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La Bible : ses bienfaits
 

 

  La BIBLE :
sa lecture et son étude

 
   


Cet effort [la rédaction de son livre « Introduction à la Bible, 1923] a été pour nous l’occasion de joies et de forces nouvelles au contact des « Écritures ». Jamais la Bible ne nous est apparue si parfaite, si manifestement inspirée de Dieu en toutes ses parties, si surnaturelle, et, en même temps et par cela même, si admirablement adaptée à tous les besoins de l’âme humaine.

Nous avons été saisis, comme jamais auparavant, par l’évidence de son unité miraculeuse et par la souveraineté de son autorité. Nous avons vu Dieu dans ses pages, dans toutes ses pages; non pas le Dieu du paganisme, non pas le Dieu de la philosophie, non pas le Dieu de la pensée humaine, mais le Dieu Véritable, Éternel, Infini dans sa Puissance et dans son Amour; le Dieu Créateur et le Dieu Sauveur, le Dieu qui cherche l’homme perdu pour le ramener à Lui, le Dieu qui promet le salut et qui l’accomplit, le Dieu que les prophètes annoncent et que les apôtres acclament, le Dieu qui, après avoir préparé Sa venue sur la terre, vient enfin la visiter pour la transformer, le Dieu de l’Incarnation et de la Croix.

Le Dieu de la Bible, c’est Jésus-Christ. La Bible tient son autorité de Jésus-Christ. Tout, en elle, converge vers Lui et procède de Lui. Il va venir. Il est venu, Il reviendra : tel est le message des Saintes Lettres. Ce message unique leur donne une force unique. Leur sort, si l’on peut ainsi dire, est intimement uni à celui du Seigneur; elles suscitent les mêmes enthousiasmes et les mêmes hostilités; elles sont honorées ou calomniées avec Lui. (...)

Nous sommes bien persuadés, en effet, que « l’Écriture » porte en elle son explication et sa défense; mais elle ne livre son secret qu’aux coeurs soumis à la discipline de l’Esprit. L’Esprit qui a inspiré la Bible doit conduire ceux qui la lisent; elle se donne à ceux qui se donnent à Lui. Le livre du salut s’ouvre à nous dans la mesure où nous voulons être sauvés, dans la mesure où nous le sommes.

Aussi nous sentons-nous pressés de dire à nos lecteurs : Êtes vous sauvés ? Êtes-vous soucieux de votre salut ? Si la question du salut domine pour vous toutes les autres, la Bible sera pour vous bien plus qu’un livre remarquable parmi tant d’autres, elle sera le Livre, le Livre unique, parce qu’elle est le Livre du salut. Vous cesserez de l’examiner avec le désir de la trouver en faute, ou de résister à son témoignage ; vous l’examinerez, vous la « sonderez », pour trouver le Sauveur, pour recevoir Sa grâce et vivre de Sa vie.

Alors l’Écriture resplendira à vos yeux, aux « yeux de votre cœur », d’une lumière toujours plus intense ; vous comprendrez toujours mieux son langage et vous vous soumettrez toujours plus à sa Loi. Alors, les efforts de certains esprits pour ébranler votre foi en sa souveraineté seront impuissants et vous apparaîtront inutiles autant que coupables. Avant de juger la Bible, vous vous laisserez juger par elle, et ce jugement, en vous abaissant, vous relèvera.

Vous ferez les expériences que tant d’autres ont faites avant vous. Dans la communion personnelle avec Celui qui est la « Parole Vivante », vous trouverez chaque jour davantage, dans la « Parole écrite », les avertissements salutaires, les consolations suffisantes, les ordres qui stimulent et les promesses qui rassurent. « La Loi de l’Éternel », le Livre de Son « Alliance » sera pour vous une « lumière sur le sentier », une lumière dont l’éclat ira grandissant. Vous comprendrez pourquoi tant de martyrs ont donné joyeusement leur vie pour elle, pourquoi tous les réformateurs et les hommes de réveil lui sont restés inébranlablement fidèles, pourquoi elle est à l’heure actuelle, comme aux jours du passé, la charte de l’Église véritable, le code du Royaume de Dieu sur la terre. Vous aussi vous direz, comme autrefois saint Paul, dans un élan de reconnaissance et de foi :

« Toute l’Écriture est divinement inspirée, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit accompli et bien préparé pour toute bonne oeuvre. » (2 Timothée 3.16-17)

 

 


Extrait de l'avant-propos du livre "Introduction à la Bible",
dans sa première édition de 1923, reproduit dans la sixième édition éditée en 1973 par les Éditions "Le Phare", Flavion (Belgique, province de Namur).


 


 


William Henri Guiton : notice biographique

Le pasteur William Henri Guiton est né à Guernesey le 8 avril 1880. Il eut ses premières impressions religieuses dès l'âge de 5 ans. À Nîmes, où son père fut pasteur à la fin du siècle passé, ses expériences religieuses s'approfondirent. À 16 ans, après une grave maladie et une visite à la mission méthodiste de Kabylie, il se sentit poussé par Dieu à Lui consacrer sa vie. Il suivit la filière normale des jeunes méthodistes qui se destinaient au Saint Ministère. Reçu prédicateur laïque au cours d'une rencontre de prédicateurs à Caveirac, il fut présenté, un an plus tard, comme étudiant en théologie par l'Assemblée de District, réunie à Codognan. Il occupa son premier poste, comme proposant, à Nancy, en 1902. Le 22 juin 1905, au bois de Pascalet, près de Codognan, eut lieu son service de consécration.

M. Guiton raconte qu'étant jeune étudiant à Paris, il eut le privilège d'assister à une série de réunions présidées par MM. Tophel et Dubois. « À la suite de ces réunions, dit-il, je fis une expérience qui a marqué dans ma vie spirituelle le point de départ d'une vie nouvelle. Le texte bien connu : « Vous avez tout pleinement en Christ », médité par MM. Tophel et Dubois, fut pour moi comme une révélation. J'avais, jusque-là, été souvent tourmenté par le sentiment de la pauvreté de ma piété ; j'avais soif de sainteté, de repos ; je lisais avec admiration et envie le récit des expériences des grands serviteurs de Dieu ; les tentations me semblaient souvent trop fortes pour moi ; la possibilité d'être toujours joyeux, toujours prêt à l'action et à l'amour me semblait encore trop lointaine. La raison de cet état d'âme était que je comptais encore trop sur mes propres forces, sur mes propres efforts. Le verset que je viens de citer me montra le secret de la vie telle que je la rêvais en m'assurant que Dieu voulait vraiment tout accomplir en moi, et que la vie sainte n'était au fond que la vie de la foi en Lui, et de la foi continuelle. M. Dubois avait insisté sur la nécessité de s'appuyer pleinement sur le Sauveur d'heure en heure ; je résolus de le faire avec son secours ; et je puis dire qu'aussitôt, je me suis senti en possession d'une paix, d'une ferveur, d'une confiance que je n'avais fait jusqu'alors que soupçonner. J'étais entré dans une atmosphère de liberté qui me remplissait de reconnaissance, et au sein de laquelle mon âme se trouvait bien. Depuis ma prière a été de savoir mieux m'abandonner, me reposer sur Christ, de savoir mieux épeler les mots de foi et de grâce... La Bible m'est devenue extrêmement chère et surtout le Sauveur m'est devenu extrêmement précieux. »

Il nous est utile et bienfaisant de connaître cet émouvant témoignage. Il nous explique ce qu'a été le ministère si utile de notre cher frère.

En 1906, M. Guiton s'est vu confier l'œuvre populaire d'évangélisation des Épinettes dans le quartier des Batignolles. A cette œuvre était aussi rattachée une salle d'évangélisation à St-Denis, au nord de Paris.

En 1907, il arriva à Anduze, dans le Gard. En 1910 à Levallois-Perret, puis en 1920 à Asnières. Étant à ce poste, il commença en 1928, l'œuvre d'évangélisation des Chevrins à Gennevilliers. En 1937, il fut l'instrument de Dieu pour la fondation de l'Église de Courbevoie, dont il eut la responsabilité jusqu'à sa mort.

M. Guiton n'a pas connu de retraite. Il avait de la peine à en admettre le fait. Son activité, de plus de 66 ans, s'est forcément ralentie avec l’âge. Pourtant, pendant l'été 1968, il s'est rendu, une fois de plus, aux États-Unis, pour la cause de Dieu.

Dans le passé, M. Guiton a eu une part très active dans « l'Union des Chrétiens Évangéliques ». Il fonda, vers la fin de sa vie « l'Union de Défense Protestante », en France et en Suisse. Il était l'homme de la Bible, de la Bible tout entière divinement inspirée. Il aimait à citer la parole de John Wesley : « Que je sois l'homme d'un seul Livre ».

Il fut un puissant prédicateur de l'Évangile de la grâce. Conférencier, orateur dans différentes Conventions Chrétiennes, professeur à l'école de Théologie de l'Église méthodiste, et dans des Instituts Bibliques (Nogent, Bruxelles), il publia une trentaine de livres et brochures, dont quelques-uns connurent plusieurs éditions. M. Guiton aborda plusieurs sujets, cherchant toujours à mettre en lumière la Personne divine du Seigneur Jésus et l'autorité souveraine des Saintes Écritures.

M. Guiton peut être considéré comme l'une des plus fortes personnalités du méthodisme évangélique français du siècle. Il était fils et petit-fils des pasteurs méthodistes, Jules et Philippe Guiton. Mais sa forte personnalité a largement débordé le cadre des Églises Méthodistes, en France et dans d'autres pays. M. le pasteur J. Blocher a écrit dans « Le Chrétien Évangélique » : « Pendant plus d'un demi-siècle, M. Guiton a joué un rôle considérable dans le protestantisme évangélique français ».

M. Guiton est entré dans le repos céleste le 13 novembre 1968. Il s'en est aIlé, subitement et paisiblement, laissant le témoignage d'un homme de Dieu fidèle, recherchant la gloire de Jésus-Christ, Fils unique et éternel de Dieu, seul parfait Sauveur, seul Chef de son Église. Sa vie fut d'un seul trait, d'un seul bloc pour Jésus-Christ, et jusqu'au dernier jour. Son dernier sermon, prononcé dans sa chère Chapelle de Courbevoie, le dimanche 10 novembre, son dernier dimanche sur la terre, fut une leçon de foi totale en Jésus-Christ (Mat. 6, 25-34). Il aurait pu citer aussi ce jour-là : « J'ai combattu le bon combat, j'ai achevé la course, j'ai gardé la foi ». (2 Tim. 4,7).

Le Service d'inhumation eut lieu le 18 novembre à Courbevoie. Un culte commémoratif a été célébré le 23 novembre dans la chapelle de l'Église méthodiste anglaise de la rue Roquépine à Paris. À ce service, les Professeurs J. M. Nicole et J. Blocher, Directeurs de l'Institut Biblique de Nogent, apportèrent leurs participations. M. Nicole insista sur l'esprit de logique de M. Guiton, la clarté de son style, son enthousiasme, il mit en évidence son amour pour la Parole de Dieu et sa bonté pour les hommes, ayant toujours le désir de les gagner au Sauveur. Cet amour pour les âmes l'obligeait souvent à combattre le libéralisme négateur. M. J. Blocher, commentant le texte du faire-part : « Christ est ma vie, et la mort m'est un gain » (Phil. 1,21), cita en terminant le beau cantique dont les paroles furent composées par M. Guiton il y a de nombreuses années. En voici le texte :

Un jour je cesserai mes chants,
Ma voix sera silencieuse,
Mais avec les saints triomphants
Psalmodiera mon âme heureuse.

Un jour je devrai sans retour
Quitter ma terrestre demeure,
Mais l'entrée au divin séjour
Me sera donnée à cette heure.

Un jour l'obscurité viendra,
La mort tragique et douloureuse,
Mais là-haut Jésus me prendra
Dans sa lumière radieuse.

Ce jour viendra, jour glorieux,
C'est là ma joyeuse assurance,
Seigneur tiens-moi prêt pour les cieux,
Je mets en Toi mon espérance.

Je le verrai, Lui, tel qu'il est,
Jésus Le Rédempteur parfait.

Samuel SAMOUELIAN,
président du Synode de l'Union des Églises méthodistes de France

Notice biographique insérée dans la 6e édition du livre ‘Introduction à la Bible’ (1973)

 


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