Boîte à vague, point de vue
Suite à l'article de Michel Clugnet, une boîte à vague
(d'ailleurs bien proportionnée...) dans la rubrique Bricolage d'ar.com, je
vous propose le fruit de mon expérience à ce sujet.
Nouveau venu dans le monde récifal, je serai prudent dans mes propos qui s'appuient
sur une expérience de plus de dix ans dans l'eau de mer, précédés d'un nombre
d'années considérable dans l'eau douce...
Ceci dit, la " vague " dont je vous parle a fait ses preuves
de fiabilité et de confort pendant pas mal de temps sur un bac de 1000 litres
(200 x 80 sur 67 de haut). Je pense même qu'elle a été à la base d'une maintenance,
dans de bonnes conditions de vie, de mes poissons, ce qui, ne l'oublions pas,
doit être le souci majeur de tout aquariophile digne de ce nom.
Dans le monde récifal, où l'esthétique est on ne peut plus omniprésent, le
confort de vie des coraux comme celui des poissons, doit suivre le même principe
: d'abord l'intérêt des animaux avant celui (bien sûr compréhensible) du "
propriétaire ".
Je le répète, mon manque d'expérience dans le monde récifal ne me permet pas
de donner des conseils ; toutefois, pour ce qui me concerne, je continuerai
à appliquer la méthode qui fait passer en priorité l'obligation " d'assurer
" dans mes choix de coraux et poissons, compte tenu de leurs exigences et
des conditions de maintenance que je pourrai leur donner.
Après avoir installé une boîte à vague classique, qui, d'ailleurs,
faisait un bon travail de brassage, j'ai trouvé qu'elle était gênante lors
de nettoyage ou de travaux. Elle était toujours placée là où il fallait pas.
Il faut dire que le bac est placé à cheval sur une cloison, la partie avant
donnant sur le salon et la partie arrière, avec toute la machinerie, donnant
dans un cellier.
Alors m'est venue l'idée de placer l'appareil en hauteur, ajoutant ainsi de
la force de chûte d'eau. Pour ce faire, j'ai utilisé un récipient servant
de réceptacle à l'eau contenue dans la boîte lorsqu'elle bascule. La boîte,
elle, se remplit grâce une petite pompe de 600 litres/heure (environ 300 à
cette hauteur de remontée).
Après de nombreux prototypes plus ou moins bien réussis… et
bruyants, je suis arrivé à un modèle qui " tourne " depuis déjà un certain
temps. Dans mon bac marin, les poissons (surtout les Dascyllus et les poissons
de pleine eau) aimaient bien se trouver dans les tourbillons.
A ce jour, de 12 heures à 20 heures, toutes les 3 minutes, vingt litres d'eau
se déversent dans le bac principal, au travers d'un tube en PVC de 60 mm de
diamètre. Bien sûr, en sortie et au moment de pénétrer dans le bac, j'ai positionné
un coude ouvert permettant de casser l'arrivée verticale de l'eau et, du coup,
de diriger le jet dans une direction précise.
A mi-hauteur de ce tube reliant la boîte réceptacle au bac principal (80 cm environ), j'ai placé un joint à pas de vis, me permettant ainsi de diriger mes vingt litres d'eau.
Par le jeu du coude, il est alors possible de déplacer l'arrivée de l'eau (à gauche ou à droite du bac, voire au milieu). Les audacieux peuvent fabriquer un second système, fonctionnant simultanément et de manière aléatoire, se contrariant même parfois, pourquoi pas ?.
De toute manière, on se retrouve dans le courant actuel qui a tendance à préconiser un brassage puissant avec du volume lent mais non violent et non sous pression (comme la sortie d'une 2000 litres qui " souffle " toujours dans le même sens)….
Le matériel a été déjà défini et est d'un coût modique. Des plaques de plexis de 6 mm vissées pour la boîte basculante. Une boîte achetée dans un grand magasin (60x40x40) pour le recepteur; du tuyau, des joints , de la colle… et un peu de savoir bricoler.
Un couvercle sert à gérer les éclaboussures inévitables lorsqu'on déverse brutalement vingt litres d'eau dans un récipient quel qu'il soit.
Astuce : lorsque la boîte basculante est finie et qu'on la monte sur ses axes, on a hâte de faire un test de bascule. Pour quelques millimètres, parfois, elle ne bascule pas ou irrégulièrement. Eh bien, facile ; on équilibre la bascule en collant du polystyrène extrudé à l'intérieur et au pied de la boîte. Le volume de l'extrudé étant moins lourd que l'eau, la boîte basculera…
PS. J'écris ce papier alors que je suis confronté à de lourds problèmes de cyanobactéries, de bryopsis de toutes natures… Pourtant mon eau est belle, claire, sans odeur, sans nitrites, avec un bon Ph et de bons Phosphates… Mais trois mois d'âge, c'est un peu vert surtout dans le vignoble bordelais…
Bon courage et du plaisir à tous.
Michel Petit