Leonard
Cohen : Songs of love and hate |
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En
général, c’est un chanteur
plus ou moins connu qui profite de sa notoriété pour imposer
sa prose bavarde et plutôt pelante (je pense aux écrits
dispensables de Jim Morrison et Bob Dylan).
Ici, c’est
le contraire ; un écrivain se met à la chanson avec un bonheur
certain. Comme souvent dans le cas de la musique folk, les premiers essais
plus dépouillés sont plus réussis. Troisième
album après notamment très abouti Songs from a room,
il représente un peu tout ce que j’aime chez le Canadien.
Contrairement à ce que fais d’habitude, c’est en l’écoutant
que j’écris. La voix à elle seule vaut le déplacement.
Chaude, désabusée mais réconfortante, rendue à
sa grâce originelle par la technologie du CD (je possède
aussi le vinyle mais malgré mon attachement à ce support,
force est de constater que le temps a fait plus de tort que de bien à
mes disques noirs). Cette voix grave pourrait exprimer toute la douleur
du monde mais elle ne le fait que très rarement. Les textes sont
travaillés, ciselés dans les moindres détails, c’est
un chanteur à écouter. Mais si vous n’y comprenez
pas grand-chose, l’effet sera exactement pareil. Même dans
la plus noire des solitudes ou dans un moment de partage intense, il sera
là et vous serez bien. Avalanche ouvre cet album. Pour les amateurs
de curiosités, sachez qu’il ouvre aussi Your funeral,
my trial de Nick Cave. On se rend alors compte qu’il sait aussi
manier une guitare ; mais ne vous y trompez pas, ce n’est pas un
type seul dans son grenier avec un magnéto, une touche subtile
de violon ou de chœurs vient relever le propos. Et on se fait la
réflexion que malgré des réussites plus tardives
(Everybody knows, qui marque de sa présence des films
aussi différents que Pump up the volume ou Exotica de son compatriote
Atom Egoyan, Aaaah, la scène avec Mia Kirshner en écolière…
mais je m’égare…), c’est sur ce disque et nulle
part ailleurs que l’alchimie est à son comble. Partagez donc
ce moment de grâce. Ecoutez de ma part Famous blue raincoat.
Allez en paix. (M.) |
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A écouter aussi :
Songs from a room (1970)
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