Le pouvoir létal

 

 

Un des sujets les plus fascinant et controversé des tireurs et chasseurs est certainement la question du pouvoir mortel (ou puissance d’arrêt,...).

 

D’un point de vue général défense (police, guerre,...), dans un combat à l’arme à feu, il n’est pas vraiment nécessaire de « tuer » votre adversaire mais il est nécessaire de le bloquer directement dans son geste pour vous « tuer ».

Donc, la puissance d’arrêt et non le pouvoir létal est bien le but à atteindre pour une arme de défense.  Dans ce contexte, il y a une importante différence de signification entre les deux termes.

Par contre, au niveau de la chasse, la puissance d’arrêt est assimilée au pouvoir létal.  Un animal chassé doit à la fois être tué et empêché de se retourner contre vous.

 

Il semble y avoir beaucoup de théories sur le sujet mais trop peu de tests réels pour obtenir des statistiques acceptables.  Le résultat de la situation est que quelqu’un donne sa théorie et se pose en expert en fonction de son expérience souvent restreinte.  On écarte quasiment toujours l’aspect de la balistique terminale, de la physiologie et la psychologie de l’animal chassé.

 

 

Toutes ces théories sur le pouvoir létal prennent en considération un ou plusieurs facteurs suivants :

 

     - Vitesse élevée de la balle (choc hydrostatique).

     - Choc.

     - Diamètre de la balle.

     - Poids de la balle.

     - Energie cinétique.

     - Performance terminale de la balle.

     - Placement de la balle.

 

Vitesse élevée :

 

Cette théorie explique que l’impact dû à la vitesse élevée de la balle entraîne une tension hydraulique énorme dans le corps de l’animal.  Ce choc brutal et soudain entraîne un dysfonctionnement cardiaque et nerveux donnant la mort sans même toucher d’organe vital.

 

Roy Weatherby, lors d’un safari en Afrique, a intentionnellement tuer des douzaines d’animaux avec son .257 Wby Mag pour démontrer sa théorie.  La plupart (j’espère tous) sont mort dès le premier tir.

 

 

Choc :

 

La mort de l’animal serait due à un état de choc après avoir été touché par la balle.  Il y a donc un arrêt d’ activité d’une fonction vitale non directement lié à la perte de sang ou aux dommages corporels.

 

Des chasseurs ont déjà remarqué que l’animal tombe mort brutalement sans avoir touché d’organes vitaux.

 

 

Diamètre de la balle :

 

De nombreux chasseurs sont persuadés qu’une balle de .45-70 Gvt est beaucoup plus efficace qu’une de .270 Win.  De la même façon, le .44 Rem Mag est meilleur que le .30-30 Win.

 

En fait, la densité surfacique joue un rôle incontestable dans le pouvoir létal.  Plus le trou créé dans l’animal sera important, plus il y aura de dommages.  Il ne faut tout de même pas oublier que l’expansion de la balle de .30-30 Win augmente considérablement la surface d’impact et donc la cavité à l’intérieur du corps.

 

 

Poids de la balle :

 

Le poids de la balle n’a pas d’effet direct sur le pouvoir létal.  Pour n’importe quel calibre, une augmentation de poids augmente la densité surfacique.  Cette densité surfacique est un facteur important de la pénétration.  Comme un diamètre plus important crée un canal plus important, une balle de SD plus importante crée un trou plus profond.

 

Une balle plus lourde retient également plus d’énergie et de vitesse qu’une légère.

 

 

Energie cinétique :

 

L’énergie est la capacité à faire un travail ou, dans le cadre de la chasse, créé des dommages corporels.  Il est clair pour tout le monde qu’un projectile transportant plus d’énergie a un potentiel pour créer plus de dommage lorsqu’il touchera la cible.

L’énergie donne la puissance pour la pénétration, l’expansion de la balle et la destruction des tissus.

Cette énergie est calculée en multipliant la masse par la vitesse au carré.  (USA : poids(grains) * (vitesse (feet/s))2 / 450400).

 

La Quantité de Mouvement (Q.M.) est le produit de la masse par la vitesse, en kilo par mètre seconde.

Q.M. Kg.m/s = (poids de balle en grammes) x (vitesse en m/s) / 1000

Q.M. Kg.m/s = (poids de balle en grains) x (vitesse en m/s) / 15400

Aux Etats-Unis, on utilise une unité particulière de moment pour l’arme de poing : le Power Factor.

Power Factor = (poids de balle en grains) x (vitesse en f/s) / 1000

Power Factor 50,5 = 1 Kg.m/s

 

 

On peut raisonnablement comparer le pouvoir létal de deux calibres en regardant l’énergie développée, pour autant que ces calibres soient semblables en SD.  On peut comparer un .270 Win avec un 7x64 mais certainement pas un .22-250 avec un .30-30 Win.

 

 

Performance terminale de la balle :

 

Un facteur qui prend de plus en plus d’importance dans les discussions sur le pouvoir létal est la performance terminale de la balle.  Si nous prenons une arme dans un calibre adéquat, en sélectionnant le bon type de tête, nous aurons des performances meilleures.

Par exemple, une tête FMJ ou Spitzer n’est pas du tout adéquate pour les gros animaux à peau et muscles très durs.

D’ailleurs la loi interdit parfois l’utilisation d’un type de tête pour une chasse particulière.

 

La tête parfaite ne devrait commencer son expansion qu’à partir du moment où elle atteint un organe vital et utiliser toute son énergie pour détruire les organes et tissus.

 

 

Le placement de la balle :

 

Le placement correct de la balle est de loin le facteur le plus important.

Malheureusement, en disant cela, nous ne sommes pas aidés dans le choix d’un calibre ou d’un type de tête.

 

Par exemple, un .223 Rem avec une tête de 55 grains pourrait tuer un lion.  Mais dans cette situation, je préfèrerais quand même faire confiance à un .375 H&H au cas où je manquerais le coeur.

Donc, si le placement de la balle est un facteur important, il ne doit pas être pris en compte seul.

 

 

 

Conclusion :

 

Il semble que la vitesse du projectile soit un facteur positif car il augmente l’énergie à l’impact.  En utilisant une balle lourde pour un calibre particulier, on augmente la SD et donc la pénétration.  En essayant de combiner les deux, vous augmentez inévitablement le recul ce qui dégrade les performances du tireur dans le placement de sa balle (le facteur le plus important).

Donc, un compromis doit être trouvé entre vitesse, poids et recul accepté par le tireur.

 

 

Le problème de choix est beaucoup plus facile pour le tireur sur cible puisque la tête doit « simplement » trouer du carton.

 

 

 

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