'œuvre sur les cinq continents. Le protestantisme nord-américain est devenu particulièrement important.

CE QUE LA REFORME DU XVIe SIECLE A REMIS EN VALEUR

Les grands points fondamentaux de la doctrine évangélique qui ont été remis en valeur par la Réformation sont les suivants:

a) L'AUTORITE SOUVERAINE DE LA BIBLE:

Ce ne sont ni le pape, ni l'Eglise, ni le clergé qui sont l’autorité, mais la Bible.

b) JESUS-CHRIST L'UNIQUE INTERMEDIAIRE ENTRE DIEU ET LES HOMMES:

Puisque la Bible affirme que Jésus est le seul intermédiaire entre Dieu et les hommes, la Réforme a balayé tous les intermédiaires que le catholicisme a acceptés au cours des siècles : la Vierge Marie, les saints, le pape et le clergé, pour laisser à Jésus-Christ la place qui lui revient: celle de Sauveur, de chef de l'Eglise et de médiateur.

c) LE SALUT GRATUIT PAR LA FOI EN JESUS-CHRIST:

L'être humain est sauvé gratuitement par la foi personnelle en Jésus-Christ. La Bible déclare : « Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné Son Fils unique, afin que quiconque croit en lui, ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle. » (Evangile de Jean 3.16).

« C'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi; cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu. Ce n'est point par les œuvres. » (Epître aux Ephésiens 2.8-9).

Donc le salut est gratuit. Il ne s'obtient ni par des bonnes œuvres. ni par de l'argent, ni par des messes, ni par des prières pour les morts.

d) LA NECESSITE D'UNE CONVERSION PERSONNELLE A DIEU:

Alors que l'Eglise Romaine du XVIe siècle enseignait: « L'on est chrétien par le baptême d'eau », la Réforme a enseigné la nécessité de la conversion, c'est-à-dire de l'abandon de sa vie à Dieu par le canal de Jésus-Christ.

LE PROTESTANTISME AU XXe SIECLE

Le protestantisme groupe aujourd'hui [1966] plus de 256 millions d'adhérents. Il est particulièrement répandu dans les pays scandinaves. les pays anglo-saxons (Grande-Bretagne, Canada, Etats-Unis, Australie, etc.), les Pays-Bas, en Allemagne et en Suisse. Le Congo, la France et Madagascar ont plusieurs régions à forte densité protestante. Un grand pays comme la Finlande compte à peine quelques milliers de catholiques, toute la population étant protestante.

Les protestants sont répartis en quatre grandes branches: l'Anglicanisme, le Luthéranisme, le calvinisme et l'Anabaptisme (mennonites, baptistes, etc.). En marge de ces grandes branches, il existe des dénominations de moindre importance: Armée du Salut, Quakers, etc. La plupart des églises des quatre grandes branches font partie d'associations internationales : Alliance Luthérienne Mondiale, Alliance Réformée Mondiale, etc.

Sur le plan de l’ORGANISATION, il existe des églises protestantes de type épiscopal (direction par des évêques), de type synodal (direction par des synodes) et de type congrégationaliste (chaque paroisse est autonome dans son organisation locale).

Il existe au sein du protestantisme plusieurs courants théologiques. Mentionnons le courant évangélique et le courant libéral. L'ouvrage que vous lisez en ce moment reflète la pensée théologique des protestants du courant évangélique.

Le protestantisme n'est pas à l'abri des erreurs. Au cours de son histoire, il a subi des influences diverses. Il a connu des périodes de déclin et des périodes de Réveil. Aussi le protestantisme ne se présente pas comme étant la vérité, mais il affirme que Jésus-Christ est la vérité, le seul chemin pour aller à Dieu et la vie. Il enseigne que la Bible est la Parole de Dieu.

La mission du protestantisme n'est pas terminée. L'Evangile doit toujours être apporté à ceux qui ne le connaissent pas. Mais pour que le protestantisme puisse accomplir efficacement Sa mission, il doit accepter de se laisser continuellement réformer, conduire par le Saint-Esprit. Il doit aussi accepter de demeurer sous la seule autorité de la Parole de Dieu. Il doit enfin demeurer vigilant face à la mondanité, à l’indifférence, à l'apostasie et aux idoles du siècle qui essayent toujours de s'installer en son sein.

La Réforme commencée au XVIe siècle doit se poursuivre, tant à l'intérieur du protestantisme qu'à l'extérieur. Cette réforme doit aussi se poursuivre dans la vie de chaque chrétien.

Puisse l'étude de ce modeste ouvrage vous aider, cher lecteur, à comprendre ce qu'est la foi protestante évangélique. Que cette étude vous permette aussi de vous approcher plus près de Dieu et de Jésus-Christ, car en définitive l'essentiel, ce n'est pas de devenir « protestant », mais chrétien, enfant de Dieu, né de nouveau par le Saint-Esprit.

 

 


REMARQUE IMPORTANTE:

A noter que les groupements religieux suivants: Mormons, Témoins de Jéhovah, Amis de l'Homme,  Science Chrétienne, et Église kibanguiste, quoique faisant usage de la Bible, ne sont pas des dénominations protestantes.

 


 

Extrait du manuel d’initiation à la foi protestante évangélique « La religion chrétienne »,
édité en 1966 par les Editions « Le Phare »,
Flavion, Belgique (7eme édition).
 

 


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