Quand la vague Electroclash (pour faire
simple, des sons électro pour une énergie punkoïde) a submergé l'underground,
Miss kittin (Caroline Herve de son vrai nom, ce qui le fait moins il
faut dire), méritante DJette française est projettée aux avant-postes.
Avec de nombreuses collaborations (c'est elle qui chante sur le Silver
screen-shower scene de Felix da housecat, hymne electro par excellence),
des compilations de mixages de fort haute tenue (Radio
Caroline, On
the road) et un album avec The Hacker, on croyait tenir une idole 'culte',
c'est-à-dire adulée par un petit nombre de connaisseurs.
Alors arrive ce I.com. Ca commence en terrain connu, histoire de ne
pas faire fuir les fans de la première heure. Un rien plus métallique
peut-être. Puis c'est le très allemand (en tous cas on pourrait très
bien retrouver ce morceau sur une compilation du type label Mofa) Requiem
for a hit et le très 'garage' Meat Sue be she.
Puis on termine la partie récréative. La suite est plus lente, dense
et intéressante. Les très
bjökiens Happy violentine et Allergic
to myself entamment cette partie
plus introspective. Les rythmes se ralentissent, les ambiances se font
plus moites, en admettant des interludes plus - trop ? - légers comme
Kiss Factory ou techno comme Soundtrack
of now.
Et puis tout se termine
par le plus douteux. On se souvient de la pas terrible reprise de Light
my fire par Massive
attack (dont l'âme plane sur un morceau comme Dub
about me) à la fin
du pourtant formidable Protection. Ici, c'est l'impensable L'Aventurier qui passe
à la moulinette minimaliste. On comprend mieux les paroles, maintenant, on est
sûrs que ça ne vaut rien dire. Merci Caroline.
En devenant Mainstream dans la distibution, Miss Kittin arrive à rendre
passionnant de bout en bout un album electro, en révélant sur chaque
titre des idées attachantes. Certes, ça reste plus difficile que du
Benny Benassi, mais bon, un talent s'épanouit, on a du plaisir à l'écouter.
Une bonne surprise donc. Merci Caroline (M.)