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Expositions personnelles:
-Décembre 2011 "ALONE"
Galerie du Botanique, Bruxelles (B)
-Avril/mai
2010 "Fosse aux ours - Bear Pit"
Gare du Congrès, Bruxelles (B)
-Mai/août
2009 "Tout ce que j'aimais"
Musée du Château et à la Chapelle de Calvériennes,
Mayenne (F)
-Avril
2007 "Petits boulots"
(avec la participation de Saïd Abitar, Elodie Antoine, Stephan Balleux,
Jean-Baptiste Bernadet, Sébastien Bonin, Pascal Bernier, Lucia
Bru, Patrick Croes, Lionel Estève, Nicolas di Felice, Frédéric
Fourdinier, Bernard Gigounon, Laurent Thiry, David de Tscharner, Jelle
Vandemeulebroeke)
CODE/BURO, Bruxelles (B)
-Août/Septembre
2006 "Déplacer des montagnes"
Galerie Bis Heute, Bern (CH)
-Novembre
2003 "Crash test family"
Galerie Fast forward, Anvers (B)
-Avril
2003 "Bloodstain"
Galerie frame, Bruxelles (B)
Expositions
collectives (sélection):
-Décembre
2011 "Wunderkammer, cabinet de curiosités contemporain"
Le Botanique, Bruxelles (B) Curateur: Antonio Nardone
-Novembre
2011 "GANG BANG FOREST"
Komplot, Bruxelles (B) Curateur:Alberto Garcia del Castillo
-Novembre
2011 "Le mal du pays"
Fête de la Saint Martin, Tourinnes (B)
Curateur: Elodie Antoine
Avec: Elodie Antoine, David de Tscharner, Stephan Goldrajch, Maya Lerman, Sofi Van Saltbommel
-Janvier
2011 "Mises à l' eau"
Maison
de la culture , Namur (B)
Avec: Richard Ballard, Stéphan Balleux, Isabel Baraona,
Hans Op de Beeck, Catherine Jansens, Oda Jaune, Yvan Salomone, Barthélemy
Toguo
-Novembre 2009 "Prix du Hainaut 2009"
B.P.S.22, Charleroi (B)
-Septembre
2009 "ART' contest
2009"
Espace Black
Box, Bruxelles (B)
-Septembre
2008 "Honorons Honoré"
Garage, Mechelen (B) Curateur: Damien De Lepeleire
-Septembre
2008 "Nature/dénature"
Galerie Evi Gougenheim, Paris (F)
-Décembre
2007 "Le blanc"
Galerie Art22, Bruxelles (B)
-Octobre
2007 "Première vue"
Passage de Retz, Paris (F) Curateur: Michel Nuridsany
-Octobre
2007 "Nuit blanche"
Ville de Mayenne (F)
-Avril
2007 "Jeux de guerre"
Galerie Evy Gougenheim, Paris (F) Curateur: Pascal Bernier
-Mars
2007 "Philippe Vosges, collectionneur de montagnes"
Chalet de Haute Nuit, Ecaussines (B)
-Octobre 2006 "CODE STRATE"
festival "MAÏS", Bruxelles (B)
-Septembre
2006 "CODE MULTI"
Librairie "Le comptoir", Liège (B)
-Septembre
2006 STREET
PROMENADE VISARTE
Ville de Lausanne (CH)
-Novembre
2005 "La boucle est bouclée"
Galerie Basta, Lausanne (CH)
-Juillet
2005 "The end of music"
Magasin Arlequin à Bruxelles (B)
-Juin
2005 "Tempête de neige" avec David de tscharner
Le pigeonnier, Bruxelles (B)
-Juin 2004 "Portes ouvertes"
Le pigeonnier, Bruxelles (B)
-Juillet
2003 "Camper"
Galerie Azéro, Genève (CH) Curateur: David de Tscharner
Divers:
-Mai 2011 édition de "WADERLAND" Réalisation d'un
livret de 12 pages tirés à 100 exemplaires, numérotés
et signés, pour l' édition limitée du EP "WADERLAND" de Nicola testa
-Novembre
2010 Habillage du piano de concert de Nicola Testa
-Juin
2010 Illustrations du "LE SUPI • 7"
(B)
http://lesupi.tumblr.com
-Avril 2010 Pochette
du EP "WADERLAND" de Nicola Testa (B)
www.nicolatesta.net
-Novembre
2008 "No trespassing#4"
édition de "feuilles de rose" Réalisation d'un
livret de 20 pages tirés à 200 exemplaires, numérotés
et signés. Café central à Bruxelles (B)
-Octobre 2007 Illustration
pour l'affiche et curateur de l'exposition du festival "Pink screens"
à Bruxelles (B)
-Décembre 2005 Poster
central pour le magazine CODE (B)
www.codemagazine.be
-Avril 2005 Projection du
film "Le gentil terroriste"
Courts mais trash à Bruxelles
(B)
-Avril 2005 Coeur brisé
-Février 2005 Projection du film
"Out of order"
Courts mais trash à Bruxelles (B)
Textes:
Fosse
aux ours (avril 2010) par David
de Tscharner
éric Croes aime ses souvenirs. Les souvenirs des instants tristes
et heureux qu’il a partagés avec sa famille, ses amis et
ses amours.
Les souvenirs des moments de jeux, où la créativité
confrontait la bêtise, et des plaisirs interdits, où la jouissance
se mêlait au silence. Mais bizarrement, éric semble aimer
par-dessus tout ses souvenirs en toc : des pandas en plastique, des fleurs
artificielles qui brillent dans la nuit, des images de garçons
découpés dans les magazine ou des autocollants en rabais.
En associant souvenirs et souvenirs se dessine ainsi une démarche
artistique. Dans le cas de l’exposition qu’il présente
à la gare du congrès à Bruxelles, il semble compiler
ses séjours à Berne, sa célèbre fosse aux
ours, les sommets enneigés de l’Oberland et toutes les cartes
postales de la Suisse qu’il a ramené dans ses valises, aux
déboires sentimentaux auxquels il tentait d‘échapper
à l’époque.
Les boîtes contenant les anciens horaires de la salle d’attente
de la gare du congrès deviennent des cages pour 15 aquarelles.
Elles représentent aussi bien des ours que des chalets ou des fleurs
embourbées dans une neige immaculée qui s’avère
simplement être le blanc de la feuille, un vide vertigineux en fait.
Le dispositif installatif évoque alors une autre tradition populaire
de commémoration du souvenir : le panorama. Une sorte de travelling
dans le temps. La version que nous propose ici éric tient, comme
souvent dans son travail, de la caricature et de l’irrévérence
si l’on s’y penche avec des yeux d’adulte et de la magie
et de la fascination si l’on sait garder ses yeux d’enfants.
Au final, chacun est libre de se souvenir ou d’oublier, mais éric
, lui, n’oublie pas.
éric le géant
par David
de Tscharner
Il était une fois un gentil géant. Il aimait rigoler, boire,
forniquer et ronfler. Hélas, comme tout géant isolé
par son handicap, il se sentait bien seul.
Ce géant,
je le connais bien, il s'appelle éric Croes et il peine à
atteindre 1,80 m. Ce n'est donc pas sa taille, mais son activité
qui fait de lui un géant. Cependant je n'utilise pas ce mot dans
un but élogieux, je crois que Goya, Otis Redding ou Gandhi le porterait
mieux. Je l'utilise simplement parce qu' éric a l'air d'un géant
lorsqu'il s'entoure de son univers miniature.
Je regarde les gros doigts d'éric saisir une baigneuse de 2 cm.
J'ai l'impression qu'il n'en restera rien. Pourtant c'est avec tendresse
qu'il la manipule. De douces courbes de plâtre deviennent ensuite
son piédestal, et la voici qui tourne gracieusement sur elle-même.
Elle domine le monde perchée sur sa montagne, seule.
Sur une table
un mini téléviseur. J'y vois éric habillé
en terroriste, avec sa cagoule du dimanche. Il entonne "laisse-moi
t'aimer". La chanson kitsch mais passionnée de son idole Mike
Brant prend soudainement des allures de sacerdoce. éric, malgré
le play-back, vibre de tout son corps. Cherche-t-il, comme nous tous,
un otage à qui donner de l'amour ?
éric
découpe de fines tiges de bois, prend son temps, les encolle. Un
petit lit de Barbie prend forme. Malheureusement il s'élève
à 2,5 m, ses quatre pieds sont beaucoup trop longs. Le lit peut
à peine se tenir droit et prend appui contre le mur. Je m'imagine
tout petit, au bord du lit, les pieds balançant dans le vide, le
ventre noué par le vertige, et personne pour venir me chercher.
Dans une
grosse vitrine, éric érige un minuscule monument en hommage
à sa ville. Je colle mon il à la vitre et par un trou
j'aperçois une verte colline avec les lettres B-R-U-X-E-L-L-E-S
dressées sur sa crête. Cela fait clairement référence
à Hollywood, sauf que là, King Kong ferait à peine
la taille de mon pouce. L'Amérique est grande, l'Europe plus tellement,
et moi je suis tout petit replié sur moi-même.
On oublie
de nos jours, à l'heure de la mondialisation, de l'Internet, des
chantiers titanesques, que le moindre, le petit, le médiocre ont
de la valeur. Une valeur somme toute dérisoire d'un point de vue
matériel, mais qui, spirituellement, nous enrichit considérablement.
Nous sommes tous des enfants devenus adultes, fragiles, sensibles et sans
doute incapables de se débrouiller sans Maman. éric le géant
et sa minuscule ménagerie sont là pour nous le rappeler.
Sa solitude en fin de compte n'est pas si malheureuse. Il la partage avec
nous.
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