GUERRE DE 1940-1945.

Barbençon.

3 septembre 1944.











Char des prisonniers : lors des fêtes organisées à l'occasion de la libération en 1945.



Beaumont.


 

 Mai 1940.






 


(*) Photo prise par le Docteur DUSSART de Beaumont - Le tank “ Simoun ” en face de la poste. L’enfant : Joseph (nommé José) DUSSART.









STREE.


La libération de Strée – Photo du 5 septembre 1944.

Marcelle GILLARD, enseignait la coupe et la couture à trois jeunes apprenties, Marie-José CHARON, Raymonde MATIS et Suzanne DUMONT. Quand elles apprirent que les troupes US approchaient, elles sacrifièrent des draps de lit qu’elles teignirent aux couleurs des différents drapeaux alliés. Elles réalisèrent ce travail au nez et à la barbe des occupants, et revêtirent leurs belles robes le 4 septembre 1944. A la grande joie des soldats américains qui posèrent avec le petit groupe, à Strée.






RENLIES.

3 septembre 1944.













* * * * * * * * * * * *


PÉRIODIQUE TRIMESTRIEL N° 56

Quatorzième année

    - N° 4 -

    Octobre – novembre – décembre 2004.

60ème anniversaire de la Libération de Beaumont (3 septembre 1944).

Le 27, 28 et 29 août 2004.



ß Photo Christian LEJEUNE.

Discours prononcé le 27 au vernissage de l’exposition par Monsieur Raymond ANDRE, Vice-président du Cercle d’Histoire de BEAUMONT.


Mesdames, Messieurs,

La guerre est finie ! Il faut l’oublier !

Il faut l’oublier parce qu’elle est terrible, horrible ; parce qu’elle est terreur et horreur ; parce qu’elle est l’expression brutale de la force injuste, de la barbarie sanglante. Elle est cortège de mort, de souffrances, de violence et de torture. Elle tue les maris, les fils. Elle fait les veuves, les orphelins ; elle détruit les familles, elle anéantit les foyers, les maisons, elle ruine les campagnes et leurs paysages. Elle engendre la peur, la crainte : la peur tremblante, la crainte des autres. Elle cultive le soupçon. Elle secrète la haine et provoque la vengeance. Elle est destruction des autres, des peuples et des nations.

Elle est odieuse !

La guerre est finie,

Il faut l’oublier !

Et pourtant, la voilà qui encore se glisse, se faufile aujourd’hui, dans notre quotidien. Dans notre chronologie. Combien d’entre vous sont nés “ avant guerre ”, et combien “ après-guerre ” ? Elle devient un point de repère, une époque qui crée l’avant et l’après, l’antédiluvien et le post-moderne. Elle sous-tend l’économie : nos industries fabriquent encore et toujours des “ armes de guerre ”. Voilà même des peuples qui pratiquent, qui font leur la devise : si vis pacem, para bellum. Elle hante notre politique, elle justifie notre géopolitique. Elle est entrée dans notre langage de tous les jours : fortifier l’humain, c’est l’aguerrir, le préparer à la guerre. La marine est marchande, Dieu merci ! mais, peste du Diable, elle a une grande sœur : la marine de guerre. Elle est critère de qualité, de précision, de force : quel tireur qualifié ne rêve d’un fusil de guerre ?

Et que d’exemples encore qui montrent que la guerre reste de nos jours sournoisement, omniprésente et qu’on n’y prend garde !

Et cependant… ! La guerre est finie !

Pourrat-on l’oublier ?

Paradoxe de notre temps ! A l’instar du faible d’esprit qui se cogne la tête contre les murs, parce que c’est si bon quand c’est fini, la guerre, quand elle cesse, engendre inexorablement la paix. La violence de celle-là mesure la grandeur de celle-ci. Oserai-je le dire : l’une est nécessaire à l’autre. Pour apprécier et goûter la paix, il fallait connaître la guerre.

Beaucoup d’entre vous, Mesdames, Messieurs, ont connu la guerre. Inutile de vous rappeler, vous savez !

D’autres ici, ou ailleurs, ne l’ont pas connue et ne savent pas ce qu’est la guerre finie, ce qu’est la paix. Ils ne savent pas que la guerre est horreur et terreur, ils ne l’ont pas vécue. Ils ne savent qu’avant toute chose, la guerre se regarde de l’autre côté, du côté de ceux qu’elle a voulu vaincre, qui se sont défendus, battus, et qui ont toujours refusé de se rendre, de capituler. Ils ne savent pas, si on ne le leur dit pas, ce que leurs pères ont souffert, ô combien, qu’ils sont morts pour que finisse la guerre. Ils ne savent pas qu’elle est terrible, horrible ; qu’elle est terreur et horreur. Il faut leur redire qu’elle est cortège de mort, de souffrances, de violence et de torture ; qu’elle a tué les maris, les fils et fait les veuves, les orphelins ; qu’elle a détruit les familles, anéanti les foyers, ruiné les campagnes. Ils doivent savoir ce qu’est la peur, la crainte, la peur tremblante, la crainte des autres, le soupçon qu’elle a secrètement nourri pendant des ans ; et la haine, la vengeance qu’elle a engendrées.

Ils doivent savoir pour comprendre combien nos pères, nos frères, nos amis, nos camarades ont été généreux de leur vie, de leur sang, de leur abnégation, de leur liberté.

Et de leur bonheur !

La guerre est finie ! Il ne faut pas l’oublier !

Soixante ans ! voilà soixante ans que la tyrannie a cessé. Demain, nous ne serons plus. Mais eux, moins âgés, ceux d’après la guerre, seront encore. Et il faut leur apprendre, leur rappeler.

Le Cercle d’histoire de Beaumont a voulu assumer ce devoir. Qu’en soient remerciés son président, Mr Christian Lejeune, et son alter ego en la matière, Jean-Marie De Kesel, qui ont voulu cette exposition. Vous la regarderez non comme une suite de souvenirs, vous la regarderez comme ce qu’elle a voulu être : la transmission d’une connaissance tragique, la donation d’un savoir douloureux.

Pour que vive la mémoire de ceux qui ont permis l’avenir, notre avenir, celui que nous vivons ce soir.

Dans la liberté du bonheur qu’ils ont voulu pour nous !

Raymond ANDRE.



Photo Christian LEJEUNE.



Récit de la guerre en 1944 écrit par le Caporal Robert DUNN


Un village belge de 250 habitants a organisé une messe solennelle l'un de ses plus beaux dimanches pour apporter sa contribution en donnant des funérailles de héros à un simple Américain qui a été tué au cours de la libération des habitants de Leugnies du joug allemand.

Le soldat, Domininck G. Gatto, membre du 47ème Régiment d’Infanterie de la 9ème Division d’Infanterie et Vétéran de la Campagne d'Afrique du Nord et des Campagnes de Tunisie et de Sicile, se déplaçait en jeep avec d'autres membres de son Régiment (un peloton de reconnaissance) vers Leugnies à une faible distance de la frontière franco-belge quand l'artillerie ennemie les repéra. Gatto qui habitait BoundBrook fut tué sur le coup et les autres occupants du véhicule furent forcés de se replier pour trouver refuge.

L'aumônier Anthony De Laura, 38 ans, assistant du Recteur de l'Eglise Saint-Joseph (patron) de Brooklyn... partit à la recherche de ce militaire et poursuivit de vaines recherches pour retrouver Gatto le même après-midi. Continuant le jour suivant, elles aboutirent à Leugnies située à quelque trois kilomètres du lieu du drame.

Les civils apprenant le but de leur mission les guidèrent vers une maison modeste belge où Gatto reposait sur une civière avec des bouquets de fleurs fraîchement cueillies.

Son casque et son imperméable étaient bien ajustés à ses pieds avec un drapeau belge ayant servi lors de la première guerre mondiale et suspendu au mur. Deux Membres de la Résistance belge montaient la garde dans la chambre funèbre.

L’aumônier militaire (le chapelain) De Laura rencontra le Bourgmestre et le prêtre de l'endroit qui l'informèrent qu'une jeune fille avait découvert le corps qui avait été transporté à la maison. Le Bourgmestre ajouta qu'un service funèbre serait organisé en l'honneur de Gatto cet après-midi et sollicita le soutien et la collaboration de l'aumônier.

Précédé de deux enfants de chœur portant une croix, le cortège funèbre se rendit à l'église par la rue principale. Suivaient ce cortège l'aumônier De Laura, le prêtre et ses acolytes ainsi que 40 jeunes filles portant des fleurs, deux membres de la Résistance belge, un groupe de musique et les porteurs du cercueil de Gatto recouvert du drapeau américain. La population du village suivait également.

Tenaient les cordons du poêle du Régiment, outre l'aumônier Richard, son assistant John E. Mc Adams de Grenburry Pensylvanie, Emilio Franciosa de New York City, assistant de l'aumônier De Laura et Georges E. Hutton de Harrisburg Pensylvanie.

Dans cette petite église catholique, la chorale belge termina le service par un chant de la “ Star Spangled Banner ” (bannière constellée d'étoiles). L'aumônier De Laura, assisté de deux prêtres belges célébra un requiem solennel, une grand-messe, la plus importante cérémonie prévue pour une église catholique. La chorale interpréta l'hymne national belge pendant la durée de l'offertoire.

L'inhumation du corps avait été prévue initialement pour le même après-midi mais la décision fut différée quand on apprit des responsables civils que le creusement de la tombe avait été entamé mais que le fossoyeur n'avait pas été à même de la terminer à temps parce que les Allemands avaient détruit l'ensemble de l’outillage... l’obligeant à faire le travail à la main.

C’est ainsi que le corps dut retourner à la mortuaire. Les clairons sonnèrent à nouveau et les petites filles avec leurs fleurs défilèrent en silence devant le cercueil pour poser leurs bouquets de fleurs sur ce héros tombé. Une garde d'honneur fut assurée par les Belges et le soldat Gatto fut inhumé dans un cimetière américain le jour suivant.

Robert H.J. DUNN

527, Lakevieuw Drive

Swedesboro, NJ 08085

USA

(Traduit pour un mieux par Marcel GEORGE, Secrétaire communal).







ß Photo Christian LEJEUNE.



Discours prononcé par le Doyen principal André MINET. Devant la stèle de Dominique Gatto à Leugnies le 28 août


Je salue tous ceux qui sont ici rassemblés pour cette journée de commémoration de la libération de notre pays il y a 60 ans. Je salue les autorités civiles et militaires et les délégations étrangères représentant les nations alliées ; je salue en particulier nos amis français et américains qui se sont joints à nous. Je salue les associations patriotiques. Je salue les adultes et les jeunes ici présents au nom de la mémoire et au nom de leur attachement à la liberté et aux valeurs démocratiques que nous avons toujours à défendre dans notre pays, en Europe et partout dans le monde.

Mais je voudrais saluer par-dessus tout la mémoire des libérateurs d'il y a 60 ans : il y a des absents qui sont particulièrement présents aujourd'hui. Avec émotion et admiration, nous voulons rendre hommage à tous ces héros disparus. Nous leur devons beaucoup.

Il est heureux que cette journée de fête du 60ème anniversaire de la libération commence ici à Leugnies devant la stèle de Dominique Gatto. Cela nous rappelle que la libération nous la devons à des personnes bien précises : ceux qui nous ont libérés avaient un nom, une famille, un pays, ils avaient devant eux tout un avenir que beaucoup ont perdu en tombant sous les armes de l'ennemi. La libération ne fut pas une œuvre anonyme due au hasard des événements; elle nous vient de l'élan courageux et plein d'idéal d'hommes qui ont pris tous les risques pour faire reculer l'ennemi qui occupait notre pays. Pour toute notre région, Dominique Gatto est la figure de tous ces soldats venus parfois de bien loin pour mettre un terme au poids de l'oppression de l'Allemagne nazie. Jeune volontaire américain âgé de 21 ans, Dominique Gatto est tombé ici sur la route d'Avesnes, à peine après avoir franchi la frontière. A travers lui, nous voulons rendre hommage à tous nos libérateurs d'il y a 60 ans. Nous restons remplis d'admiration pour cette jeunesse pleine d'idéal qui a payé de sa vie la liberté dont nous bénéficions aujourd'hui encore.

Le jour où Dominique Gatto est tombé1, tout le village de Leugnies a réagi avec un patriotisme exceptionnel et exemplaire. Tout le village s'est mobilisé pour recueillir son corps criblé de balles, tombé ici sur la route, on l'a ramené à la salle communale où lui furent rendus tous les honneurs et le lendemain toute la population célébrait ses funérailles. Les gens de Leugnies avaient compris qu'en abattant ce jeune soldat, on avait voulu abattre un symbole de la liberté et de l'espérance en un avenir meilleur que ce jeune soldat et ses compagnons venaient apporter au pays.

Cette belle unanimité des habitants de Leugnies en ce temps-là, nous voulons qu'elle soit la nôtre aujourd'hui. Unanimement, nous voulons honorer la mémoire de toutes les victimes militaires et civiles, combattants et résistants de la dernière guerre mondiale. Unanimement aussi, nous voulons dire notre attachement à la liberté et pas seulement dans des discours mais aussi par notre engagement pour qu'il n'y ait plus jamais de guerre et pour que plus jamais un pouvoir totalitaire ne nous opprime.

Que Dieu bénisse tous ceux qui sont tombés pour notre liberté ! Qu'il leur donne de reposer à jamais en paix ! Que Dieu bénisse aussi notre pays, qu'il bénisse l'Europe et tous les pays du monde ! Qu'il nous inspire à tous d'être aujourd'hui des ouvriers de paix, des artisans de réconciliation et des défenseurs de la liberté ! 

André MINET.

.



Discours prononcé par l’échevin Jean-Marie SNAUWAERT. Devant la stèle de Dominique Gatto à Leugnies le 28 août

Madame et Messieurs les Représentants des USA

Monsieur le Représentant du Ministre de Défense nationale

Messieurs les Représentants des Associations patriotiques belges et françaises

Messieurs les Membres de l’armée des États-Unis d’Amérique, de l’Armée belge et la Police

Monsieur le Doyen et les Membres de la communauté des Filles de Marie

Monsieur le Maire de Cousolre

Mesdames et Messieurs les élus

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs


Il y a dix ans, à l’occasion du 50ième anniversaire de la libération, une stèle fut érigée ici afin de commémorer et d’honorer la mémoire du premier soldat américain tombé au combat alors qu’il venait nous libérer de l’occupation allemande.

Aujourd’hui revenons aux événements de ce 3 septembre 1944. En fin de matinée, vers 11 heures, des éléments de reconnaissance du 1er Bataillon du 47e Régiment de la 9e Division d'Infanterie américaine progressent sur cette route. Précisément à cet endroit, les GI's sont soudainement confrontés à des tirs nourris d'artillerie et d'armes automatiques. De cet espace découvert, sous une pluie de balles, la seule chose que pouvaient faire les soldats était de se replier en direction de Grandrieu, le premier village belge au-delà de la frontière française.

Malheureusement, un d’entre eux gît en bordure de route, le corps ensanglanté, la poitrine déchirée par la mitraille, un chapelet autour du cou. Son nom : Dominick GATTO. Ce jeune volontaire de 21 ans, est tombé en brave pour notre liberté entre le chemin de Solre-Saint-Géry et le "Pavillon".

Vers 6 heures du soir, on le ramène à la salle communale et, tandis que deux soldats montent la garde autour de sa dépouille mortelle, des fleurs s'accumulent auprès de son corps meurtri.

Le lendemain, la population lui réserve tous les honneurs à l’occasion d'émouvantes funérailles. La messe de Requiem est célébrée à 3 heures de l'après-midi par un aumônier américain, assisté par les révérends pères Feuillien et Meyers.

Ce jeune américain de Bound Brook dans le New-Jersey était tombé, loin de sa famille, comme beaucoup d'autres, pour nous rendre liberté et dignité.

Ayons aussi une pensée pour tous ceux et celles qui nous ont quittés, aux membres des familles qui ont participé aux actions héroïques de la résistance, à tous ceux qui ont risqué leur vie et ce, malgré les menaces et la répression de l'occupant. Nombre d'entre eux ont souffert les sévices des prisons et camps nazis.

60 ans après, pour tous ceux qui n’ont pas connu la guerre et tout particulièrement pour nos jeunes, il est utile de rappeler de manière répétée les souffrances endurées par tous ces soldats venus des États-Unis, du Royaume et du Canada, les souffrances et persécutions infligées à nos populations, les missions accomplies par nos combattants et nos résistants.

Je ne puis terminer ce court discours d’ouverture des cérémonies qu'en exprimant sincère et profonde reconnaissance


à tous les représentants présents ici

clergé,

officiers de police, pompiers,

organisations patriotiques,

sociétés musicales locales,

la ville de Beaumont représentée par ses échevins et conseillers communaux

le Foyer culturel

ainsi que le cercle d’histoire, les nombreuses associations, écoles, ….

qui nous ont rejoints pour cette cérémonie commémorative.


Et finalement, un merci tout particulier à la présidente et au personnel de l’office du tourisme, les chevilles ouvrières de cette remarquable et brillante organisation.

Jean-Marie SNAUWAERT.



Merci de votre présence.


Version anglaise :

Members and Representatives of the United States of America

The Representative of the Minister of national Defence

Representatives of Belgian and French patriotic Associations

Members of the Army of the United States of America, the Belgian Army and police

Mister …, Dean of Beaumont

Members of the community “Les Filles de Marie”

Mister Hainaut , Mayor of Cousolre

The elected representatives of the city of Beaumont, town councillors

Ladies and gentlemen

Ten years ago, on the occasion of the 50th anniversary of the liberation, a stone was erected here to commemorate and honour the memory of the first American soldier who fell when coming to liberate us from the German occupation.

Today let us return to the events of September 3rd, 1944. At the end of the morning, at about 11, reconnaissance patrols of the 1st Battalion of the 47th Regiment of the 9th Division of the American Infantry are progressing on this road. Precisely at this point, the GI’s are suddenly confronted with heavy shootings of artillery and automatic weapons. On this exposed place, under a hail of bullets, the only thing to do for the soldiers was to withdraw towards Grandrieu, the first Belgian village after the French border.

Unfortunately one of them is lying by the roadside, the body covered with blood, the chest torn by the grapeshot, a rosary round the neck. His name : Dominick GATTO. That 21-year-old volunteer had just fallen as a brave man for our freedom between the road to Solre-Saint-Géry and the place known as “The Lodge”

At about 6 o’clock in the evening, one brings him back to the village hall and, while two soldiers go on guard near his mortal remains, flowers accumulate near his body.

The next day, the population honours him by celebrating a moving funeral. The Requiem mass is held at 3 o'clock in the afternoon by an American chaplain, assisted by the reverends fathers Feuillien and Meyers.

That young American from Bound Brook in the New Jersey had fallen, far from his family, like many others, to give us our freedom(s). After numerous sacrifices, it was the beginning of a new era of freedom and dignity.

Let us also spare a thought for all those who left us, all those who took part in the heroic actions of resistance, all those who risked their lives in spite of the occupant’s threats and repression. Many of them suffered from ill-treatments in or did not even return from the Nazi prison camps.

60 years afterwards, for all those who did not know the war and more especially for the young people, it is useful to constantly mention the sufferings endured by all those soldiers who came from the US, from the UK and Canada, the sufferings and persecutions inflicted on our populations, the missions achieved by our combatants and Resistance fighters.

I cannot finish this short opening speech of today’s ceremonies without expressing my deep and sincere gratitude to

all the representatives of the USA

the clergy,

police officers, fire-fighters

patriotic organizations,

local brass bands

the City of Beaumont represented by deputy burgomasters and town councillors

the Cultural Centre,

as well as the many other associations, schools, ….

who joined in for this commemorative ceremony.

Finally, a particular “thank you” for the chairwoman and staff of the tourist information centre, the mainsprings of this outstanding and brilliant organization.

Thank you for coming.


Et le Lt Colonel Chris PAPRIOANNOU, officier des USA, accompagné de son épouse.

  • Discours non-communiqué au Cercle d’Histoire de Beaumont.







Photos Madame E. SELLIERE-CHARON.






Discours prononcé le 28 août par le Doyen principal André MINET. Devant le monument aux morts à Beaumont.


Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

Mandataires communaux,

Représentants des associations patriotiques,

Délégués des nations voisines et alliées, voisins français et amis américains,

Responsables de l'Office du Tourisme coordinateur de cette journée,

Chers concitoyens, habitants de Beaumont, de la botte du Hainaut et d'ailleurs,


Je tiens avant tout à exprimer ma reconnaissance au comité organisateur de cette journée du 60ème anniversaire de la Libération. Ils ont voulu que cette manifestation soit à la fois une journée de commémoration d'hier, une journée de vigilance pour aujourd'hui et une journée d'espérance pour demain. Je souhaite que cette initiative rencontre un franc succès. Qu'elle soit pour tous l'occasion d'une belle festivité et aussi l'occasion tirer les leçons de l'histoire et de renforcer notre attachement à la liberté et à la paix.

La libération, c'était il y a 60 ans. Les aînés s'en souviennent avec émotion comme si c'était hier ; les plus jeunes prennent conscience avec respect et gratitude du précieux héritage car la libération qui allait mettre un terme à la seconde guerre mondiale, elle nous concerne tous, quel que soit notre âge, nous en goûtons encore les fruits aujourd'hui et tous, nous voulons qu'elle soit encore là demain pour les générations à venir.

Voilà 60 ans que notre pays a été libéré de l'oppression de l'Allemagne nazie, grâce à l'aide alliée, en particulier du peuple américain, dont nous saluons ce matin, la présence parmi nous d'illustres représentants. Les aînés parmi nous se souviennent avec émotion des événements d'alors. Ils en ont été les témoins et les premiers bénéficiaires. Tant d'images de ce temps-là leur reviennent dans leur tête : images de paix retrouvée et images des derniers combats : images de joie devant la liberté retrouvée après plusieurs années d'oppression insoutenable ; images douloureuses aussi devant le prix payé de leur vie par ceux qui nous apportaient la liberté tant attendue.

Notre pensée aujourd'hui sera d'abord de rendre hommage à ces vaillants défenseurs venus de loin pour nous délivrer du joug oppressant de la puissance totalitaire hitlérienne. Faut-il encore le rappeler: ces soldats américains venus nous libérer étaient des jeunes gens qui avaient tout l'avenir devant eux: cet avenir, beaucoup l'ont perdu pour eux-mêmes mais ils l'ont ouvert pour nous. Ces jeunes soldats américains, qui ont donné leur vie pour nous libérer, nous ont donné leur avenir pour garantir le nôtre. Leur sang n'a pas été versé en vain, il a été la semence de la liberté que nous goûtons encore aujourd'hui et il nous faut défendre ce cadeau de la liberté comme un bien très précieux.

Aujourd'hui, notre présence veut signifier aussi notre souci de vigilance pour notre temps. Notre société n'est jamais à l'abri d'une recrudescence du fascisme et de poussées de violence. La séduction d'un pouvoir totalitaire et d'un soi-disant ordre nouveau est une tentation à laquelle il faut résister sans cesse. La démocratie dont bénéficie notre pays et que certains ont payée de leur sang, demande à être défendue au quotidien. En étant ici nous voulons exprimer notre engagement à promouvoir les valeurs démocratiques de justice et de paix face à la poussée toujours menaçante de toutes les formes d'indifférence, d'intolérance et de violence.

Réunis devant ce monument aux morts, avec vénération, nous portons devant Dieu la mémoire de tous ceux qui sont tombés à la guerre et spécialement à la libération pour rendre à notre patrie la paix et la démocratie. Nous pensons aux soldats et aux résistants, aux victimes militaires et aussi aux victimes civiles. Que Dieu accueille dans son éternité tous ceux qui sont morts pour mettre fin à la guerre et pour nous assurer la libération de la Belgique.

Nous demandons aussi à Dieu de nous soutenir dans nos responsabilités au cœur du monde de ce temps. Qu'il nous garde vigilants face à toute forme d'extrémisme qui peut toujours menacer notre pays ! Et qu'il nous inspire à chacun aujourd'hui d'oser nous engager pour défendre la liberté et la paix !


Je termine par une prière :


Seigneur Dieu, tu as voulu que sur terre les hommes vivent en paix et que chaque être humain soit respecté dans son intégrité et sa dignité. Daigne bénir tous ceux qui sont morts pour la libération de notre pays : ceux dont les noms sont inscrits sur les monuments de nos villes et de nos villages, et ceux qui sont inconnus et que toi seul connais. Accorde-leur de goûter à la paix éternelle.

Et nous te prions aussi pour notre société d'aujourd'hui. Garde-nous reconnaissants pour tout ce que les combattants de la dernière guerre nous ont donné au prix de leur vie. Préserve-nous de l'oubli et donne-nous d'être aujourd'hui les ardents défenseurs de la paix en combattant avec force contre toutes les formes de ségrégation et d'exclusion. Apprends-nous à consacrer toutes nos énergies aux causes qui en valent la peine : la paix, la liberté, la justice, la solidarité, le respect des minorités et la défense des plus faibles.

Nous t'en prions, toi, le Dieu créateur du ciel et de la terre, qui veux le bonheur de tous les humains dès maintenant et pour les siècles des siècles. Amen !

André MINET.




Discours prononcé par Charles DUPUIS, bourgmestre de Beaumont.



Madame et Monsieur les représentants des États-Unis d'Amérique.

Monsieur le représentant du Ministre de la défense nationale.

Messieurs les représentants des associations patriotiques belges et étrangères.

Messieurs les membres de l'Armée des États-Unis d'Amérique et de l'Armée belge.

Monsieur le Doyen et les membres de la Communauté des Filles de Marie.

Monsieur le Maire de Cousolre.

Mesdames et Messieurs les Élus.

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,


C'est un très grand honneur pour moi d'être l'interprète de la population toute entière, en ces instants solennels de la commémoration de notre Libération. Je remercie toutes celles et tous ceux qui par leur esprit d'initiative nous permettent de vivre cette journée d'exception.

Je pense notamment à l'Office du Tourisme, aux Associations Patriotiques, au Cercle d'Histoire, je pense aussi à toutes les autres associations ou personnes qui se sont impliquées de manière très active dans l'organisation, aux enfants de nos écoles et à leurs maîtres. Je pense enfin à vous tous, Mesdames, Messieurs, qui avez tenu, à des titres divers, à venir partager notre émotion dans le souvenir de tous les héros de ces années tragiques.

Personnellement, j'ai eu la chance d'appartenir à la génération d'après-guerre, et ce n'est qu'au travers des récits de nos aînés qui l'ont ressenti au plus profond d'eux-mêmes, comme le jour le plus extraordinaire de toute leur existence que j'ose tenter de vous faire la narration de cette journée de libération.

L'avancée des glorieuses armées alliées fait fuir les restes disparates de la monstrueuse machine de guerre nazie... puis enfin, en ce jour béni, les voici, ces soldats déjà tout auréolés de légende et de gloire, distribuant à la volée, des tablettes de chocolat dont tout le monde avait oublié le goût ; puis à leurs côtés nos valeureux compatriotes défilent parmi les citoyens éperdus de reconnaissance et de bonheur.

Mais bien sûr, ils ne sont pas tous là, tant et tant d'entre eux ont offert leur vie pour que l'oppression fasse place à la liberté.

Néanmoins, en ce jour mémorable, les sombres années font place à la lumière... “ Lumière ” de tout un peuple qui crie sa joie et sa reconnaissance et jure de rester à jamais un peuple fier, prospère et uni.

Après l'ivresse de la liberté retrouvée, encore fallait-il faire face à la période difficile de l'après-guerre, panser toutes ses blessures et reconstruire tout ce que cette affreuse guerre mondiale avait détruit.

Peu à peu, notre pays a retrouvé la sérénité et la prospérité qu'est en droit d'attendre tout pays épris de liberté.

Si aujourd'hui, nous jouissons de cette liberté, c'est grâce à tous ces hommes et toutes ces femmes qui n'ont pas hésité à donner le meilleur d'eux-mêmes ; tous les combattants et parmi eux, ceux qui sont tombés au combat, les déportés civils et militaires, les résistants, et nos libérateurs de septembre 1944.

Bien que 60 années se soient écoulées, nous gardons toujours ancré dans nos mémoires leur sacrifice devant lequel nous nous inclinons.

Permettez-moi de leur rendre hommage et de leur présenter au nom de tous, notre profonde gratitude. Merci aussi à tous ceux qui ont survécu à cette guerre affreuse et qui sont parmi nous, aujourd'hui, pour nous apporter leur témoignage qui sera pour les générations futures un exemple de courage et de bravoure. 

Charles DUPUIS,



Discours prononcé par Jean HENAUT, maire de Cousolre (France) :

Nous nous unissons aujourd'hui à nos voisins et amis belges pour commémorer la Libération de nos deux pays.

Cette libération, nous la devons pour une large part à nos amis Américains et autres alliés. Nous sommes très sensibles à la présence parmi nous de leurs représentants. Cette libération n'a été possible qu'au prix du sacrifice de nombreuses vies humaines.

Nous remercions chaleureusement ces différentes délégations et les assurons de notre vive reconnaissance, associée à notre profond respect à l'égard des soldats mort, lors de ces évènements.

Que cette journée nous aide à préserver la paix et à bannir toute violence dans notre quotidien.


Jean HENAUT.



Discours de Madame Béatrice BRIQUET-FAGOT - Présidente de L’Office du Tourisme à Beaumont :


L'heure est au temps des remerciements.

D'abord à nos aînés qui ont permis à notre génération de vivre dans la démocratie.

Mais aussi ce jour de fête qui rassemble toute une cité et ses villages environnants a engendré quelque chose d'important: des personnes de tout bord, d'opinion diverse, d'âge différent se sont réunies et ont œuvré depuis presque un an pour que soit honorée une valeur fondamentale, ancrée au plus profond de nous : la LIBERTE.

Et c'est pourquoi nous pouvons être fiers de participer à cette journée, porteuse d'un tel symbole.

Vous tous qui, par votre présence, en assurez la continuité, recevez ici nos remerciements les plus vifs.

Je cite notamment toutes les Associations Patriotiques, le R.S.L., les Autorités Religieuses en la présence de Monsieur le Doyen Minet, l'Administration Communale et son personnel, le Cercle d'Histoire, le Foyer Culturel, l'Institut de Paridaens, l'Athénée Royal, les Ecoles de l'entité, les Fanfares, le Corps de Police, les Patros, les décoratrices, l'Association des commerçants, le Corps de Pompiers, la Croix Rouge, les nombreux bénévoles et bien sûr le personnel de l'Office du Tourisme qui a assuré sans discontinuer les tâches les plus diverses, à gérer et digérer le stress des dernières heures, et ainsi que vous tous, qui participez à notre fête.

Différents dons nous sont parvenus pour mener à bien notre projet et financer notre orchestre

Monsieur Alex Decuyper, Monsieur Dominique Gobert, Monsieur Eric Godin, Monsieur Jean François Guerriat, Monsieur Christian Perron et Monsieur Henri Sottiaux. Merci à eux tous.

Mais je voudrais, tout particulièrement, exprimer ma gratitude à Monsieur Oswald Gouverneur qui nous a tellement épaulés.

J'invite Monsieur Léotard, ancien président du R.S.L., à remettre à Monsieur Oswald Gouverneur la médaille, témoignage de nos remerciements chaleureux.

Béatrice BRIQUET-FAGOT

Animation “ Glenn Miller ” du 28 août. (Photo Jean-Pierre BRIQUET)

 

Dimanche 29 août 2004


A Paridaens, visite de l'exposition du Cercle d’Histoire - ascension du nazisme, période 40/45, documents, photos, objets, etc...

  ß Photos Christian LEJEUNE.




























 

 

 

Dernière modification : 06/02/2005, 11:54:42

1Marcel MANSY qui était alors instituteur a consigné dans un carnet de notes le souvenir de ces événements.