L'Aipstasia, état de l'art
I ) C'est quoi, l'aiptasia ?
L'aiptasia est une petite anémone (jusqu'à 12
cm de haut, rapporte-on) dite "anémone de verre" de couleur
brune transparente.
Elle n'a pas d'origine géographique particulière (vous pourrez
être infesté avec des PV de n'importe quelle provenance ! :o)
) et se reproduit facilement, par scissiparité ou par lacération
pédale (reproduction asexuée).
Il existe plusieurs espèces d'aiptasia, que nous ne détaillerons pas ici. En effet, nous nous axons sur les moyens de les éradiquer des bacs récifaux, et leurs faiblesses (que nous allons utiliser) sont communes à toutes les espèces.
Elle se déplace facilement, et à la manière de Discosoma SP, son pied se lacère pendant qu'elle change de place et elle laisse derrière elle toutes une série de fragments et cellules qui donneront autant d'individus.
Ces facteurs combinés aboutissent souvent à une invasion, et les éradiquer devient alors un combat désespéré mais vital.
l'invasion est rapide et implacable
Elles sont de plus très urticantes et peuvent brûler tout ce qu'elle touche (anémone, coraux de toutes sortes et formes, etc )
ce xenia pend lamentablement, completement stressé et blanc
On rapporte également que ses tentacules urticantes peuvent irriter les poissons par contact, entraînant stress et ce qui s'en suit
Si différentes solutions existent pour leur éradications, aucune n'est parfaite ; Il faut d'ors et déjà noter que tous les procédés qui consistent à gratter, broyer ou fragmenter l'aiptasia seront des échecs, à terme, puisque chaque morceau d'anémone donnera une nouvelle anémone.
II ) Elimination par méthodes manuelles :
A) L'injection
Commençons par les méthodes manuelles d'élimination.
L'idée de base est d'injecter au cur de l'aiptasia une substance
qui va la brûler, la consommer, provoquer un choc osmotique, etc
bref provoquer la lyse de l'aiptasia.
Pour cela, nous nous munirons d'une seringue hypodermique
que vous trouverez chez votre pharmacien. La seringue remplie, il faut viser
le pied de l'anémone, et traverser le membrane pour tenter de remplir
la cavité interne avec le liquide. Lors du piquage, l'anémone
va se rétracter. Vous devriez néanmoins avoir le temps d'injecter.
1 ) L'eau bouillante
C'est le produit le moins difficile à trouver. On vise bien entendu ici le choc thermique. C'est une méthode avantageuse, puisque vous n'apportez pas de produit supplémentaire à votre aquarium. D'un autre cote, même si cette méthode est décrite comme efficace par certains, je n'ai pas réussi à constater de bons résultats.
2) L'eau salée
Certains rapportent des expériences à l'aide de l'eau salée. L'avantage indéniable est que c'est le produit le moins dangereux de tous ceux qui sont proposé ici. Piquer l'aiptasia avec une eau à très forte densité permet un choc osmotique. Il m'est néanmoins d'avis que par cette méthode, vous ne pouvez pas être sur d'atteindre toutes les cellule de l'aiptasia, et donc qu'une régénération (ainsi qu'une multiplication ?) risque d'être constatée.
3) L'HCL
Parmi les méthodes suivantes, on va injecter un acide ou une base forte, afin de détruire, liquéfier toutes les cellules de l'anémone. Parmi ces substances, on trouve l'acide chlorhydrique. Son achat peut s'effectuer pour une somme très raisonnable dans n'importe quel supermarché. Celui que j'utilise est à 33%, un classique.
Je l'utilise pur. Le piquage de l'aiptasia provoque son affaissement et sa consumation in situ. Si vous avez bien rempli la cavité interne de l'aiptasia, elle sera entièrement brûlée. Sinon, il arrive (comme à chaque fois !) que vous assistiez à sa régénération.
On insistera sur le fait que l'acide chlorhydrique est un
produit dangereux, et que de plus cette méthode a l'inconvénient
de faire baisser le pH du bac. En effet, je me suis surpris à constater
un pH de 7.26 après avoir piqué une trentaine d'aiptasia dans
un bac de 200 litres. On prendra donc soin de ne traiter que quelques aiptasia
par jour, afin de donner le temps au pH et au KH d'absorber la charge acide
Préférez de toutes façons un acide " pur ",
le vinaigre par exemple n'étant pas assez concentré, et apporte
un tas de composés aussi inconnus qu'indésirables dans l'aquarium.
4) L'hydroxyde de Calcium
De la même manière que pour l'acide, on pourra tenter de détruire l'aiptasia par injection d'une base. L'injection de lait de chaux est un moyen pratique ; en effet, il vous suffit de récupérer votre fond de réacteur à calcium.
Certains utilisent du lait de chaux bouillant, afin d'augmenter encore l'efficacité. Un intérêt supplémentaire de cette méthode est que vous êtes (normalement ! ) à l'abri des chutes de pH :o)
Il est a noter que certains utilisent le lait de chaux en le déposant sur le disque oral et les tentacules afin que l'aiptasia l'ingère. Il n'y a donc pas piqûre mais le résultat escompté reste le même.
5) La soude
Concernant la soude, les proportions recommandées ont
été gracieusement postée sur aquamer ici :
sur aquamer ou ici sur AR.com
le résumé est le suivant :
J'utilise de la soude pour deux raisons :
- nos bacs en général (et les miens en particulier) ont plus
tendance à la baisse du pH qu'à la hausse et l'ajout d'un acide
ne va pas dans le bon sens. En plus le vinaigre c'est un produit contenant
plein de chose et de composition variable et indéfinie
-la soude concentrée en l'absence de courant fort forme autour de l'injection
un nuage "gélatineux" qui stagne et facilite la destruction
de l'aiptasia
Je prépare une solution avec environ 5 pastilles de soude pure (NaOH
PURE) dans 15 ml d'eau (une éprouvette à réaction TETRA)
et j'injecte parfois jusqu'à 3 fois cette quantité (45 ml) dans
un bac de 65 l (le seul ou j'ai eu des aiptasia ces dernières années)
à raison d'une seringue de quelque ml par aiptasia piquée dans
le "coeur".
Pour éviter la dispersion de la soude sur les coraux voisins il faut
couper le brassage et la soude reste en "nuage" pour ne se diluer
que lentement
Marc Langouet
Vous trouverez pour information le sachet de 250 g de soude en pastille auprès de votre pharmacien pour environ 10 euros (parfois sur commande) ces pastilles portent aussi le nom de " soude caustique ".
Conclusion des piqûres :
Ces méthodes utilisent des produits corrosifs, pouvant affecter les
paramètres du bac.
En plus, vous n'atteindrez pas les aiptasia cachées dans les trous
ou inaccessibles à cause du décor !
B ) Le produit chimique
Dans la suite des méthodes peu naturelles mais sans piqûre, on trouve le produit " Salifert Aiptasia Exit ", que je n'ai pas encore testé. Il s'agit d'une substance verdâtre que l'on dépose à l'aide d'une seringue dans la bouche de l'Aiptasia et un peu sur elle. Le but est qu'elle en ingurgite afin qu'elle s'intoxique : Elle en meurt en 24 heures. Ce produit ne présente normalement aucun danger pour les autres habitants du bac.
C ) Le planté de bâton
E ) L'enfermement
Une autre méthode consiste à enfermer l'aiptasia sous une pâte d'hydroxyde de calcium. Il va de soi que ce n'est pas toujours possible due à la position de l'aiptasia. On obtient néanmoins quelques succès d'estime.
F ) L'aspiration
L'idéal serait d'imaginer un appareil qui décrocherait
et aspirerait l'aiptasia de son support, tel l'appareil d'aspiration du dentiste.
Si quelqu'un a une idée, qu'il m'écrive ! :o)
( idée prise ici suite a la lecture http://petsforum.com/fishnchips/2002/fnc0102.html
)
G ) le support de substitution
Une méthode élégante a été
proposée sur aquamer que nous appellerons la " méthode
de la coquille de moule trouée. "
On recouvre l'aiptasia d'une coquille trouée. Attirée par la
lumière, l'aiptasia grimpe, et on retire alors la coquille : extraction
du problème. Malheureusement, il apparaît qu'en montant, l'aiptasia
lacère son pied, donc peut redonner une (voir des) aiptasia des que
l'éclairage du rocher d'origine reprend
A éviter :
D'une manière générale, on évitera donc toute lacération, grattage, broyage de l'aiptasia. Toute cellule dispersée donnera autant d'aiptasia.
On fera également attention aux éventuels nuages toxiques qui pourraient résulter des injections des différents produits cités ci-dessus, en particulier de la chaux. On recommande donc d'arrêter les pompes, et si un corail était touché, un léger battement de la main pour disperser le nuage.
On évitera de même de piquer à l'acide chlorhydrique un grand nombre d'aiptasia en même temps, et on préférera les piquer par groupe de 10, par exemple, à plusieurs heures ou jours d'intervalles, ceci afin de ne pas amener un changement rapide du pH.
On peut également trouver la recommandation de faire bouillir la pierre. On voit tout de suite l'impossibilité de cette méthode si on a un décor conséquent, et de plus, on stérilise la pierre, ce qui est exactement l'inverse de ce qu'on cherche à faire en achetant des pierres vivantes . (On peut ajouter qu'en plus, après toutes ces aberrations, la place sur la pierre est libre pour le développement d'algues, etc )
IV ) Les armes naturelles :
A ) Remarques
Dans les remarques générales, il apparaît
que le manque d'iode est fatal aux aiptasia, mais il fait souffrir les coraux
et anémones avant elles.
Il semble acquis que la prolifération d'aiptasia est synonyme d'eau
fortement chargée en nutriment. Une première piste pourrait
être de contrôler ces nutriments.
B ) Concurrence
L'idée est ici d'occuper le terrain avant les aiptasia. Certain Erythropodium caribbaeorum sont tout a fait capable de coloniser la roche et les trous affectionnés par aiptasia. Néanmoins, elle est urticante, et c'est donc remplacer un mal par un autre.
C ) Prédateurs
Ici, on n'a plus de problème d'accessibilité. Ces méthodes ont évidement le mérite de ne pas déstabiliser votre bac, et sont plus " naturelles et écologiques " que la piqûre à l'acide ou la barre de cuivre
1 ) Poisson
L'introduction d'un poisson papillon, par exemple Chelmon Rostratus, est une piste souvent préconisée dans la lutte contre l'aiptasia, dont il se nourrit.

2 ) Crevette
La crevette mangeuse d'aiptasia par excellence est Lysmata wurdemanni.
Ces crevettes se nourrissent en effet d'aiptasia, en plongeant
leurs pinces au cur de celles-ci, et en arrachant les " boyaux
", spectacle fort impressionnant.
Les Lysmata wurdemanni s'attaquent surtout aux petites aiptasia. Il faudra
donc prendre soin de dégommer les grosses, ou bien les déchiqueter
pour faciliter le travail de la crevette, qui semble impuissante face aux
grands spécimens, qu'elle ne fait que " taquiner " et- se
recroqueviller.
On ne note aucun problème de cohabitation entre Lysmata wurdemanni et Lysmata amboisensis .
La tendance de Lysmata wurdemanni a déchiqueter l'aiptasia permet de lui assurer un garde-manger par la repousse d'autres spécimens. On sera donc attentif à la disparition de ces crevettes, qui pourra alors être précurseur d'une nouvelle explosion d'aiptasia. il faudra alors (idéalement) remettre de nouveaux spécimens de ces crevettes dans le bac, ou juguler l'invasion le plus tôt possible.
Inconvénient : on a parfois du mal a trouver à
la vente Lysmata wurdemanni . Elles sont de plus très peu visibles,
et surtout de sortie la nuit. On peut enfin la confond parfois avec des Rhynchocinetes
sp. qui peuvent être coralivores.
Une espèce de nudibranche, Berghia verrucicornis, se nourrit exclusivement d'aiptasia.
Elle n'est pas facile a trouver, et est présente principalement
sur le marché US bien que peu exportée, mais relativement facile
à reproduire. Elle se présente sous la forme d'une limace verte
avec des taches noires. Le problème est évidement dans son alimentation,
qui fait que si il n'y a plus d'aiptasia, elle dépérira pour
ensuite mourir. La solution consisterait à entretenir une petite source
d'aiptasia (dans le refuge par exemple
) mais c'est entretenir un cercle
vicieux. On peut aussi envisager de la laisser brouter les aiptasia dans son
bac, pour ensuite la donner à un autre aquariophile ; mais on n'achète
pas en général un animal pour savoir qu'on ne pourra pas le
garder.
Une solution serait à construire avec et par les détaillants,
en ELEVANT cette limace. Ils pourraient alors la louer aux demandeurs (quel
récifaliste n'a jamais eu d'aiptasia ? ?) à la semaine par exemple.
En cas de mort, le détaillant fait payer le prix de l'animal. Il entretient
pour cela une culture d'aiptasia.
La vision d'Eric
Borneman sur cette limace
Pour information, un carton de ce nudibranche ramène le prix de la bête à 13 euros et 55 euros de frais de port.
V ) Adresse Internet et référence:
l'Aquarium Récifal de Sprung et Deeelbeck vol 1
FAQ sur les aiptasia, sur www.aquarium.net
Résumé des 3 moyens de contrôle : Lysmata wurdemanni, poisson papillon et bon développement sur Berghia verrucicornis (acclimatation et stockage), sur reefs.org
Description technique et physionomique de l'aiptasia . Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur son anatomie sans jamais oser le demander, sur www.science.lander.edu.
www.breeders-registry.gen.ca.us et www.seaslugforum.net, ou Berghia est une mangeuse d'aiptasia
Quelques pistes pour les vaincre, un certains nombres d'expériences relatées, sur www.science.lander.edu.
Différence entre vente Lysmata wurdemanni et Rhynchocinetes sp. sur reefs.org
La vision d'Eric Borneman sur reefs.org
Mail de Marc Langouet donnant les proportions pour utiliser
la préparation à base de soude.
sur aquamer ou sur AR.com
Une idée façon " dentiste " ! :o) sur petsforum.com