Qu'est-ce qui a décidé la
maison de disques
à promouvoir ce disque plus qu'un autre, à le présenter
comme celui de la résurrection de Morrissey? Le très
emballant simple English
blood, Irish heart? On ne le saura pas. Car en effet, il n'avait
pas vraiment disparu de la circulation. Juste quelques albums un rien
anodins (Maladjusted).
Alors, bon, jouons le jeu, Morrissey revient. Il a une des voix les
plus renversantes du monde et il a incarné un des groupes les
plus importants de ces trente dernières années (les Smiths pour
les distraits).
La carrière solo de Morrissey est plutôt erratique, alternant
le poliment intéressant et le moins écoutable. La voix
toujours reconnaissable mais les compositions beauoup moins inspirées
par les Smiths que
celles, par exemple, d'un groupe comme Gene. Ses sommets sont
(et resteront, je le crains) Vauxhall and I et Southpaw
grammar, le premier pour l'absolue
simplicité des compositions qui font mouche sur chaque morceau,
le second au contraire pour ses envolées culottées.
Et celui-ci alors? Un très bon début, une charge anti-i-américaine
plutôt réjouissante, le single puis un slow prenant.
et puis l'essoufflement. Une grâce sauvera toujours l'ami Steve
du ridicule le plus noir mais sur la longueur c'est plus fastidieux,
même si l'album n'est pas très
long (12 titres).
Un faux retour donc, qui rappellera de bons souvenirs à ceux qui ont
connu la pleine forme de Morrissey. Si un jour le courage m'habite,
il faudra faire part des albums des Smihs et Morrissey,
histoire de mettre en abyme la semi-réussite de cet opus. ( M.)