L'ouie, odorat, goût, toucher

L'ouie

Le cheval réagit aux excitations sensorielles par l'intermédiaire de ses cellules nerveuses qui font remonter à son cerveau de très nombreuses informations sur son environnement. 

Et pour le cheval, c'est une affaire qui marche : tous ses sens sont particulèrement bien développés.

C'est le sens le plus développé du cheval, grâce en particulier à ses oreilles en "antennes", très mobiles. Il est capable d'entendre des sons à plus de 4 kilomètres, à des fréquences allant de 20 hertz à 100 000 hertz, alors que l'ouie de l'homme est limitée de 20 à 20 000 hertz.

Le cheval perçoit donc bien mieux que nous les sons lointains et aigus (fréquences élevées). A l'inverse de l'homme qui pratique l'écoute sélective (il se concentre sur certains sons et ne prête pas attention à d'autres), le cheval pratique l'écoute totale. Un avantage pour être informé de tout de qui se passe.

Ainsi le cheval perçoit plus vite que nous quelqu'un qui arrive par derrière. D'où des réactions brusques qui nous semblent parfois inexplicables !

Le cheval qui doit travailler dans des ambiances bruyantes, avec la Garde Républicaine ou sur des plateaux de cinéma, doit être dressé en conséquence.

En course, surtout au trot, on peut boucher, puis déboucher les oreilles pour stimuler le cheval au moment du sprint.

Important : le pavillon doit rester protégé par les poils.

Cette faculté de percevoir des sons que l'homme n'entend pas a souvent été interprétée comme un sixième sens de l'animal. On a imaginé que les chevaux sentaient venir les orages, les tremblements de terre, etc, alors qu'en fait, ils les entendaient arriver bien avant nous. Ainsi un tremblement de terre est-il souvent précédé de vibrations de basses fréquences que l'homme ne perçoit absolument pas, mais que les chevaux entendent parfaitement, d'où leur excitation. N'oublions pas que le cheval est une proi et qu'il doit pouvoir repérer le léger bruit que produit le prédateur qui va l'attaquer...

L'odorat

En terrain inconnu: Un cheval se sert de son odorat très développé pour examiner les objets qui lui sont inconnus. Quand il entre dans une écurie ou un paddock nouveaux, il commence par en flairer tous les recoins et par s'ébrouer pour analyser ce nouvel environnement.

L'olfaction est très développée chez le cheval, ce qui constitue un de ses atouts précieux. Même si on a pu remarquer que la domestication abaissait cette faculté.

Pour reconnaître les amis et les ennemis: Chauqe individu, animal ou humain, dégage une odeur corporelle particulière. Les chevaux distinguent chaque odeur et reconnaissent de loin amis et ennemis. Pour se saluer, ils se flairent le nez. C'est, en quelque sorte, l'équivalent équin de notre poignée de main. L'odeur joue un rôle important dans l'établissement des liens entre la jument et son poulain. Le jument identifie l'odeur de son poulain au premier contact et distingue ensuite sans peine celui-ci des autres poulains du troupeau.

Le contact naso-nasal est très important pour identifier un homme, un autre cheval ou un aliment. Il faut laisser le cheval sentir votre haleine, renifler les objets ...

Et ne pas s'étonner si un nouveau parfum ou un nouveau vêtement le perturbe. Il doit s'habituer à cette nouvelle odeur.

L'odeur du cavalier:décisive Bien sûr, les chevaux connaissent notre odeur. Elle leur est agréable ou désagréable. Le couple cheval-cavalier ne peut fonctionner si le cheval est dérangé par l'odeur de son cavalier. Mieux vaut éviter, quand on vient monter ou soigner un cheval, de se parfumer. Les molécules synthétiques des parfums sont très fortement perçues par les animaux qui, en général,  ne les apprécient guère.

Le crottin sert de marqueur de territoire par son odeur.

A l'état sauvage: hygiène et territoire Les chevaux perçoivent les odeurs de très loin. Un étalon flaire une jument en chaleur à une distance de 600 à 800 mètres. Ils détectent aussi les points d'eau, même très éloignés. Un cheval ne broute pas à proximité de crottins dont son odorat lui signale la présence. C'est important, car il évite ainsi d'attraper des parasites intestinaux. D'une certaine façon, les odeurs participent également à la délimitation du territoire. Les chevaux déposent des crottins et de l'urine autour de leur territoire afin d'en marquer les limites pour les autres chevaux. Ces limites olfactives leur sont aussi présentes qu'une barrière peut l'être pour nous.

Quand un cheval détecte une odeur nouvelle, ou excitante, il prend une profinde inspiration, étend l'encolure, puis retrousse la lèvre supérieure. Ainsi, il capte l'odeur dans ses nasseaux et en imprègne les muqueuses de ses lèvres et de sa bouche. Cela lui permet de l'anlyser avec précision - ou d'en profiter pleinement. Ce comportement est appelé" la réponse de Flehmen". Il est caractéristique de l'étalon qui a flairé une jument en chaleur.

L'odorat et goût font office de système d'identification. L'odorat permet au cheval de faire le tri entre le familier et l'inconnu. Goût et odorat l'aident à distinguer ce qui est comestible de ce qui  ne l'est pas et à apprécier la qualité de l'eau.

Le goût

Ce sens est très développé, grâce aux nombreuses papilles gustatives. Le cheval a donc ses préférences dans l'alimentation. Mais ne confondez pas vos goûts avec les siens. Attention à l'anthropomorphisme : ce n'est pas parce que tel fruit vous plaît, que votre cheval en raffolera ! 

Les chevaux choisissent leur nourriture d'abord par l'odorat, puis par le goût. Le bout du nez et les lèvres, couverts de moustaches ultrasensibles, agissent commes des doigts et lui permettent de faire le tri entre ce qu'il veut manger et ce qu'il veut laisser de côté.

Gourmand Une fois flairés et analysés, les aliments sont différenciés par le goût: sucré, amer, aigre ou salé. Les chevaux acceptent le goût amer mais l'apprécient peu. Ils ont un net penchant pour les sucreries. Il est préférable de ne pas leur donner de sucre en morceaux - qui provoque comme chez nous des caries. En revanche, les carottes et les pommes sont les bienvenues. Certains chevaux apprécient également les goûts inhabituels et épicés tels que la menthe et le gingembre.

Plantes vénéneuses: voir aussi dossier plantes toxiques: Le goût est un mécanisme de sécurité vital pour le cheval: il apprend de bonne heure à reconnaître les plantes toxiques. Toutefois, il faut rester vigilant, car les chevaux n'étant plus élevés dans la nature, ils ne développent pas toujours cet instinct. Ne laissez pas votre cheval brouter n'importe quelle plante - attention en particulier aux conifères. Certains contiennent des poisons mortels. Voir dossier + photos

Le toucher

Le toucher est un sens privilégié naturellement chez le cheval. Il touche principalement avec son museau. Ces gestes englobent le léchage : dès sa naissance, le petit est léché par sa mère.

Le sens du toucher -le tact- est enregistré au  niveau de la peau par les terminaisons nerveuses. Les nerfs se terminent, en effet, au niveau du derme, en différents bourgeons, pelotons ou corpuscules dont chacun est spécialisé dans la détection de la douleur, de la température, du tact fin ou grossier. Le sensibilité de la peau du cheval ne dépend donc pas de son épaisseur, mais bien de la concentration de terminaisons nerveuses qu'elle contient. Cet état de fait permet au cheval de sentir la présence d'une simple mouche sur son dos !  Mais sa sensibilité est irrégulièrement répartie sur son corps. Certaines régions, comme sa tête et surtout ses lèvres, possèdent une très grande concentration de récepteurs alors que d'autres, comme son dos, sont nettement moins riches en terminaisons nerveuses. Cette différence de sensibilité se reflète également au niveau du cerveau du cheval, où des surfaces très inégales sont affectées au traitement des données venant des différentes parties du corps. Ainsi le bout du nez, les lèvres, les vibrisses occupent une grande partie du cortex, alors que le corps du cheval se projette, lui, sur une aire comparativement minuscule. Ceci n'a rien d'étonnant car le cheval utilise son bout de nez, pour explorer son environnement. Il a donc besoin d'une sensibilité aiguë à cet endroit. Ses sabots ne sont pas innervés, mais le cheval perçoit la nature du sol. Certains chevaux étaient même, paraît-il, capables d'éviter de marcher sur les mines enterrées pendant les guerres. Le sens du toucher du cheval lui permet d'apprécier les papouilles !  La preuve en est le phénomène du toilettage mutuel, au  cours duquel deux chevaux amis se mordillent la peua au garrot...

Le cheval ressent aussi la douleur et les températures extrêmes, tout comme nous. Il est donc tout à fait probable que l'application d'un fer rouge sur peau soit perçue exactement de la même façon par un cheval que par un homme...

Dans un troupeau, les chevaux se lèchent et se mordillent réciproquement aux endroits qui leur sont inaccessibles, comme la crinière.

En ce qui concerne les actions de jambes, il est inutile de tambouriner sur ses flancs puisqu'il perçoit très bien le souffle de notre botte...S'il ne réagit pas à nos actions de jambe, ce n'est sûrement pas une question d'intensité de stimulation, mais bien plutôt de code de communication ou de bonne volonté...

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