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Critiques CD Express 2006

Plus d'albums en moins de temps, voici les critiques express. Celles-ci concernent des albums de 2006.

Belle and Sebastian: The Life Poursuit
Parfois, je cherche de la musique plus légère, histoire de se détourner de la pesanteur qui se dégage souvent de ce que j'écoute habituellement.
Le fonds de commerce de Belle and Sebastian est connu, il s'agit d'une pop légère et influencée par les harmonies délicates des années soixante. Mais dans le cas qui nous occupe, c'est clairement trop mièvre pour être écouté attentivement (Song for sunshine), voire carrément kitsch comme les choeurs féminins de We are sleepyheads. Et il y en a trop ici pour en faire un album vraiment bon.
La question que je me pose tout de suite est de savoir qui d'eux ou de moi a le plus changé. Retour obligatoire sur mon album favori If you're feeling sinister ou autre Sleeping the clock around (un must). Les standards de cet époque ne sont guère atteints que par Another sunny day ou encore par le très correct Dress up in you.
Il y a plusieurs chanteurs, mais c'est celui qui a la voix la plus haute qui est la marque de fabrique. L'autre voix masculine est plus neutre (Sukie in the graveyard) et participe moins à la personnalité comme la trompette claire.
Cet album n'est donc pas à la hauteur des meilleurs anciens et est trop souvent anodin pour que la discographie du groupe soit abordée par celui-ci. (M.)
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The raconteurs: Broken Boy Soldiers
Ainsi Jack White a envie de se changer les idées. Il a laissé un temps Meg pour se ressourcer avec Brendan Benson et consorts.
Il n'est pas allé bien loin dans le temps notez-bien. Il retrouve ici un rock aux accents typiquement seventies. La ressemblance avec Led Zeppelin est patente sur la plage titulaire qui est peut-être le plat de résistance. Plus grâce aux intonations de Jack White et à la structure de la mélodie qu'à la musique bien plus légère. Certains morceaux sont agréables, mais pas inoubliables Totgether). Mais on retrouve aussi des traces de Kinks (Store Bought Bones) ou des ambiances plus proches du dernier White Stripes (Level), mais en moins intransigeant.
Un album qui respire le talent et la facilité d'écriture et d'interprétation, mais qui est un exercice de roue libre. Le son est d'emblée excellent, mais l'esprit n'était pas à la recherche. C'est à la fois une qualité puisque c'est léger et que certains morceaux sortent du lot (Intimate Secretary) mais aussi un désavantage comme l'intensité exacerbée des White Stripes n'est pas au rendez-vous. Il faut donc savoir ce que l'on cherche à l'approche de cet exercice. Le souvenir en est bon, mais les écoutes futures seront limitées par la pléthore d'autres sorties plus innovantes. (M.)
 
Sparks: Hello young lovers
En mettant le dernier Sparks, il était certain que des souvenirs allaient ressurgir. Ceux du rigolo dance-pompier Gratuitous Sax and Senseless violins qui accuse (sans trop les afficher) ses douze ans d'âge. Mais le Dick around qui nous acceuille nous ramène à des souvenirs bien plus honteux: les années Queen. Les choeurs too much, les ruptures pseudo-progressives... Les paroles restent fort rigolotes, ce qui les distingue de la lourdeur de la bande à Mercury.
Mais le second morceau remet les pendules à l'heure. On est là, pour se marrer, mais avec des morceaux entraînants au premier degré. Les deux plus évidentes réussites sont à cet égard Perfume et son piano très réussi (on dirait du Michel Berger - c'est pour rire hein, juste pour voir si voir si vous suiviez) ainsi que (Baby baby) Can I Invade Your Contry. On remarquera au passage que leur maîtrise du titre qui intringue est intacte. La longueur des titres même pop aussi est encore là, histoire de nous rappeler que ce groupe est largement trentenaire.
Bon, tout cela ne va pas faire les gorges chaudes des amateurs de musique poignante, mais bon un petit plaisir coupable de temps en temps nous remet les neurones et le moral en place.
Le pop-rock pompeux et décalé existe encore. Non, pas Electric six, ce sont les increvables frères Mael qui nous apportent ce prozac écoeurant, certes, sur le fil du rasoir du n'importe quoi, c'est certain, mais roboratif. (M.)
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The Spint band: Nice and nicely Done
Recyclez-vous les uns les autres. Tel est la devise du rock ces derniers temps. Si les influences en général de ce qui nous tombe dans les oreilles actuellement se situe à la charnière des années '70 et '80, certains accréditent la thèse de Fukayama sur l'accélération de l'histoire en prenant les influences à travers le filtre d'autres groupes actuels. Ainsi, The Spinto Band pourrait apparaître comme une synthèse pop des courants indés du moment. Une des voix est un peu déglinguée, comme celle de pas mal de nos albums préférés de 2005, la basse ronflante appuie parfois des riffs catchy comme chez Franz Ferdinand (Crack the Whip), voire certains The Strokes (Late) et un son suffisament pas propre pour ne jamais sonner 'variété'.
Le premier morceau met tout de suite au parfum (Did I Tell You), et l'emprise ne lâche que rarement, malgré la forte sensation de déjà entendu (sans qu'on puisse déterminer à coup sûr où, ce qui est un bon signe).
Mais la pièce de résistance reste Oh Mandy qui est une toute belle réussite. Imaginez une version pop vaguement mélancolique de Clap Your hands Say Yeah, une mélodie imparable, un mélange de joie et de tristoune, d'acrocheur et d'intime, de plaintif et de revigorant, qui donne envie à la fois de se lancer contre les murs (promis, 'le ferai plus...) et de se ramasser en vrac. Si vous n'êtes pas allergiques au joli, ceci ne pourra que vous plaire et constituera un des morceaux de l'année. De ceux qu'une série d'écoutes ne parvient pas à faire oublier ou lasser.
Frais d'un bout à l'autre, cet album ne tutoie cependant qu'une seule fois les sommets. (M.)