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Nous sommes à une époque où la christologie d'un grand nombre est en
opposition avec la Révélation Biblique. Dans les milieux les plus
divers on parle de Jésus-Christ, mais, trop souvent, notre Seigneur
est incompris ou inconnu dans sa véritable essence. Souvent même, pour
ceux qui se disent chrétiens, le Christ n'est pas le Fils Unique de
Dieu qu'on adore.
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Nous allons étudier la Sainte Bible, dont nous acceptons l'autorité
souveraine, l'inspiration plénière et constante. Nous allons nous
laisser conduire par elle, la consulter avec une humble confiance. Il
nous serait difficile, plutôt impossible, de traiter notre sujet avec
efficacité et fidélité sans cette foi totale en la Parole de Dieu.
Il nous faut, pour la connaissance du Christ biblique, du Christ
historique, du vrai Christ, la connaissance des écrits historiques du
Nouveau Testament. Nous n'avons pas d'autre source, mais celle-ci est
suffisante et sûre. Comment douterions-nous d'elle ? Les écrivains du
Saint Livre sont tous dignes de confiance. Ils nous présentent tous et
toujours le même Christ.
Sans doute tous ne considèrent pas la Bible de la même manière.
Voici ce que dit le professeur A. Lamorte : « Pour un grand nombre de
théologiens, la Bible n'est pas ce qu'elle nous dit qu'elle est, ce
que Christ nous dit qu'elle est: La Parole de Dieu. De ce fait, elle
ne saurait être l'autorité suprême, le critère de la vérité.
« Les théologiens modernes qui refusent à la Bible son caractère
foncièrement surnaturel nous disent: La Parole de Dieu est dans la
Bible.
« Pour Karl Barth, la Bible se présente comme un témoignage à la
Parole, témoignage qui, d'ailleurs, ne serait pas exclusif. « Dieu
peut nous parler, écrit Barth, par le moyen du communisme russe, d'un
concert de flûtes, d'un bouquet de fleurs ou d'un chien mort » (Cf.
Dogmatique, vol. l T.I, pp. 53-54).
« Le professeur Neeser rend ainsi compte de la pensée de Barth.
Lorsqu'il plaît à Dieu de parler aux hommes – et cela dépend à chaque
instant et en chaque lieu de son bon plaisir – il lui plaît de se
servir du message biblique... La Parole biblique devient ainsi, en tel
instant fugace, et, en tel lieu restreint, Parole de Dieu. Mais,
l'instant d'après, dans ce même lieu, elle redevient simple parole
humaine, dépouillée de toute espèce de présence sacrée » (Cf. M.
Neeser, Orientation, p. 53).
« Pour Bultmann, tout le cadre historique des Evangiles n'est qu'un
mythe. Les récits de la nativité, le Logos de Jean, le baptême, la
tentation, la résurrection, l'ascension... tout cela est légendaire.
La Bible contient sans doute un message original et divin, une parole
de Dieu, mais il s'agit de redécouvrir ce message enfoui sous l'amas
des traditions postérieures. C'est pourquoi Bultmann offre aux
théologiens une œuvre de « démythologisation
» (de démythisation) des Evangiles.
« Serions-nous étonnés s'il restait autre chose de Jésus, dans la
théologie de Bultmann, qu'un mystérieux personnage qui se cache
derrière l'histoire avec une indescriptible imprécision ! »
« La Parole de Dieu est dans la Bible ». Formule subtile qui livre
la Parole de Dieu au seul critère humain. Chaque lecteur de la Bible
est appelé à découvrir cette Parole, selon son jugement personnel, au
gré de sa raison, de ses sentiments, de sa foi ou de son incrédulité.
Ce qui est pour les uns une Parole de Dieu ne l'est pas pour les
autres ». (La Parole éternelle, p. 23 - 25).
Avec une telle manière de concevoir la Bible, que peut devenir la
foi en la préexistence éternelle de Jésus-Christ ? Pour nous, nous
croyons que la Bible est tout entière « la Parole de Dieu ». Nous le
croyons avec l'apôtre Paul : « Toute l'Ecriture est divinement
inspirée... » (2 Timothée 3.16).
L'inspiration divine de toute la Bible n'est pas pour nous un
problème. Nous croyons que Dieu est capable d'inspirer, au cours de 15
siècles, des hommes de tempérament et de conditions diverses pour
faire connaître aux hommes sa volonté, son amour rédempteur, en un mot
: Jésus-Christ, son Fils Unique et éternel. Si nous n'acceptons pas,
par la foi, l'inspiration plénière des Saintes Ecritures, non
seulement Jésus-Christ, mais tout le reste de l'enseignement biblique
devient un problème insoluble.
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Ce n'est pas d'aujourd'hui que l'inspiration des Saintes Ecritures
et la préexistence éternelle de Jésus-Christ sont mises en cause. Dès
les premiers siècles de l'ère chrétienne, nous retrouvons les mêmes
négations et le même discrédit jeté sur la Parole faite chair et la
Parole de Dieu écrite.
Vers l'an 319, tandis que l'évêque d'Alexandrie, en Egypte,
soutenait devant une assemblée ecclésiastique que la « dignité du Fils
est égale à celle du Père et que son essence est la même », Arius le
contredit publiquement et déclara : « que le Fils a eu un
commencement, qu'il n'a pas toujours existé, qu'il a été créé, fait de
rien; qu'il est d'une substance ou essence différente de celle du
Père; qu'il est sujet au changement et susceptible par son libre
arbitre de vice ou de vertu ». Arius et ses disciples adressèrent
aussi une lettre à l'évêque, de laquelle nous extrayons ces lignes: «
Nous confessons trois personnes, le Père, le Fils et le Saint-Esprit;
mais Dieu comme le cœur de toutes choses est seul exempt de principe.
Il a été avant le Christ, et ce Christ n'est ni co-éternel, ni
co-inengendré avec le Père ». Arius écrit encore: « Jésus-Christ est
Dieu lui-même et immuable » mais il ajoute : « Il n'était point avant
qu'il eût été engendré ou formé ».
Arius fut d'abord condamné par le concile de 321 tenu à Alexandrie.
Ce concile disait: « Le Fils est éternel comme le Père qui lui est
absolument semblable..., Dieu n'a précédé son Fils d'aucun moment,
d'aucune idée... ».
Au Concile universel de Nicée, en Bithynie, en l'an 325, auquel
assistèrent trois cent dix-huit évêques, d'Orient et d'Occident, la
doctrine d'Arius fut définitivement condamnée et la doctrine orthodoxe
à l'égard de la préexistence du Fils fut ainsi formulée :
« Nous croyons en un seul Dieu Père Tout-Puissant, qui a fait
toutes les choses visibles et invisibles, et en un seul Seigneur,
Jésus-Christ, le Fils Unique de Dieu, engendré du Père, c'est-à-dire
de la substance du Père, Dieu de Dieu, et Lumière de Lumière, Dieu
Véritable de Dieu Véritable, engendré et non fait, consubstantiel au
Père, par lequel toutes choses ont été faites au ciel et sur la terre,
qui est descendu, s'est incarné et s'est fait homme pour nous et notre
salut, qui a souffert, qui est ressuscité le troisième jour, qui est
monté au Ciel, et qui viendra juger les vivants et les morts, et nous
croyons au Saint-Esprit ».
A la suite du Concile, Arius fut exilé en Illyrie.
L'Église des premiers siècles s'est bien rendu compte du danger des
doctrines négatives et subtiles d'Arius. Elle a lutté de toutes ses
énergies pour la Vérité. C'est autour de la Personne de Jésus-Christ
que se déroulèrent toutes les controverses et tous les Conciles. Si la
doctrine d'Arius avait été victorieuse, le Christianisme aurait
disparu depuis longtemps. Mais au-dessus des hommes, Dieu règne. Le
Père et le Fils, éternellement inséparables, veillent sur ceux qui,
d'un cœur sincère veulent les glorifier.
Calvin fut aussi aux prises avec les négateurs de la préexistence
éternelle de Jésus-Christ. Dans son Institution Chrétienne (Livre I,
Chap. 13, parag. 18), il déclare que « l'éternité du Père est aussi
l'éternité du Fils et de son Esprit... et qu'en l'éternité, il ne faut
chercher premier ni second ». Au paragraphe 8 de ce même chapitre, il
dit de ceux qui tenteraient de limiter la préexistence du Fils : « Ils
n'osent ouvertement lui ravir sa divinité aussi lui dérobent-ils son
éternité en cachette ».
Le terme de préexistence est employé par des sectes, tels le
Spiritisme, les Roses-Croix et d'autres sectes. Ces groupements
parlent de réincarnations, doctrine d'après laquelle nous serions sur
la terre des continuations d'existences antérieures, des esprits qui
s'incarnent en attendant de se désincarner. Mais le terme «
préexistence », attribué à l'homme, est impropre; l'être humain
n'existe pas avant sa naissance sur la terre. L'homme ne commence à
vivre que sur la terre, au moment de sa naissance. Sans doute, quand
nous naissons ici-bas, nous sommes, chacun de nous, une pensée de
Dieu, une espérance de Dieu. Avant l'œuvre, le Divin Ouvrier a conçu
son ouvrage. Pour chaque homme. Dieu a eu un plan, un projet. Ce qui a
préexisté, c'est le projet et non l'objet. De même qu'un peintre,
avant d'exécuter un tableau, voit à l'avance, dans sa pensée, sa
toile, ce qui ne veut pas dire que sa toile existe. Ainsi, le terme
préexistence appliqué à l'être humain, ne signifie rien, car une œuvre
ne peut exister, avant d'avoir été faite.
C'est dans le sens que nous venons d'indiquer que Dieu, pouvait
dire à Jérémie « Avant de te former dans le sein de ta mère, je te
connaissais; avant ta naissance, je t'avais consacré, je t'avais
désigné comme prophète des Nations. » (Jérémie, I, v. 5). Cela ne
voulait pas signifier que Jérémie existait avant sa naissance, mais
cela voulait dire qu'avant sa naissance, Dieu avait prévu pour Jérémie
une tâche particulière. Jusqu'à un certain point, Dieu est
tout-puissant pour réaliser son dessein: ainsi le choix du sexe, le
milieu où l'enfant naîtra; mais après, le plan de la Providence divine
peut être, du fait de la liberté humaine, soit contrecarré, soit
réalisé. C'est ainsi que l'on comprend les vocations particulières
pour le service du Seigneur.
Mais toujours, le Dieu amour a une pensée d'amour pour tous les
êtres humains qui naissent ici-bas. Nous n'avons pas préexisté à notre
vie terrestre, mais nous avons été prédestinés au salut, prédestinés à
la vie par la foi en Christ. Si nous sommes dans la mort spirituelle,
la faute en est à nous-mêmes: C'est que nous n'avons pas voulu croire
et obéir à la voix du Seigneur pour suivre son plan à notre égard.
Mais nous ne pouvons appliquer à Jésus-Christ cette notion juste
pour l'homme. Car la conception biblique de la préexistence nous le
présente non préexistant dans la pensée de Dieu mais préexistant
réellement, personnellement, éternellement.
Ainsi, le terme « préexistence » est employé par des sectes qui
professent la fausse doctrine des réincarnations, et qui n'ont point
de peine à croire en la préexistence de Jésus-Christ puisque, d'après
eux, chaque être humain, sur la terre, est l'incarnation d'une âme qui
a déjà vécu soit en ce monde, .soit en un autre. Pour le spirite, il
n'y a pas de différence entre Jésus-Christ et un homme, sinon que
Jésus-Christ fut l'incarnation d'un esprit arrivé à un certain degré
de perfection.
La préexistence, dans le sens spirite, attribuée au Seigneur, est
le pire des blasphèmes. Attribuée à l'homme elle est une atteinte à la
personnalité, car la vie présente devient une punition, un esclavage
des prétendues existences antérieures qui rendent l'homme responsable
des fautes dont il ne se souvient pas et qu'il n'a pas commises
ici-bas. Cette doctrine est une insulte à Dieu et à l'homme. Cette
doctrine, comme toutes celles qui ont une fausse notion du péché,
exalte la conception païenne du salut par l'effort humain, par
l'expiation humaine.
Voici ce qu'un spirite notoire, dans ses « Leçons de spiritisme aux
enfants », dit : « pourquoi les Esprits s'incarnent-ils ? – Pour
travailler à s'élever dans l'échelle intellectuelle et morale des
êtres, pour expier les fautes commises dans les incarnations
antérieures et s'améliorer ainsi par l'épreuve, la souffrance et le
travail. Ainsi tous les hommes sont des Esprits incarnés ! Tous. ».
D'après cette théorie, Jésus-Christ serait un esprit qui aurait déjà
paru sur la terre ou sur une autre planète. Le spiritisme fait du
Seigneur une créature humaine en progrès, il ne parle nullement de sa
divinité éternelle, il le considère tout au plus comme le plus
merveilleux des médiums, l'un des intermédiaires entre le monde
invisible et le monde visible. Allan Kardec va jusqu'à faire du
Seigneur un prophète du spiritisme, il écrit: « Moïse a labouré,
Christ a semé, le Spiritisme vient récolter ».
Non, Jésus-Christ n'est point un médium, mais le « seul Médiateur
», le seul Rédempteur. Il n'a rien de commun avec le spiritisme; Il
n'est point un homme amélioré ou un homme qui s'améliore. Il est le
Fils Unique et éternel de Dieu fait Homme.
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Arrêtons-nous enfin sur « l'Association » qui se donne pour titre :
« Les Témoins de Jéhovah ». Cette Association a vu le jour vers 1884
aux Etats-Unis sous le titre de « Société de Bibles et Traités La Tour
de Garde ». Les adeptes de cette Société se sont appelés « Témoins de
Jéhovah » à partir de 1931. Très entreprenants par leurs publications,
surtout centrées sur Le Retour de Christ, mais avec des thèses
invraisemblables, très actifs par leurs visites à domicile, ces «
témoins », en tordant le sens des Saintes Ecritures, luttent avec
acharnement contre la Personne éternellement divine de Jésus-Christ.
Pour eux, le Seigneur est « le Chef des Témoins de Jéhovah, le Témoin
principal de Dieu, la première création de Dieu ». Selon eux, ce
premier témoin ne peut donc être Dieu et sa préexistence est limitée
dans le temps.
Cette secte cite les passages de l'Apocalypse 1,5 et 3,14 où le
Seigneur est appelé « le témoin fidèle et véritable ». Mais cette
désignation n'enlève rien à sa divinité éternelle. L'apôtre Jean, dans
tout l'Apocalypse, rend hommage à la divinité éternelle du Fils de
Dieu en le mettant au rang du Père et du Saint-Esprit comme source de
grâce, de vie, de salut et de paix, (Apoc. 1, 4-5). Jésus est, non un
témoin, mais Le témoin fidèle, et non à la manière des créatures, mais
comme le Fils éternel qui révèle le Père aux hommes. Il dit à Nicodème
: « En vérité, en vérité, nous disons ce que nous savons, et nous
attestons ce que nous avons vu; et vous ne recevez point notre
témoignage. Si vous ne croyez pas quand je vous parle des choses
terrestres, comment croirez-vous lorsque je vous parlerai des choses
célestes ?... Celui qui vient du ciel est au-dessus de tous. Il
atteste ce qu'Il a vu et entendu », (Jean 3, 11-12, 32). Nous
pourrions citer aussi, dans le même ordre d'idée Jean, 8, versets 26,
28, 40. Nul ne vient au Père que par le Fils Jésus. Le seul Médiateur
entre Dieu le Père et les hommes, c'est Jésus, qui a été fait homme
pour un temps et dont le témoignage a été jusqu'à la Croix. En grec,
le mot témoin signifie aussi martyr. Christ a scellé de son propre
sang son témoignage, afin « d'effacer l'acte d'accusation rédigé
contre nous », (Col. 2, 14).
Au sujet du Prologue de l'Evangile selon Saint Jean, Prologue si
embarrassant pour les « Témoins de Jéhovah », ceux-ci citent la
version de la « Bible du Centenaire » publiée en 1928 par la Société
Biblique de Paris, et le Nouveau Testament traduit par MM. Maurice
Goguel et Monnier, (1929), qui donnent pour Jean 1, 1, un texte fort
tendancieux : « Le Verbe (la Parole) était un être divin ». Ils
utilisent également certaines versions anglaises et allemandes qui
donnent pour ce même texte des versions qui évitent de dire clairement
que « la Parole était Dieu. La version anglaise « The New English
Bible », 1961, dit par exemple : « Et ce que Dieu était, la Parole
l'était », ou encore dans une autre version : « La Parole était divine
». Il est évident que le texte grec de Jean 1, 1, facile à traduire,
ne peut être que : « Au commencement était la Parole, et la Parole
était avec Dieu, et la Parole était Dieu. » L'apôtre ne veut pas
attribuer à la Parole un état intermédiaire entre Dieu et la créature.
La Parole est dans le Prologue de Jean autre chose que ce que disent
les « Témoins de Jéhovah » : « le plus parfait des hommes », ou « le
plus élevé des anges ». La Parole est éternellement Dieu comme le
Père, personnelle comme Lui et « UN AVEC LUI ».
Les Témoins de Jéhovah, repoussant la divinité éternelle de
Jésus-Christ, condamnent par conséquent la doctrine fondamentale de
l'enseignement biblique concernant la Trinité. Pour eux, le
Saint-Esprit n'est pas Dieu Lui-même, Dieu pouvant habiter en nous
pour nous transformer, nous sanctifier. Ils n'annoncent donc pas le
salut par la foi en Jésus Sauveur, Dieu fait homme par amour pour les
hommes afin de les sauver par sa mort expiatoire et ils ne peuvent
parler de la régénération de l'âme par le Saint-Esprit. Du reste, la
notion du péché selon la Bible, la condamnation dans laquelle se
trouve l'homme, est laissée de côté et pour cause. Il n'y a pas de
Rédempteur pour eux en Jésus-Christ. Les termes « d'expiation » ou de
« rédemption » que nous trouvons si souvent dans les Ecritures, ne
sont pas utilisés par les « Témoins de Jéhovah », ou dans un sens tout
différent. Lorsqu'ils parlent de la mort de Jésus, ils disent : « la
mort sacrificatoire ». Leur doctrine de la Rédemption est des plus
bizarres : selon eux le sacrifice de Jésus-Christ sur la Croix répare
la faute d'Adam. Cette rançon permet aux hommes, après avoir vécu sur
la terre une première fois, de ressusciter pour subir une nouvelle
épreuve ici-bas, dans des conditions plus favorables que le premier
Adam au paradis. Adam ignorait toutes les conséquences du péché,
tandis que l'homme ressuscité saura à quoi s'en tenir. Par cette
réincarnation, « les ressuscités obéissants pourront acquérir la vie
sans fin ».
« Au fond, d'après cette conception, dit le professeur J.M. Nicole,
Jésus n'aurait pas vraiment porté nos péchés sur la Croix. Il aurait
souffert pour le péché d'Adam. Notre salut ne serait pas dû uniquement
à Ses mérites, mais à la manière dont nous saurions profiter de la
seconde chance qui nous est offerte : « La rançon pour tous », donnée
par « l'homme Jésus-Christ » ne donne ou ne garantit à aucun homme la
vie ou la bénédiction éternelle, mais elle donne et garantit à chaque
homme une autre opportunité ou épreuve pour la vie éternelle ». (Les
Témoins de Jéhovah, par J.M. Nicole, extrait de : « Le plan de Dieu »,
Chap. 9, pages 161 - 163 publication des « témoins »).
Les écrits de cette secte ont pour triste but de détruire la foi au
vrai Christ, que Paul appelle « notre grand Dieu et Sauveur
Jésus-Christ », (Tite, 2, 13), comme la foi en Dieu le Saint-Esprit,
troisième Personne de la Sainte Trinité. Ces « témoins », qui n'ont
rien de chrétien, sont donc de « faux témoins » de Jéhovah.
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In memoriam: Pasteur S. Samouélian
Le pasteur Samuel Samouélian s’est éteint le 12 mars 2001, chez sa
fille et son gendre Gladys et Pierre Geiser, à Gennevilliers, dans sa 96e année.
Il était né à Paris, en 1905, dans une famille de commerçants arméniens de
confession orthodoxe. Une de ses tantes, habitant Manchester (Angleterre),
s’était convertie. En 1919, elle a invité le jeune Samuel, qui a été mis en
contact avec la Bible et avec le message du salut par grâce. Revenu en France,
il a fréquenté l’Eglise méthodiste d’Asnières (Seine), dont le pasteur était
W.H. Guiton. En 1925, il a saisi pour lui-même la promesse: Le sang de
Jésus-Christ nous purifie de tout péché, et: Celui qui a le Fils a la vie. Il est
devenu membre de cette Eglise, un membre très actif. Il a eu la conviction que
Dieu l’appelait à son service, et a suivi la formation de l’Ecole pastorale
méthodiste de Paris. Il a épousé, en 1933, Mademoiselle Suzanne Froment, qui
fréquentait l’Eglise d’Asnières. En 1935, il a été nommé à l’Eglise méthodiste
de Lisieux (Calvados), puis, en 1938, à l’Eglise méthodiste d’Anduze (Gard).
Cette Eglise, comme la plupart des Eglises méthodistes du Midi, a refusé
d’entrer dans le mouvement d’unification qui a abouti à la création de l’Eglise
réformée de France. Une nouvelle union des Eglises méthodistes de France a été
créée, dont Samuel Samouélian a été le président pendant de longues années.
Après Anduze, il a passé quelques années à Codognan, puis a eu un long ministère
à Nîmes, où il est resté jusqu’à sa retraite. Au cours de ces années, 5 enfants
étaient venus enrichir le foyer de Samuel et Suzanne: Gladys, Yvette, Franck,
Daniel et Micaël. Suzanne a été reprise à l’affection des siens en 1988, et
repose dans le cimetière de St Brévin l’Océan, où la famille Samouélian a une
propriété. C’est là aussi que le corps de Samuel a été déposé, après un service
dans le temple de l’Eglise Méthodiste de Gennevilliers. Sa soeur Sophie
Samouélian avait épousé le pasteur Fernand Chazoule, qui a été rappelé par Dieu
en 1983. Elle s’est éteinte en décembre dernier [2000], à l’âge de 94 ans.
Ces dernières années, sentant qu’il ne pouvait plus servir le Seigneur comme
il le désirait, il aspirait à s’en aller et être avec Christ, ce qui est de
beaucoup le meilleur (Philippiens 1.23), et à le servir d’une autre manière. Ce qui
caractérisait, me semble-t-il, Samuel Samouélian, c’est son amour pour le
Seigneur, qui le poussait à le servir sans relâche, avec toutes ses capacités.
Et aussi son attachement à la Parole de Dieu, et en particulier aux vérités
évangéliques. Dans ses prédications, il insistait particulièrement sur la
sanctification. Par conviction, il s’est efforcé de réfuter la doctrine de la
prédestination, s’attachant aux affirmations de l’Ecriture, que Jésus-Christ est
une victime expiatoire pour nos péchés, non seulement pour les nôtres, mais
aussi pour ceux du monde entier (1 Jean 2.2), et que tous les hommes peuvent être
sauvés, en passant par la repentance et en croyant en Jésus-Christ, l’agneau de
Dieu qui ôte le péché du monde (Jean 1.29). Il a écrit, au cours de son long
ministère, de nombreux articles et plusieurs livres d’édification qui prolongent
son témoignage. Pendant de longues années, il a aussi mené à bien sa
responsabilité de rédacteur de L’Evangéliste, journal de son union d’Eglises,
ainsi que celle des Publications méthodistes. Samuel Samouélian était aussi un
artiste (peinture à l’huile) et un ami des livres.
Il a été pour moi un «grand frère», plein d’affection et de sagesse.
Francis Guiton
Source: L'Evangéliste N°274/2001
http://eemnews.umc-europe.org/2001/juin/25-01.php
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