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Chroniques
CD Express 2005 |
Plus
d'albums en moins de temps, voici les chroniques express. Celles-ci
concernent des albums de 2005. |
Une des grandes joies de la musique, qui paradoxalement confirme la vacuité d'une critique, est le caractère non déterministe de ce qui peut plaire. En effet, tout pourrait énerver ici, le maniérisme, la voix haut perchée... Et pourtant ça marche. On détecte une sincérité, et le mielleux est évité (de justesse, c'est encore mieux), encore que je conçoive que cet avis ne fera pas l'unanimité. Les préoccupations d'Anthony ont beau ne pas être les miennes (au vu du thème des chansons et selon le titre de l'album, il voudrait être une femme), j'ai été touché par ces titres. En général, ce sont des femmes (Feist, Kelly deMartino, Emiliana Torrini) qui apportaient la douceur indispensable, mais ici c'est Anthony qui crée un spleen à faire pleurer les pierres. C'est tout simplement beau et qu'importe si le cholesterol pointe le bout de son nez de temps en temps (Fistful of love). Si la qualité moyenne est très bonne, certaines mélodies sortent du lot cependant (For today I am a boy, Man is the baby, l'imparable slow You are my sister). Le procédé des chansons (orchestrations basées sur le piano, quelque part dans les moments apaisés de Tim Buckley) est vite compris et aurait pu lasser si l'album n'était aussi court. Mieux vaut picorer cet album que le dévorer de toute façon. L'automne est là et il faut engranger les disques doux pour passer l'hiver au chaud. En effet, je ne pense pas qu'il aurait convenu pour égayer vos barbecues. (M.) |
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Bien sûr, sortir une collection de singles après trois albums seulement pourrait passer pour une démarche présomptueuse. Mais dans le cas de Basement Jaxx, pour qui les albums sont plutôt inégaux sur la distance, l'exercice en vaut vraiment la peine. Parce que le duo anglais est une infernale machine à faire danser. L'enfilement des titres n'est pas toujours imparable, puisque la discographie n'est pas infinie, mais se révèle indispensable pour tout qui veut bouger ou faire bouger ses contemporains. Certains morceaux sont tellement recyclés dans des jingles (Red alert) qu'on ne savait même plus d'où ils venaient. Les titres les plus connus étant regroupés au début, l'attention chute en cours d'album et certaines scories (Fly life, Do you think, Bingo bango) viennent contrebalancer les classiques Red alert, Romeo et good luck. Loin des recherches sonores, des expérimentations et de la variété de Death in Vegas, Chemical brothers et autres Vitalic mais aussi loin de la prétention de Daft punk, la musique de Basement Jaxx est essentiellement festive, quitte à paraître à la limite de la lobotomie parfois. Allez, Let's get retarded! (M.) |
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La musique de 2005 comprend une infinie variété de nuances entre la musique électronique et le pop-rock. Il y en a pour tous les goûts, toutes les variétés ont au moins un représentant. Pour caricaturer, on est ici dans le versant pop-un-peu-musclée-et-synthétique. Et d'un point de vue purement qualitatif? Ils flottent dans les mêmes eaux que les Strokes (Swollen summer) ou Dandy Warhols en plus joyeux (Plublic service announcement). Les synthés sont parfois utilisés avec une voix volontairement en-dessous (Out of line) et on frôle carrément le revival années '80 avec l'intro de Honest mistake dont la basse renverrait presque à Blondie, voire le fort bon Unconditionnal, évoquant les vieux U2 période October (je sais, beaucoup de choses m'y font penser de ces temps-ci, sauf U2...) |
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Coco Rosie: Noah's ark |
En son temps, je vous avais dit la méfiance que m'inspirait Coco Rosie avec La maison de mon rêve. Elles n'ont pas changé et moi non plus. Partant de là, que faut-il penser de ce second album? Pas vraiment la même chose puisque les références ne s'y retrouvent plus. Mais les qualités et défauts sont les mêmes. Il semble que la voix principale sur Beautiful boys soit celle d'Anthony and the Johnsons. Sur Armageddon, c'est toute une bande qui a été convoquée pour faire les choeurs. Pour les orchestrations, on a souvent de fort bonnes mélodies au piano (ou plutôt n'importe quel clavier pourvu qu'il ne sonne pas comme un Steinway) qui servent de gimmick souvent de toute beauté. mais les arrangement (surtout sur les voix) paraissent vraiment forcés. On aurait pu avoir un album folk lisse aux mélodies époustoufflantes (South 2nd, Tekno love song) mais ce n'est pas leur démarche. C'est cependant quand c'est plus sobre que je préfère (South 2nd). Les déclamations poétisantes dans The sea is calm sont par contre vite énervantes. On se retrouve dans une musique cocon, une boîte à musique franchement régressive. Par exemple, appeler une chanson Bisounours, il faut oser. Par contre, l'assortir d'un rap inepte dit en français par une énergumène à la Saez, elles auraient pu se retenir. Musique définitivement hors du temps, à laquelle le bricolage ajoute un charme certain ainsi qu'un côté artificiel dont je ne démords pas. Je continue à y voir du pur procédé et ça me rend l'écoute d'une traite difficile. Recommandable cependant pour l'insolente évidence du sens mélodique de certains titres. (M.) |
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The Coral: The invisible band |
Au secours, je vois du Can partout. Même chez The Coral. Il faut dire que la rythmique de She sings the mourning est assez évocatrice de la période Soundtracks (Tango Whiskyman, des choses comme ça). L'album est bien lancé mais la suite n'aura, il faut bien le dire, rien à voir (sauf Far from the crowd). Pas du point de vue qualitatif heureusement. Des morceaux plutôt légers aux guitares tintantes (So long ago, The operator) qui sont légers et réjouissants et incitent a dandiner de la tête avec classe (c'est difficile mais avec un peu d'entraînement on y arrive). |
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Kelly De Martino: Radar![]() |
De bruit et de fureur. Et puis de calme et de douceur. Ainsi est la vie. Une petite douceur donc, comme l'album de Feist a calmé nos nerfs en 2004. Pourquoi mettre un des morceaux les plus faiblards d'entrée? Please don't call me est un peu à la traîne niveau mélodie, même s'il annonce assez fidèlement les ambiances rencontrées au long de l'album. En effet, la voix trouve des chansons à sa convenance avec le Bumblebees qui suit. La plage titulaire évoque très nettement Mazzy star ou encore Hope Sandoval and the warm inventions. A savoir des ambiances bluesy et tristounes. Pour les plus mal dans leurs tête, la guitare me fait penser aux tout premiers Cardigans (époque, Life, tout ça...) ou les soli langoureux de Spain (Radar, Saddest song). Parfois, on s'emballe et les guitares saturées sont poussées à fond. C'est pas vrai, c'est pour voir si vous suiviez toujours. Le morceau le plus nerveux est un folk plus classique et à la Suzanne Vega (Open the door). Le tout se termine par un morceau très proche de Lisa Germano (My little fighter) période Geek the Girl. Ne cherchez pas autre part l'album de la paresse estivale de 2005, le voilà. Reste que c'est etrêmement lent (New Orleans), et ne pourra s'écouter que dans des conditions d'humeur bien précise. Une alternative féminine à Spain. (M.) |
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On avait aimé le premier album, comportant un désormais classique des dancefloors, des morceaux apaisés et un superbe crescendo. Leurs copains de Scissors sisters ayant cartonné et remis New-York sur la carte de l'underground accessible, ils se devaient de répliquer avec justesse |
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Fort Minor: Rising Tied ![]() |
Rassemblé autour de Mike Shinoda de Linkin Park , le collectif Fort Minor délivre dans cet album un rap mainstream. Au delà de ça, rien à redire, le style est bon, les beats souvent fort classe et les sujets sont variés. Le choix des samples couvre une large culture musicale et nous change du son beaucoup trop étriqué des Neptunes. On se laisse donc prendre au jeu et on y revient. On n'attendait pas ça du rap américain qui ne nous avait pas intéressé depuis le dernier Outkast. A écouter. (F) |
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The Futureheads: The Futureheads |
Et si c'était l'album de trop dans le flot continu du rock anglais qui déverse des camions entiers de nouveaux groupes en espérant trouver de temps en temps le nouveau Franz Ferdinand ou Bloc Party (avec qui The Futureheads partagent le producteur)? Si on doit absolument jouer au jeu des sept ressemblances, c'est un peu le chaînon manquant entre les Libertines et les Hives (nettement plus pop que ces derniers cependant). Ces garçons ont aussi beaucoup écouté l'immortel London Calling des Clash (Hounds of love qui en fait est une reprise de Kate Bush). On songe également aux premiers albums de Wire 25 ans après. Du post-punk haché dont l'intérêt augmente avec la tension (A to B, Meantime), quand les guitares se font plus clinquantes (Carnival kids) ou quand ils se risquent à orchestrer un morceau entièrement à la bouche (The dangers of waters). Finalement, le meilleur morceau est mis à la fin (Man Ray), comme pour nous remercier d'avoir écouté les quatorze précédents. Ne fera pas date sans doute par la qualité moyenne mais l'énergie pop dégagée donnera aux amateurs du genre leur dose de bougeotte. (M.) |
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Goldie lookin chain: Safe as f**k |
Première surprise, un nouvel album alors que le premier avait tout l'air d'une récréation d'oisifs Gallois. Mais vu les nouveaux titres proposés en concert au Pukkelpop, on pouvait se douter que les Greatest hits (le dernier album s'appellera Debut?) allaient avoir une suite. Autre surprise, c'est un Gainsbourg (Canabis, ben tiens...) qui sert de gimmick au premier titre. Sinon, on est en terrain connu pour ce qui est du reste. De la pastiche pure et dure (r-n-b) à la fausse chanson sentimentale (Sister et son hilarant refrain) en passant par toutes les fantaisies imaginables. En termes de textes s'entend comme des amours zoophiles (Monkey love), des scies musicales (Hit song qui sent fort la pastiche de Eminem) ou des déboires de la fumette (h-r-t). Musicalement, on est toujours dans le classique, voire le old-school. Ce sont donc bien de faux branleurs. Leur flow est assez accrocheur. Le mélange des voix marche malgré le nombre important de rappeurs (10 sur scène). Si vous avez aimé le premier, vous allez aussi apprécier celui-ci puisqu'il est dans la droite lignée de l'opus précédent. Si vous ne comprenez pâs bien l'anglais, procurez-vous les paroles pour bien en profiter. Je me suis vraiment amusé en écoutant cet album, ce qui est rare. C'est ce que je vous souhaite aussi. (M.) |
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Du rock progressif. Déjà on s'étonne. Instrumental. Là, on panique. Et on a tort. Car rien ne vaut l'absence de voix pour installer des climats, vu que l'enjeu du couplet-refrain-bridge n'a plus de sens. Ici, le côté austère de la pochette est encore renforcé par le nom des morceaux, qui sont juste des numéros de I à V. |
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Jamiroquai: Dynamite![]() |
Des nouvelles du chapeau à cornes de Jamiroquai ? Non, bon alors parlons de l’album ? |
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C'est toujours avec circonspection qu'on se plonge dans un premier album qui est précédé d'une hype insulaire. La pop en Angleterre revient souvent à l'accomodation de vieux restes de références souvent les mêmes. C'est d'ailleurs le meilleur usage possible de cet album. Il y a un peu de tout dans ce mélange aussi joyeux que pas rigoureusement indispensable. En effet, apres le premier et plutôt réussi Everyday I love you less and less, où les spectres de Clash et Wire s'entrecroisent et I predict a riot au couplet référant à Blur et au refrain également clashien (drôle de mélange), l'album montre des penchants pop plus affirmés de morceau en morceau (influence de Blur encore sur Team mate et What did I ever Give you), entrecoupés d'hymnes à beugler dans les pubs (Oh my god) ou juste crétins à la Stokes pas en forme (Na na na na na). Quand on aura évoqué le Kinks pour Honoured satisfaction et un clin d'oeil à Bowie sur Saturday night, on aura presque fait le tour. A part une embellie pour Born to be a dancer et les deux premiers titres, on concluera donc à une semi-réussite qui ne figurera pas dans les annales du rock. (M.) |
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Urgence, sueur, peur. Loin des fioritures, des orchestrations flamboyantes. Bon, autant dire tout de suite à qui on pense tout au long de l'écoute: PJ Harvey. Plus dans l'esprit râpeux, charnel (érotique?) que dans la forme (les imitateurs de la forme, même si ce sont des trames identiques qui structurent les morceaux. De toute façon, c'est en s'éloignant du modèle qu'on a les meilleures réussites (la plage titulaire d'ouverture et son crescendo martial, le très garage Murdermile). Le tout semble encore plus nu, plus énervé, plus dépuoillé. Cette démarche minimaliste est ce qui force le plus le respect (At the back of the shell, Ticket Man). Une balance qui penche en leur faveur même si la connaissance de ce que fait PJ Harvey (soumettez les gens au blind-test sur Rodeo Town ou Dead road 7 et tout le monde tombe dans le panneau) déprécie énormément les qualités intrinsèques du duo (même si la chanteuse est beaucoup plus jolie que l'amie Polly Jean). (M.) |
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Il y a quelque chose de touchant finalement dans ce premier album éponyme de Kill the Young. Cette façon de proposer un rock épique trop légèrement suranné pour être vintage. En effet, c'est sans aucun doute vers Placebo et encore plus Muse (c'est particulièrement flagrant sur Addiction qui tient parfaitement la route) qu'ils lorgnent. Ils montrent d'ailleurs un bel aplomb comme en témoigne leur single The origin of illness. Mais les temps ont beaucoup changé par rapport à la fin du siècle dernier. Les compositions propres, linéaires non inspirées par les années '80 ne sont plus en vogue. Mais qu'importe, ils arrivent avec un coeur gros comme ça (ils ne se laissent jamais aller à la balade par exemple) qui nous fait regretter en toute objectivité le relatif manque de folie et d'originalité du propos. Si l'attente d'un prochain album de Muse ou Placebo vous est insupportable, voici de quoi patienter en attendant des jours meilleurs. (M.) |
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Vous ai-je parlé du retour des années '80? Je suis si distrait de ces temps-ci. Cette fois, c'est le versant new-wave à tendance froide avec des voix féminines éthérées qui nous est proposé. Un peu comme les tout premiers Dead can dance par exemple. Ce genre était clairement tombé en désuétude. On peut donc se réjouir partiellement. se réjouir parce que remettre au goût du jour une version pop des débuts des Cranes (c'est flagrant sur l'intro de Sugar) ou encore Siouxie and the Banshees c'est toujours un plaisir et que des titres comme International dateline ou Destroy everything you touch sont vraiment très réussis. Ce plaisir est quand même mitigé par uen certaine uniformité malgré un apport de guitares plus présentes sur cet album et une très nette impression de déjà entendu. Car c'est un album clairement dans la lignée des précédents pour Ladytron. Pour ce qui est des variations internes, on passe du vraiment éthéré (White light generation) à du plus électro qu'à l'époque (Soft power), voire plus martial (Fighting in built-up areas chanté dans une langue non identifiée par votre serviteur à l'heure qu'il est - indice: une des chanteuses est Bulgare). Donc si vous avez envie de spleen léger et mélodique, vous pourrez trouver votre intérêt chez ce genre de Stereolab gothique. (M.) |
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Les bons albums commencent souvent bien. Ce n'est pas le cas pour celui-ci, qui sert de terrain de jeu au responsable du label DFA (The Rapture). Passez le trop convenu Daft punk is playing at my house. Les choses sérieuses ne commencent qu'avec Tribulations. |
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M: En tête à tête |
Ainsi donc le live au spectrum n'aurait jamais dû se trouver dans les bacs du vieux continent. On comprend mieux dès lors la sortie moins dicrète de cet ambitieux live. |
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Est-ce un hasard si un tel album pétillant revient avec les (tardifs) beaux jours? Sans doute, l'agenda des sorties des maisons de disques ne devant pas être fort tributaire des variations atmosphériques. |
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Avions nous besoin d'un album de pop/rock de plus? Voilà la question. On ne deniera pas à Metric leur energie et leurs jolies compos. Mais force est de constater qu'on a déjà entendu ça des milliers de fois. On pensera tantôt aux morceaux les plus enjoués des Cure, à Garbage pour les accompagnements electro/rock et certaines parties de voix (The list), à The Rapture pour la nonchalence et les rythmes qui tuent (Dead disco), à Muse pour les passages lyriques au piano et les ritournelles de basse (IOU). La voix de Emily Haines apporte une présence certaine et on se dit que c'est une valeur à surveiller mais qui ici n'est pas présentée de la meilleure façon.
Les morceaux moins rythmés sont quant à eux longuets, caricaturaux et souvent naifs, ce qui n'améliore pas le verdict.
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La limite entre la gentillesse et la niaiserie est mince. Celle entre la douceur et la mollesse l’est tout autant. Force est de constater que les Nada Surf sont ici tombé du mauvais côté. En effet, cette galette ne les fera malheureusement pas sortir de la deuxième division. |
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Nous sommes en 2006 et il est temps d’en finir avec les albums de 2005. Nous sommes en 2006 et certains semblent-ils ne l’ont pas encore réalisé. Voilà ce qu’on pense en écoutant l’album des Rasmus. En effet, cette soupe à un sacré goût de nineties, un mauvais goût de début des nineties. On a l’impression d’assister à une collaboration entre un Jon Bon Jovi au chant et au texte, Metallica à la batterie et la guitare et Evanescence pour le côté faussement « corbeau » et les costumes. Pire ça ressemble parfois à un tribute à Alice Cooper… On se consolera cependant en se disant que pendant que nos petites sœurs écoutent ce rock FM, elles ne tombent pas dans les drogues dures, Kyo et Star Academy en tête. |
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Brisa Roché, c'est avant tout une voix. Mutine, immédiatement familière, qui séduit tout de suite par sa déterminaton et sa douceur. Pour un premier album, il faut en effet convenir que l'amplomb est là. Du blues sans pathos ni ornement superflu (At the shore). Elle pourrait faire penser pour les plus anciens d'entre nous à la voix de la chanteuse de Ruby. Musicalement, on est dans des eaux d'un rock blues alternatif et léger. Mais pas furieux ni âpre. Parfois relevé d'un cuivre discret (Now that it's long over qui décolle véritablement), voire un violon qui souligne une petite douceur (Dans le vert de ses yeux). Car la variété est aussi au rendez-vous, balançant de ce que ferait Shivaree (souvent proche mais je préfère Brisa de loin) s'ils se lachaient en ayant trop bu à un arage sixties pré-punk (Helmet). Les chansons sont rendues attachantes par le don mélodique de cette Roché. Si l'album est plutôt long (21 titres), il respire grâce à ses intermèdes mais souffre aussi de certains morceaux trop semblables. Notons finalement que quand elle s'exprime en français c'est plutôt réussi puisque la sensualité qui émane d'elle n'est pas courante dans notre langue. Je confie donc à votre attention cette petite friandise plus vénéneuse qu'il n'y paraît. (M.) |
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"Le verre d'eau qui désaltère de l'alcool". L'expression est du sulfureux Pierre Louÿs dans un contexte inavouable. Mais dans le flot ininterrompu de recherche de la bombe absolue, il est bon d'avoir une pause hors du temps. |
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Spoon: Gimme fiction![]() |
Il y a les groupes de jeunes et de fureur, puis il y a une musique plus posée, le rock alternatif qui l'est vraiment puisqu'il se bat avec finesse. L'expression 'rock mature' fait peur car on s'imagine devoir se goinfrer un A.O.R. (pour mémoire, un Adult orientated Rock de sinistre mémoire). Mais ici la qualité est fort élevée, et l'intensité s'intalle dès le premier morceau. Mais pas nécessairement à la première écoute, ce qui est la caractéristique des groupes subtils sans être obscurs. Le refrain du morceau introduction (The beast and dragon, adored) semble tiré du Bowie de la période Space oddity mais les guitares sont encore plus bruitistes que le seront celles de Mick Ronson pour le thin white duke. Une autre référence s'impose aussi: celle de Jack sur le très bon The two sides of monsieur Valentine. Le reste fait dans le funk blanc et froid (I turn my camera on), voire Un rock presque garage seventies exécuté avec beaucoup de légèreté (Sister Jack, I summon you). Mais la marque de fabrique reste l'utilisation de guitares dans des délires sonores à la Can (My mathematical mind) ou plus bruitistes (The delicate place). A force de réécouter cet album afin de voir ce qu'il avait dans le ventre, il s'est établi une connivence. Et finalement, c'est avec enchantement qu'on réécoute le tout. Un bon album alors? C'est exactement ça. (M.) |
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Quelqu'un fera-t-il une étude dans plusieurs années sur l'émergence des groupes en 'The' qui poussent comme des champignons après la pluie? Je souhaite bonne chance à ce futur aventurier en tous cas. Surtout s'il doit tout réécouter. Ce n'est pas avec cet album qu'il va soufrir de toute façon. En effet, The Rakes pratiquent un post-punk assez aguichant qui peut évoquer à ce titre les premiers Wire (The guilt, Retreat, Work work work (pub, club, sleep)). Mais bon, quelques écoutes ne m'on pas permis d'en faire (comme certains) une oeuvre majeure. Même si des morceaux comme Open book ou Terror! sont assez au-dessus de la production anglaise moyenne du moment. Finalement, le seul défaut de cet album, c'est de passer après le fantastique Silent Alarm de Bloc party (leurs copains). La voix heureusement est suffisament différenciée pour que We are all animals (très chouette) ne sente trop le déjà entendu. Mais il faut reconnaitre que ça devient plus intéressant quand un peu de synthé vient égayer le tout (Binary love, T bone), donnant le supplément d'originalité qui fait mouche. Pour avoir critiqué par paquets les nouveaux groupes anglais cette année, il s'agit d'une des plus digestes et enthousiasmantes productions du genre. Si la bande à Kere Orekere vous a laissé un goût de trop peu, voici le complément qu'il vous faut. (M.) |
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Rubin Steiner: Drum major ![]() |
"Fini le jazzy, retour à la couille". Le Français Rubin Steiner avait-il raison de proférer tel aphorisme? oui, au vu de la bombesque coqueluche des compilations de ce début d'année: "Your life is like a Tony Conrad concert" avec sa fin aux guitares semblant tout droit sorties de CAN. Oui aussi pour les jolis crescendos de Schlaffenwagonnet et ses breakbeats occasionnels. Moins pour l'introduction de Can you spell it, plus destinée à être une musique de fond pour bar branchés. Il y a quelque chose d'étrange dans ces morceaux commençant souvent mollement pour s'épanouir. Les influences sont variées, l'orgue de la fin de Moderation pourrait même sortir de 'Cold' de The Cure. Mais l'easy-listening n'est parfois pas très loin (my own style). Il y a même des morceaux pseudo-acoustiques (Que bonita es la vita, Universe) qui apportent une touche de douceur, comme sur un album des Chemical Brothers ou Death in vegas. Au final, un album agréable à l'écoute, plus fouillé qu'il n'en a l'air et contenant un moment de pure nervosité. (M.) |
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The Tears: Here come The Tears![]() |
Certes, j'aurais pu énumérer les frasques des deux comparses de Suede Brett Anderson et Richard Butler depuis leur tapageuse séparation. Mais l'essentiel tien là, dans nos mains, ils se sont rabibochés et surtout remis au travail. A la première écoute, l'esprit Suede est tellement présent que je ne vois pas l'intérêt d'avoir changé le nom du groupe. Mais rien ne retient l'attention, même si les recettes qui faisaient le succès du défunt groupe: ces ambiances à la David-Bowie-goes-Britpop sont bien là. Et puis, à force d'acharnement, on se surprend à trouver ça bien composé, bien exécuté (Autograph, Imperfections, Lovers), même s'il n'y a vraiment rien de neuf comparé à un album comme Coming up de Suede par exemple. Ce n'était pas le but mais ce ne sont qu'un paquet de chansons qui font toujours de l'ample, du tarabiscoté. Si certains chansons diluent l'intérêt (Two creatures - The asylum), la voix toujours aussi singulière de Brett Anderson et la personnalité des morceaux plus langoureux (The ghost of you, Co-star) emportent la mise. Au long des les écoutes néanmoins, on ne s'est pas fait rouler, on a découvert de nouvelles chansons de Sued.. Heu, The Tears quoi... Et c'est déjà ce de pris pour les fans. Et c'est une occasion de ratrappage pour les autres. Vous êtes en droit de penser que cette critique est bien indigente pour vous faire un avis. Ca peut pas marcher à tous les coups non plus... (M) |
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Vive la fête: Grand prix![]() |
A quoi ça tient la branchitude. Des Gantois parlant français, un membre occasionnel de dEUS (Danny Mommens), une chanteuse au physique provocant, des comptines pop faussement naïves mêlant les influences années '80 et des paroles mutines. Disons-le tout de suite, le quatrième album de Vive la fête marque une certaine stagnation. En effet, malgré quelques réussites manifestes (La vérité), le reste se fond dans une certaines uniformité, comme si le pilote automatique avait été branché du début à la fin. Du côté des inspiration, on ira chercher du côté du The Cure de A forest (1980 quand même) pour le son de batterie (La vérité, Petite putain, Sabrina, Claude François), chez le Visage de Fade to grey (Exactement), voire, et c'est moins glorieux, chez Ca plane pour moi (Tu connais la dernière). Il va de soi que les paroles de Vive la fête n'ont jamais fait dans la recherche mais là, les paroles de Claude François, Chauve-souris ou Non-stop sont quand même au-delà de la naïveté charmante. Moins varié que Attaque surprise, moins inventif électroniquement que Nuit blanche, le quatrième album de Vive la fête assure le minimum pour un public déjà conquis. Pas assez varié, il reste néanmoins une valeur sûre dans cette catégorie d'electro-pop. L'avenir nous dira si c'est passager ou s'ils ont moins à nous dire. (M.) |