éric Croes
28 août 1978

Vit et travaille
à Bruxelles (B)
   


Expositions personnelles:

-Décembre 2011 "ALONE"
Galerie du Botanique, Bruxelles (B)


-Avril/mai 2010 "Fosse aux ours - Bear Pit"
Gare du Congrès, Bruxelles (B)


-Mai/août 2009 "Tout ce que j'aimais"
Musée du Château et à la Chapelle de Calvériennes, Mayenne (F)

-Avril 2007 "Petits boulots"
(avec la participation de Saïd Abitar, Elodie Antoine, Stephan Balleux, Jean-Baptiste Bernadet, Sébastien Bonin, Pascal Bernier, Lucia Bru, Patrick Croes, Lionel Estève, Nicolas di Felice, Frédéric Fourdinier, Bernard Gigounon, Laurent Thiry, David de Tscharner, Jelle Vandemeulebroeke)
CODE/BURO, Bruxelles (B)


-Août/Septembre 2006 "Déplacer des montagnes"
Galerie Bis Heute, Bern (CH)

-Novembre 2003 "Crash test family"
Galerie Fast forward, Anvers (B)

-Avril 2003 "Bloodstain"
Galerie frame, Bruxelles (B)


Expositions collectives (sélection):

-Décembre 2011 "Wunderkammer, cabinet de curiosités contemporain"
Le Botanique, Bruxelles (B) Curateur: Antonio Nardone


-Novembre 2011 "GANG BANG FOREST"
Komplot, Bruxelles (B)
Curateur:
Alberto Garcia del Castillo

-Novembre 2011 "Le mal du pays"
Fête de la Saint Martin, Tourinnes (B) Curateur: Elodie Antoine

Avec: Elodie Antoine, David de Tscharner, Stephan Goldrajch, Maya Lerman, Sofi Van Saltbommel


-Janvier 2011 "Mises à l' eau"
Maison de la culture , Namur (B)

Avec: Richard Ballard, Stéphan Balleux, Isabel Baraona,
Hans Op de Beeck, Catherine Jansens, Oda Jaune, Yvan Salomone, Barthélemy Toguo


-Novembre 2009 "Prix du Hainaut 2009"
B.P.S.22, Charleroi (B)


-Septembre 2009 "ART' contest 2009"
Espace Black Box, Bruxelles (B)

-Septembre 2008 "Honorons Honoré"
Garage, Mechelen (B) Curateur: Damien De Lepeleire


-Septembre 2008 "Nature/dénature"
Galerie Evi Gougenheim, Paris (F)

-Décembre 2007 "Le blanc"
Galerie Art22, Bruxelles (B)

-Octobre 2007 "Première vue"
Passage de Retz, Paris (F) Curateur: Michel Nuridsany

-Octobre 2007 "Nuit blanche"
Ville de Mayenne (F)

-Avril 2007 "Jeux de guerre"
Galerie Evy Gougenheim, Paris (F) Curateur: Pascal Bernier

-Mars 2007 "Philippe Vosges, collectionneur de montagnes"
Chalet de Haute Nuit, Ecaussines (B)

-Octobre 2006 "CODE STRATE"
festival "MAÏS", Bruxelles (B)

-Septembre 2006 "CODE MULTI"
Librairie "Le comptoir", Liège (B)

-Septembre 2006 STREET PROMENADE VISARTE
Ville de Lausanne (CH)


-Novembre 2005 "La boucle est bouclée"
Galerie Basta, Lausanne (CH)

-Juillet 2005 "The end of music"
Magasin Arlequin à Bruxelles (B)

-Juin 2005 "Tempête de neige" avec David de tscharner
Le pigeonnier, Bruxelles (B)

-Juin 2004 "Portes ouvertes"
Le pigeonnier, Bruxelles (B)

-Juillet 2003 "Camper"
Galerie Azéro, Genève (CH) Curateur: David de Tscharner



Divers:

-Mai 2011 édition de "WADERLAND" Réalisation d'un livret de 12 pages tirés à 100 exemplaires, numérotés et signés, pour l' édition limitée du EP "WADERLAND" de Nicola testa

-Novembre 2010 Habillage du piano de concert de Nicola Testa

-Juin 2010 Illustrations du "LE SUPI • 7" (B)
http://lesupi.tumblr.com


-Avril 2010 Pochette du EP "WADERLAND" de Nicola Testa (B)
www.nicolatesta.net


-Novembre 2008 "No trespassing#4" édition de "feuilles de rose" Réalisation d'un livret de 20 pages tirés à 200 exemplaires, numérotés et signés. Café central à Bruxelles (B)

-Octobre 2007 Illustration pour l'affiche et curateur de l'exposition du festival "Pink screens" à Bruxelles (B)

-Décembre 2005 Poster central pour le magazine CODE (B)
www.codemagazine.be

-Avril 2005 Projection du film "Le gentil terroriste"
Courts mais trash à Bruxelles (B)

-Avril 2005 Coeur brisé

-Février 2005 Projection du film "Out of order"
Courts mais trash à Bruxelles (B)


Textes:


Fosse aux ours (avril 2010) par David de Tscharner

éric Croes aime ses souvenirs. Les souvenirs des instants tristes et heureux qu’il a partagés avec sa famille, ses amis et ses amours.

Les souvenirs des moments de jeux, où la créativité confrontait la bêtise, et des plaisirs interdits, où la jouissance se mêlait au silence. Mais bizarrement, éric semble aimer par-dessus tout ses souvenirs en toc : des pandas en plastique, des fleurs artificielles qui brillent dans la nuit, des images de garçons découpés dans les magazine ou des autocollants en rabais.

En associant souvenirs et souvenirs se dessine ainsi une démarche artistique. Dans le cas de l’exposition qu’il présente à la gare du congrès à Bruxelles, il semble compiler ses séjours à Berne, sa célèbre fosse aux ours, les sommets enneigés de l’Oberland et toutes les cartes postales de la Suisse qu’il a ramené dans ses valises, aux déboires sentimentaux auxquels il tentait d‘échapper à l’époque.

Les boîtes contenant les anciens horaires de la salle d’attente de la gare du congrès deviennent des cages pour 15 aquarelles. Elles représentent aussi bien des ours que des chalets ou des fleurs embourbées dans une neige immaculée qui s’avère simplement être le blanc de la feuille, un vide vertigineux en fait.

Le dispositif installatif évoque alors une autre tradition populaire de commémoration du souvenir : le panorama. Une sorte de travelling dans le temps. La version que nous propose ici éric tient, comme souvent dans son travail, de la caricature et de l’irrévérence si l’on s’y penche avec des yeux d’adulte et de la magie et de la fascination si l’on sait garder ses yeux d’enfants.

Au final, chacun est libre de se souvenir ou d’oublier, mais éric , lui, n’oublie pas.


éric le géant par David de Tscharner

Il était une fois un gentil géant. Il aimait rigoler, boire, forniquer et ronfler. Hélas, comme tout géant isolé par son handicap, il se sentait bien seul.

Ce géant, je le connais bien, il s'appelle éric Croes et il peine à atteindre 1,80 m. Ce n'est donc pas sa taille, mais son activité qui fait de lui un géant. Cependant je n'utilise pas ce mot dans un but élogieux, je crois que Goya, Otis Redding ou Gandhi le porterait mieux. Je l'utilise simplement parce qu' éric a l'air d'un géant lorsqu'il s'entoure de son univers miniature.

Je regarde les gros doigts d'éric saisir une baigneuse de 2 cm. J'ai l'impression qu'il n'en restera rien. Pourtant c'est avec tendresse qu'il la manipule. De douces courbes de plâtre deviennent ensuite son piédestal, et la voici qui tourne gracieusement sur elle-même. Elle domine le monde perchée sur sa montagne, seule.

Sur une table un mini téléviseur. J'y vois éric habillé en terroriste, avec sa cagoule du dimanche. Il entonne "laisse-moi t'aimer". La chanson kitsch mais passionnée de son idole Mike Brant prend soudainement des allures de sacerdoce. éric, malgré le play-back, vibre de tout son corps. Cherche-t-il, comme nous tous, un otage à qui donner de l'amour ?

éric découpe de fines tiges de bois, prend son temps, les encolle. Un petit lit de Barbie prend forme. Malheureusement il s'élève à 2,5 m, ses quatre pieds sont beaucoup trop longs. Le lit peut à peine se tenir droit et prend appui contre le mur. Je m'imagine tout petit, au bord du lit, les pieds balançant dans le vide, le ventre noué par le vertige, et personne pour venir me chercher.

Dans une grosse vitrine, éric érige un minuscule monument en hommage à sa ville. Je colle mon œil à la vitre et par un trou j'aperçois une verte colline avec les lettres B-R-U-X-E-L-L-E-S dressées sur sa crête. Cela fait clairement référence à Hollywood, sauf que là, King Kong ferait à peine la taille de mon pouce. L'Amérique est grande, l'Europe plus tellement, et moi je suis tout petit replié sur moi-même.

On oublie de nos jours, à l'heure de la mondialisation, de l'Internet, des chantiers titanesques, que le moindre, le petit, le médiocre ont de la valeur. Une valeur somme toute dérisoire d'un point de vue matériel, mais qui, spirituellement, nous enrichit considérablement. Nous sommes tous des enfants devenus adultes, fragiles, sensibles et sans doute incapables de se débrouiller sans Maman. éric le géant et sa minuscule ménagerie sont là pour nous le rappeler. Sa solitude en fin de compte n'est pas si malheureuse. Il la partage avec nous.