ARTHUR MASSON

Auteur de "Toine Culot"

1896-1970

Concepteur de la biographie : Jean-Michel Meert

Quelques mots sur moi…

e-mail :  jeanmichel.meert@skynet.be

 

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Son enfance.

1896 n’était certainement pas une année de grand cru, mais c’est en ce 22 février à midi qu’est né Étienne, Arthur, Joseph, Gilain Masson en la demeure de ses père et mère sise 44 rue Bertrand à Rièzes; (aujourd’hui, rue Arthur Masson en hommage à ce grand écrivain) il y résida jusqu’au 14 (cfr. R Delooz) ou 19 (cfr. M Lobet) août 1903. Ce village et ses terres marquent la crête de partage des eaux franco-belges. C’est également dans cette contrée des Fagnes ardennaises qu’il y fit ses premiers pas et où il courut dans les Rièzes (marécages) et les Sarts sur les pas de son père officiant en qualité de brigadier de douanes et des accises. Son père, Masson Jules Gilain, est né à Mazée le 1er décembre 1860. Il fit sa carrière en qualité de douanier dans l’administration depuis le 1er février 1888 d’abord comme :

préposé temporaire des douanes résidence Bentille du contrôle de Saint Laurent ( St Laureins-Flandre orientale),

préposé des douanes résidence Rièzes du contrôle de Momignies (Hainaut), transfert de même qualité le 1 janvier 1895,

sous brigadier des douanes résidence Autreppe sous contrôle de Blaugies (Hainaut) le 1 juillet 1903, résidence Oignies sous contrôle de Mariembourg (Namur), transfert de même qualité le 1er août 1903, Jollain sous contrôle de Péruwelz (Hainaut), et enfin :

brigadier des douanes résidence de Forges sous contrôle de Chimay   (Hainaut)  le 1er novembre 1909 jusqu’à sa retraite à partir du 1er janvier  1927 arrêté du 30 décembre 1926, D 189/65, après une carrière de 35 ans et 11 mois.

 

Il obtint la médaille civique de 2e classe le 17 août 1911 et la médaille civique de 1er classe le 31 juillet 1921

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sa mère Juliette Bajomez était femme au foyer, fille de Eugène Bajomez (berger) et de Aline Coline (ménagère) ; elle est décédée à Charleroi le 9 août1935. Ses grands-pères étaient respectivement maçons et agriculteurs. Il fut baptisé le 28 février en l’église de Baileux (voir photo ci-dessous) par l’abbé Godeaux, curé, délégué par François Joseph Lambert son collègue de Rièzes, qui a signé l’acte de baptême. Il est à remarquer que l’acte de baptême stipule comme prénoms Étienne, Arthur, Joseph, Ghislain. Et voilà déjà un changement de son 4e prénom qui passe de Gilain à Ghislain. Il aura pour marraine, sa tante Marie Bajomez - qui lui impose le prénom d’Étienne, le parrain ayant protesté, l’usage prévaut d’appeler l’enfant Arthur... controverse, elle aussi, digne d’une Toinade - et pour parrain son oncle Arthur Masson. Ce dernier garde forestier dans la région de Mazée, aura une grande influence sur notre Arthur, c’est à son contact qu’il apprendra le wallon, langue simple et riche tout à la fois. Il sera trimballé le long de la frontière française, au hasard des nominations de la douane ; car il est de coutume, de changer périodiquement les endroits d’affectation d’un douanier ; afin d’éviter la corruption.

Mes études, dira-t-il, à l’école primaire du village en sabots. Ah ! Les bons et vieux souvenirs ! Des souvenirs ? "Je dois vous écrire, me dit une femme du peuple. Ma veille mère aveugle ne riait plus depuis dix ans. Mon mari lui a lu "Toine Culot" et nous avons eu la joie de l’entendre rire aux éclats... Merci Monsieur. Et la plus drôle : Un belge établi en Algérie, marié avec une Algérienne, a lu Toine à ses femmes comme il me l’écrit avec humour.

Comprenez sa femme et sa belle-mère. ! Ce qu’elles ont ri, rit ! Étrange réaction de l’Afrique à l’esprit wallon, ne trouvez-vous pas...

Dans son film intitulé "L’homme qui écrivait des livres" diffusé le 3 septembre 2000 à la RTBF, Gérald Frydman, a su si bien nous raconter et filmer les chemins de vagabondage où Arthur faisait déjà l’école buissonnière.

Il fréquenta toutefois l’école du village tenue par les Machersoeurs, sur la place près des tilleuls et près du presbytère à côté de Saint-Gorgon.

 

Son adolescence.

En 1903, la famille va s’installer à Oignies près de la maison communale, et ce, comme suite à une mutation de son père. Il réside dès lors, au numéro 181 de la rue Grande. On retrouve très peu de renseignements sur cette période. Son adolescence se passera dans ce village qui l’a vu grandir et jamais il n’oubliera cette Thiérache et la vallée du Viroin. Ces gens d’une simplicité naturelle à travers un monde rustique viennent façonner le jeune garçon. Les décisions de l’administration qui a pris l’habitude de muter régulièrement ses agents contraindront notre jeune Arthur à découvrir sans cesse maints univers nouveaux.

Etienne a maintenant 7 ans et demi.

A cette époque Oignies possède une école communale tenue par Monsieur Houssa, le professeur de religion est Victor Delizée.

Il y a également des institutrices religieuses provenant des "Filles de Marie du couvent de Pesche"

 

En 1906, le cours de religion est donné par Monsieur Lepotre.

Les renseignements recueillis signalent en effet qu'au 31 octobre 1908, que l'école comptait 130 garçons et 112 filles.

 

Les institutrices religieuses étaient :

1903     sœur Blanche du Sacré-Cœur (primaires)

1905     sœur Archangèle (gardiennes)

1905     sœur Wivina (gardiennes)

1907     sœur Jeanne-Maria (gardiennes)

1907     sœur Agnès du Sacré-Cœur (primaires)

1908     sœur Agnès du Sacré-Cœur (primaires)

1908     sœur Marie Fidèle (primaires)

 

Les renseignements reçus de la Congrégation de Pesche,  nous informe de ce qui suit :

Nous ne possédons aucune photo des classes de nos sœurs institutrices de Oignies en Thiérache. Arthur Masson a certainement connu les sœurs Marie-Ursule (Odile Merveille) et Marie-Dorothée (Marie Lavandier) qui ont enseigné dans ce village à l'époque que vous mentionnez.

Bien fraternellement.

Sœur Simone Darquenne, archiviste.

 

 

Une sœur des "Filles de Marie"  

 

 

 

 

Arthur Masson et ses souvenirs d’enfance.

 

Sur son village natal et les déplacements

 

Il faisait si bon vivre là-bas que, j’en suis à peu près sûr, bien des vieux quittaient ce bas monde sans avoir vu une seule fois la capitale du royaume.

C’est que Rièzes bâti dans une clairière, n’était relié au monde civilisé que par une route banale, entretenue à longueur d’année par le cantonnier et fort peu praticable quand l’hiver y apportait ses neiges et ses méchancetés. Et cela arrivait souvent parce que le climat y est rude, proche qu’est le village du plateau de Rocroi, lequel a mauvaise réputation.

Ce voyage, on en parlait longtemps d’avance et on l’organisait comme une grande affaire. Le matin, on se levait très tôt, tous bagages prêts. Première étape : Chimay, par la charrette de celui qu’on appelait « le messager » (Victorien ou Couronné ? je ne sais plus). Nanti d’une collection d’ordonnances médicales et d’une liste d’achats divers, il parcourait deux ou trois fois chaque semaine cette route de Chimay. Il ne faisait pas très chaud dans sa charrette. On y remédiait par de vieilles couvertures. Le cheval, parfois, risquait un petit trot.

 

A Chimay, une bonne heure au moins de battement avant le départ du train. On en profitait pour aller casser la croûte dans un café en acompte sur le déjeuner reporté à une heure très exceptionnelle. Le train, c’était celui de la compagnie Hastière-Anor, avec ses employés aux uniformes aussi chamarrés que ceux des généraux sud-américains, avec aussi ses wagons de style berline, ses arrêts inévitables devant chacune des gares du parcours.

Au départ de Chimay, en hiver, deux hommes d’équipe ouvraient brusquement la portière, avertissaient d’une voix forte : « attention aux pieds ! » et lançaient dans le wagon de gros engins de plomb remplis d’eau bouillante. C’était là le système de chauffage de la compagnie. On appréciait sa délicate attention.

Mariembourg, nœud de communications ! Une longue attente de l’arrivée du train de l’état. Et puis, nouveau départ vers ce qui était notre terminus, à savoir le point d’arrêt de G…

Là, dûment prévenu, un oncle boucher qui faisait sa tournée à jour fixe nous attendait avec son bidet et sa charrette, et, une heure plus tard, on atteignait triomphalement le but du voyage. Au total, huit heures de cahotements sur rail et de sauteries sur route.

 

Et puis, un jour, on annonça un gros événement. Oui, on allait construire une ligne de trams à vapeur qui, passant par tous les villages de la région relierait Couvin à Chimay.

Ce tram, ce fut une révolution, d’autant que, agressivement moderne, il installa le chauffage dans ses wagons. Comme on vous le dit ! Chaque voiture fut munie d’un poêle au charbon. Et on le fit ronfler. On mangeait beaucoup de suie et de poussière mais il faisait si douillet, si familial dans le wagon !

 

Il n’y a plus de tram, seul, subsiste, en regardant de plus près, le tracé de la ligne, couverte de hautes et folles herbes. On a tout remplacé par des autobus. Ils ont leur utilité mais ils ne feront jamais oublier le petit tram à vapeur.

 

Ainsi, après un sommeil séculaire, la vieille route, à présent macadamisée et lisse comme un billard, a pris sa revanche. Et Rièzes, longtemps et farouchement défendu par son individualisme, est devenu comme tant d’autres un village ouvert à toutes les audaces du progrès.

 Mais pour moi, lorsqu’on évoque les Rièzes du début du siècle, j’en retiens quelques fidèles et simples images : deux religieuses enseignantes ; une dame corpulente et qui chaque dimanche, vêtue de soie de pied en cap et d’un invraisemblable chapeau orné de plumes d’autruche, descendait majestueusement, aidée par son cocher, devant l’église. Elle y entrait avec son importance et un vague relent de féodalité.

 

Il y avait encore les douaniers qui allaient toujours par deux. Ils ne portaient d’uniforme qu’au

bureau frontière. Pour le reste, fantaisie la plus large : casquette, chapeau melon, caban, manteau à pèlerine. Seul les distinguait l’énorme révolver qu’ils portaient au flanc et qu’ils trouvaient fort encombrant.

Encore et toujours, il y avait l’innocent du village, un vieux drôle surnommé le Pwè, qui vivait de charité et à qui l’on avait fait accroire qu’il était le maïeur du village. Il y avait le jeu de boulots, transposition de la pétanque, et la petite goutte à un sous.

A tous ces souvenirs touchants ou saugrenus, donnons le coup de chapeau qui mérite tout ce qu’enjoliva notre vie et ne reviendra plus.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’idiome massonnien.

La plupart des livres écrits par notre littéraire regorgent d’expressions wallonnes, traduites in fine des pages correspondantes. C’est le wallon de Mazée et de la région voisine ; les usagers des nombreuses variantes régionales n’ont aucune "ruse" (ou ruje) à l’assimiler aisément. Ce wallon local, comment Arthur Masson l’apprit-il ? Ce n’est certes pas à Rièzes où il ne vécut que ses sept premières années et où l’on parle un wallon particulier, très mâtiné de français.

Avant de revenir en 1910 dans la botte du Hainaut, à Forges plus précisément., sa famille transita par Oignies, village frontalier lui aussi, mais beaucoup plus proche de Mazée. Il y fit les quatre cents coups avec les gamins du village, dins l’wez eyèt dins les bos. Sans doute est-ce à Oignies qu’il peaufina son wallon de la vallée du Viroin. Sans doute aussi par osmose familiale sous-jacente, car ses nièces ont affirmé que ses parents lui parlaient uniquement le français. Mais entre eux, ils avaient recours à leur parler spécifique, surtout en certaines circonstances, quand l’émotion, la douleur ou la surprise les faisaient recourir spontanément (Nom dè dji d’restia !) à ce qui berça nos oreilles juvéniles, que nous n’avons jamais pût apprendre, car à l’école communale, le maître l’interdisait sous peine de recopier cinq ou dix pages du dictionnaire.

 

Sa communion.

Il effectue en 1907 sa première communion dans l’église Saint-Rémy d’Oignies; la date n’est pas précisée, car il y a un blanc de près de vingt ans dans le registre paroissial.

Sa confirmation s’est faite vraisemblablement à Nismes. Cette période nous laisse très peu de marques, mais l’on sait qu’à partir de ce moment, il y développe la connaissance de la région et de ses habitants.

 

L’école primaire.

Nouveau déménagement le 19 décembre 1908 vers la contrée de Heer-Agimont dans le quartier dit "le bac du Prince". Celui-ci regroupe en un îlot cinq habitations sur l’actuelle route de Philippeville - Dinant, d’après les recherches la famille a logé au nº 43. Le livre des Communes belges de 1872 cite déjà le bac du Prince comme faisant une partie dépendante de Heer-Agimont. Alfred Soussigne signale dans le tome IV d’Olloy-sur-Viroin que, dans le passé, en 1844, le chemin de grande communication Couvin - Bac du Prince (près d’Heer-Agimont, un bac traversait la Meuse à 200 m en amont de l’ile d’Androssai et permettait ainsi de gagner la route de Falmignoul sur l’autre rive), par Olloy et Vierves (route 52 actuellement), allait bientôt nous relier à l’extérieur par une route digne de ce nom.

Comme suite à une calamité qui s’abattit en 1845, la commune décida le 4 janvier, d’octroyer des terrains à la population (chef de famille).

Cette dernière restriction allait mécontenter les agents des douanes à qui furent finalement alloués ce qu’on appelle encore de nos jours "les sireries de douaniers" sises au Pret-au-Leu.

Ces sireries seraient d’après des renseignements une terminologie wallonne signifiant "part de bois ou appropriation de terrain".

Il va terminer ses études primaires à l’école d’Agimont. Son instituteur, Albert Maréchal, grand résistant pendant la seconde Guerre mondiale, fut décapité à Berlin. Les fouilles effectuées dans les archives de l’école ont permis de retrouver le registre matricule de la commune d’Agimont-centre, école communale mixte, années scolaires 1906-19.

Dans ce registre y étaient notés les inscriptions et l’avancement des élèves. En 52 et 53es positions on y lit les noms de Eugène Masson, né à Rièzes 17 avril 1899 et de Arthur Masson, né à Rièzes 22 février1896 et comme domicile, Agimont.

Le fait qu’Étienne se prénomme maintenant Arthur est  encore un changement qui lui restera acquit pour le restant de sa vie et c’est ainsi qu’Arthur est né une seconde fois. Mais d’où lui est venue cette idée de se prénommer Arthur ? Selon ses propres dires, il aurait eu à la naissance un frère jumeau, mais qui décéda quelque temps plus tard, de ce fait, on n’a jamais bien su exactement qui d’Étienne ou d’Arthur était resté en vie. Une colonne du registre indique également si l’élève a droit à l’instruction gratuite.

Durant son séjour dans cette école primaire, il a rédigé un excellent travail intitulé "Mon jardin en hiver". Celui-ci sera publié dans une revue pédagogique. Ce texte existe bien et pour preuve, les dires récents de la directrice de l’école de Heer-Agimont qui se souvient l’avoir lu, mais sans pouvoir apporter plus de précisions. C’est là qu’il découvrit "la civilisation", dit-il. Grâce à la Meuse et l’influence française qui ont d’ailleurs marqué la sensibilité du jeune homme pour qui, il n’y avait pas de frontière entre les deux pays. Il aimait le parler de France qui s’alliait au patois de la Thiérache d’une manière extrêmement cocasse.  C’est pendant ces années que lui est née la vocation du conteur faisant alterner dans ses livres un style un peu appliqué et les phrases wallonnes du cru.  Arthur a maintenant douze ans et termine ses primaires.

 

Mon jardin en hiver

 

Qu'il est triste l'aspect de mon jardin en hiver ! Avec les beaux jours, ont disparu les agréments qui en faisaient le charme.

Comment d'ailleurs s'y promener ? Allées, chemins, sentiers; détrempés par la pluie, sont impraticables, envahis par les feuilles collées de boue. D'autres fois, la neige les encombre et dans ce jardin, où tout m'est si familier, je ne reconnaîtrais plus les parterres ensevelis sous un grand linceul si les arbres qui les bordent n'étaient plus là. Pauvres arbres ! Eux aussi sont tristes.

Au printemps, je me plaisais à regarder leur floraison pleine de promesses; l'été, je m'arrêtais contemplant d'un œil quelque peu gourmand les fruits que mûrissait le soleil. Maintenant, rien que des branches dont la nudité laisse voir la forme tourmentée par les meurtrissures du sécateur.

Nus aussi mes parterres; le potager a été dépouillé dès les premières gelées qui ont tué mes fleurs : dahlias aux teintes variées, pensées et reines-marguerites multicolores ont péri sous la morsure du froid.

Partout un sol gris, sombre ou une herbe flétrie.

Ma charmille n'est plus cette muraille de verdure impénétrable aux regards; ses minces rameaux allongés ressemblent à une dentelle se découpant nettement sur le bleu clair du ciel; ma gloriette, où j'aimais à lire, à rêver, à m'assoupir aux heures chaudes du jour est aujourd'hui impuissante à me protéger contre l'âpre bise agitant les dernières feuilles sèches.

Et la tristesse est encore augmentée par le silence que troublent seuls les gémissements du vent; fauvettes et pinsons ne font plus entendre leurs joyeuses chansons dans la haie et dans la charmille; quelques moineaux volent çà et là en poussant des cris inquiets et plaintifs.

Au milieu de cette torpeur générale, les bordures de buis éternellement vertes, un buisson de houx égaré dans la haie aux feuilles luisantes et vivaces, sont les seules traces de vie que je retrouve.

Mais la bise souffle plus fort; glacé, je me hâte de quitter ce jardin en appelant de mes vœux le retour du printemps, du soleil qui doit rendre la vie à la nature.

                                                                                             

                                   E.M.

 

En 1909, son père occupe un poste à Seloignes. Arthur commence ses humanités et est inscrit en sixième moderne comme interne au collège de Chimay, mais il passe ensuite un mois plus tard en sixième Latine. La famille restera à Heer-Agimont jusqu’en 1910.

Une photo prise au collège de Chimay en date du 23 juillet 1909, nous montre le jeune Arthur parmi ses condisciples de la classe de 6e ; "le gamin terrible" est le second du deuxième rang (à partir du haut) à partir de la droite. Il est le seul à porter autour du cou une bandoulière blanche.

 

Le Collège de Chimay.

Son père étant muté vers Seloignes, la famille s’installe dans le village. Ils y résideront une très courte période (du 16 février 1910 au 16 décembre 1910), Arthur sera inscrit comme interne au Collège de Chimay.

Après Seloignes, voici Forges.  La famille va s’installer ensuite à Forges lez Chimay rue Haute Danse 106, ce qui permet à Arthur de devenir externe, et parce qu’il rate souvent le tram de 7h 15 reliant Forges à Chimay, il est obligé de faire tous les jours le chemin à pied.

La famille Masson occupa cette demeure forgeoise dès 1910 et cela, jusqu’à l’âge de leur retraite, quand ils retrouveront leurs pénates mazéennes. Une parenthèse : l’une des pièces de cette maison de Forges servait de bureau de poste douanier à son préposé, le brigadier Masson ! On était loin des coûteux bâtiments administratifs où l’on regroupe le personnel. On retrouve au Musée et Patrimoine d’Hastière-par-delà, chez l’abbé Pirotte, une lettre adressée par Arthur à un autre Arthur du nom de Sovet et dans laquelle il dit regretter les beaux coins de la Bauche et où il espère pouvoir encore revoir son ami, et où il y remet également ses amitiés à son maître d’école d’Agimont, monsieur Maréchal.

 

La Bauche.

 

La Bauche est un hameau d'Evrehailles. Au début des années 1900, il  se composait de  20 maisons et 95 habitants. Il est situé dans la province de Namur ( à 23 km) et son arrondissement administratif et judiciaire dépend de Dinant (à 8 km).

 

Dans sa lettre du 10 avril 1910 à Arthur Sovet, Arthur Masson le décrit ainsi :

…en revoyant ce coin de paysage que j'ai tant de fois admiré avec toi; j'ai beau regarder tous les endroits de Seloignes, aucun ne me semble aussi beau que ceux de la Bauche.

 

Effectivement, en regardant les quelques photographies de la vallée du Bocq et de la Bauche ont ne peut que constater qu'Arthur Masson était en admiration devant tous ces beaux paysages et que ses yeux d'enfant devaient briller de mille éclats.

 

 

 

 

 

 

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