FIA-GT à Adria : Stéphane Lémeret marque ses premiers points


6ème à l’issue d’une course qui l’a vu pointer un bref instant en 2ème position, Stéphane Lémeret vient de marquer ses trois premiers points.


Patrick Six : Stéphane, ces trois premiers points, une surprise ?


Stéphane Lémeret : «Non, on savait qu’on pouvait se battre pour la 6e place. Mais sans le problème de transmission rencontré par Wendlinger, nous aurions sans doute été 7e car nous n’avons pas réussi à battre la Corvette SRT, qui était pourtant prenable.»


Après une qualification difficile, Full Speed a-t-il opté pour une stratégie agressive ?


«Avant le départ, je ne savais pas pour combien de temps je partais. Notre ingénieur devait décider en fonction du rythme, du trafic, etc. Comme mes temps étaient assez rapides et réguliers, il m’a laissé en piste le plus longtemps possible. Un peu trop même car j’ai failli tomber en panne d’essence dans le dernier tour de ce premier relais et j’ai perdu pas mal de temps à cause de ça.»


Lors de ton premier relais tu as réussi à remonter jusqu’en deuxième position. Décris-nous comment tu as pu en arriver là sur un circuit où en théorie il est impossible de dépasser.


«J’ai d’abord dépassé les deux Ford GT dans le premier tour, puis j’ai profité des ennuis de l’autre Saleen Full Speed, et enfin du fait que j’ai ravitaillé parmi les derniers. Une petite safety-car à ce moment-là aurait été la bienvenue !»


A Adria, pneus et freins sont soumis à rude épreuve. Comment avez-vous géré ces paramètres ?


«C’est la grande force de la Saleen : elle n’use pas ses pneus. C’est comme ça que je parvenais à revenir sur la Corvette SRT pilotée par Ruffier, en fin de premier relais. J’étais à peu près une demi-seconde plus vite, alors qu’en qualif et en tout début de course, la tendance est plutôt inverse. Quant aux freins, ils ne m’ont causé absolument aucun souci. Je m’en méfiais un peu mais ça a été nickel du début à la fin. Etonnant !»


Terminer premier équipage Saleen, une satisfaction ?


«Je ne l’avais pas remarqué mais c’est vrai que c’est un bon résultat à mettre à l’actif de Full Speed. On n’a pas eu le moindre souci mécanique durant les deux premières courses et c’est plutôt une bonne surprise.»


L’engagement de l’ingénieur qui développait la Saleen de chez Zakspeed, un plus ?


«Oui, vraiment. Il nous a déjà bien fait progresser alors que je ne l’ai présenté au boss qu’à Silverstone. Il n’a donc pas eu le temps de faire tout ce qu’il voudrait faire mais sa présence nous a déjà permis de faire un petit bond en avant dans la hiérarchie. A Silverstone, nous étions assez loin de pouvoir nous battre à la régulière avec les moins rapides des Corvette. A Adria, ce fut le cas et nous étions plus proches des premiers également. Sauf en qualif, où j’ai eu de gros problème à cause du powershift qui était défaillant.»


Les trois premières unités conquises, un pied de nez aux détracteurs, dont Anthony Kumpen qui a déclaré que la Saleen était la pire voiture qu’il n’ait jamais eu entre les mains ?


«Bah, Anthony finit à 10 secondes du vainqueur, moi à deux tours, donc je ne vais pas la ramener. S’il a dit ça, c’est qu’il le pense et c’est son droit le plus strict de dire ce qu’il pense. Mais je suis confiant pour la suite : nous avons encore une très belle marge de progression. Transmission plus courte, pneus mieux adaptés, ressorts plus souples… Je suis quasiment certain qu’on sera plus compétitif dès Oschersleben. Il ne faut pas oublier que le team est nouveau et que pas mal de choses doivent encore se mettre en place. Adria n’était qu’un premier petit pas en avant. Mais si ça avait marché correctement en qualifs, nous aurions été à environ une seconde la pole, alors qu’Anthony était à 1.7 en 2008. C’est aussi grâce au fait que les autres ne bénéficient plus de pneus Michelin usine.»


Tu as été chargé de qualifier la voiture, est-ce à dire que Full Speed a installé un système d’alternance ente toi et Luke Hine ?


«Oui, et Luke avait très logiquement commencé puisqu’il était à domicile à Silverstone. Cela dit, j’aimerais bien faire la qualif et le départ à Oschersleben aussi car je connais le circuit et pas lui. On peut peut-être switcher avec Bucarest, que nous ne connaissons ni l’un ni l’autre.»


Que s’est-il passé au cours de tes tours de qualification ?


«J’étais le premier en piste mais le powershift ne fonctionnait pas. Je suis rentré, ressorti, rentré à nouveau… Finalement, je suis parti sans cette précieuse aide à 6 minutes de la fin de la séance, avec des pneus qui avaient eu beaucoup de changements de températures. Je pense que les pressions n’étaient pas au top, et le fait de devoir me concentrer sur chaque changement de rapport m’a fait perdre énormément de temps. Il était sûrement possible d’aller une bonne seconde plus vite si ce stupide capteur n’avait pas décidé de foirer au mauvais moment. J’ai d’ailleurs été presque aussi vite en course.»


D’ici le prochain rendez-vous du 21 juin, la Saleen bénéficiera-t-elle de nouveaux développements ?


«J’espère, oui. En tout cas, c’est ce qui est prévu. Nous devrions aller faire des essais à Snetterton. Je m’en réjouis !»


Quelle  a été la réaction de Graham Nash après ta prestation et celle de Luke ?


«C’est loin d’être un grand expressif mais j’ai vu sur son visage qu’il était vraiment content de marquer ces premiers points. Il semblait très content de ma course. Et Norbert Walchhofer, le patron, était vraiment ravi.»


Où en sont tes tractations en vue d’une première participation aux 24 Heures du Mans ?


«Les 24 Heures du quoi !? Non, je préfère ne pas en parler car je n’y crois pas trop. Je te tiens au courant très vite !»


Patrick Six