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• SON ORIGINE
Le protestantisme a son origine dans la réforme religieuse qui fut
entreprise au XVIe siècle au sein de l'Eglise catholique romaine par
divers serviteurs de Dieu: Luther, Zwingli, Calvin, etc., dénommés les
Réformateurs. Au début, ces Réformateurs n'ont pas voulu créer une
religion nouvelle.
Insensiblement, au cours des siècles, des erreurs et des abus de
tout genre s'étaient glissés au sein du christianisme donnant
naissance au catholicisme romain. Les Réformateurs ont désiré réformer
le catholicisme romain et le ramener à l'enseignement de Jésus-Christ
et des apôtres tel qu'il est exposé dans la Bible. Chassés de l'Eglise
romaine, ces premiers réformateurs ont été amenés, malgré eux, à se
constituer en communautés séparées. Le sobriquet « protestant » a été
donné en 1529, en Allemagne, aux adeptes de la Réforme.
En résumé, le protestantisme fut un retour
au christianisme primitif.
• DU CHRISTIANISME PRIMITIF AU
PROTESTANTISME VIA LE CATHOLICISME ROMAIN
L'histoire de la chrétienté depuis Jésus-Christ jusqu'à ce jour,
peut se résumer en cinq grandes périodes.
1° LE CHRISTIANISME PRIMITIF OU APOSTOLIQUE
Jésus forma un premier noyau de disciples. La première communauté
chrétienne prit effectivement naissance à Jérusalem, en l'an 31, à la
Pentecôte. A cette époque, il n'y avait ni pape, ni clergé.
Dans la seconde partie de la Bible, le Nouveau Testament, sont
groupés des écrits de grande valeur, datant de l'époque apostolique.
Ils décrivent la vie de Jésus-Christ, son enseignement, la vie et la
pensée des premiers chrétiens.
2° PERIODE DE PERSECUTIONS
De 64 à 313, les chrétiens furent l'objet de persécutions. Malgré
cet obstacle, le christianisme continua de s'étendre tout en
commençant à s'éloigner de l'enseignement du Christ et des apôtres.
3° LA FORMATION DE L'EGLISE CATHOLIQUE ROMAINE
En 313, l’Edit de Milan accorda aux chrétiens le libre exercice de
leur culte. A partir de cette époque, le christianisme se mit à
évoluer, s'éloignant de plus en plus des doctrines et des usages du
christianisme primitif. Ainsi se forma l'Eglise catholique romaine.
L'évolution se fit simultanément dans plusieurs domaines dont voici
les principaux:
MATERIALISATION DU CULTE
Ce qui n'était qu'un symbole finit par devenir un sacrement donnant
la grâce par lui-même (baptême, sainte cène). Partant de certaines
pratiques, d'autres sacrements firent leur apparition. Les cérémonies
ne symbolisèrent plus des grâces reçues, mais conférèrent des grâces.
Les actes eux-mêmes devinrent méritoires et furent considérés comme
ayant un pouvoir magique. Exemple: le signe de la croix ayant
soi-disant le pouvoir de chasser le démon ou l'utilisation d'eau
bénite pour éloigner les tentations, les démons, les maux de l'âme et
du corps. Des superstitions grossières se sont ainsi introduites au
sein de la chrétienté. Bon nombre d'entre elles subsistent encore
aujourd'hui au sein de l'Eglise catholique.
CLERICALISATION
Au cours des années se constitua un clergé qui reçut ou prit de
nombreux privilèges. L'évêque de Rome devint le chef suprême des
églises. Le clergé s'attribua des pouvoirs spéciaux et finit par
dominer sur les laïcs. Il alla jusqu'à utiliser la violence pour
réduire l'opposition à son autorité et à son enseignement (création de
l'inquisition pour traquer les hérétiques). La médiation unique de
Jésus-Christ fut remplacée par la médiation du clergé, des saints et
de la Vierge.
FIXATION DE LA DOCTRINE
Maître des consciences et disposant de pouvoirs parfois absolus, le
clergé fixa la doctrine et imposa des dogmes. La Bible ne suffit plus
comme source doctrinale. On y ajouta progressivement la tradition
(Pères de l'Eglise, Décrets des conciles, Dogmes pontificaux). On
accorda à cette tradition la même autorité qu'à la Bible. De toute
cette évolution est né un système d'inspiration humaine, de doctrines
généralement étrangères et souvent contraires aux enseignements de la
Bible.
DE L'EGLISE DE PROFESSANTS A L'EGLISE DE MULTITUDE
A l'origine on devenait chrétien par un acte personnel de foi en se
donnant librement à Jésus-Christ. Par la suite, le clergé ayant
attribué un pouvoir magique aux sacrements, la. croyance se répandit
que le baptême était suffisant pour devenir chrétien. Les bébés furent
baptisés à leur naissance et ainsi des nations entières devinrent
automatiquement « chrétiennes ».
De l'Eglise apostolique de chrétiens « professants » (c'est-à-dire
de personnes qui professent leur foi en Jésus-Christ), l'on en vint à
l’Eglise de multitude (chacun est chrétien de nom parce que baptisé,
mais ne croit pas nécessairement en Jésus-Christ). La pratique des
rites prescrits par le clergé et la participation obligatoire à la
messe estompèrent la notion biblique de la foi personnelle en
Jésus-Christ. L'Eglise catholique devint ainsi une église de
multitude, pagano-chrétienne, c'est-à-dire une communauté composée de
vrais chrétiens et de chrétiens de nom (parce que baptisés et
pratiquant les rites, mais païens dans leurs convictions et leur
manière de vivre).
DE L’EGLISE LIBRE A L'EGLISE D'ETAT
L'Eglise primitive était tout à fait indépendante de l'Etat. Elle
fut même persécutée par les Autorités. Par la suite, l'Eglise devint
liée à l'Etat. Elle en retira des avantages matériels et lui accorda
en échange des bénédictions spirituelles. Ce système existe
aujourd'hui encore en plusieurs pays où l'Etat rétribue le clergé et
entretient les lieux de culte.
L'union entre l'Eglise et l'Etat a affaibli le témoignage du
christianisme qui fut souvent entraîné dans des compromis politiques.
4° LA REFORME PROTESTANTE DU XVIe SIECLE
L'éloignement progressif du catholicisme de l'enseignement du
Christ et de ses apôtres ne se fit pas sans tentatives de réformes et
sans réactions. Tout au long des siècles, des chrétiens s'opposèrent
aux déviations. Les uns restèrent dans l'Eglise catholique, d'autres
s'en séparèrent et constituèrent des Eglises autonomes: Albigeois,
Bogomiles, Vaudois, etc. Ce furent des précurseurs de la Réforme, des
« protestants » avant le protestantisme.
Il y eut ainsi depuis l'Eglise primitive jusqu'à la Réforme du XVIe
siècle, une lignée de chrétiens évangéliques. Ces disciples de
Jésus-Christ furent victimes d'atroces persécutions. Le clergé et les
états inféodés au catholicisme les traquèrent avec violence.
Malgré diverses tentatives de réforme, au début du XVIe siècle,
l'Eglise de Rome était dans un état de décadence religieuse et de
corruption morale très prononcé. La Bible, dont la lecture en langue
vulgaire avait été interdite par le clergé, était désormais un livre
fermé pour la masse du peuple. Quantité de cérémonies païennes avaient
envahi l'Eglise: culte de la Vierge, des saints, des images. des
reliques. Le clergé vivait dans un état de corruption morale (ex. le
pape Alexandre Borgia), faisait argent de tout, vendait des charges et
pratiquait le trafic des indulgences.
Ce fut le 31 octobre 1517 que le moine allemand Martin Luther
protesta contre le déclin de la religion, en affichant à Wittemberg 95
thèses contre le trafic des indulgences. Comme tous ceux qui avant lui
avaient tenté de réformer l'Eglise catholique, Luther fut excommunié
par le pape. Heureusement une grande partie de l'Allemagne soutint le
Réformateur. Ses écrits franchirent les frontières et comme le feu sur
une traînée de poudre, le mouvement de protestation ou de réformation
gagna rapidement des adeptes dans la plupart des pays d'Europe. Durant
plusieurs siècles, l'Eglise catholique mena une lutte à mort contre ce
mouvement de réformation. Un peu partout, des bûchers s'élevèrent: en
Autriche, en Belgique, en France, etc. et ce furent par centaines de
milliers que les « protestants » périrent brûlés vifs, pendus,
décapités. Grâce aux persécutions, certains pays sont restés
catholiques, d'autres, au contraire, se sont libérés totalement de la
tutelle de Rome. Ces pays devinrent des pays protestants: Suède,
Norvège, Finlande, Danemark, etc.
5° APRES LA REFORME
Depuis la Réforme, le protestantisme a continué à s'étendre. La
liberté du culte lui a été accordée dans presque tous les pays du
monde. Ses missionnaires sont à l'œuvre sur les cinq continents. Le
protestantisme nord-américain est devenu particulièrement important.
• CE QUE LA REFORME DU XVIe SIECLE A
REMIS EN VALEUR
Les grands points fondamentaux de la doctrine évangélique qui ont
été remis en valeur par la Réformation sont les suivants:
a) L'AUTORITE SOUVERAINE DE LA BIBLE:
Ce ne sont ni le pape, ni l'Eglise, ni le clergé qui sont
l’autorité, mais la Bible.
b) JESUS-CHRIST L'UNIQUE INTERMEDIAIRE ENTRE DIEU ET LES HOMMES:
Puisque la Bible affirme que Jésus est le seul intermédiaire entre
Dieu et les hommes, la Réforme a balayé tous les intermédiaires que le
catholicisme a acceptés au cours des siècles : la Vierge Marie, les
saints, le pape et le clergé, pour laisser à Jésus-Christ la place qui
lui revient: celle de Sauveur, de chef de l'Eglise et de médiateur.
c) LE SALUT GRATUIT PAR LA FOI EN JESUS-CHRIST:
L'être humain est sauvé gratuitement par la foi personnelle en
Jésus-Christ. La Bible déclare : « Dieu a tant aimé le monde qu'il a
donné Son Fils unique, afin que quiconque croit en lui, ne périsse
point, mais qu'il ait la vie éternelle. » (Evangile de Jean 3.16).
« C'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi;
cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu. Ce n'est point par
les œuvres. » (Epître aux Ephésiens 2.8-9).
Donc le salut est gratuit. Il ne s'obtient ni par des bonnes
œuvres. ni par de l'argent, ni par des messes, ni par des prières pour
les morts.
d) LA NECESSITE D'UNE CONVERSION PERSONNELLE A DIEU:
Alors que l'Eglise Romaine du XVIe siècle enseignait: « L'on est
chrétien par le baptême d'eau », la Réforme a enseigné la nécessité de
la conversion, c'est-à-dire de l'abandon de sa vie à Dieu par le canal
de Jésus-Christ.
• LE PROTESTANTISME AU XXe SIECLE
Le protestantisme groupe aujourd'hui [1966] plus de 256 millions
d'adhérents. Il est particulièrement répandu dans les pays
scandinaves. les pays anglo-saxons (Grande-Bretagne, Canada,
Etats-Unis, Australie, etc.), les Pays-Bas, en Allemagne et en Suisse.
Le Congo, la France et Madagascar ont plusieurs régions à forte
densité protestante. Un grand pays comme la Finlande compte à peine
quelques milliers de catholiques, toute la population étant
protestante.
Les protestants sont répartis en quatre grandes branches:
l'Anglicanisme, le Luthéranisme, le calvinisme et l'Anabaptisme
(mennonites, baptistes, etc.). En marge de ces grandes branches, il
existe des dénominations de moindre importance: Armée du Salut,
Quakers, etc. La plupart des églises des quatre grandes branches font
partie d'associations internationales : Alliance Luthérienne Mondiale,
Alliance Réformée Mondiale, etc.
Sur le plan de l’ORGANISATION, il existe des églises protestantes
de type épiscopal (direction par des évêques), de type synodal
(direction par des synodes) et de type congrégationaliste (chaque
paroisse est autonome dans son organisation locale).
Il existe au sein du protestantisme plusieurs courants
théologiques. Mentionnons le courant évangélique et le courant
libéral. L'ouvrage que vous lisez en ce moment reflète la pensée
théologique des protestants du courant évangélique.
Le protestantisme n'est pas à l'abri des erreurs. Au cours de son
histoire, il a subi des influences diverses. Il a connu des périodes
de déclin et des périodes de Réveil. Aussi le protestantisme ne se
présente pas comme étant la vérité, mais il affirme que Jésus-Christ
est la vérité, le seul chemin pour aller à Dieu et la vie. Il enseigne
que la Bible est la Parole de Dieu.
La mission du protestantisme n'est pas terminée. L'Evangile doit
toujours être apporté à ceux qui ne le connaissent pas. Mais pour que
le protestantisme puisse accomplir efficacement Sa mission, il doit
accepter de se laisser continuellement réformer, conduire par le
Saint-Esprit. Il doit aussi accepter de demeurer sous la seule
autorité de la Parole de Dieu. Il doit enfin demeurer vigilant face à
la mondanité, à l’indifférence, à l'apostasie et aux idoles du siècle
qui essayent toujours de s'installer en son sein.
La Réforme commencée au XVIe siècle doit se poursuivre, tant à
l'intérieur du protestantisme qu'à l'extérieur. Cette réforme doit
aussi se poursuivre dans la vie de chaque chrétien.
Puisse l'étude de ce modeste ouvrage vous aider, cher lecteur, à
comprendre ce qu'est la foi protestante évangélique. Que cette étude
vous permette aussi de vous approcher plus près de Dieu et de
Jésus-Christ, car en définitive l'essentiel, ce n'est pas de devenir «
protestant », mais chrétien, enfant de Dieu, né de nouveau par le
Saint-Esprit.
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