Le plateau des Tailles

Situé aux confins des provinces de Luxembourg et de Liège, le plateau des Tailles culmine à 652 m à la célèbre Baraque de Fraiture. Ce territoire désormais sous statut de protection présente de nombreuses similitudes paysagères, faunistiques et climatiques avec le plateau des Hautes Fagnes. L’amoureux de la nature et des grands espaces y trouvera une vie sauvage riche, variée et passionnante.

Le coeur du site protégé

Photo © Mahaux Yvan

 

Le deuxième plus haut plateau du Pays

D’une superficie plus restreinte que le plateau des Hautes Fagnes, le plateau des Tailles est également beaucoup moins connu mais demeure tout aussi charmant et dépaysant. Situé bien plus à l’ouest que son grand frère fagnard, le plateau des Tailles est également légèrement moins haut et possède une surface sommitale beaucoup plus restreinte. Les tourbières y sont dès lors nettement moins vastes. 

De plus, on y retrouve des caractéristiques climatiques semblables au plateau de Hautes Fagnes. En effet, la température moyenne annuelle avoisine les 7° et les précipitations annuelles y sont de l’ordre de 1300 mm de pluie.

Un joyau menacé

A l’instar du Haut Plateau fagnard, les tourbières du plateau des Tailles ont connu de nombreuses dégradations : drainage des tourbières, enrésinement des zones humides, dérangements humains multiples. Ces nombreux dommages ont entraînés une réduction drastique des tourbières, cause de disparition de la petite population de tétras lyre (Tétrao tétrix) qui y vivait jusqu’au début des années 80. A l’heure actuelle, de nombreuses mesures sont prises au niveau régional et Européen afin de sauvegarder et de restaurer de pareils joyaux.

La réserve naturelle du plateau des Tailles

La création d’une réserve naturelle sur le plateau des Tailles a commencé en 1967, soit 10 ans plus tard que dans les Hautes Fagnes. En effet, un premier arrêté royal a permis de mettre sous cloche quelques fragments de fagnes qui deviennent la réserve naturelle domaniale du plateau des Tailles. Tel un puzzle qui se construit, la réserve naturelle s’est agrandie ultérieurement pour atteindre une surface de 682 hectares répartit en plusieurs sites différents aux noms enchanteurs : la Fange de Sacrawé, la Fange de Pisserotte, le Grand Passage, la Fange de Massotais, la Fange de Robièfa, la Fange de la Crépale ou encore la Fange aux Mochettes…

La réserve naturelle domaniale est composée d’une mosaïque de biotopes de tourbières, de palses, de bruyères semi-tourbeuses, de bruyères sèches, de bois de résineux (essentiellement l’épicéa) et de zones marécageuses. 

Signalons également, qu’un projet Life Tourbière au plateau des Tailles a vu le jour. Ce projet est prévu sur 4 années (01.01.2006 – 31.12.2009) et vise la restauration de plusieurs habitats tourbeux et de fonds de vallée. Ce projet dispose d’un budget global de 3.753.300 € dont 50% provient du cofinancement européen et le reste essentiellement de la Région wallonne.

 

Les travaux de restauration en lisière de la réserve naturelle.

Photo © Mahaux Yvan

Des plantes spécialisées

Il serait fastidieux d’énumérer la liste complète des espèces de plantes présentent sur le plateau des Tailles. La richesse botanique du site est considérable. Les espèces de plantes vivant dans les tourbières sont dites spécialisées car leurs conditions de vie sont spéciales et extrêmes.

Voici un bref aperçu de quelques espèces typiques du plateau des Tailles : L’arnica des montagnes, la trientale, la narthécie des marais, la canneberge, l’andromède, l’orchis tacheté, le rossolis à feuilles rondes et bien sur les linaigrettes vaginée et à feuilles étroites qui confèrent au printemps un charme tout à fait particulier à ces étendues de landes et de tourbières.

Une avifaune diversifiée

Si le petit coq de bruyère a disparu il y a une vingtaine d’année, de nombreuses autres espèces remarquables peuvent être observées dans ce site naturel. Citons la pie-grièche grise, la bécassine des marais, l’engoulevent d’Europe, la chouette de Tengmalm, le traquet pâtre ou encore le tarier des prés parmi les nombreuses espèces qui trouvent pitance et espace dans ces paysages ouverts.

Il est impossible de ne pas terminer sur une note positive et remplie d’espoir. La cigogne noire niche à nouveau dans la région et fait de nombreuses incursions dans la réserve naturelle domaniale au plus grand bonheur des naturalistes. Gageons que les efforts de protection et de restauration porteront leurs fruits et garantiront un environnement de qualité pour les générations futures.

 

Comment accéder au plateau des Tailles ?

Trois axes routiers principaux se croisent au centre du plateau :

L’une des particularité du plateau des Tailles, est son accessibilité facile puisque l’autoroute Liège – Bastogne le traverse avec une sortie « Baraque de Fraiture » qui permet un  accès aisé à la réserve naturelle domaniale. Des sentiers et chemins de randonnées partent notamment des villages de Bihain et de Tailles.

 

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