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La mission Apollo 11en route vers la gloire !

Equipage de la mission

Neil Armstrong
Mike Collins
Buzz Aldrin

Mission du 16 au 24 juillet 1969.
Premier débarquement lunaire sur la Mer de la Tranquillité, le 20 juillet 1969.
CM : Columbia
LM : Eagle

Prélude

Michael Collins, pilote du module de commande d'Apollo 11 - 16 juillet 1969 :
"Tout était prêt. Tout avait été fait. Les projets Mercury et Gemini. Sept années passées sur le projet Apollo. Le travail de plus de 300.000 américains. Six précédents vols inhabités et habités Apollo. La programmation, les tests, les analyses, l'entraînement. L'heure était venue.

Nous étions très confiants. Nous avions confiance dans notre matériel : le lanceur Saturn, le module de commande et le module lunaire. Toutes les étapes de la mission avaient été essayées dans les vols Apollo précédents à l'exception de la descente vers et de l'ascension de la surface lunaire et, bien sûr, du travail exploratoire sur le sol lunaire. Cependant, ces étapes étaient loin d'être insignifiantes et nous avions concentré notre entraînement sur elles. Des mois de simulation avec nos collègues du Centre de Contrôle Mission nous avaient convaincus qu'ils étaient prêts.

Bien que confiants, nous ne faisions pourtant pas preuve d'une confiance exagérée. Dans la recherche et dans l'exploration, l'inattendu peut toujours arriver. Nous n'étions pas inquiets pour notre sécurité, mais nous n'aurions pas été surpris si une anomalie ou si une circonstance imprévisible devait nous empêcher d'alunir avec succès.

Alors que nous montions dans l'ascenseur vers le sommet de la Saturn en ce matin du 16 juillet 1969, nous avions conscience que des centaines de milliers d'américains avaient fourni le meilleur d'eux-mêmes pour nous donner une chance. Maintenant, à notre tour de donner le meilleur de nous-mêmes."

Gene Kranz, directeur de vol, s'adressant à son équipe - 20 juillet 1969 :
"Bien, à tous les contrôleurs de vol, un peu d'attention. Ce jour est notre jour, les espoirs et les rêves du monde entier nous accompagnent. Ceci est notre moment et notre heure, et nous nous rappellerons pour toujours cette journée et ce que nous avons fait. Dans la prochaine heure, nous allons accomplir quelque chose qui n'a jamais été réalisé auparavant. Nous allons poser un américain sur la Lune. Les risques sont élevés... mais cela fait partie de notre travail. Nous avons travaillé de longues heures et avons connu quelques moments difficiles mais nous avons maîtrisé notre travail. Maintenant, nous allons faire en sorte que ce travail soit payant. Vous êtes une sacrée bonne équipe. Une dont c'est un privilège pour moi de diriger. Quoiqu'il arrive, je serai là pour tout appel que vous pourriez faire. Bonne chance et que Dieu nous protège aujourd'hui."

CONTACT

Neil Armstrong et Buzz Aldrin descendaient vers le sol lunaire à bord du LM (nommé "Eagle"), le premier engin humain à tenter un alunissage (les prévisions les plus optimistes ne leur donnaient que 50 pour cent de réussite). A Houston, on venait juste de leur donner le feu vert pour la descente propulsée, au sortir de leur passage derrière la face cachée de la Lune. C'est ainsi que deux représentants de l'espèce humaine se dirigèrent vers une mer sans eau, appelée mer de la Tranquillité. "Eagle" allumait son moteur de descente tandis que les deux astronautes gardaient les yeux rivés sur les chiffres lumineux qui s'affichaient devant eux. Quand ces chiffres indiqueraient qu'ils étaient à 309 kilomètres du site d'alunissage prévu et qu'ils se trouveraient à exactement 16274 mètres (mesure effectuée par le radar de bord), ils déclencheraient la poussée de décélération pour réduire leur vitesse d'approche. Soudain, à 1830 mètres au-dessus de la Lune, un voyant jaune suivi d'une alarme stridente alerta les deux hommes. Aldrin réagit en lisant à voix haute les chiffres s'affichant sur l'ordinateur de bord : "Alarme 12-0-2" : l'ordinateur de bord venait de signaler qu'il était surchargé (dépassement des capacités d'exécution). A Houston, le contrôleur "GUIDO" Steve Bales (25 ans !) connaissait bien cet ordinateur. Il avait programmé celui-ci de sorte que toutes les fonctions vitales puissent être exécutées dans le temps imparti. Surtout, au cours d'une simulation réalisée quelques semaines plutôt, il avait déjà rencontré le même problème et savait que l'ordinateur du module lunaire continuerait néanmoins à fonctionner. Ainsi, et malgré cette alerte, Houston put confirmer la poursuite de la mission. A mille mètres, une nouvelle alarme retentit, relayée par Neil Armstrong : "Alarme 12-0-1" (nouveau dépassement des capacités de l'ordinateur de bord). Une nouvelle fois, alors que le doute commençait à s'insinuer en lui, Steve Bales donna le feu vert pour continuer. A six cents mètres, encore une alarme 12-0-1 ! A Houston, tout le monde avait les yeux rivés sur Bales : c'était à lui de décider. "Go ! lança-t-il. Go, bon sang !". Quatre cents mètres au-dessus de la surface lunaire, le LM entrait en phase finale de descente. Les deux hommes regardèrent par les hublots triangulaires pour observer le sol. Tout de suite, ils s'aperçurent qu'ils n'étaient absolument pas là où ils auraient du être. Ils ne reconnaissaient pas le site d'alunissage tant et tant de fois étudié au cours des simulations (en fait, le LM avait déjà dépassé le site prévu de près de sept kilomètres : une petite erreur de navigation, une descente plus rapide que prévue, une attraction lunaire inégale expliquaient qu'Eagle avait manqué son point de poser dans la mer de la Tranquillité). Armstrong n'aimait pas du tout ce qu'il voyait maintenant : des rochers entourant un cratère béant et un LM se dirigeant droit dessus. Immédiatement, le pilote aguerri s'empara du contrôleur manuel (la descente devait normalement se faire entièrement en mode automatique) pour faire alunir lui-même le module lunaire. Mais où ? Il n'y avait pas une place où se poser : que des rochers, des remblais énormes, des cratères meurtriers. Et plus que 90 secondes de carburant. Armstrong vit enfin un champ de pierres plus espacées. C'était là qu'il fallait se poser. Houston venait de leur envoyer l'avertissement : Soixante secondes (de carburant) ! Passé ce délai, et à défaut de se poser, il leur faudrait allumer l'étage supérieur du LM pour se séparer de la partie inférieure, remonter en orbite lunaire et rejoindre le module de commande. Quand il ne resta plus que trente secondes de carburant, un voyant orange commença à clignoter, indiquant que le carburant était au niveau de la réserve. Mais Armstrong continuait à descendre très lentement. De toute façon il était maintenant trop tard pour annuler la mission : le temps de séparer les deux étages du LM, ce dernier se serait déjà écrasé au sol. Enfin, une lumière bleue s'alluma sur le tableau de bord et Buzz Aldrin confirma le contact d'un pied du LM avec le sol lunaire : "Contact light ! " (voyant de contact allumé).

Selon certaines sources, il restait moins de dix secondes de carburant ! Toutefois, le rapport final de la mission Apollo 11 devait établir que le LM disposait encore en fait de 45 secondes de carburant au moment de son contact avec le sol lunaire (compte tenu de l'imprécision des jauges).
 

16 Juillet 1969

C'est à 14 h32 (Heure Française) que la capsule spatiale "Apollo XI" est partie de Cap Kennedy, au sommet d'une fusée Saturn V de 111 m de haut, pesant 3100 tonnes et d'une puissance de 155 millions de chevaux.
"Apollo XI" doit, pour la première fois dans l'histoire de l'Humanité, amener des hommes sur la lune. Le 19 Juillet, "Apollo XI" s'est satellisée avec son équipage composé de Neil Armstrong, Edwin Aldrin et Michael Collins autour de la Lune. Après une vérification approfondie de toutes les installations techniques, la séparation du module d'exploration lunaire (LEM) "Eagle" s'effectue le 20 Juillet, emportant Armstrong et Aldrin vers leur objectif, Collins restant seul aux commandes d' "Apollo XI" en orbite autour de la Lune.

Après une manoeuvre plus que délicate, le LEM touche la surface lunaire à 21 h 17. Après un séjour de quelques heures dans le LEM, la sortie se prépare. Le premier homme à poser le pied sur la lune, Neil Armstrong, accomplit le geste historique le 21 Juillet à 3 h 56 et prononce sa phrase devenue célèbre depuis : "C'est un petit pas pour l'homme, un bond de géant pour l'Humanité".
Edwin Aldrin le suit quelques minutes plus tard. Les deux astronautes resteront en tout 22 heures sur la Lune, dont environ 2 à l'extérieur du LEM. Des images des opérations sont transmises en direct de la Lune à la Terre : on estime que 500 millions de téléspectateurs assistent de par le monde aux retransmissions, comme lors de l'envol d' "Apollo XI". Le programme de travail des astronautes sur le sol Lunaire comprend la mise en place de certains dispositifs scientifiques, par exemple pour la mesure du vent solaire, ainsi qu'une série d'exercices de mouvement sur un sol où la gravité ne représente que 20% de celle qui règne sur la Terre.

La première conversation téléphonique entre la Lune et la Terre a lieu entre les astronautes et le Président Richard Nixon. Le départ de la Lune a lieu le soir du 21 Juillet à 18 h 54 précises, avec l'allumage de la fusée de l'étage du LEM servant de retour. Le module s'arrime à la capsule mère "Columbia" à 22 h 35, les deux "hommes de la Lune", Armstrong et Aldrin, rejoignant Collins. Le lendemain "Apollo XI", après le largage de l'étage du LEM, rallume ses moteurs et entame sa route vers la Terre. Le 24 Juillet à 17 h 51, la capsule touche le Pacifique dans la zone prévue : la première expédition humaine sur la Lune s'achève. En souvenir du premier alunissage, les astronautes américains ont laissé sur le sol lunaire un drapeau US en Nylon, ainsi qu'une plaque d'acier inaltérable sur laquelle de futurs "touristes lunaires" pourront lire : "C'est ici que des êtres humains de la planète Terre posèrent pour la première fois le pied sur la Lune, en 1969 après J-C. Nous sommes venus en paix pour toute l'Humanité. Neil A. Armstrong, astronaute, Edwin E. Aldrin, astronaute, Michael Collins, astronaute, Richard Nixon, Président des Etats-Unis d'Amérique".  

 

Neil Armstrong a pris plusieurs photos de son équipier Buzz Aldrin sur la Lune.

Buzz Aldrin devant le drapeau américain, qui avait été congelé pour avoir l'air de flotter.

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